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Comprendre la Fausse Couche Spontanée : Causes, Symptômes et Prise en Charge

Savoir que l’on est enceinte est un heureux événement dans la vie d’un couple, particulièrement marquant dans la vie de la femme. S’il est vrai que la plupart des grossesses vont à terme, il n’en demeure pas moins que certaines grossesses sont interrompues avant leur terme : on parle alors de fausse couche. Faire une fausse couche est une triste réalité à laquelle personne n’aime faire face. Celle-ci est généralement annoncée par des saignements au cours de la grossesse. Mais au-delà des saignements, d’autres signes peuvent être annonciateurs d’une fausse couche.

Qu'est-ce qu'une Fausse Couche Spontanée ?

On appelle « fausse couche » une interruption spontanée de grossesse qui survient au cours des cinq premiers mois. Lorsque la grossesse n’évolue plus et que le fœtus est expulsé entre le premier et le cinquième mois de grossesse, on parle de fausse couche spontanée. Au-delà de cinq mois, on parle de mort fœtale in utero. Il est également important de différencier fausse couche spontanée précoce et la fausse couche tardive. En effet, la fausse couche précoce est lorsqu’un l’arrêt de grossesse a lieu au cours des 3 premiers mois. La fausse couche tardive (encore appelée avortement tardif) est une interruption non volontaire de la grossesse entre le troisième et le cinquième mois. Toute interruption et expulsion de grossesse au-delà de cinq mois (22 semaines d’aménorrhée - c’est à dire 22 semaines après l’arrêt des dernières règles) est qualifiée de “mort fœtale”. Ces précisions sont importantes à faire car la prise en charge et le traitement de chaque catégorie de fausse couche ne sont pas identiques.

Types de Fausse Couche

  • Fausse couche isolée : Quand une femme fait une seule fausse couche, on parle de fausse couche isolée. Les fausses couches isolées touchent environ 15 % des grossesses.
  • Fausse couche à répétition : On parle de fausses couches à répétition dès lors qu’une femme enceinte d’un même partenaire présente au moins trois fausses couches spontanées consécutives avant 14 semaines d’aménorrhée. Elles concernent 1,5 % des femmes et nécessitent une prise en charge avec des examens plus poussés.

Les Causes et Facteurs de Risque d’une Fausse Couche

Une fausse couche peut être causée par plusieurs éléments. On compte notamment les causes internes et les causes externes :

Causes Internes

  • Anomalies génétiques: anomalies génétiques détectées au niveau de l’embryon (chromosomes mal répartis à l’issue de la fécondation). Dans environ 60 % des cas, et en particulier pendant le premier trimestre de la grossesse, les fausses couches sont dues à des anomalies de l’embryon qui empêchent son développement normal. Il peut s’agir d’anomalies au niveau des chromosomes (qui se sont mal répartis avant ou après la fécondation) ou d’anomalies du développement embryonnaire (par exemple, au niveau du cœur ou du système nerveux). Parfois, les membranes embryonnaires et le placenta se développent en l'absence d'un embryon. C'est ce que l'on appelle un « œuf clair ». Il est diagnostiqué par échographie ou peut provoquer des symptômes de fausse couche. Dans certains cas, il se résorbe spontanément en entraînant quelques saignements vaginaux discrets. La principale cause d’une fausse-couche précoce est un déséquilibre chromosomique comme une trisomie, qui entraîne une non viabilité de la grossesse. Ces anomalies sont la plupart du temps de novo, c’est-à-dire que ce sont des accidents au moment de la formation des spermatozoïdes ou des ovocytes.
  • Anomalies pathologiques: anomalies pouvant ralentir le développement embryonnaire (notamment anomalies au niveau du cœur ou du système nerveux). anomalies pathologiques (diabète non contrôlé, glande thyroïde, problèmes d’hormone, maladies immunitaires, cœliaque, coagulation sanguine, anomalies du col de l’utérus : fibromes, polypes, poly kyste ovariennes…) détectées au niveau du corps fragile de la mère. Certaines maladies maternelles augmentent le risque de fausse couche. Une bonne santé maternelle est essentielle pour le développement optimal du fœtus. Il peut arriver cependant que la mère souffre de pathologies dûes essentiellement à la génétique (et donc non contrôlées). Les anomalies utérines. Les anomalies métaboliques. Certaines situations demandent une surveillance accrue dans le cas d’une grossesse.
  • Infections: On peut également observer de nombreuses fausses couches chez les femmes ayant souffert d’une des infections suivantes : la toxoplasmose, la rubéole, la listériose ou le cytomégalovirus. une infection, par exemple la toxoplasmose, la rubéole, la listériose, l’infection par les salmonelles ou le cytomégalovirus, etc. Tout au long de la grossesse, des examens réguliers sont prévus afin d’assurer l’absence de pathologies infectieuses. Facilement détectable par une prise de sang, celles-ci peuvent se développer au cours de la grossesse et augmenter le risque de fausse couche en altérant l’état de santé de la femme et/ou du fœtus.

