Cet article détaille les conditions d'accès à une reconversion professionnelle vers le métier d'auxiliaire de puériculture via le CNFPT (Centre National de la Fonction Publique Territoriale), en tenant compte des dispositions du décret du 22 juillet 2022 relatif à l'évolution professionnelle dans la fonction publique territoriale. Il s'adresse aux agents de la fonction publique territoriale ayant un projet d'évolution professionnelle, ainsi qu'aux professionnels des RH souhaitant accompagner les agents dans cette démarche.
Introduction : Faciliter la Transition Professionnelle dans la Fonction Publique Territoriale
Le décret du 22 juillet 2022 a pour objectif de faciliter l'évolution et la reconversion professionnelle des agents de la fonction publique territoriale. Il met en place des dispositifs spécifiques pour accompagner les agents dans leur projet de changement de carrière, en particulier ceux considérés comme prioritaires. Parmi les métiers accessibles via une reconversion, celui d'auxiliaire de puériculture offre des perspectives intéressantes, notamment dans le contexte des services et structures liés à la petite enfance.
Cadre d'emploi des Auxiliaires de Puériculture Territoriaux
Le cadre d'emploi des auxiliaires de puériculture territoriaux relève de la catégorie B de la filière médico-sociale. Il est régi par le Décret n° 2021-1882 du 29 décembre 2021. Les auxiliaires de puériculture exercent leurs fonctions dans les services et structures liés à la petite enfance des villes, départements, régions, intercommunalités et leurs établissements publics.
Le Décret n° 2022-1200 du 31 août 2022 a modifié l'organisation des carrières des fonctionnaires de catégorie B, en réduisant la durée de certains échelons et grades, et en adaptant les modalités d'avancement et de classement lors de la nomination dans un cadre d'emplois de catégorie A.
Structure du Cadre d'Emploi
Le cadre d'emploi comprend deux grades :
Lire aussi: Le Métier d'Auxiliaire de Puériculture Territorial
- La classe normale, qui comporte douze échelons.
- La classe supérieure, qui comporte onze échelons.
Missions des Auxiliaires de Puériculture
Les auxiliaires de puériculture participent à l'élaboration et au suivi du projet de vie de l'établissement. Ils dispensent aux enfants bien portants, malades ou handicapés des soins d’hygiène et de confort, et organisent des activités éducatives, d’éveil et de prévention pour préserver et restaurer la continuité de la vie, le bien-être et l’autonomie de l’enfant.
Ils travaillent en équipe pluridisciplinaire, sous la responsabilité d’une infirmière ou d’une puéricultrice, et leur rôle s’inscrit dans une approche globale de l’enfant, prenant en compte la dimension relationnelle des soins et la communication avec la famille.
Conditions d'Accès au Cadre d'Emploi
L'accès au cadre d'emploi des auxiliaires de puériculture territoriaux peut se faire par différentes voies :
1. Concours sur Titres
Un concours sur titres en échelle 4 est ouvert aux candidats titulaires de l'un des diplômes ou titres suivants :
- Diplôme d'État d'Auxiliaire de Puériculture (DEAP).
- Certificat d'Aptitude aux Fonctions d'Auxiliaire de Puériculture.
- Diplôme Professionnel d'Auxiliaire de Puériculture.
2. Détachement ou Intégration Directe
Les fonctionnaires de catégorie B de la fonction publique de l'État, de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière peuvent accéder au cadre d'emploi par voie de détachement ou d'intégration directe, sous certaines conditions :
Lire aussi: Devenir Educateur Petite Enfance après l'Enseignement
- Être titulaire d'un grade ou occuper un emploi dont l'indice brut de début est au moins égal à l'indice afférent au 1er échelon du grade suivant l'échelle.
- Détenir l'un des titres requis pour l'accès au cadre d'emplois (mentionnés ci-dessus).
Formation et Titularisation
Une fois admis au concours, les lauréats sont inscrits sur une liste d'aptitude à exercer les fonctions liées au cadre d'emploi, pour une durée d'un an, renouvelable deux fois. Ils doivent ensuite trouver un emploi correspondant à leur concours.
Après leur nomination en qualité de stagiaire pour une durée d'un an, les agents doivent suivre une formation d'intégration de 10 jours avant la titularisation, ainsi qu'un stage de professionnalisation de 3 jours dans un délai de 2 ans suivant leur nomination, et de 2 jours tous les 5 ans durant leur carrière. Les fonctionnaires ayant au moins 2 ans d'ancienneté dans la fonction publique dans un emploi similaire sont dispensés de stage.
