Loading...

Olympe de Gouges: Plaidoyer pour l'Égalité et les Droits des Femmes

Olympe de Gouges, de son vrai nom Marie Gouze, était une activiste féministe qui a participé à la Révolution française aux côtés des Girondins. La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne d'Olympe de Gouges est un texte révolutionnaire qui dénonce l'inégalité entre les hommes et les femmes à la fin du XVIIIe siècle. En conclusion, l'analyse de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne montre qu'Olympe de Gouges a écrit un texte novateur et provocateur pour combattre pour l'égalité entre les hommes et les femmes.

Contexte Historique et Auteure

Née en 1748, Marie Gouze grandit en Occitanie dans un milieu modeste. Mariée à l’âge de 16 ans à un homme plus âgé, elle trouve quelques années plus tard, grâce au veuvage, une liberté inattendue. Elle prend alors le nom d’Olympe de Gouges et monte à Paris poursuivre une carrière littéraire en publiant essentiellement des pièces de théâtre.

Sensible aux questions progressistes de l’époque, elle milite pour la condition de la femme et l’abolition de l’esclavage. Son écrit le plus célèbre, La déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, défend la cause des femmes, oubliées par l’univers masculin de la Révolution française. Olympe de Gouges est guillotinée en 1793 pour avoir critiqué la Révolution.

Analyse de la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne

Structure et Style

La Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est un texte qui n’a pas eu un grand retentissement en 1791 et son auteur est rapidement tombée dans l’oubli. Les mouvements féministes du XXème siècle lui ont redonné de la visibilité, et Olympe de Gouges est aujourd’hui considérée comme une personnalité féminine marquante de la Révolution française. La division en « articles », la rédaction d’un préambule et d’un postambule montrent le désir de rendre solennelle cette déclaration et de lui donner force juridique. Mais son texte est également un pastiche de la DDHC de 1789.

Le Préambule : Un Appel à la Reconnaissance des Droits

Dans le Préambule, Olympe de Gouges demande que les femmes soient constituées en Assemblée nationale et que la déclaration rappelle à tous les membres du corps social leur droits et leurs devoirs vis-à-vis d’elles.

Lire aussi: Gérer les contractions en fin de grossesse

Dans le Préambule, Olympe de Gouges demande que les femmes soient constituées en Assemblée nationale et que la déclaration rappelle à tous les membres du corps social leurs droits et leurs devoirs vis-à-vis d’elles. Olympe de Gouges considère « que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de la femme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements ». Il en résulte « des malheurs publics » et « de la corruption des gouvernements« . D ’après l’autrice, ces désordres sociaux proviennent du mépris que subissent les femmes. Après ce sévère diagnostic, Olympe de Gouges expose la solution : faire une Constitution qui égalise la condition des sexes. Ainsi, les femmes « ont résolu d’exposer dans une déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrées de la femme».

Les Articles : Revendications d'Égalité

La Déclaration elle-même est composée de 17 articles qui adoptent la même structure syntaxique que ceux de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (mentionnée DDHC ci-après).

  • La protection des droits de la femme par les lois de la nature et de la raison (art. 4 et 5).
  • Le droit pour la femme et l’homme de participer à l’élaboration des lois et de prétendre aux dignités selon leur mérite. (art.
  • L’égalité devant la loi pour les deux sexes, y compris pour les devoirs et les châtiments (art. 7, 8, 9 et 10).
  • La liberté d’expression pour la femme (art. 10 et 11).
  • La garantie des droits de la femme (art.
  • La contribution de la femme à l’impôt et le droit de participer à la distribution des places, des emplois, des dignités et de l’industrie. (art. 13 et 14).
  • Le droit pour la femme de demander à tout agent public des comptes sur son administration (art 15).
  • Le droit à la propriété, « inviolable et sacré » pour les deux sexes (art.

Le Postambule : Un Appel à l'Action et à la Réflexion

Le Postambule est un texte plus rhétorique qui commence par un appel à la lutte pour l’égalité : « Femme, réveille-toi ». Elle évoque le rôle décisif des femmes dans l’Histoire. Mais une fois leur capital de jeunesse et de beauté disparu, ces dernières perdent leur influence dans la société. Olympe de Gouges s’insurge également contre l’institution du mariage, « tombeau de la confiance et de l’amour ».

