Introduction
L'essor des technologies numériques a ouvert de nouvelles voies, y compris dans le domaine religieux. On assiste ainsi à une prolifération de services en ligne proposant des accompagnements spirituels, des thérapies à orientation psycho-spirituelle, et même la possibilité de "contracter" un prêtre en ligne. Cet article vise à décrypter ces pratiques, en particulier celles associées à l'association Anne-Peggy Agapè, et à examiner les avis critiques à leur sujet. Il s'agit d'analyser les dangers potentiels de ces approches, notamment en ce qui concerne la manipulation mentale et la création de faux souvenirs, tout en soulignant l'importance d'une foi chrétienne vécue dans le témoignage quotidien.
Le contexte : dérives psycho-spirituelles et "nouveau paradigme"
En septembre dernier, le Centre contre les manipulations mentales (CCMM) a publié un livre noir dénonçant la généralisation des "thérapies" et retraites à orientation psycho-spirituelle, souvent liées au charisme de "guérison". L'évêque du Puy, malgré les critiques, a reconnu dans son diocèse l'association Anne-Peggy Agapè, qui gère ces retraites. Cette reconnaissance soulève des questions quant à une éventuelle volonté d'imposer une nouvelle vision de la religion chrétienne, d'autant plus que certains évêques forment des prêtres et des chrétiens engagés à un "nouveau paradigme".
Ce "nouveau paradigme" est une manière nouvelle d’envisager la transmission de la foi et l’évangélisation dans la société d’aujourd’hui, c’est de la nouvelle évangélisation au carré. L'application de ce concept à la foi chrétienne, ou plutôt à la façon de la transmettre, est d'une violence extrême. Cela suggère un changement complet de référence théorique (le dogme lui-même reste-t-il intact devant le changement de paradigme ?), de méthodes (le champ est libre pour toutes les irrationalités charismatiques), d'objectifs (spirituels et religieux, mais aussi psychologiques et pourquoi pas thérapeutiques).
L'Agapè : analyse critique des retraites et des dangers potentiels
Le Père Humbrecht a réalisé un audit de l'Agapè et a conclu que tout allait très bien, qu'il s'agissait de retraites où l'on aide des personnes en difficulté sans danger ni reproche. Cependant, cet audit reste imprécis sur le fond des pratiques. Les responsables ne disent jamais vraiment la vérité sur l'origine de ces pratiques, qui remontent au re-birth.
Dans ces retraites, le retraitant, avec l'aide d'un accompagnateur, est censé revisiter les blessures du passé, jusqu'à sa propre conception. Pour ce faire, il est invité à faire taire la raison et à laisser parler les émotions et la mémoire des sens. Or, la mémoire liée aux sens (sensitive) n'existe tout simplement pas chez un adulte pour des événements qui se seraient passés pendant la conception ou la vie embryonnaire. Il est faux et idiot d'affirmer que si le cordon ombilical s'est enroulé autour de votre cou à la naissance, vous serez particulièrement sujet à l'angoisse durant votre vie. Il est impossible de revisiter des souvenirs remontant à la conception, à la vie intra-utérine ou à la naissance, et d'en inférer les conséquences actuelles de prétendues blessures.
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Les animateurs psycho-spirituels demandent de faire mémoire des "blessures" reçues depuis la conception jusqu'au moment présent, de les identifier et de les nommer, voire de demander à l'Esprit Saint de les révéler. Cette "méthode" induit très souvent de faux souvenirs. Les auteurs de ces prétendues blessures sont toujours accusés et se voient mis devant le fait accompli de ruptures de lien familial.
Faux souvenirs induits : un risque majeur
Dans le cas des faux souvenirs induits, c'est le praticien psy qui va suggérer, au regard de certaines pathologies présentes à l'âge adulte (problèmes de sexualité, problèmes relationnels, problèmes identitaires), l'idée que la personne qui vient la consulter a subi initialement des agressions sexuelles dont elle ne se souvient pas, que sa mémoire a occulté. Et le praticien va imposer rapidement cette analyse diagnostic pour asseoir ses pratiques d'hypnose, de séances psy tradis ou de désenvoûtement.
