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Comprendre les Causes des Contractions Musculaires de la Jambe

Vous est-il déjà arrivé.e de vous réveiller en pleine nuit à cause d’une douleur intense au niveau du mollet ? Ou d’être obligé.e de vous arrêter en plein jogging à cause d’un muscle soudainement contracté ? Les contractions musculaires de la jambe, un phénomène courant mais souvent douloureux, peuvent avoir diverses origines. Cet article explore en profondeur les causes de ces contractions, allant des facteurs bénins liés à l'activité physique aux conditions médicales sous-jacentes.

Qu'est-ce qu'une Contraction Musculaire ?

Un spasme musculaire ou contracture est une contraction involontaire de fibres musculaires. Les spasmes touchent les muscles rattachés aux os types bras ou jambes appelés muscles striés (à commande volontaire), indique le Dr Jean-Marc Sène. Ce phénomène a lieu lorsque le muscle est fatigué et n’arrive plus à se détendre. Ces contractions peuvent varier en intensité et en durée, allant de simples fasciculations à des crampes sévères et prolongées.

Différencier Crampes, Contractures et Courbatures

Il est essentiel de distinguer les différents types de douleurs musculaires :

  • Les crampes correspondent à une contraction musculaire involontaire, très douloureuse, intense, brutale, survenue lors d’un effort physique ou en dehors, de jour comme de nuit. Elles disparaissent en quelques secondes ou minutes.
  • Les contractures sont au contraire durables (parfois plusieurs jours) et peuvent être réactionnelles à une lésion musculaire (déchirure ou claquage…) ou avoir un rôle de protection : des muscles proches par exemple d’une articulation douloureuse se contractent pour maintenir une position de cette articulation qui réduit les douleurs. La contracture musculaire est une contraction involontaire, douloureuse et prolongée d’un ou de plusieurs muscles.
  • Les courbatures sont une forme particulière de myalgies. Souvent diffuses, elles surviennent après un effort, dans les six à 48 heures qui suivent un exercice physique (course à pied, balade à vélo…) trop intense ou inhabituel. On a longtemps cru les courbatures provoquées par une accumulation d’acide lactique… il n’en est rien ! Un muscle courbaturé est un muscle abimé par la séance de sport ou l’activité physique qui a provoqué des microlésions et une dégénérescence des fibres musculaires, et une inflammation douloureuse. Le muscle s’autorépare ensuite, en quelques jours.

Causes Fréquentes des Contractions Musculaires

Les spasmes musculaires ont des origines multiples, souvent bénignes (sursollicitation, stress, posture) et sont la plupart du temps idiopathiques (sans lien avec une maladie). Toutefois, ils peuvent également être liés à un trouble métabolique ou neurologique.

Fatigue, Sursollicitation et Postures Prolongées

Lors d'une activité intensive, le muscle consomme ses réserves d'énergie, ses fibres s’épuisent et accumulent des déchets métaboliques. Moins de glycogène et plus de métabolites perturbent la jonction neuromusculaire, favorisant crampes et spasmes. Les sports d’endurance, le travail physique soutenu, ou un entraînement brutal sans échauffement sont souvent en cause.

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Les postures prolongées (travail sur écran, position assise ou debout statique) entraînent une tension des muscles de faible intensité mais continue, susceptible de générer des raideurs et des spasmes au niveau de la nuque, du dos, des épaules ou des mâchoires. Une position statique prolongée crée une ischémie relative (diminution de l'apport de sang), favorisant les contractions réflexes.

Déshydratation et Déséquilibre Électrolytique

Lorsqu’une personne est déshydratée et a perdu des électrolytes (calcium, potassium, magnésium…), il est très probable que le muscle se contracte, provoquant un spasme musculaire grave. Ces électrolytes jouent un rôle crucial dans la contraction et la relaxation musculaire.

Stress et Tension Musculaire

Le système nerveux central est intimement lié à notre musculature. En cas d'anxiété, le cerveau maintient un niveau de vigilance élevé, augmentant le tonus musculaire, y compris au repos. Certaines conditions de travail peuvent également favoriser ces atteintes musculo-squelettiques (tension accrue, forces d’appui, temps de récupération insuffisant). Le stress amplifie la perception de la douleur et altère le processus de réparation des microtraumatismes des tissus mous.

Mauvaise Communication Neuromusculaire

D’après le site Live Science, les preuves scientifiques les plus solides indiquent que les spasmes et les crampes musculaires sont provoquées par une mauvaise communication entre le tendon qui contrôle le muscle et le système nerveux. Cette mauvaise communication serait le résultat d’une fatigue musculaire. Plusieurs études ont révélé que les athlètes qui avaient des spasmes et des crampes couraient souvent plus vite que leur rythme normal. Quand l’effort est inhabituel ou trop rude pour le corps, quand le muscle est mal échauffé avant un entraînement ou sur-sollicité, la fibre musculaire peut être atteinte. La contracture musculaire est alors le moyen pour votre corps de se protéger.

Causes Médicales Potentielles

Plus rarement, certaines pathologies sous-jacentes peuvent aussi être à l’origine de myoclonies, notamment :

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  • Les déséquilibres du métabolisme : hypokaliémie, hypocalcémie, hypomagnésémie ou hyponatrémie (sodium), dérèglements hormonaux (hypo- ou hyperthyroïdie), carences vitaminiques, affections hépatiques (cirrhose) ou rénales.
  • Les maladies neurologiques peuvent induire des spasmes ou des crampes en raison d’une hyperexcitabilité motoneuronale, de lésions nerveuses ou de dysfonctionnements réflexes (diabète, alcoolisme, maladie de Parkinson, maladie de Creutzfeldt-Jakob, séquelles d’AVC, sclérose en plaques).
  • Certains traitements (chimiothérapie ou médicaments affectant les canaux ioniques) peuvent induire des dysfonctionnements nerveux et des spasmes secondaires.
  • Certaines carences nutritionnelles peuvent provoquer des douleurs musculaires, des crampes, de la fatigue ou de la faiblesse.

Douleurs Musculaires et Pathologies Ostéoarticulaires

Rapidement, les pathologies ostéoarticulaires et musculo-tendineuses de surcharge mécanique microtraumatique (overuse syndrome) seront évoquées cliniquement par une sémiologie bien spécifique et explorées par des examens d’imagerie classique (radiographie, échographie, IRM, TDM, scintigraphie). Elles comprennent les fractures de contraintes tibiales et fibulaires, les périostites tibiales, les tendinopathies notamment calcanéennes, les lésions musculaires récidivantes, le syndrome douloureux régional complexe avec irradiation à la jambe.

Causes Vasculaires

Les causes vasculaires sont, elles, souvent abordées avec retard après avoir éliminé ces diagnostics. La thrombose veineuse peut être évoquée a fortiori s’il existe un terrain favorisant (varices, troubles de l’hémostase, cancer, génétique, tennis leg), mais est rarement en cause chez le sportif uniquement à l’effort. L’insuffisance veineuse conduit également très rarement à des douleurs de jambes d’effort, les contractions musculaires jambières répétées étant très favorables au retour veineux. L’athérome, surtout chez le sportif master (> 40 ans) avec facteurs de risque cardiovasculaire, doit être évoqué systématiquement. L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs s’exprime de façon plus précoce chez les sportifs que chez les sédentaires, plutôt à la course qu’à la marche. Les lésions sont souvent mineures sur le Doppler artériel de repos à ce stade et l’étiologie artérielle est écartée à tort. Dans ce cas, les index de pression systolique mesurés après effort maximal à l’aide de quatre tensiomètres automatiques confirmeront la responsabilité des lésions athéromateuses. L’endofibrose de l’artère iliaque externe se manifeste plutôt sous la forme d’une douleur ischémique de cuisse, même si, dans notre expérience, on a pu rencontrer un cycliste se plaignant d’une douleur de cuisse et de jambe. Le très rare kyste sous-adventiciel de l’artère poplitée n’est pas l’apanage du sportif et se traduit par une claudication du mollet.

Périostites Tibiales

Les périostites tibiales (syndrome de stress tibial médial) sont définies comme des douleurs induites par l’exercice des 2/3 distaux du bord médial des tibias avec une douleur palpatoire à l’examen clinique de cette zone tibiale postéro-médiale sur une hauteur ≥ 5 centimètres consécutifs. La douleur est parfois ressentie uniquement sur les réceptions de saut et en règle générale à la course assez rapidement. Elle persiste parfois après l’arrêt de l’effort sportif à la marche pendant plusieurs heures, voire le lendemain de façon moins prononcée. Il existe parfois un œdème prétibial et c’est surtout la douleur palpatoire à l’examen clinique qui est retrouvée. Les critères d’interrogatoire et d’examens cliniques semblent avoir une très bonne performance diagnostique. Les radiographies sont souvent décevantes, en tout cas initialement, et la scintigraphie au technétium ou l’IRM apporteront des arguments de confirmation du diagnostic dans les formes atypiques, notamment celles proches des étiologies vasculaires. L’activité sportive en charge conduit à une surcharge de microcontraintes osseuses à la fois vibratoires par transmission de l’onde de choc produite lors des contacts au sol, mais surtout par les tractions répétées des insertions musculaires. Ce sont les insertions des muscles de la loge profonde (long fléchisseur des orteils, tibial postérieur) qui sont en cause ainsi que le soléaire qui a une insertion plus limitée sur le tibia.

Syndrome de Loge Chronique

Le syndrome de loge chronique doit bien se différencier du syndrome de loge aiguë qui survient après un traumatisme souvent sévère et/ou la mise en place d’une immobilisation rigide. Dans ce cas, le tableau douloureux spontané avec induration et gonflement du membre doit conduire à une libération chirurgicale la plus rapide possible. À ce titre, la persistance d’un pouls n’est pas un critère suffisant pour éliminer un syndrome de loge aiguë. Le syndrome de loge chronique se manifeste dans sa présentation classique sous la forme d’une douleur récurrente purement à l’effort avec apparition en plusieurs minutes, parfois plusieurs dizaines de minutes, d’une douleur musculaire généralisée à une ou plusieurs loges musculaires accompagnée d’une induration palpable. La douleur peut persister quelques minutes à une dizaine de minutes à l’arrêt de l’effort. Cette douleur est strictement absente au repos. Parfois les patients rapportent qu’après avoir poursuivi leur effort malgré la douleur pour tenter d’achever un objectif sportif, ils éprouvent une douleur persistante pendant plusieurs jours sous forme de courbatures intenses. L’âge moyen de découverte est de 20 ans, il touche autant les femmes que les hommes et est très souvent bilatéral (70-80 %). Lors de la manifestation douloureuse d’effort, l’apparition d’hernies musculaires (petites tuméfactions en regard du muscle parfois sous formes de “chapelet” quand elles sont multiples) semble être un signe très spécifique. Il est fréquemment associé à une perte de force d’un groupe musculaire et à un engourdissement distal dans le territoire du nerf contenu dans la loge. Par exemple, on retrouvera une limitation de la dorsiflexion de cheville (muscle tibial antérieur) et un possible engourdissement du premier espace interdigital (nerf fibulaire profond) dans le syndrome de loge la plus touchée aux membres inférieurs est incontestablement la loge antéro-externe de jambe, 95 % des cas dans la plupart des études.

La physiopathologie de ce syndrome réside dans une élévation de la pression intramusculaire à l’effort qui perturberait la perfusion musculaire. La désoxygénation du muscle conduirait à une augmentation de la perméabilité cellulaire, entraînant un déplacement du liquide dans l’espace interstitiel. Ainsi l’altération de la microcirculation conduirait à l’ischémie musculaire et la douleur. D’autres hypothèses explicatives de la douleur seraient la stimulation de mécanorécepteurs musculaires ou des fascias sensibles à l’étirement excessif. Le modèle est celui d’un conflit à l’effort entre le contenu (muscle) et son contenant peu extensible (enveloppe aponévrotique). L’organe musculaire, par l’augmentation de son débit sanguin à l’effort, accueille un certain volume liquidien supplémentaire par rapport au repos. Le volume musculaire peut augmenter à l’effort de 20 % par rapport au volume de repos. Du fait d’une inadéquation de taille de l’enveloppe aponévrotique, ce volume supplémentaire dans l’enceinte fixe et rigide entraîne un nécessaire équilibre des pressions vasculaires et tissulaires, ce qui se traduit par une augmentation de la pression tissulaire musculaire. Dès lors, une modification du contenu ou du contenant peut induire un déséquilibre. Ainsi, la présence d’une structure ou phénomène inflammatoire œdémateux chronique occupant un volume au sein de la loge musculaire, par exemple un cal osseux aberrant de fracture, une périostite, une masse tumorale, diminuera le volume relatif occupé par le muscle. Cependant, dans la plupart des cas, le patient présente une certaine hypertrophie musculaire physiologique provoquée par l’entraînement avec une enveloppe aponévrotique sous-dimensionnée ou, en tout cas, adaptée à la situation de repos, mais plus à celle de l’effort. Une augmentation brutale de la masse musculaire (musculation, emploi de produit dopant ergogénique stéroïde et créatine…) peut également favoriser cela.

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Piège Artériel Poplité

Les différentes formes anatomiques de ce piège vasculaire artériel au creux poplité sont issues d’un asynchronisme de migration de la tête du gastrocnémien médial et de l’involution temporaire de l’artère poplitée durant l’embryogénèse. Il en résulte une perturbation extrinsèque à l’artère (faisceau musculaire ou fibreux aberrant, déviation de trajet de l’artère) entraînant une compression artérielle complète ou partielle intermittente lors de la contraction des triceps suraux (gastrocnémien médial). Il peut également exister de façon plus rare des compressions veineuses et neurologiques associées. Cette affection rare est probablement un peu sous-estimée du fait que le diagnostic n’est pas aisé. Les symptômes sont souvent éprouvés depuis la fin de l’adolescence, probablement quand la trophicité musculaire commence à arriver à maturité dans les formes anatomiques. Dans les formes fonctionnelles (compression extrinsèque de l’artère par les corps musculaires des gastrocnémiens), la musculation consécutive à l’instauration d’une pratique sportive est souvent retrouvée. Les symptômes sont ceux d’une claudication artérielle avec une douleur se déclenchant pour un certain temps selon le niveau d’intensité d’effort (marche, marche rapide, marche en côte, course, répétition de saut), disparaissant complètement en quelques dizaines de secondes à minutes à l’arrêt de l’effort (< 10 minutes). Dans notre expérience, le temps nécessaire à l’indolence semble plus court que dans le syndrome de loge. Les symptômes se reproduisent pour la même durée ou même intensité d’exercice quasiment à chaque fois. Il y a souvent moins de gêne pour les efforts intermittents, en tout cas au début de l’histoire de la maladie. Le retard diagnostique est souvent de plusieurs années. Le diagnostic est même parfois posé au stade de la complication ischémique embolique post-anévrysmale. Parfois à un stade avancé, on peut rencontrer un patient dont la douleur est déclenchée en quelques pas un peu rapides.

Que Faire en Cas de Contraction Musculaire ?

Survenant souvent à la suite d’une sollicitation trop intense de la musculature, les courbatures et les crampes sont généralement bénignes et nécessitent rarement l’avis d’un médecin. D’autres types de douleur musculaire peuvent survenir, signalant parfois un problème plus sérieux (élongation, déchirure, etc.).

Traitement Immédiat

S’il existe une pathologie, le traitement est celui de cette maladie. Si les spasmes surviennent la nuit, il faut étirer le muscle au moment où le spasme se fait sentir. Pour les prévenir, il a été démontré que l'étirement des muscles des jambes avant le coucher peut aider. Vous pouvez aussi défaire les draps et les couvertures au bout du lit pour laisser plus de place à vos pieds afin qu’ils se détendent. Lorsque vous sentez la crampe arriver, il est recommandé d’étirer le muscle afin de limiter son apparition. Si la crampe s’installe, il faut alors étirer le muscle quelques minutes jusqu’à ce que la contraction cesse. La douleur disparaîtra ensuite avec le temps en quelques heures.

Prévention

Avec quelques gestes du quotidien, il est possible de limiter l’apparition des douleurs. Par exemple, lorsque vous êtes au téléphone, pensez à garder le dos et la nuque droits. Si vous travaillez souvent devant un bureau, pensez à garder le dos droit contre le dossier. Faire une activité sportive permettant de tonifier votre corps est également recommandé comme la gymnastique, le yoga ou la natation.

Pour les prévenir, il a été démontré que l'étirement des muscles des jambes avant le coucher peut aider. Vous pouvez aussi défaire les draps et les couvertures au bout du lit pour laisser plus de place à vos pieds afin qu’ils se détendent.

Traitement des Périostites Tibiales

Le traitement des périostites est souvent difficile et aucune thérapie n’a fait la preuve complète de son efficacité selon les critères de l‘Evidence Based Medicine surtout par faiblesse méthodologique des études. En pratique, la suppression ou diminution de la surcharge mécanique sportive (repos temporaire, révision des charges d’entraînement, maîtrise de la progression des charges, amélioration du geste technique de course, équilibration de la force et de la souplesse de la musculature, emploi de chaussage adapté) semble la clé de la prévention des récidives. Une fois l’indolence complète retrouvée au repos et dans la vie quotidienne, une reprise sportive très progressive sur plusieurs semaines est souvent proposée. Elle peut se conduire par une alternance de courtes périodes (quelques minutes) de marche et de course lente.

Traitement du Syndrome de Loge Chronique

La prise en charge thérapeutique classique réside dans la chirurgie d’aponévrotomie ou mieux d’aponévrectomie de la ou des loges incriminées. Certains réservent l’aponévrectomie en cas d’échec de la première technique. Le geste peut probablement être assez ciblé pour les loges antéro-externes et multiple pour les loges postérieures. Les résultats de la chirurgie sont dans l’ensemble très bons à excellents selon les études. Néanmoins, quand l’atteinte porte sur des loges postérieures profondes de jambe, les résultats chirurgicaux semblent moins bons : 36 % des sujets opérés présentent les mêmes symptômes qu’avant la chirurgie, voire dans 15 % des cas il existe une aggravation des symptômes.

Quand Consulter un Médecin ?

Dans tous les cas, si les douleurs musculaires perdurent ou se répètent, consultez ! Si le muscle est trop sollicité ou qu’il n’a pas eu le temps de récupérer après un effort, il peut subir une déchirure musculaire. Si la déchirure est plus importante, on parle alors de claquage ou de rupture partielle. Cette blessure est très douloureuse et oblige à arrêter immédiatement toute activité ou effort. Le claquage peut toucher une partie du muscle ou tout le muscle, il s’agit alors d’une rupture complète.

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