La grossesse est une étape de vie remplie d'espoir et d'attente. Cependant, il arrive que la grossesse ne se déroule pas comme prévu. Une situation délicate et souvent méconnue est la grossesse non évolutive. Cet article vise à éclairer ce phénomène, ses causes, ses symptômes, et les options disponibles pour gérer cette situation, en mettant l'accent sur les approches naturelles et médicales.
Qu'est-ce qu'une Grossesse Non Évolutive ?
La grossesse non évolutive, un phénomène qui touche une femme sur quatre au moins une fois dans sa vie, est un terme générique qui englobe plusieurs situations où le développement de la grossesse s'arrête. On parle couramment de fausse couche spontanée ou fausse couche, de mort fœtale in utéro ou de mort périnatale, selon le terme auquel survient le décès du fœtus ou du nouveau-né. Il existe plusieurs types de grossesses non évolutives :
- Œuf clair (grossesse non embryonnée) : L'arrêt du développement se produit avant même l'apparition de l'embryon. La femme possède donc un sac ovulaire dépourvu d’embryon.
- Mort embryonnaire : Le cœur de l’embryon cesse de battre.
- Grossesse molaire : Une anomalie du développement du placenta, appelée maladie trophoblastique gestationnelle.
- Grossesse extra-utérine (ectopique) : La grossesse se développe en dehors de la cavité utérine, le plus souvent dans les trompes de Fallope.
Reconnaître une Grossesse Non Évolutive
La détection d'une grossesse non évolutive peut être un processus angoissant. Les symptômes peuvent varier considérablement d'une femme à l'autre.
Symptômes Possibles
- Saignements vaginaux : C'est le principal signe d’une grossesse arrêtée naturellement. Ils peuvent être accompagnés de crampes et de douleurs dans le bas de l’abdomen.
- Disparition des symptômes de grossesse : Chez certaines femmes, la grossesse non évolutive ne provoque pas de symptôme. D'autres peuvent remarquer une diminution ou une disparition des symptômes habituels de la grossesse, tels que les nausées ou la tension mammaire.
- Douleurs pelviennes : Des douleurs dans le bas-ventre peuvent être ressenties.
- Dans le cas d’un œuf clair : Vous ressentez les symptômes de grossesse liés à l’hormone Béta- HCG, comme le dérèglement de votre humeur lors du 1er mois, ou les nausées.
Diagnostic Médical
Pour détecter une grossesse non évolutive, un examen par imagerie est nécessaire. Cet examen peut être effectué dès la 4ème semaine de grossesse, soit 6 semaines d’aménorrhée. Les critères posés pour un diagnostic ont été fondés dans le but d’éviter les erreurs de diagnostic.
Causes des Grossesses Non Évolutives
Les causes d'une grossesse non évolutive sont variées, mais certaines sont plus fréquentes que d'autres :
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- Anomalies chromosomiques : C'est la raison la plus fréquente des fausses couches précoces. L'embryon possède un nombre anormal de chromosomes, ce qui empêche son développement normal.
- Problèmes hormonaux : Un déséquilibre hormonal peut empêcher la nidation de l'œuf ou son développement.
- Anomalies utérines : Des malformations de l'utérus peuvent rendre difficile le maintien de la grossesse.
- Facteurs liés à la santé de la mère : Certaines maladies chroniques, comme le diabète ou les maladies auto-immunes, peuvent augmenter le risque de fausse couche.
- Facteurs environnementaux : L'exposition à certaines substances toxiques ou à des radiations peut également être en cause.
- Consommation de caféine : La probabilité est faible.
Gérer une Grossesse Non Évolutive Naturellement
Lorsqu'une grossesse non évolutive est diagnostiquée, plusieurs options s'offrent à la femme, allant de l'attente d'une expulsion naturelle à l'intervention médicale.
L'Expulsion Naturelle
Si l’expulsion du fœtus et du placenta n’est pas totale, le médecin peut vous proposer d’attendre que les choses se fassent de façon naturelle. Dans certains cas, le corps peut expulser naturellement le sac gestationnel. Cette option peut être privilégiée si la femme se sent à l'aise avec cette approche et si l'état de santé général le permet. Une surveillance médicale est cependant indispensable pour s'assurer que l'expulsion est complète et qu'il n'y a pas de complications. Après une fausse couche précoce, l’embryon, les membranes et le placenta sont expulsés spontanément par le vagin en une à deux semaines (parfois jusqu’à quatre semaines).
