L'incontinence urinaire, définie comme la perte involontaire d'urine, est un syndrome fréquent qui affecte des millions de personnes. Bien que souvent associée à l'âge, elle peut toucher des individus de tous âges. Cet article explore les différentes causes de l'incontinence urinaire et de l'écoulement urétral, les méthodes de diagnostic et les options de traitement disponibles.
Qu'est-ce que l'Incontinence Urinaire ?
L’incontinence urinaire est un syndrome caractérisé par des fuites incontrôlables d’urine, qui peuvent se produire à tout moment. En France, on estime que plus de 3 millions de personnes en souffrent. Le risque augmente avec l’âge, mais les jeunes peuvent aussi être affectés. Les hommes sont deux fois moins touchés que les femmes, en raison de différences anatomiques.
L'urine est sécrétée par les reins et s'écoule vers la vessie via les uretères, puis vers l'extérieur via l'urètre. Le besoin d'uriner se manifeste lorsque la vessie se remplit. L'évacuation de l'urine est contrôlée par le relâchement volontaire du sphincter de l'urètre et la contraction des muscles du périnée. Des fuites surviennent lorsque ce contrôle est compromis.
Types d'Incontinence Urinaire
Il existe plusieurs types d'incontinence urinaire, chacun ayant des causes et des caractéristiques spécifiques :
- Incontinence urinaire « à l’effort » : La plus courante, surtout chez les femmes, elle survient lors d'un effort physique, comme une toux, un rire, un éternuement, ou un effort physique. Elle est due à une perte de tonus des muscles qui soutiennent la vessie. L'urine jaillit brusquement lorsque la personne tousse, éternue, fait un effort, se penche, soulève un objet ou encore rit. Toutes ces actions augmentent la pression au niveau de l'abdomen et de la vessie, provoquant l'écoulement brusque de l'urine. On retrouve cette affection le plus souvent après un affaiblissement ou un étirement des muscles qui soutiennent l'utérus et la vessie. Divers facteurs peuvent accroître le risque d'incontinence d'effort, entre autres : un accouchement vaginal, un travail long et difficile, une opération pelvienne antérieure, l'embonpoint ou l'obésité et les antécédents familiaux d'incontinence d'effort. D'autre part, la perte d'œstrogènes liée à la ménopause peut également entraîner l'affaiblissement du soutien du muscle pelvien et provoquer l'incontinence d'effort.
- Incontinence urinaire « d’urgence » (vessie hyperactive) : Elle se manifeste par une envie soudaine et irrépressible d’uriner, due à des contractions involontaires du muscle de la paroi de la vessie. Il s'agit du type d'incontinence le plus fréquemment rencontré chez les personnes âgées. L'hyperactivité de la vessie est une affection pouvant mener à de l'incontinence par impériosité. Cette affection provoque une envie « urgente » d'uriner à cause de spasmes musculaires au niveau de la vessie. Il est fréquent que cela se produise durant la nuit.
- Incontinence urinaire « par regorgement » : Causée par une vessie trop pleine qui a du mal à se vider, souvent due à un obstacle dans l’urètre, comme un gonflement de la prostate, ou à un affaiblissement du muscle de la vessie, parfois lié au diabète. L'urine s'accumule alors dans la vessie jusqu'à ce que la vessie devienne complètement distendue (étirée à l'excès) et laisse l'urine s'échapper. Parmi les autres affections susceptibles de provoquer une incontinence par regorgement, on retrouve la neuropathie diabétique et la sclérose en plaques.
- Incontinence urinaire « totale » : Un écoulement ininterrompu d’urine, jour et nuit, sans contrôle de la vessie, souvent après des lésions physiques causées par un accident ou une maladie de la moelle épinière.
- Incontinence mixte: Certaines personnes peuvent avoir une incontinence mixte, qui est une combinaison des différents types. La combinaison la plus fréquemment rencontrée est l'incontinence mixte par impériosité et de stress.
Causes de l'Incontinence Urinaire et de l'Écoulement Urétral
Les facteurs favorisant l’apparition de l’incontinence sont divers et incluent des causes anatomiques, physiologiques, liées à des maladies chroniques, neurologiques, médicamenteuses, au mode de vie, infectieuses, inflammatoires et psychologiques.
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Causes Anatomiques et Physiologiques
- Chez la femme : La ménopause, les grossesses, les accouchements et la descente d’organes fragilisent les structures de soutien de la vessie. La perte d'œstrogènes liée à la ménopause peut également entraîner l'affaiblissement du soutien du muscle pelvien et provoquer l'incontinence d'effort.
