L'interruption volontaire de grossesse (IVG), communément appelée avortement, est un droit fondamental pour les femmes. Cet article vise à fournir une information complète et détaillée sur les différentes méthodes d'IVG, les procédures à suivre, les aspects médicaux et les considérations importantes pour celles qui envisagent cette option.
Introduction
Face à une grossesse non désirée, l'IVG est une option légale et encadrée en France. Il est crucial de connaître les démarches à suivre, les méthodes disponibles et les aspects légaux pour prendre une décision éclairée. Ce guide a pour objectif de répondre à toutes les questions concernant l'IVG et de vous orienter vers les ressources appropriées.
Premières Démarches : Consultation et Information
La première étape lorsqu'une femme souhaite interrompre sa grossesse est de consulter un professionnel de santé. Ce professionnel peut être un médecin généraliste, un gynécologue, ou une sage-femme. Ces professionnels exercent en cabinet libéral, en centre de santé, en maison de santé ou en établissement de santé (hôpitaux, cliniques).
Consultation d'information
Lors de cette consultation, il est essentiel que le professionnel de santé vous fournisse des informations claires et complètes sur :
- Les différentes méthodes d’IVG : médicamenteuse et instrumentale.
- Les lieux de réalisation de l'IVG, en vous informant des différentes options disponibles.
- Les risques et les effets secondaires possibles de chaque méthode.
Si le professionnel de santé consulté ne pratique pas lui-même l'IVG, il est tenu de vous orienter vers un autre professionnel compétent. Il s’agit d’une obligation légale.
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Un guide reprenant l’ensemble de ces informations vous sera également remis pour que vous puissiez vous y référer à tout moment.
Entretien Psycho-Social
Le médecin ou la sage-femme vous proposera également un entretien psycho-social. Si vous êtes majeure, vous pouvez choisir de le réaliser ou non. Cet entretien est obligatoire si vous êtes mineure et devra être réalisé avant le recueil de votre consentement. Cet entretien offre un accompagnement social et psychologique. Il peut se dérouler en présentiel ou à distance, avec un professionnel qualifié dans un centre de santé sexuelle, un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), ou un service social agréé.
Attestation de Consultation Médicale
À la fin du rendez-vous, le médecin ou la sage-femme vous délivre une attestation de consultation médicale, pour certifier que cette première consultation a bien eu lieu.
Consentement Écrit
Le deuxième temps de la procédure consiste à remettre votre consentement écrit de demande d’avortement au médecin ou à la sage-femme. Il n’existe plus de délai de réflexion minimal entre le premier et le deuxième temps. Ils peuvent avoir lieu au cours d'une seule et même consultation si vous êtes majeure.
Ce moment est également l’occasion de :
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- Décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG, si nécessaire.
- Vous faire prescrire, si tel est votre choix, un dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST), dont l’infection par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’utérus (à partir de 25 ans).
Les Différentes Méthodes d'IVG
Il existe deux méthodes principales pour réaliser une IVG : la méthode médicamenteuse et la méthode instrumentale (ou chirurgicale). Le choix de la méthode dépend de plusieurs facteurs, notamment le stade de la grossesse et les préférences de la femme. La liberté de choix est garantie par la loi.
IVG Médicamenteuse
L'IVG médicamenteuse, souvent appelée « pilule abortive », peut être réalisée jusqu’à la 7ème semaine de grossesse (9ème semaine d’aménorrhée). Elle consiste à prendre deux médicaments différents à intervalles de 24 à 48 heures. Cette méthode simule une fausse couche. 76 % des IVG réalisées sont des IVG médicamenteuses.
Les Étapes de l'IVG Médicamenteuse
- Prise du premier médicament (mifépristone) : Ce médicament bloque l’action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Il favorise également les contractions de l’utérus et l’ouverture du col utérin. La mifépristone peut être prise en présence du professionnel de santé ou à domicile.
- Prise du deuxième médicament (misoprostol) : Ce médicament est pris 24 à 48 heures après la mifépristone. Il augmente les contractions utérines et provoque l’expulsion de l’œuf. Le misoprostol peut également être pris à domicile, en consultation, ou lors d’une courte hospitalisation.
Les médicaments provoquent l’IVG entraînent des saignements et des contractions utérines similaires à des règles abondantes.
Suivi Post-IVG Médicamenteuse
Une visite de contrôle est effectuée dans les 14 à 21 jours suivants afin de s’assurer de l’interruption de la grossesse et de vérifier l’absence de complications. La visite de contrôle chez le médecin ou la sage-femme : Lors de cette visite, votre médecin ou sage-femme : confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin ;vérifie l’absence de complications liées à l’IVG médicamenteuse ;évoque si nécessaire les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation.
Que faire en cas d’échec de l’IVG médicamenteuse ?
En cas d’échec de l’IVG (si la grossesse se poursuit), le médecin, ou la sage-femme, vous oriente vers l’IVG instrumentale.
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IVG Instrumentale (Chirurgicale)
L’IVG chirurgicale ou instrumentale est pratiquée jusqu’à la 14ème semaine de grossesse (16ème semaine d’aménorrhée). Elle consiste en l’aspiration de l’œuf à l’aide d’une canule fine introduite dans le col de l’utérus et reliée à un système permettant l’aspiration. La dilatation du col de l’utérus peut être facilitée par l’administration d’un médicament.