Traitements Médicaux
Lorsque l’expulsion du sac gestationnel n’est pas complète, une intervention médicale est nécessaire pour éviter des complications. Si l'expulsion naturelle ne se produit pas ou si elle est incomplète, des options médicales peuvent être envisagées :
- Traitement médicamenteux : Il va vous prescrire un traitement médicamenteux au misoprostol. Cette molécule est la version synthétique de la prostaglandine E1. Le traitement médical est, dans la plupart des cas, administré par voie orale ou vaginale. Il est majoritairement proposé en ambulatoire (retour à domicile). Il favorise les contractions de l’utérus et l’ouverture du col. Efficace en quelques heures, il provoque l’expulsion du sac embryonnaire. Ce processus dure quelques heures et est peut-être accompagné de douleurs et de saignements. Lorsque cette expulsion est incomplète, une injection de prostaglandines (misoprostol) est faite pour stimuler les contractions de l’utérus et faciliter l’élimination des débris. Si ce traitement ne suffit pas, il est alors nécessaire de dilater le col de l’utérus et d’aspirer les tissus restants.
- Intervention chirurgicale : A partir de 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d’aménorrhée, une intervention chirurgicale est nécessaire. Cette intervention peut être réalisée jusqu’à environ 22 semaines. Après vous avoir administré du misoprostol, une anesthésie générale est effectuée. Enfin, une intervention chirurgicale peut vous être proposée sous anesthésie générale ou locale, au cours de laquelle la grossesse est évacuée par le col de l’utérus (aspiration). La procédure ne dure que quelques minutes, mais on vous gardera en observation quelques heures à l’hôpital.
Accompagnement Psychologique
La perte de la grossesse peut provoquer une certaine angoisse. D’autant plus si la perte survient à un stade avancé de grossesse. Certaines femmes peuvent développer un syndrome dépressif. Un professionnel de santé peut vous aider à mieux traverser cette épreuve. Tout aussi futur papa qu’elle était future maman, l’homme peut ressentir de manière extrêmement brutale la perte de cet enfant. Les hommes sont parfois désemparés face à la douleur de leur compagne. La décision d’en parler ou pas aux enfants appartient à chaque couple. Mais si votre enfant était au courant de la grossesse, annoncez-lui la fausse couche, si possible en compagnie de votre partenaire. Pour aider une proche, amie, compagne, fille…, mais aussi le co-parent, après une fausse couche, c’est important de montrer qu’on ne minimise pas sa/leur douleur, que sa/leur peine est réelle et qu’elle /il est en droit de ressentir de la tristesse, de pleurer, de se sentir en deuil. Certaines femmes peuvent avoir besoin de s’inventer un rite pour pouvoir faire le deuil de « ce quelqu’un qui n’a pas existé ».
Après une Grossesse Non Évolutive
La récupération physique après avoir subi une fausse couche est généralement rapide. Médicalement, rien ne s’oppose à entreprendre une grossesse après une fausse couche. En général, on conseille d’attendre entre 2 et 3 mois pour laisser au corps le temps de se remettre et, psychologiquement, d’être prêt à accueillir un nouveau bébé.
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Prévention et Prise en Charge Précoce
Comment éviter une fausse couche précoce ?
Il existe de nombreux facteurs de risques associés à la survenue d’une fausse couche précoce énoncés par le Collège national des gynécologues et des obstétriciens Français (CNGOF). La grossesse doit être évacuée rapidement pour éviter tout risque d’infection.
Interruption Volontaire de Grossesse (IVG)
Une interruption volontaire de grossesse peut être demandée par toute femme qui ne souhaite pas mener sa grossesse à terme. L’intervention peut être pratiquée jusqu’à la fin de la 12ème semaine de grossesse, soit 14 semaines après le début des dernières règles.
Les Étapes de l'IVG
- Prenez rendez-vous rapidement chez votre gynécologue ou au Planning Familial (CPEF) de votre département. Vous subirez une échographie qui permettra de dater votre grossesse et de déterminer quel type d’IVG vous pouvez pratiquer. Jusqu'à 5 semaines de grossesse, vous aurez le choix entre les deux méthodes, c’est à vous de choisir, avec le/la soignant-e, celle qui vous convient le mieux.
