L'attention portée aux nourrissons dans les structures hospitalières, notamment à l'hôpital Antoine-Béclère AP-HP de Clamart, est un sujet crucial qui englobe à la fois la prise en charge des urgences et la protection des enfants en danger. Cet article explore les différents aspects de ces services, en mettant en lumière les initiatives locales et les défis nationaux auxquels sont confrontés les professionnels de la santé.
L'Unité d'Accueil Pédiatrique Enfance en Danger (Uaped) des Hauts-de-Seine
L'hôpital Antoine-Béclère AP-HP, situé à Clamart, a mis en place une structure dédiée à la protection des mineurs victimes de violences : l'Unité d'accueil pédiatrique enfants en danger (Uaped) du département des Hauts-de-Seine. Inaugurée le mercredi 11 juin, cette unité est un véritable commando médical et paramédical au service des mineurs victimes de violences, qui a pris ses quartiers au sein du service de consultations pédiatriques. Elle a en fait été créée en mars 2023, pour devenir totalement opérationnelle en septembre 2024.
Composée de sept professionnels, cette unité vise à optimiser la prise en charge des enfants victimes de violences grâce à l'intervention coordonnée de soignants, de policiers et de psychologues dans un lieu unique et adapté. L'Uaped intervient auprès de tous les enfants, de la naissance à leur majorité. L'unité est ainsi récemment intervenue sur le cas d’un bébé d’un mois.
Cette initiative s'inscrit dans une directive ministérielle qui impose la création d'au moins une unité de ce type par département. À titre de comparaison, Paris compte déjà trois unités similaires situées à Robert-Debré, Trousseau et Necker.
La saturation des services pédiatriques et l'épidémie de bronchiolite
L'hôpital Antoine Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine) est également confronté, comme de nombreux établissements en France, à une saturation de ses services pédiatriques, particulièrement exacerbée par l'épidémie saisonnière de bronchiolite. Cette situation critique a conduit à des transferts de bébés en réanimation vers d'autres régions, faute de places disponibles.
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Vincent Gajdos, chef de service adjoint de l'unité de pédiatrie générale à l'hôpital Antoine Béclère de Clamart (Hauts-de-Seine), assure que l'épidémie n'est pas plus forte que celle de l'année dernière. "Le fait que l'on ne soit pas capable d'y faire face montre que l'on ne s'y est pas préparé", lance-t-il.
L'épidémie de bronchiolite, causée par le virus respiratoire syncytial (VRS), est particulièrement préoccupante pour les jeunes enfants, pouvant entraîner une hospitalisation, voire un placement en réanimation. Plus de 1400 enfants de moins de deux ans ont ainsi été hospitalisés la semaine du 17 au 23 octobre 2022, et 4311 se sont rendus aux urgences pour des cas de bronchiolite, rapporte Santé Publique France dans son dernier bilan.
Cette crise révèle des difficultés structurelles profondes au sein des hôpitaux français.
Les transferts de nourrissons : une solution risquée
Face à la saturation des services, le transfert de nourrissons vers d'autres établissements est devenu une pratique courante, mais non sans risques. Dylan, père d'un nourrisson souffrant de la bronchiolite, a ainsi raconté à BFMTV comment son bébé a été transféré par un véhicule du SAMU de Paris à Lille. Sur le mois d'octobre à l'hôpital Antoine Béclère "nous avons déjà réalisé 30 transferts à plus de 30km de l'hôpital, dont une douzaine hors région", explique aussi Vincent Gajdos. Des chiffres supérieurs aux années précédentes selon lui.
Vincent Gajdos souligne qu'un enfant instable supporte mal les déplacements : "un enfant instable par définition, moins on le déplace, mieux c'est pour lui, plus on le déplace plus on prend de risques". Jean Bergounioux, chef de service de neurologie et de réanimation pédiatrique à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine), abonde dans le même sens, mettant en garde contre les transferts de longue distance pour les enfants instables. "Il y a des transferts qui ont été faits (de Paris, ndlr) à Lille ce week-end, c'est deux heures et demi de route, pour un enfant instable ce n'est pas acceptable."
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Ces transferts posent des questions éthiques et logistiques importantes, soulignant la nécessité de renforcer les capacités d'accueil des services pédiatriques.
Le manque de personnel soignant : une crise persistante
L'une des principales causes de la saturation des services pédiatriques est le manque de personnel soignant. De nombreux postes restent vacants, faute de candidats. Dans le service pédiatrique de La Timone à Marseille (Bouches-du-Rhône), 15% des lits sont ainsi fermés par manque de personnel. "Nous n'avons pas de difficultés à ouvrir des postes mais à trouver des effectifs infirmiers", déplore Hervé Chambost, chef du service de pédiatrie et oncologie pédiatrique à l'hôpital de la Timone.
Ce manque de personnel est dû à plusieurs facteurs, notamment le manque de reconnaissance et de valorisation des professions soignantes, ainsi que des conditions de travail difficiles. Juliette Raghani, pédiatre au sein du service d'urgences pédiatriques du CHU de Rouen, témoigne de la difficulté croissante à retenir le personnel, malgré leur attachement au métier. "De plus en plus on entend des gens qui partent alors qu'ils adoraient leur métier, mais le fonctionnement est de plus en plus difficile".
Pour remédier à cette situation, il est impératif de mettre en place des mesures incitatives, telles que des revalorisations salariales, des améliorations des conditions de travail et une reconnaissance accrue des compétences des professionnels de la santé.
Des solutions pour l'avenir
Face à ces défis, plusieurs pistes de solutions sont envisagées. Le gouvernement a annoncé un "plan d'action immédiat" et le déblocage de 150 millions d'euros pour "les services en tension de l'hôpital". Il n'est toutefois pas encore précisé quelle part de l'enveloppe reviendrait aux services pédiatriques.
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Vincent Gajdos appelle à un changement de cap radical dans les politiques de santé, soulignant que les mesures prises ces dernières années ont conduit à la situation actuelle. "La pédiatrie est à genoux", assure Vincent Gajdos, pour qui "il faut reconnaitre le problème et il faut acter que les politiques menées depuis plus de 20 ans mais aussi ces cinq dernières années sont responsables de la situation. Si on ne le fait pas, on ne peut pas avancer."
Il est également essentiel de renforcer la prévention et l'information auprès des parents, en les encourageant à consulter leur médecin traitant ou leur pédiatre en cas de symptômes non inquiétants chez leur bébé, afin de ne pas engorger inutilement les services d'urgence.
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