Les pseudo-psy qui pratiquent les méthodes de faux souvenirs induits tablent sur l'ignorance, la méconnaissance des gens vis à vis des états de sidération, des états dissociatifs et de la mémoire traumatique, mais aussi sur la souffrance et la détresse. Certains pseudo-psy savent pertinemment qu'on peut laver le cerveau des gens, manipuler la mémoire et donc, pour des troubles mineurs, ces pseudos psy vont créer sans scrupules chez les personnes qui viennent les consulter des traumatismes durables totalement inventés et qui vont détruire psychiquement et durablement la personne.
La foi chrétienne face aux dérives psycho-spirituelles
La fixation sur la mémoire et les événements du passé, en tant que tout cela conditionnerait la vie spirituelle, est une attitude fausse. La vie spirituelle n'est pas conditionnée à ce point par la psychologie, elle est autonome, elle n'est pas déterminée par un état physique, ni par un état psychologique, ni par la mémoire.
Il faut dénoncer ces méthodes inacceptables et affirmer que la foi chrétienne vécue dans le témoignage quotidien n'a rien à voir avec ces trafics de faux souvenirs.
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L'obscurantisme et la psychologie de bazar
L'obscurantisme, c'est être réfractaire à la raison et au progrès. L'Agapè fait appel à une psychologie de bazar amalgamée à une religiosité du Nouvel Âge pour de pseudos thérapies inspirées de croyances archaïques.
Historique des pratiques : continuité et ramifications
Si aujourd'hui le débat est focalisé sur l'Agapè, il faut comprendre qu'il y a continuité dans les méthodes depuis 12 à 15 ans sous différents noms et lieux. Au début (1998/ 2003 environ) était la communauté du ‘’Verbe de Vie’’ à Aubazine dans le Cantal qui recevait des personnes envoyées par les Béatitudes depuis la France et aussi la Belgique. Ces victimes étaient rabattues par des ‘’amis ‘’ de rencontre lors de manifestations de jeunesse ou par les foyers de jeunes, appelés ‘’homes’’ à ce moment là en Belgique, tout cela contrôlé par les Béatitudes qui agissaient en sous main.
En fait un centre de conditionnement et d'orientation où les différents responsables des Béatitudes venaient régulièrement faire des conférences et où les retraitants étaient initiés, déjà par des accompagnateurs, à la psychogénéalogie. Puis maintenant l’Agapè, avec toujours en sous main les Béatitudes et toujours les victimes qui passent de comm. en comm.
L'Église et les nouvelles technologies : opportunités et défis
L'Église catholique, consciente de l'importance d'être présente dans le monde numérique, a développé de nombreux outils en ligne pour toucher un public plus large. Des applications comme "La Liturgie des heures", "youPRAY", "Hozana", "Click To Pray" et "Meditatio" offrent des ressources pour la prière, la méditation et la découverte de la foi. Des radios chrétiennes comme RCF et Radio Notre Dame, ainsi que des médias comme La Croix et Aleteia, proposent des informations et des réflexions sur l'actualité et la spiritualité.
Cependant, cette présence en ligne soulève également des défis, notamment en ce qui concerne la qualité de l'accompagnement spirituel proposé et les risques de dérives sectaires ou de manipulation mentale. L'affaire du Père Justin, un prêtre généré par une intelligence artificielle qui a commis des erreurs doctrinales, illustre les limites de la technologie dans le domaine religieux.
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La crise financière de l'Église et la recherche de solutions
La situation financière de l'Église catholique dans certains diocèses, comme celui d'Albi, est préoccupante. Le nombre de donateurs a diminué, et les ressources sont insuffisantes pour payer les prêtres et les salariés. Face à cette situation, certains prêtres, comme le Père Xavier Cormary, ont recours à des méthodes originales, comme la publication d'un CV en ligne, pour alerter sur les difficultés financières et susciter un débat sur l'avenir de l'Église.
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