Dispositifs d'Aide à la Reconversion Professionnelle via le CNFPT
Le CNFPT propose plusieurs dispositifs pour accompagner les agents de la fonction publique territoriale dans leur projet de reconversion professionnelle, notamment vers le métier d'auxiliaire de puériculture. Le décret du 22 juillet 2022 renforce ces dispositifs, en particulier pour les publics prioritaires.
Publics Prioritaires
Le décret du 22 juillet 2022 identifie trois catégories d'agents comme prioritaires pour bénéficier des dispositifs d'accompagnement à la reconversion professionnelle :
- Les agents de catégorie C avec une qualification inférieure au niveau 4 (niveau Bac). S'ils ont un niveau Bac sans avoir eu le diplôme, ils relèvent effectivement du public prioritaire.
- Les agents en situation de handicap, bénéficiaires de l'obligation d'emploi.
- Les agents en risque d'usure professionnelle.
Agents en situation de handicap
Les agents en situation de handicap visés par les dispositions sont les bénéficiaires de l’obligation d’emploi, c’est-à-dire (Article L351-5 du code général de la fonction publique) :
Lire aussi: Reconversion vers le métier d'ATSEM
- les travailleurs reconnus handicapés par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées ;
- les victimes d'accidents du travail ou de maladies professionnelles (incapacité permanente au moins égale à 10 % et titulaires d'une rente) ;
- les titulaires d'une pension d’invalidité à condition que l'invalidité des intéressés réduise au moins des deux tiers leur capacité de travail ou de gain ;
- les bénéficiaires d’emplois réservés (militaires en invalidité et victimes de guerre) ;
- les sapeurs-pompiers volontaires titulaires d'une allocation ou d'une rente d'invalidité ;
- les titulaires de la carte « mobilité inclusion » portant la mention “ invalidité ”
- les titulaires de l'allocation aux adultes handicapés ;
- les agents reclassés, ou en période de préparation au reclassement ;
- les agents qui bénéficient d’une allocation temporaire d’invalidité ;
- les titulaires d'un emploi réservé.
Agents en Risque d'Usure Professionnelle
L’ordonnance et le décret parlent de « situation professionnelle individuelle » pour identifier l’exposition à un risque d’usure professionnelle. Le métier est donc un des paramètres mais pas le seul. Une « situation professionnelle individuelle » correspond à la situation d’un agent public pour lequel il est constaté, après avis du médecin du travail compétent, qu’il est particulièrement exposé, compte tenu de sa situation professionnelle individuelle, à un risque d’usure professionnelle.
Le risque d’usure est en référence à la situation professionnelle individuelle. L’avis du médecin du travail est requis. L’identification du risque peut aussi être fait par l’agent et son encadrement. Comme on est sur une logique d’anticipation, l’évaluation se fait sur la base de signes, de faisceaux d’indicateurs à croiser et prendre en compte. Ces indicateurs peuvent relever du risque d’usure physique mais aussi mentale.
Dispositifs Spécifiques
Pour ces publics prioritaires, le décret prévoit des mesures spécifiques pour faciliter leur reconversion professionnelle :
- Allongement des congés de formation professionnelle (CFP), VAE, Bilan de compétences : Les agents prioritaires peuvent bénéficier d'un allongement de la durée de ces congés, afin de leur permettre de se former plus longuement et d'acquérir les compétences nécessaires pour leur nouveau métier.
- Congé de Transition Professionnelle (CTP) : Ce congé permet aux agents prioritaires de s'absenter de leur poste pour suivre une formation qualifiante en vue d'une reconversion professionnelle.
- Accès prioritaire à certaines formations : Les agents prioritaires bénéficient d'un accès de plein droit aux formations assurées par leur collectivité ou par le CNFPT. Cela signifie que l'employeur est tenu de leur délivrer les autorisations d'absence nécessaires, sans pouvoir, semble-t-il, lui opposer les nécessités du service. Le CNFPT semble devoir inscrire l’agent concerné en priorité.
Autres Dispositifs d'Accompagnement
Outre les dispositifs spécifiques aux publics prioritaires, le CNFPT propose également d'autres outils pour accompagner les agents dans leur projet de reconversion :
- Bilan de Parcours Professionnel : Ce bilan permet à l'agent de faire le point sur ses compétences, ses motivations et ses aspirations professionnelles.
- Plan Individuel de Développement des Compétences : Ce plan définit les actions de formation à mettre en œuvre pour permettre à l'agent d'acquérir les compétences nécessaires à son nouveau métier.