Causes Externes

  • Substances nocives: Celles-ci peuvent provoquer l’interruption d’une grossesse avant le 5e mois. Parmi elles, on compte notamment la consommation de certaines substances nocives (tabac, boissons alcoolisées, cocaïne, héroïne, amphétamine, excès du café, certaines plantes médicinales comme l’absinthe, l’armoise, le génépi, l’aloès, la cascara, la menthe pouliot, la sauge officinale…) Les facteurs externes peuvent significativement influencer le déroulement d’une grossesse et augmenter le risque d’interruption spontanée. Parmi ces facteurs, l’environnement dans lequel évolue la femme enceinte joue un rôle prépondérant. Ne pas consommer de tabac ou d’alcool. Des études ont prouvées que la consommation de tabac durant la grossesse augmente de trois fois le risque de mort fœtale in utero en début de grossesse ainsi que le risque de naissance prématurée. Par ailleurs, l’alcool passe facilement du sang maternel au sang du fœtus au travers du placenta, ainsi le bébé sera directement exposé aux effets de l’alcool ingéré par la mère. Éviter les perturbateurs endocriniens. L’exposition à des substances toxiques, telles que les produits chimiques industriels, les pesticides, et les solvants, peut avoir des effets néfastes sur la grossesse.
  • Âge des parents: L’âge des parents constitue également un facteur de risque de fausse couche. En effet, plus la mère est âgée, plus le risque de fausse couche est élevé (20 % pour les femmes de 35 ans ; 40 % pour les femmes de 40 ans et 80 % pour les femmes au-delà de 45 ans). Chez les hommes dont l’âge est supérieur à 40 ans, il existe un risque de fausse couche car on constate une augmentation du nombre de spermatozoïde anormale. Le risque d’avortement spontané augmente avec l’âge de la mère. On estime que ce risque est de 9 % à 20 ans, de 20 % à 35 ans, de 40 % à 40 ans et de 80 % au-delà de 45 ans. Magnus, M. C., et al. (2019). Role of maternal age and pregnancy history in risk of miscarriage: prospective register based study. BMJ 364: l869.

Facteurs Non Liés à la Fausse Couche

Contrairement à ce que croient de nombreuses personnes, l'activité et les efforts physiques, le travail ou les relations sexuelles n'ont aucun effet sur le risque de fausse couche.

Quels Sont Les Signes d’une Fausse Couche ?

La fausse couche se manifestera par les signes suivants :

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  • Saignements vaginaux: Saignements (abondants ou non) du vagin. Le sang est d’abord rouge clair puis devient rouge foncé. Le principal signe d’une grossesse arrêtée naturellement est un saignement vaginal, qui peut être accompagné de crampes et de douleurs dans le bas de l’abdomen.
  • Douleurs: Fortes douleurs au niveau du dos ou au niveau du bas ventre.
  • Caillots: Caillots de sang ou de tissus brunâtres.
  • Disparition des symptômes de grossesse: Absence brusque des symptômes et signes de grossesses (nausées, vomissements, tensions, douleurs des seins…)

En outre, certaines grossesses au début des 3 premiers mois peuvent être interrompues sans présenter de signes. Le fœtus est évacué au cours des premières menstruations. Pour une grossesse de plus de 3 mois, la fausse couche s’annonce généralement par une forte contraction (qui peut être comparée à une contraction d’accouchement).

Quand Consulter un Médecin ?

Il est important de consulter votre médecin, sage-femme ou gynécologue référent dès l’apparition des symptômes. Si, en plus de saignements et douleurs, vous avez de la fièvre, des nausées, des vomissements, des malaises ou des étourdissements, consultez en urgence. Il pourrait s’agir d’une fausse couche hémorragique. Des saignements importants, même en l’absence d’autres symptômes, doivent également être pris en charge en urgence. Il faut se rendre en consultation lorsque :

  • Vous constatez un saignement vaginal abondant (à titre d’exemple, si celui-ci vous contraint à utiliser au moins deux serviettes hygiéniques en 1 heure)
  • Lorsque vous ressentez de fortes douleurs au niveau du bas ventre, du dos ou de l’abdomen.
  • Lorsque vous avez été victime d’une perte de conscience.