- Vous devrez alors prendre rendez-vous avec la clinique (ou l’hôpital) pour rencontrer l’anesthésiste avant l’intervention. Il ou elle vous fera remplir un questionnaire sur vos allergies, antécédents médicaux et familiaux. Il est préférable d'apporter une carte de groupe sanguin. Vous aurez alors un autre rendez-vous pour l’intervention elle même.
- Le jour même : Vous serez placée dans une chambre. On vous donnera une blouse, vous devrez enlever tous vos vêtements et mettre la blouse fermeture dans le dos. On vous placera alors un cathéter dans le bras destiné à l’anesthésie. Vous serez ensuite conduite au bloc. On vous posera des diodes sur la poitrine pour surveiller votre rythme cardiaque, et vous serez endormie un quart d’heure. On vous ramène dans la chambre, on vous sert une petite collation et vous allez rester en surveillance médicale environ 2 heures. Il est très fortement conseillé d’être accompagnée le jour de l’intervention.
Les cliniques pratiquent l’anesthésie générale et les hôpitaux l’anesthésie locale. Généralement, les IVG sont pratiquées dans un établissement de santé. Toutefois, les IVG médicamenteuses réalisées dans un délai maximum de 5 semaines de grossesse (soit 7 semaines après les dernières règles) peuvent désormais être pratiquées dans un cabinet de ville.
Les Différentes Méthodes d'Avortement
- L’IVG médicamenteuse, entre 5 et 9 semaines : Une IVG médicamenteuse (« la pilule abortive ») se déroule (en partie) à domicile. Les médicaments provoquent l’interruption de la grossesse et l’expulsion de l’embryon. Ce traitement s’apparente à une fausse couche.
- L’IVG chirurgicale par aspiration, entre 5 et 12 semaines : Lors d’une IVG chirurgicale par aspiration (ou « aspiration intra-utérine » en termes médicaux), le contenu de l’utérus est aspiré au moyen d’un petit tube. La durée de l’intervention est de 5 à 10 minutes. Vous avez la possibilité d’opter pour une anesthésie locale ou pour une sédation (profonde). La durée de l’hospitalisation est de 4 heures environ.
- L’avortement instrumental (13 - 17 semaines) : La durée de l’intervention est de 10 à 20 minutes. En principe, l’avortement est effectué sous sédation (profonde). La durée de l’hospitalisation est de 4 à 5 heures.
- L’avortement instrumental (18 - 22 semaines) : Ce traitement est uniquement effectué dans certains établissements spécialisés. La durée de l’intervention est de 15 à 25 minutes. L’avortement est toujours effectué sous sédation (profonde).
Contraception d'Urgence
Oubli de pilule, rupture du préservatif, rapports sexuels non protégés… De nombreuses situations peuvent mener à une grossesse non désirée. Plusieurs solutions permettent de prévenir ou d’interrompre ces grossesses.
Pilule du Lendemain
Dans les quelques jours qui suivent après un rapport sexuel non protégé ou mal protégé, il est possible de prendre une pilule du lendemain. Objectif : empêcher la fécondation de l’ovule par un spermatozoïde. Le second contient le principe actif ulipristal acétate (EllaOne), à prendre au maximum dans les cinq jours (120 heures) suivant le rapport sexuel. La contraception d’urgence hormonale se présente sous la forme d’un seul comprimé.
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La contraception d’urgence peut être délivrée gratuitement aux mineures, de manière anonyme, dans les pharmacies, les plannings familiaux et les infirmeries scolaires (collèges et lycées). Depuis le 1er janvier 2023, la pilule du lendemain est prise en charge à 100 % sans ordonnance, pour toute femme mineure ou majeure. Elle est sans danger et sans effets secondaires graves. Toutefois, il convient de rester vigilante en cas de risque ou d’antécédents de grossesse extra-utérine.
Dispositif Intra-Utérin (DIU) au Cuivre
Le dispositif intra-utérin (DIU) au cuivre est considéré comme la méthode de contraception d’urgence la plus efficace. L’insertion d’un DIU au cuivre rend en effet l’utérus impropre à l’implantation de l’ovule. Entre le moment du rapport sexuel et l’implantation d’un ovule, il se passe au moins cinq jours. Cette méthode est plus difficile à mettre en œuvre, car elle nécessite la disponibilité des praticiens (médecins, sages-femmes). Le DIU au cuivre est disponible en pharmacie sur prescription médicale pour un coût d’environ 30 euros.
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