- Immersion dans le cadre de l’Accompagnement Personnalisé : L'agent peut effectuer une période d'immersion dans le métier d'auxiliaire de puériculture, afin de découvrir les réalités du terrain et de confirmer son projet de reconversion.
- La Formation en Situation de Travail (FEST) : Ce type de formation permet d'acquérir des compétences directement sur le lieu de travail, en étant accompagné par un tuteur.
- Compte Personnel de Formation (CPF) : Bien que le CPF soit un droit à l’initiative de l’agent et ne doit pas être mis comme condition pour pouvoir accéder aux dispositions de ce décret, il peut toutefois venir en complément pour la réalisation d’un parcours d’évolution ou reconversion professionnelle. L’articulation du congé de transition professionnelle avec le compte personnel de formation n’est pas explicitement prévue par les textes, l’article L422-10 CGFP prévoyant uniquement une utilisation du compte personnel de formation en combinaison avec le congé de formation professionnelle ou en complément des congés pour validation des acquis de l'expérience et pour bilan de compétences, et le cas échéant, en combinaison avec le compte épargne-temps pour préparer des examens et concours administratifs.
Financement
Le financement des actions de formation dans le cadre de la reconversion professionnelle est assuré par la collectivité d'emploi de l'agent, avec éventuellement le concours du FIPHFP (Fonds pour l'Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique) pour les agents en situation de handicap. La collectivité peut définir les critères de prise en charge financière en intégrant des aspects relatifs à la situation individuelle et au devenir de l’agent d’une part, et aussi au collectif de travail et la GPEC.
Conditions d'accès à la formation d'Auxiliaire de puériculture
Il faut avoir 17 ans au moment de l’entrée en formation. Le financement de la formation est à la charge de l’employeur ou d’un organisme de financement de la formation professionnelle. Le financement de la formation est pris en charge par la Région Ile-de-France pour les candidats domiciliés en Ile-de-France : demandeurs d’emploi non-démissionnaires inscrits au Pôle Emploi depuis plus de 3 mois avant l’entrée en formation (sauf contrats aidés) ; sortis du système scolaire depuis plus d’un an.
Inscription et sélection
Sélection : Une épreuve de culture générale en lien avec le domaine sanitaire et social, comprenant deux parties (commentaire de texte et série de 10 questions à réponses courtes portant sur la biologie et les mathématiques) et d’une durée de deux heures. Certains candidats sont dispensés de cette épreuve écrite de culture générale (voir conditions sur le site). Une épreuve de tests psychotechniques ayant pour objet d’évaluer les aptitudes suivantes : attention, raisonnement logique et organisation et d’une durée de 1h30. L’entretien oral consiste en un entretien de 20 minutes avec deux membres du jury. La sélection se déroule chaque année en mars.
Organisation et contenu de la formation
8 modules d’enseignement théorique (595h)
M1. Accompagnement d’un enfant dans les activités d’éveil et de la vie quotidienne (175h)
M2. Apprécier l’état clinique d’une personne (70h)
M3. Réaliser des soins adaptés à l’état clinique de l’enfant (140h)
M4. Ergonomie (35h)
M5. Relation, communication (70h)
M6. Hygiène (35h)
M7. Transmettre des informations pour assurer la continuité des soins (35h)
M8. Organisation du travail au sein d’une équipe pluri-professionnelle (35h)
Les contenus sont dispensés par des formateurs et des professionnels (puéricultrices, EJE, psychologues, juristes, ergothérapeute…)
840h de formation pratique (6 stages de 4 semaines - 35h/semaine)
Les stages sont proposés dans différents lieux d’exercice professionnel : établissements d’accueil de jeunes enfants, services hospitaliers, PMI…Chaque stage fait l’objet d’une évaluation des compétences correspondantes aux 8 modules réalisée par l’équipe d’accueil du lieu de stage ou sur le lieu d’emploi. 420 h de stage sont à effectuer chez l’employeur, 420 h dans des établissements hors employeur.
Durée de la formation : 10 mois.
Validation du diplôme
Le diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture DEAP s’obtient par une évaluation continue des connaissances par le centre de formation. Elle comprend :
- 2 mises en situation professionnelles (MSP) auprès d’un ou plusieurs enfants ;
- Des épreuves écrites (analyse de situations relationnelles, de cas de transmissions, questions courtes ;
- Des épreuves orales (exposé à partir de situations)
tags: #CNFPT #reconversion #professionnelle #auxiliaire #puériculture #conditions