La téléconsultation n’est pas possible pour diagnostiquer les cas de fausses couches.

Comment Différencier Saignements de Fausse Couche et Règles ?

Pendant les règles, l’écoulement est normal et nécessite en moyenne l’usage d’une serviette hygiénique par heure. Le saignement d’une fausse couche est abondant et exige plus de deux serviettes par heure. Néanmoins, une fausse couche précoce s’évacue normalement - tout comme des règles.

Quels Sont Les Traitements d’une Fausse Couche ?

C’est après avoir réalisé une échographie de contrôle que le diagnostic de fausse couche pourra être établi. Selon les résultats, trois traitements thérapeutiques sont envisagés :

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  • Traitement médicamenteux: Lorsqu’il s’agit d’une grossesse de moins de 10 semaines, l’interruption peut être traitée à l’aide du Misoprostol, accompagné d’antidouleurs et de médicaments contre la nausée. Certains médecins peuvent ajouter du fer pour compenser la perte de sang. Entre 12 heures et 24 heures après la prise de la dose recommandée par votre médecin, une menstruation abondante suivie de fortes douleurs est observée. Les jours suivants une menstruation normale sera également observée. Suivez les recommandations de votre médecin. Le traitement médical est, dans la plupart des cas, administré par voie orale ou vaginale. Il est majoritairement proposé en ambulatoire (retour à domicile).. Il favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col. Efficace en quelques heures, il provoque l’expulsion du sac embryonnaire. Ce processus dure quelques heures et est peut-être accompagné de douleurs et de saignements.
  • Le curetage: C’est le traitement recommandé pour les grossesses entre 10 et 13 semaines. Il s’agit d’un traitement visant à expulser entièrement le fœtus et le placenta du ventre de la mère. Le curage permet d’éviter toute infection et hémorragie. Des médicaments de la catégorie des sédatifs et des antalgiques vous seront administrés pour vous permettre de supporter la douleur. Une observation de 24 heures à l’hôpital est exigée pour suivre l’évolution de l’état du patient. Enfin, une intervention chirurgicale peut vous être proposée sous anesthésie générale ou locale, au cours de laquelle la grossesse est évacuée par le col de l’utérus (aspiration). La procédure ne dure que quelques minutes, mais on vous gardera en observation quelques heures à l’hôpital.
  • Fausse couche naturelle: Vous pouvez aussi décider d’attendre que le fœtus s’expulse naturellement sans intervention médicamenteuse. Faites-vous guider par votre gynécologue. Pour ce type de traitement, il peut être effectué une fausse couche naturelle sans médicament. Il s’agît d’une méthode très douloureuse et assez stressante. Le saignement dure longtemps. Vous devez prendre régulièrement votre température et faire objet de suivi par prises de sang. Le suivi peut être réalisé par échographie. Si l’expulsion du fœtus et du placenta n’est pas totale, le médecin peut vous proposer d’attendre que les choses se fassent de façon naturelle.

Au cours des deux semaines qui suivent une fausse couche, il est conseillé de ne pas avoir de rapports sexuels avec et de ne pas utiliser de tampons hygiéniques.

Comment Éviter Une Fausse Couche ?

Comment Éviter Une Fausse Couche Après une Fécondation In Vitro (FIV)

S’il est constaté une forte augmentation des cas de fausses couches après FIV, cela peut être évité en appliquant les mesures préventives suivantes :

  • Réaliser l’hystérosalpingographie (HSG) pour connaître la forme et la situation de l’utérus.
  • Réaliser la thrombophilie pour permettre d’anticiper la formation des caillots de sang dans l’utérus.
  • Réaliser le test de réceptivité endométriale ER Map afin de confirmer la réceptivité de l’endomètre.

Si tous ces examens cliniques sont concluants, vous avez de grandes chances d’éviter une fausse couche après FIV.

Comment Éviter Une Fausse Couche Précoce ?

  • Faites-vous vacciner contre la rubéole et la grippe
  • Faites-vous dépister couramment de la toxoplasmose
  • Adoptez une alimentation saine et variée.

Comment Éviter Une Fausse Couche en Début de Grossesse ?

  • Évitez la consommation de boissons alcoolisées
  • Évitez les boissons issues des plantes médicinales à risque sur la grossesse
  • Allez régulièrement aux contrôles et visites médicales de suivi.