Procédure
L’IVG chirurgicale est réalisée en établissement de santé (centre hospitalier ou clinique). Elle peut être pratiquée sous anesthésie générale ou anesthésie locale. La durée de l’intervention est de 5 à 10 minutes pour une IVG par aspiration, et de 10 à 20 minutes pour un avortement instrumental entre 13 et 17 semaines. Pour les IVG instrumentales réalisées entre 18 et 22 semaines, la durée de l’intervention est de 15 à 25 minutes.
Suivi Post-IVG Instrumentale
Après l’intervention, il est nécessaire de rester sous surveillance quelques heures dans l’établissement ou le centre de santé. La consultation de suivi après l’IVG est nécessaire car elle permet de s’assurer que la grossesse est bien interrompue mais aussi de la bonne santé globale de la femme.
Aspects Légaux et Financiers
Délai Légal
En France, l'IVG est autorisée jusqu'à la 14e semaine de grossesse (16 semaines d'aménorrhée).
Prise en Charge Financière
L'IVG médicamenteuse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME). Tous les examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais, que vous soyez majeure ou mineure.
Mineures
Une autorisation parentale n’est pas obligatoire pour une IVG. Vous devez être accompagnée par un adulte de votre choix. Vous devez assister à une consultation psychosociale pour procéder à l’IVG.
Risques et Complications
IVG Médicamenteuse
Les événements indésirables immédiats les plus fréquents et non inquiétants sont des douleurs pelviennes, des saignements et parfois des troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée). Les complications sont très rares. Il peut s’agir d’une infection ou d’une hémorragie, pour lesquelles le/la professionnelle de santé vous aura expliqué les signes devant vous faire consulter en urgence : fièvre (température supérieure à 38°C), importantes pertes de sang, fortes douleurs abdominales, malaise.
IVG Instrumentale
Les complications immédiates sont rares. Dans de rares cas, la survenue d’une hémorragie est possible. La perforation de l’utérus lors d’une aspiration instrumentale est quant à elle un événement exceptionnel. Les complications à distance d’une IVG sont rares. Cependant, dans les jours suivant l’intervention, si vous présentez de la fièvre (température supérieure à 38 °C), d’importantes pertes de sang, de fortes douleurs abdominales et/ou un malaise, vous devez rapidement contacter l’établissement où a eu lieu votre IVG ou à défaut le service d’urgences gynécologiques le plus proche de chez vous, car cela peut être un signe de complication.
Est-ce que l’IVG est douloureuse ?
Les contractions de l’utérus liées à l’IVG peuvent être douloureuses, notamment en cas d’IVG médicamenteuse. C’est pour cette raison que le médecin ou la sage-femme vous prescrira systématiquement des anti-douleurs pour vous soulager.
Est-il dangereux d’avorter ?
Qu’il s’agisse d’une IVG instrumentale ou médicamenteuse, il existe un risque de complications mais ce risque n’est pas supérieur à celui d’un avortement spontané (fausse couche) ou d‘une grossesse menée à terme. Mis à part les risques de lésions au niveau du col de l’utérus ou des parois de l’utérus qui sont spécifiques à la méthode instrumentale, les complications qui peuvent survenir en lien avec l’IVG sont les mêmes quelle que soit la technique employée. Il s’agit principalement des hémorragies et des infections de l’utérus. Ces deux dernières peuvent également survenir lors d’une évacuation incomplète de la grossesse. Toutefois, comme l’indique l’Organisation mondiale de la santé (OMS) lorsqu’il est pratiqué dans des conditions sécurisées (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme c’est le cas en France, l’avortement est une intervention sans risque. En effet, un avortement réalisé dans de bonnes conditions quelle que soit la méthode permet de réduire très fortement les risques de complications et de les prendre en charge rapidement et efficacement si elles surviennent.
Est-ce qu’il arrive qu’une IVG ne fonctionne pas ?
L’IVG médicamenteuse est efficace à 95%, c’est-à-dire que dans 5% des cas, il est nécessaire de pratiquer une IVG instrumentale ou un autre geste chirurgical en complément. L’IVG instrumentale est quant à elle efficace à 99,7%. Il est tout à fait exceptionnel de devoir refaire la procédure. Quelle que soit la méthode utilisée, la consultation de suivi après l’IVG est nécessaire car elle permet de s’assurer que la grossesse est bien interrompue mais aussi de la bonne santé globale de la femme.
Contraception Après une IVG
La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé, si nécessaire, d'utiliser une contraception. Vous pouvez en discuter au cours de la procédure avec votre médecin ou sage-femme pour choisir celle qui vous conviendra le mieux.
Soutien et Accompagnement
Il est important de se sentir soutenue tout au long de ce processus. N'hésitez pas à vous faire accompagner par une personne de confiance. Des outils interactifs, anonymes et gratuits, tels que le tchat en ligne, peuvent vous mettre en contact direct avec une personne compétente qui pourra répondre à vos questions, vous informer et vous orienter.
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