Le choix d'une méthode de contraception est un parcours personnel, influencé par les étapes de la vie, la sexualité, le métabolisme, la santé, les besoins, les désirs et les sentiments. Cette décision, majoritairement féminine, est rarement simple. De plus en plus de femmes se tournent vers des alternatives naturelles. Cet article explore les options de contraception pendant l'allaitement, en mettant l'accent sur la méthode MAMA (Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée) et d'autres alternatives compatibles.
Introduction
Après l'accouchement, de nombreuses femmes s'interrogent sur les options de contraception, surtout si elles allaitent. Il est naturel de se poser des questions sur les multiples possibilités, d'autant plus qu'il existe des options compatibles avec l'allaitement. L'intérêt de ce choix réside dans la possibilité d'adapter la contraception aux besoins et contraintes spécifiques de chaque femme. Il est judicieux d'aborder cette question avec les professionnels de santé qui vous accompagnent pendant la grossesse, afin de faire un choix adapté à votre projet d'allaitement.
Contraception Hormonale vs. Naturelle
Les méthodes contraceptives se divisent en deux grandes catégories : hormonales et naturelles.
Contraception hormonale : Pilules, stérilets hormonaux (DIU), patchs, implants, anneaux vaginaux ou contraceptifs injectables utilisent des hormones pour bloquer l'ovulation, épaissir la glaire cervicale et/ou amincir l'endomètre afin d'empêcher l'implantation d'un ovule fécondé.
Contraception naturelle : Les méthodes Billings, Ogino-Knaus, le retrait, l'abstinence, les courbes de température ou la symptothermie n'utilisent ni hormones de synthèse ni dispositifs. Elles sont basées sur l'observation du cycle féminin et la connaissance de la période fertile pour éviter la grossesse.
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La Méthode MAMA (Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée)
La MAMA est une méthode contraceptive naturelle, temporaire et efficace si elle est correctement mise en œuvre. Elle est déclenchée naturellement par le corps féminin pendant l'allaitement. Après la naissance, l'allaitement exclusif stimule la production de prolactine, une hormone qui empêche l'ovulation.
Conditions d'efficacité de la MAMA
Pour que la MAMA soit efficace, les conditions suivantes doivent être strictement respectées :
Allaitement exclusif : Le bébé doit être nourri exclusivement au sein, jour et nuit, sans introduction de sucette ni de biberon. L'allaitement exclusif comprend des tétées de plus de 4 minutes, de fréquence élevée (plus de 6 longues ou 10 courtes tétées par 24 heures), jour et nuit. L'espacement des tétées ne doit pas excéder 6 heures et aucune autre alimentation ne doit être utilisée.
Aménorrhée persistante : Absence totale de règles. La reprise des règles est définie par un saignement de plus de 2 jours nécessitant une protection. Les métrorragies survenant dans les 2 semaines après la fin des lochies et les "spotting" ne sont pas considérés.
Période post-partum : La méthode est efficace pendant les 6 premiers mois après l'accouchement.
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Dans ces conditions, la protection contraceptive est assurée à plus de 98%. Si l'une de ces conditions n'est plus remplie, il est nécessaire d'utiliser une autre méthode contraceptive.
Limites de la MAMA
Bien que les risques de concevoir un enfant pendant l'allaitement soient inférieurs à 2% avec la MAMA, cette méthode ne protège pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST). Il est essentiel de considérer cette limite et d'utiliser des méthodes de protection supplémentaires si nécessaire.
Contraception Hormonale et Allaitement
L'utilisation de contraceptifs hormonaux pendant l'allaitement nécessite une attention particulière.
Contre-indications à la contraception hormonale pendant l'allaitement
Il est déconseillé d'utiliser une contraception hormonale dans les cas suivants :
- Production lactée déjà faible ou antécédents d'échec de l'allaitement.
- Antécédents de chirurgie mammaire.
- Grossesse multiple (jumeaux, triplés).
- Accouchement prématuré.
- Mauvaise santé de la mère et/ou du bébé.
- Tire-allaitement exclusif.
Progestatifs
Les progestatifs peuvent être utilisés chez les femmes en post-partum ne présentant pas de contre-indications (accidents thromboemboliques veineux évolutifs, saignements génitaux inexpliqués, cancer du sein ou de l'utérus, pathologie hépatique sévère actuelle ou ancienne).
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Il est recommandé de ne pas utiliser de microprogestatifs avant le 3e jour du post-partum pour respecter la "montée laiteuse". Bien que la pratique courante en France soit de prescrire des microprogestatifs tôt, entre la sortie de maternité et le 21e jour du post-partum, cette pratique n'est pas recommandée.
Les études publiées montrent que la contraception microprogestative, débutée 6 semaines après l'accouchement, ne modifie pas les caractéristiques de l'allaitement (qualité et quantité du lait, durée de l'allaitement, croissance de l'enfant). Cependant, des cas cliniques ont rapporté des baisses significatives de lactation durant la prise d'une contraception à hormone progestative. Il est donc important de surveiller une éventuelle baisse de lactation et d'en parler à votre médecin.