Deuil à la Suite d’une Fausse Couche

Vivre une fausse couche est un véritable traumatisme pour certaines personnes. C’est une situation très difficile à vivre ainsi qu’un véritable deuil. Hommes et femmes ressentent du vide, de la déception, de la tristesse et parfois un sentiment de culpabilité. Le deuil à la suite d’une fausse couche doit se faire à deux. Le père et la mère doivent discuter, parler et se vider. Si l’émotion est trop forte et que le deuil tarde à partir, vous pouvez vous remettre à des professionnels ou des groupes de soutien qui vous aideront à surmonter cette situation. L’impact et les conséquences des fausses couches sont encore trop souvent sous estimées. Tout aussi futur papa qu’elle était future maman, l’homme peut ressentir de manière extrêmement brutale la perte de cet enfant. Les hommes sont parfois désemparés face à la douleur de leur compagne. La décision d’en parler ou pas aux enfants appartient à chaque couple. Mais si votre enfant était au courant de la grossesse, annoncez-lui la fausse couche, si possible en compagnie de votre partenaire. Certaines femmes peuvent avoir besoin de s’inventer un rite pour pouvoir faire le deuil de « ce quelqu’un qui n’a pas existé ».

Prise en Charge Psychologique

La fausse couche peut être une expérience traumatisante, tant sur le plan physique que sur le plan émotionnel. Elle peut entraîner une dépression et un stress post-traumatique. Il est donc important de bénéficier d’une prise en charge adaptée pour surmonter cette épreuve difficile. Si c’est votre cas, rapprochez-vous de votre psychologue, médecin/ ou d’un autre professionnel de santé qui pourra vous aider. Malgré son nom, une fausse couche peut avoir de vraies conséquences. Les femmes qui vivent une fausse couche sont susceptibles de ressentir un sentiment de perte, de chagrin ou de culpabilité. Il peut être difficile de l'évoquer, et certaines se sentent parfois seules ou illégitimes. Alors si vous êtes concernée, parlez-en ! Et n’oubliez pas : ce n’est pas de votre faute : une fausse couche est un phénomène qui n’a rien d’exceptionnel et cela ne signifie pas que vous ne mènerez aucune grossesse à terme. Les professionnels de santé ainsi que vos proches sont là pour vous accompagner.

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Grossesses Futures Après Une Fausse Couche

Si une fausse couche unique n’a aucune influence sur le succès des grossesses futures, l’existence de deux fausses couches successives (avec le même père) semble augmenter le risque d’en développer une nouvelle. Médicalement, rien ne s’oppose à entreprendre une grossesse après une fausse couche. En général, on conseille d’attendre entre 2 et 3 mois pour laisser au corps le temps de se remettre et, psychologiquement, d’être prêt à accueillir un nouveau bébé.

L’Avis des Experts

La fausse couche entraîne beaucoup d’inquiétudes chez les patientes. Il est tout d’abord important de rappeler qu’une fausse couche est rarement liée à un geste, une activité ou une erreur de la future mère. Dans l’immense majorité des cas, elle résulte d’anomalies chromosomiques spontanées de l’embryon, impossibles à prévenir. Les premiers signes qui doivent alerter sont généralement des saignements vaginaux inhabituels, des douleurs abdominales comparables à des crampes de règles ou une baisse brutale des symptômes de grossesse. Toutefois, il est important de préciser que des saignements légers ou des douleurs discrètes peuvent aussi être tout à fait compatibles avec une grossesse normale. Le rôle du médecin est alors de déterminer si ces symptômes nécessitent une surveillance ou une prise en charge. Dans tous les cas, dès l’apparition d’un symptôme inquiétant, nous recommandons de contacter rapidement un professionnel de santé, en particulier si les douleurs deviennent intenses, si les saignements s’accentuent ou s’accompagnent de caillots. Une téléconsultation peut permettre une première orientation, mais un examen en présentiel pourra être nécessaire pour réaliser une échographie, seul moyen de confirmer la vitalité de la grossesse. Nous insistons également sur l’importance de ne pas rester seule face à ses peurs ou à sa culpabilité. Une fausse couche est un événement physique, mais aussi émotionnel. Un accompagnement médical et psychologique doit être proposé autant que possible. En cas de fausse couche confirmée, un suivi médical est utile pour vérifier que l’expulsion est complète, mais aussi pour répondre aux questions, rassurer et préparer sereinement la suite. Enfin, nous rappelons que la majorité des femmes ayant vécu une fausse couche auront ensuite une grossesse parfaitement normale. Un bilan médical n’est généralement nécessaire qu’après plusieurs pertes de grossesse successives.

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