- Chez l’homme : Les pathologies de la prostate (hypertrophie de la prostate) ou certaines interventions comme la prostatectomie peuvent perturber le contrôle urinaire. Dans les cas d'HBP, la prostate, plus volumineuse, appuie sur l'urètre (canal partant de la vessie servant à l'écoulement de l'urine) ou comprime celui-ci et empêche l'écoulement normal de l'urine.
- Cancers pelviens et leurs traitements : Les interventions chirurgicales sur l’abdomen et le petit bassin peuvent endommager les muscles ou les nerfs impliqués dans la continence.
Causes Liées à des Maladies Chroniques ou Neurologiques
Certaines pathologies altèrent directement le contrôle nerveux ou musculaire de la vessie. Le diabète, par exemple, peut endommager les nerfs qui régulent la miction. Les maladies neurologiques comme la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, les séquelles d’un AVC ou la maladie d’Alzheimer modifient la transmission des signaux nerveux. Enfin, certaines situations de handicap physique limitent la mobilité et rendent la gestion des mictions plus difficile.
Causes Médicamenteuses
La prise de médicaments diurétiques (en cas d’hypertension), de relaxants musculaires, de traitements antidépresseurs ou de décongestionnants du nez peut affecter la fonction urinaire.
Causes Liées au Mode de Vie
Une mauvaise hygiène de vie (consommation excessive d’alcool ou de caféine, alimentation déséquilibrée) fragilise les tissus et influe sur l’état de santé global. La pratique intensive de certains sports à impact (la course à pied ou le trampoline) peut aussi solliciter excessivement le périnée. Il en va de même de certains facteurs médicaux comme la toux chronique, la constipation ou l’obésité susceptibles d’augmenter la pression sur le plancher pelvien.
Causes Infectieuses et Inflammatoires
Les infections urinaires, en particulier les cystites, peuvent provoquer des envies pressantes et des fuites temporaires. Bien que souvent réversibles, elles nécessitent un traitement rapide pour éviter les complications et les récidives. Les infections urinaires représentent une cause fréquente de l'incontinence urinaire passagère.
Causes Psychologiques
Le stress, l’anxiété ou certains troubles émotionnels peuvent aggraver les symptômes d’incontinence, voire les provoquer dans certains cas. Le lien entre le cerveau et la vessie est étroit, et les facteurs psychologiques ne doivent pas être négligés.
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Dysurie
La dysurie est un trouble urinaire caractérisé par une difficulté à uriner. Elle se manifeste généralement par un effort accru pour initier ou maintenir la miction, une sensation de gêne ou de douleur lors de l’émission des urines, ou encore un jet urinaire faible ou interrompu.
La dysurie peut avoir des origines multiples. Les causes les plus fréquentes incluent les infections urinaires, responsables d’une inflammation de l’urètre ou de la vessie. Chez l’homme, les pathologies prostatiques, telles que l’hypertrophie bénigne de la prostate ou le cancer de la prostate, peuvent comprimer l’urètre et gêner l’écoulement de l’urine. D’autres facteurs peuvent être en cause, comme les calculs urinaires, certaines maladies neurologiques affectant le contrôle de la vessie, ou encore des effets secondaires de médicaments.
La dysurie s’accompagne souvent d’autres symptômes urinaires, tels qu’une augmentation de la fréquence des mictions, des envies urgentes d’uriner, une sensation de brûlure, une vidange incomplète de la vessie ou la présence de sang dans les urines. Dans certains cas, des douleurs pelviennes ou lombaires peuvent être associées.
Diagnostic de l'Incontinence Urinaire
Le diagnostic d’incontinence urinaire repose sur l’interrogatoire du patient à la recherche d’une fuite incontrôlable d’urine. Il est important de rechercher également les antécédents personnels du patient ainsi que les circonstances de survenue de l’incontinence urinaire afin d’en préciser le type. Une évaluation par un médecin représente la première étape dans le diagnostic d'incontinence urinaire. On pourra vous demander de fournir la liste des médicaments que vous prenez et de tenir un journal de vos mictions (indiquant la quantité d'apport hydrique et le volume des mictions). Dans certains cas, des tests plus approfondis de la vessie peuvent s'avérer nécessaires pour déterminer la cause exacte de l'incontinence. Il se peut également que votre médecin analyse votre urine ou votre sang pour déterminer si des problèmes comme le diabète ou la présence d'une infection pourraient provoquer l'incontinence.
Traitements de l'Incontinence Urinaire
Les traitements de l’incontinence urinaire sont variés et dépendent du type et de la cause de l’incontinence.