Les recommandations internationales conseillent de ne prescrire une contraception hormonale progestative qu'à partir de la 6e semaine du post-partum.
Plusieurs voies d'administration sont disponibles :
- Pilule microprogestative : Pilule au lévonorgestrel ou au désogestrel.
- Implant à l'étonogestrel : Méthode de longue durée d'action (3 ans).
- Injections d'acétate de médroxyprogestérone (tous les 3 mois) : Leur indication est limitée aux cas où il n'est pas possible d'utiliser d'autres méthodes contraceptives.
Les femmes doivent être informées sur :
- Les modalités d'instauration et d'utilisation des pilules microprogestatives.
- L'efficacité contraceptive de ces méthodes.
- Les possibles troubles menstruels.
- Le risque de diminution d'efficacité en cas de diarrhée, vomissements ou association à certains médicaments.
- La possibilité de faire renouveler une fois leur contraceptif oral pour une période supplémentaire de 6 mois par le pharmacien ou l'infirmière sur présentation d'une ordonnance datant de moins de 1 an.
Oestroprogestatifs
La prescription de pilules œstroprogestatives est plus discutée. La Haute Autorité de Santé ne recommande pas, pour le moment, la prise de pilules œstroprogestatives pendant l'allaitement.
Contraception d'urgence
En cas de besoin, un contraceptif d'urgence peut être utilisé chez une femme qui allaite : lévonorgestrel (Levosolo®, Norlevo®) ou ulipristal (Ellaone®).
Dispositifs Intra-Utérins (DIU)
Les DIU (au cuivre ou au lévonorgestrel) peuvent être utilisés chez la femme en post-partum allaitante à partir de 4 semaines après l'accouchement, après avoir évalué et écarté un risque infectieux. Les contre-indications du DIU au LNG sont les mêmes que celles des progestatifs. La pose d'un DIU au cuivre dans les 48 heures après un accouchement est possible mais n'est pas d'usage courant en France.
Les femmes doivent être informées sur :
- L'efficacité contraceptive de ces méthodes.
- Leur longue durée d'action.
- Leurs risques potentiels (risque d'expulsion, risque de perforation et de migration).
- L'impact du DIU sur les cycles (règles plus importantes avec le DIU au cuivre, spotting, oligoménorrhée ou aménorrhée avec le DIU au LNG).
Le DIU au LNG est à privilégier en cas de ménorragies fonctionnelles ou de saignements abondants avec un DIU au cuivre.
Il est conseillé aux femmes de consulter 1 à 3 mois après la pose puis annuellement, ainsi qu'en cas de douleurs pelviennes, de saignements ou de fièvre inexpliqués.
Méthodes Naturelles (Autres que la MAMA)
Il existe 4 méthodes de "prise de conscience de la fertilité" : la méthode Billings, la méthode de Creighton, la méthode sympto-thermique et la méthode Marquette. Ces méthodes sont fondées sur l'observation de combinaisons variables de facteurs tels que la glaire cervicale, la température, etc. Elles proposent une abstinence périodique pendant les périodes fertiles ou le recours à une méthode barrière et ont des protocoles spécifiques pour le post-partum.
Ces méthodes requièrent information et même formation de la femme et/ou du couple. L'efficacité de ces méthodes est moins bonne que celle des méthodes hormonales, mécaniques ou barrières.
Méthodes Barrières
Préservatifs masculins et féminins, diaphragme et cape cervicale, spermicides : Ces méthodes ont une efficacité contraceptive moindre que celle de la contraception hormonale ou du DIU. Elles nécessitent que les deux partenaires soient motivés, aient bien compris leur utilisation après un apprentissage spécifique. Elles doivent être utilisées lors de tous les rapports sexuels, quelle que soit la date du cycle.
Le diaphragme, la cape cervicale et les spermicides sont inutilisables avant 42 jours (6 semaines) après l'accouchement. L'efficacité contraceptive du diaphragme/de la cape est améliorée par l'association à un spermicide.
Toutes les méthodes barrières sont compatibles avec l'allaitement.
Méthodes de Stérilisation
La stérilisation volontaire est possible en France dès l'âge de 18 ans. Un délai légal de réflexion de 4 mois doit être respecté entre la demande initiale et la réalisation de la stérilisation. Il ne semble pas que la stérilisation modifie l'allaitement car les hormones de l'allaitement sont sécrétées par l'hypophyse et non les ovaires.
Contraception Masculine
Il est important de noter que la contraception masculine est une option à envisager. Plusieurs possibilités s'offrent aux hommes, comme l'anneau contraceptif, qui maintient les testicules en position haute pour affaiblir la production de spermatozoïdes.
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