Michel Galabru, figure incontournable du cinéma et du théâtre français, est né le 27 octobre 1922 à Safi, au Maroc, et décédé le 4 janvier 2016, à l'âge de 93 ans. Sa carrière, riche et diversifiée, s'étend sur plus de six décennies, marquée par une présence constante tant sur les planches que sur le grand écran.
Jeunesse et Formation : Des planches au Conservatoire
Fils de Paul Galabru, ingénieur des Ponts et Chaussées, Michel passe une partie de son enfance au Maroc, où son père participe à la construction du port de Safi. Il grandit avec ses deux frères, Jean, décédé prématurément de la tuberculose, et Marc. À l'âge de sept ans, la famille revient s'installer en France, dans l'Hérault.
Adolescent, Michel rêve d'une carrière de footballeur professionnel, mais sa découverte du parcours de Sacha Guitry le passionne pour le métier de comédien. Contre l'avis de ses parents, il monte à Paris à la fin de la Seconde Guerre mondiale et entre au Conservatoire national supérieur d'art dramatique. Élève doué, il remporte le premier prix de l'établissement.
Débuts à la Comédie Française et Premiers Pas au Cinéma
En septembre 1950, Michel Galabru intègre la prestigieuse Comédie Française. Pendant sept ans, il y fait ses armes en interprétant les classiques de Molière, Shakespeare et Feydeau.
Parallèlement, il fait ses débuts au cinéma en 1951, avec un premier rôle dans Ma femme, ma vache et moi de Jean Devaivre. Cependant, il faudra attendre dix ans pour le revoir sur grand écran, avec La guerre des boutons d'Yves Robert en 1961.
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L'Ascension : Du Gendarme aux Rôles Dramatiques
La consécration populaire arrive au milieu des années 1960 grâce à la saga Le Gendarme de Saint-Tropez, aux côtés de Louis de Funès et Jean Lefebvre. Son rôle de l'adjudant Gerber, supérieur dépassé par les frasques de Cruchot, marque durablement les esprits. Les cinq épisodes de la série, bien qu'inégaux, connaissent un immense succès auprès du public.
En 1971, Le Viager lui ouvre de nouvelles perspectives. Après vingt ans de carrière, son talent est enfin pleinement reconnu. L'acteur se voit proposer des rôles dramatiques, comme dans Section spéciale de Costa-Gavras, puis des premiers rôles, notamment celui du policier pervers dans Monsieur Balboss de Jean Marboeuf.
C'est en 1977 que Michel Galabru obtient la consécration critique avec Le Juge et l'Assassin de Bertrand Tavernier, où il donne la réplique à Philippe Noiret. Sa performance lui vaut le César du meilleur acteur.
Diversification et Retour au Théâtre
En 1978, Michel Galabru explore un nouveau registre comique avec La Cage aux folles, où il incarne un père de famille confronté à un couple homosexuel excentrique interprété par Michel Serrault et Ugo Tognazzi. On le voit ensuite dans Subway de Luc Besson, où il joue un inspecteur de police.
Dans les années 1990, Michel Galabru se fait plus rare au cinéma, mais il participe à des films comme Uranus de Claude Berri et Hors jeu, où il interprète son propre rôle. En 1998, il incarne le chef d'un village gaulois dans Astérix et Obélix contre César de Claude Zidi. Il joue également aux côtés de Jean-Paul Belmondo et André Dussollier dans Les Acteurs de Bertrand Blier.
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En 2004, Michel Galabru est à l'affiche de San Antonio et Nuit noire. Il prête également sa voix à un personnage du film d'animation Pollux, le manège enchanté.
En 2008, il connaît un regain de popularité grâce à Bienvenue chez les Ch'tis, le film aux 20 millions d'entrées. Ce succès le conduit à tourner dans Bouquet final aux côtés de Didier Bourdon et Gérard Depardieu.
Parallèlement à sa carrière cinématographique, Michel Galabru reste fidèle au théâtre. En 1985, il est acclamé pour son interprétation dans La femme du boulanger. En 2007, il joue dans Les chaussettes, opus 124, qui lui vaut le Molière du meilleur acteur en 2008. Il rachète également la salle du conservatoire Mabel en 1984, la rénove et la transforme en théâtre, qui prend le nom de Théâtre Montmartre Galabru en 2004.
Fin de Carrière et Hommages
Même après 80 ans, Michel Galabru continue de se lancer de nouveaux défis. En 2004, il présente un one-man show intitulé On nous a menti. En 2009, il est à l'affiche de la pièce Jules et Marcel, d'après la correspondance de Raimu et Marcel Pagnol. En 2011, il reçoit le Brigadier d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.
Michel Galabru décède dans son sommeil le 4 janvier 2016, à l'âge de 93 ans. Il est inhumé au cimetière de Montmartre.
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Vie Privée : Amours et Famille
Michel Galabru se marie le 22 juin 1951 avec Anne Jacquot. Ensemble, ils ont deux fils, Jean, né le 14 octobre 1960, et Philippe, né le 12 janvier 1960.
Il rencontre ensuite Claude Etevenon, ex-juge d'instruction, sur le tournage de La honte de la famille en 1969. Ils entretiennent une liaison clandestine pendant dix ans, avant d'avoir une fille ensemble, Emmanuelle, née en 1976. Claude Etevenon décède le 13 août 2015 des suites de la maladie de Parkinson.
Filmographie Sélective
Au cours de sa carrière, Michel Galabru a joué dans plus de 250 films. Voici quelques-uns de ses films les plus marquants :
- Ma femme, ma vache et moi (1951)
- La guerre des boutons (1961)
- Le Gendarme de Saint-Tropez (1964)
- Le Gendarme à New York (1965)
- Le Gendarme se marie (1968)
- Le Gendarme en balade (1970)
- Le Viager (1972)
- Le Juge et l'Assassin (1976)
- La Cage aux folles (1978)
- Papy fait de la résistance (1983)
- Subway (1985)
- Uranus (1990)
- Astérix et Obélix contre César (1999)
- Bienvenue chez les Ch'tis (2008)
- Le Petit Nicolas (2009)
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