Dans le Préambule, Olympe de Gouges demande que les femmes soient constituées en Assemblée nationale et que la déclaration rappelle à tous les membres du corps social leur droits et leurs devoirs vis-à-vis d’elles. Dans l’article 5, elle évoque « Les lois de la nature et de la raison » alors que cette mention est absente de la DDHC. Les propriétés sont considérées à l’article 17 comme « vrai patrimoine de la nature » et doivent à ce titre être partagées entre l’homme et la femme. Au XVIIIème siècle, on considérait que la nature créait des différences entre les deux sexes, en fonction de critères comme la force physique. Or pour Olympe de Gouges, la nature est au contraire placée sous l’égide d’une autorité, « l’Être suprême » (préambule), rationnelle et juste, soucieuse de l’égalité entre l’homme et la femme.

Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne est avant tout un texte juridique. Son objet est donc la justice. Olympe de Gouges en a une conception distributive : il s’agit de répartir les biens, dignités, emplois et récompenses en fonction de la valeur et du mérite de chacun (art.6) : « toutes les citoyennes et tous les citoyens, étant égaux à ses yeux, doivent être également admissibles à toutes les dignités, places et emplois publics, selon leurs capacités, et sans autres distinctions que celles de leurs vertus et de leurs talents ». Elle insiste aussi sur le principe de responsabilité, indissociable de la justice. Elle n’hésite pas ainsi à détourner le sens des articles 7, 8, 9 et 10 de la DDHC pour affirmer que la loi doit s’appliquer avec la même rigueur aux femmes et aux hommes.

Lire aussi: Tout savoir sur le hoquet

Analyse du Postambule

Ce postambule s’ouvre sur une apostrophe autoritaire: «Femme, réveille-toi». L’apostrophe (=l’adresse) explicite le lectorat visé: c’est aux femmes qu’Olympe de Gouge s’adresse directement afin de les mobiliser. L’emploi du singulier a une valeur générale: ce sont les femmes de toutes les conditions qui sont sollicitées, ce qui contredit la logique de classe à l’œuvre dans la monarchie. L’impératif «réveille-toi», par son tutoiement, traduit une familiarité entre l’auteure et les femmes. La métaphore du sommeil assimile la Révolution à un réveil brutal et salvateur, après le long sommeil de l’Ancien Régime. Mais Olympe de Gouges considère que les femmes «dorment» encore. Elles ne se sont pas encore suffisamment mobilisées pour faire valoir leurs droits. Ce postambule s’ouvre donc sur le ton du pamphlet (=court texte polémique, souvent violent, voire satirique) qui fait pleinement ressentir l’ardeur de la Révolution. La Révolution est métaphoriquement assimilée au «tocsin de la raison», le tocsin étant le tintement de cloche servant à donner l’alarme. Ce postambule s’ouvre donc plein de bruits, l’auteur sonnant l’alerte: les femmes courent le péril de voir la Révolution leur échapper au profit des hommes, d’où le nouvel impératif urgent: «reconnais tes droits». Ces droits des femmes, Olympe de Gouges les a consignés dans la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne qui réécrit à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.

Le Combat pour la Justice et l'Égalité

Si Olympe de Gouges revendique un droit à l’échafaud, c’est pour mieux justifier celui de « monter à la tribune ». Elle met en valeur le rôle politique des femmes et réclame dans l’article 10 la liberté d’expression pour tous. Elle souhaite également que les femmes soient intégrées à l’administration et aux charges publiques importantes (article 13), qu’elles aient un rôle décisionnaire dans la répartition de l’impôt, symbole de l’appartenance à la nation. L’auteur va plus loin dans l’article 16 en défendant le rôle actif des femmes dans la rédaction de la Constitution. Pour Olympe de Gouges, il faut faire une Révolution dans la Révolution. Dans le postambule, Olympe de Gouges affirme : « le mariage est le tombeau de la confiance et de l’amour ». Olympe de Gouges choisit la forme de la Déclaration pour défendre la place de la femme dans la société. La division en « articles », la rédaction d’un préambule et d’un postambule montrent le désir de rendre solennelle cette déclaration et de lui donner force juridique.

Lire aussi: Solutions pour les contractions musculaires

tags: #Olympe #de #Gouges #essai #contraction #résumé

Articles populaires:

Share: