Les tics, qu'ils soient moteurs ou vocaux, sont des phénomènes courants, surtout chez les enfants. Bien que la plupart soient bénins, certains peuvent être plus sévères et nécessiter une intervention. Cet article explore les causes, les différents types de tics, et les traitements disponibles pour aider à gérer cette condition.
Comprendre les Tics
Les tics sont des mouvements involontaires brefs et soudains (tics moteurs) ou des sons produits par le nez, la bouche ou la gorge (tics vocaux). Ils peuvent également se manifester sous forme de sensations (tics sensitifs). Ces manifestations apparaissent le plus souvent durant l'enfance. Généralement, ceux qui débutent entre 6 et 8 ans s'estompent progressivement en quelques années. Il n'existe pas de causes particulières identifiées, et aucune lésion nerveuse spécifique n'est à l'origine des tics. La majorité des tics ne sont pas graves et ont très peu d'effet sur la qualité de vie.
Il est important de différencier les tics des TOCs (Troubles Obsessionnels Compulsifs). Contrairement aux TOCs, les tics ne sont pas associés à une obsession, c'est-à-dire une idée obsédante, ni à des compulsions comme des rituels.
Les Différents Types de Tics
On distingue différents types de tics : gestes, bruits ou vocalisations. Les formes d’expression sont variées, d’une personne à l’autre ou au cours de la vie. Clignements des yeux, haussements répétitifs des épaules, grognements ou cris involontaires sont autant de manifestations possibles.
Une forme sévère de tics est le syndrome Gilles de la Tourette (SGT), caractérisé par la répétition involontaire des mots entendus (écholalie) et de termes grossiers (coprolalie). Les personnes atteintes gardent toutes leurs capacités intellectuelles. La sévérité du syndrome de Tourette évolue au fil du temps, avec des périodes de réduction de la fréquence des tics suivies d'une activité accrue.
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Causes et Facteurs Déclencheurs
Bien que l'origine exacte du SGT ne soit pas connue, certains facteurs prédisposants environnementaux (prénataux et périnataux) ou génétiques ont été mis en évidence. Des antécédents familiaux de tics peuvent jouer un rôle, soit par transmission héréditaire d'anomalies cérébrales (comme dans le SGT), soit par mimétisme. Les enfants peuvent adopter les mêmes tics qu'un parent, un frère ou une sœur.
Les tics se déclenchent souvent en cas de facteurs de stress : une naissance, l'entrée à l'école, le décès d'un proche, un déménagement ou une séparation. Ces gestes inconscients permettent à l'enfant de décharger ses tensions et de trouver son calme. Un problème de maturité neuronale dans certaines régions du cerveau pourrait expliquer leur disparition à l'âge adulte.
Les tics pourraient être en rapport avec un dysfonctionnement de certaines régions profondes du cerveau : les ganglions de la base, aboutissant à une mauvaise planification des comportements. Au cours du développement normal, le cortex cérébral colonise de façon progressive les ganglions de la base contrôlant par de là même leur fonctionnement. De son côté, la mise en jeu anormale d’un réseau d’aires corticales préfrontales et prémotrices serait en cause dans le syndrome Gilles de la Tourette (SGT).
Quand Consulter un Professionnel de Santé ?
Il est recommandé aux parents d’envisager un traitement si :
- Les tics et tocs sont présents depuis plus d’un an ou s’aggravent.
- Ils causent des problèmes sociaux ou sont devenus gênants pour l’enfant.
N’hésitez pas à consulter rapidement afin d’éviter que les tics ou tocs ne prennent trop de place dans la vie de l’enfant. Une consultation auprès d'un médecin (médecin traitant, pédiatre, neurologue ou psychiatre) s'impose si les tics sont rythmiques (balancements), durent plusieurs mois, nuisent à la vie sociale ou à l'estime de soi.
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Approches Thérapeutiques et Traitements
Les traitements pour les troubles tic dépendent de la gravité de l'état. Plusieurs approches peuvent être envisagées, allant des thérapies comportementales aux traitements médicamenteux.
Thérapie Cognitive-Comportementale (TCC)
La thérapie cognitive-comportementale (TCC) est une approche psychothérapeutique qui vise à aider les personnes à changer leurs pensées et leurs comportements afin de mieux gérer leurs émotions et leurs problèmes de santé mentale. Elle se base sur l’idée que nos pensées, nos émotions et nos comportements sont étroitement liés et que nous pouvons changer nos pensées et nos comportements pour améliorer notre bien-être mental.
La TCC se concentre sur les pensées et les comportements actuels de la personne, plutôt que sur son passé ou sur les causes profondes de ses problèmes. Elle vise à aider la personne à identifier ses pensées et comportements inutiles ou nuisibles et à les remplacer par des pensées et des comportements plus adaptatifs et positifs.
Le traitement de choix pour les tics et tocs est une forme de thérapie cognitivo-comportementale appelée thérapie d’inversion des habitudes (TIH). Le but du TIH est d’aider les enfants à développer une sorte de système de défense d’alerte précoce pour les aider à contrer les tics avant qu’ils ne surviennent.
Pendant le TIH, le thérapeute travaille avec l’enfant pour l’aider à apprendre à reconnaître l’impulsion prémonitoire qui déclenche les tics/tocs et à être conscient des situations qui peuvent les déclencher. Il développe alors une réponse « compétitive », une action qu’il peut entreprendre à la place du tic/toc et qui peut être moins perceptible pour les autres. Par exemple, un enfant qui se racle la gorge à plusieurs reprises peut essayer de respirer profondément. Certains enfants peuvent pratiquer une version de cela lorsqu’ils essaient de transformer des tics ou tocs attirant l’attention en quelque chose qui semble plus naturel, par exemple, transformer une grimace en bâillement ou un mouvement de la main en un étirement et peut être moins visible pour les autres. Dans le cadre du TIH, les enfants peuvent également apprendre des techniques de relaxation telles que des exercices de respiration ou de pleine conscience, qui peuvent aider à réduire la fréquence de leurs tics/tocs.
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Médicaments
La thérapie d’inversion des habitudes est souvent efficace en elle-même, mais dans certains cas, le médecin de votre enfant peut suggérer de la combiner avec des médicaments. Les options de médication pour les tics et les tocs varient considérablement, selon leur gravité et éventuellement la présence d’autres troubles que l’enfant peut avoir. Certains médicaments pour d’autres troubles, comme le TDAH, sont soupçonnés de déclencher ou d’exacerber les tics.
Si un enfant est harcelé à l’école, qu’un ado se déscolarise ou qu’un adulte risque de perdre son travail, il faut penser aux médicaments, qui agissent en quelques semaines. Ce sont essentiellement des neuroleptiques qui sont prescrits, en particulier l’aripiprazole, un antipsychotique utilisé à très faibles doses. Ce ne sont pas les mêmes dosages que pour les psychoses ou les troubles bipolaires. Cette molécule est utilisée hors AMM (Autorisation de mise sur le marché).
L’idée d’une hyperactivité du système dopaminergique dans les tics a depuis longtemps conduit à proposer les neuroleptiques (agents bloquants de la dopamine) pour leur traitement. Les neuroleptiques classiques restent un traitement de référence mais ils présentent de nombreux effets secondaires qui limitent leur utilisation, notamment chez l’enfant. Depuis quelques années sont apparus des neuroleptiques de nouvelle génération qui ont moins d’effets secondaires.
Homéopathie
Les tics et tocs constituant plus ou moins une gêne plus ou moins importante pour ceux qui en souffrent, les médicaments homéopathiques peuvent être indiqués en complément d’une thérapie cognitive-comportementale car :
- Ils peuvent être prescrits aux enfants et aux adultes avec une sécurité et une compatibilité égales avec d’autres traitements éventuels présents ou futurs.
- Ils ne présentent pas les effets secondaires typiques des neuroleptiques ou des tranquillisants/anxiolytiques, ce qui évite de se poser la question d’envisager ou non un traitement.
- Ils peuvent être adaptés à chaque cas particulier avec ses particularités.
- Ils permettent d’aborder le traitement non seulement du tic en tant que symptôme, mais également de certaines des causes concomitantes telles que l’anxiété, le TDAH ou le TOC, même dans des cas tels que le trouble de la Tourette.
Il existe de nombreux médicaments homéopathiques pour aider à traiter les tics et tocs, parmi lesquels :
- AGARICUS MUSCARIUS : contraction des paupières, apparaissant fréquemment dans un contexte de fatigue physique et de somnolence.
- IGNATIA : tics des muscles de la face, grimaces, contractions des paupières, toux spasmodique, boule dans la gorge. Tics et tocs en relation avec les émotions.
- MYGALE LASIODORA : tics du visage, des paupières et du cou.
- KALIUM BROMATUM : agitation constante des mains, agitation.
- ZINCUM METALLICUM : secouement des jambes qui ne peuvent pas rester immobiles.
- AMBRA GRISEA : tics faciaux intenses chez les personnes hypersensibles, très timides et instables.
- CINA : chez les enfants qui se frottent le nez.
- LYCOPODIUM : tics chez l’adolescent précaire.
- MAGNESIA PHOSPHORICA : tics faciaux, spasmes douloureux.
- MANGANUM : raclements de gorge fréquents.
Les autres médicaments possibles à la disposition du médecin homéopathe sont : Hyosciamus, Natrum Fluoricum, Cuprum Metallicum, Crocus sativus, Moschus, Staphysagria, Phosphorus, Tarentula Hispanica, Rana bufo, etc.
Autres Approches
- Injections de toxine botulique (Botox) : Une option chez l’adulte pour les tics du cou, de la nuque ou des cordes vocales, y compris pour des tics vocaux sévères. Il faut renouveler les injections tous les 3 ou 4 mois, parfois pendant plusieurs années.
- Stimulation cérébrale profonde : Pour les personnes sévèrement atteintes, on propose parfois de la stimulation cérébrale profonde. Grâce à l’implantation d’électrodes dans le cerveau, au siège présumé des dysfonctionnements, on inhibe légèrement la fonction de ces structures probablement hyperactives dans les tics.
- Hypnose : L’hypnose est une technique puissante pour la santé et le bien-être, car elle permet d’accéder à l’inconscient, offrant ainsi la possibilité de modifier des comportements, des pensées et des émotions nuisibles. L’hypnose favorise la relaxation profonde, contribuant à un meilleur sommeil et une meilleure gestion émotionnelle. Elle est également utilisée pour améliorer la confiance en soi et pour soutenir des changements de comportement positifs.
- Naturopathie : La prise en charge en naturopathie a la particularité de ne pas se limiter à la régularisation du mal diagnostiqué. Elle couvre tous les aspects de votre bien-être en général. Tous les conseils nécessaires susceptibles de vous aider à améliorer votre mode de vie sont donnés.
Conseils pour les Parents et l'Entourage
Il est important que les parents connaissent la nature du trouble et fournissent des stratégies pour éviter les critiques ou l’attention excessive, des comportements qui exacerbent les tics. Les tics sont des mouvements involontaires, il ne faut donc pas punir l'enfant ni le pénaliser du fait de ses tics. La réaction des parents face aux tics peut avoir une influence sur leur fréquence et leur évolution. Pour l'aider, il est préférable de se montrer patient et de ne pas lui demander d'arrêter mais d'essayer de découvrir ce qui provoque cette tension en l'incitant à exprimer ses émotions. Un soutien psychologique est souvent utile, une thérapie comportementale peut être envisagée chez les plus grands.
Chez l’enfant comme chez l’adulte, il est toujours opportun d’évaluer, voire dans certains cas de traiter, les répercussions psychologiques des tics et tocs. Dans le cas des enfants, il est courant de devoir effectuer un travail psychoéducatif avec l’enfant, ses proches et, à l’occasion, et si possible, également avec les enseignants.
Il est important de savoir qu’avec des insultes ou des moqueries, vous ne parviendrez jamais à aider une personne atteinte du tic à se remettre. A contrario, vous réussirez à rendre sa situation plus complexe qu’elle ne l’était. Par conséquent, la patience et le soutien sont utiles pour lutter contre ce mal. Il est donc important de se montrer rassurant avec toutes les victimes. Il est également important de rechercher la cause et d’informer l’entourage.
L'Importance d'un Mode de Vie Sain
Un mode de vie sain peut également contribuer à la gestion des tics. Voici quelques recommandations :
- Alimentation : Il est important d’éviter la consommation de tous les aliments susceptibles de générer des troubles anxieux. Ces derniers ne sont aucunement compatibles avec les tics nerveux. Au nombre de ces aliments, on peut citer le café et d’autres qui contiennent de la caféine. Il faut également éviter les aliments susceptibles de provoquer une instabilité de la glycémie. Les variations significatives du taux de glycémie sont à l’origine du trouble anxieux. Il est alors préférable de consommer les aliments contenant du sucre lent. Un régime alimentaire riche en acides gras essentiels, en antioxydants, en minéraux, en protéines de qualité etc.
- Activités physiques et loisirs : Certaines activités du domaine du sport ou de loisir sont mises à contribution pour vaincre les tics nerveux. Entre autres, on peut citer toutes les sortes d’activités sportives, l’essentiel est qu’elle convienne à la personne concernée. On peut également citer les divers jeux musicaux (piano, guitare…).
- Techniques de relaxation : Le bien-être de l’homme dépend essentiellement de l’équilibre entre le physique et le spirituel. Ainsi, toute rupture de cet équilibre occasionne des répercussions avérées sur le fonctionnement de l’organisme. Certaines techniques simples, pratiques et efficaces sont réputées en ce qui concerne la restauration de cet équilibre perdu. On distingue entre autres de la méditation, de la visualisation, des techniques de la respiration profonde etc.
Les Plantes et Huiles Essentielles
Diverses plantes, en raison de leur composition chimique, sont utilisées pour lutter contre les tics nerveux. C’est le cas des plantes qui possèdent des propriétés reminéralisantes, anxiolytiques, tonifiantes etc. On peut par exemple citer la scutellaire. Cette dernière est une plante reconnue pour sa propriété fortifiante au profit du système nerveux. Elle contribue par ailleurs à diminuer efficacement les tics nerveux en réduisant les crises d’anxiété.
Il faut rappeler que l’avoine est une plante hautement reminéralisante, nutritive et apaisante. Son effet agit en profondeur en vue de régulariser efficacement le fonctionnement du système nerveux. L’avoine est d’ailleurs l’espèce végétale ayant un pouvoir tonifiant incomparable. Une autre plante anxiolytique dont les effets ont pour cible le cœur est l’agripaume. Elle est utilisée notamment pour traiter les cas de palpitation cardiaque. L’agripaume est également utilisée pour la prise en charge des cas d’anxiété relative à la ménopause et à la restauration de l’équilibre hormonal.
Les huiles essentielles utilisées contre les tics nerveux ont la particularité de posséder des propriétés antispasmodiques avérées. Il faut à cette étape faire une nuance avec les huiles qui possèdent des propriétés relaxantes simples dont les effets ne sont forcément pas spécifiques. La restauration du fonctionnement normal du système nerveux nécessite une action spécifique. Cette dernière est retrouvée par exemple avec l’huile essentielle d’estragon. Cette dernière est une antispasmodique puissante réputée en aromathérapie. On distingue aussi l’huile essentielle de basilic Inde. Cette huile est reconnue pour la fiabilité de ses effets sur les crampes ainsi que d’autres contractions musculaires involontaires. Elle est utilisée dans ce cadre afin de détendre les muscles et pour apaiser les nerfs. L’huile essentielle de la marjolaine est également mise à contribution. En effet, elle est une puissante régulatrice de troubles nerveux. Il s’agit d’un sympathico-tonique qui est très efficace par rapport à la lutte contre les tics nerveux.
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