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- Séances de kinésithérapie : La rééducation périnéale a pour but d'apprendre au patient à utiliser les muscles de son périnée et à tonifier son sphincter, pour éviter les fuites d’urine. Les exercices du plancher pelvien ou exercices de Kegel sont d'un grand secours, particulièrement si vous êtes atteint d'incontinence d'effort mais peuvent également vous aider si vous êtes atteint d'incontinence impérieuse. Ils visent particulièrement les muscles du plancher pelvien. En contractant les muscles qui soutiennent la vessie, vous fortifiez et vous resserrez l'orifice de la vessie. les exercices de Kegel doivent être effectués régulièrement pour donner des résultats.
- Médicaments antispasmodiques anticholinergiques : Ils réduisent les contractions fréquentes de la vessie, limitant ainsi les envies pressantes d’uriner. Ils sont prescrits en cas d’incontinence d’urgence. Depuis peu, une nouvelle classe d’antispasmodiques urinaires a fait son apparition, dont le principe actif est le mirabégron, qui favorise le stockage de l’urine dans la vessie en relaxant le muscle de la paroi vésicale.
- Neuromodulation : Recommandée aux personnes dont la vessie est hyperactive, elle permet à la vessie de fonctionner à nouveau correctement en stimulant un nerf sacré par un petit courant électrique. Une électrode est placée à proximité de ce nerf. Le courant électrique va moduler les informations envoyées par ce nerf. Une période de test, avec un neuro modulateur temporaire, est préconisée.
- Bandelettes sous-urétrales : Placées autour du canal de l’urètre, elles forment un petit hamac capable de remonter l’urètre et ainsi de limiter les fuites. Cette intervention est proposée aux hommes et aux femmes.
- Pose d’un sphincter artificiel : Il s’agit d’une prothèse implantée à l’intérieur du corps.
- Rééducation vésicale ou entraînement comportemental : Ce traitement peut être utile pour les personnes souffrant d'incontinence d'effort ou d'impériosité; environ 75 % des personnes signalent une amélioration. Vous apprenez à contrôler l'évacuation de l'urine et acquièrent des habitudes vésicales au cours d'un programme d'entraînement pouvant durer de quelques semaines à quelques mois.
- Perte de poids : Le fait d'être en surcharge pondérale ou obèse, en ajoutant une pression additionnelle sur l'abdomen, peut être à l'origine d'une incontinence ou l'aggraver.
- Médicaments : Lorsque les exercices ou l'entraînement comportemental ne suffisent pas, les médecins peuvent proposer un traitement médicamenteux. Certains médicaments préviennent les contractions de la vessie, tandis que d'autres aident à accroître la capacité de la vessie. L'automédication à l'aide de médicaments vendus sans ordonnance est vivement déconseillée. les antispasmodiques (par ex. les alpha-bloquants (par ex. les inhibiteurs de la 5 alpha-réductase (par ex. le dutastéride ou le finastéride) aide à diminuer la taille de la prostate chez les hommes atteints de HBP.
- Opération de la vessie : La chirurgie reste le traitement le plus efficace pour les personnes atteintes d'incontinence d'effort. L'incontinence par regorgement causée par une obstruction des voies urinaires ou par l'augmentation du volume de la prostate chez les hommes peut également être traitée chirurgicalement.
- Autres options de traitement : Il existe d'autres options de traitement pour l'incontinence urinaire, notamment : les pessaires, le cathétérisme et la stimulation électrique.
Traitement de la Dysurie
La prise en charge de la dysurie dépend directement de sa cause. En cas d’infection, un traitement adapté permet généralement une amélioration rapide des symptômes. Dans certaines situations, des ajustements du mode de vie, une rééducation vésicale ou une prise en charge des facteurs favorisants peuvent contribuer à soulager les symptômes.
Impact de l'Incontinence Urinaire
L’incontinence urinaire peut avoir un impact significatif sur la qualité de vie. Le retentissement sur la qualité de vie, sur les relations sociales et sur l'autonomie des personnes, est réel. Les conséquences psychologiques sont évidentes : manque d’assurance, d’estime de soi, réduction globale des activités… Parallèlement, l’incontinence urinaire reste un sujet tabou. Encore trop peu de gens osent en parler à leur médecin. De nombreuses personnes souffrant d'incontinence se sentent gênées à cause des odeurs désagréables. Elles ont tendance à éviter les sorties entre amis ou en famille. Non soignée ou mal soignée, l'incontinence peut entraîner des éruptions cutanées et d'autres problèmes de peau. Si l'on ne traite pas l'incontinence par regorgement, elle peut entraîner une infection urinaire.
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