L'arrêt du tabac chez les femmes enceintes est un enjeu de santé publique majeur. Face aux difficultés rencontrées par ces femmes, la cigarette électronique est parfois envisagée comme une alternative. Cet article examine les données actuelles sur l'utilisation de la cigarette électronique pendant la grossesse et l'allaitement, son impact potentiel sur le risque de mort subite du nourrisson (MSN), et les recommandations des professionnels de santé.
Prévalence du Tabagisme et Risques Associés Pendant la Grossesse
Selon Santé Publique France, environ 30 % des femmes fument avant la grossesse. Ce taux diminue pendant la grossesse, mais reste significatif (20-24 % au premier trimestre et 14-20 % au troisième trimestre). Le tabagisme pendant la grossesse est lié à un faible poids à la naissance, un risque doublé de fausse couche, une augmentation d'environ 25 % du risque de naissance prématurée, et un risque accru de mort subite du nourrisson.
Les femmes enceintes qui fument peuvent ressentir un sentiment de culpabilité et une altération de l'estime de soi, ce qui peut les amener à fumer en secret. L'arrêt du tabac est particulièrement difficile pour elles en raison de la pression sociale et de la contrainte temporelle.
Alternatives au Tabac : Substituts Nicotiniques et Cigarette Électronique
Face à la difficulté d'arrêter de fumer sans aide, de nombreuses femmes se tournent vers des substituts. Les fumeuses enceintes en France préfèrent souvent l'arrêt franc sans aide, mais le taux d'échec est très élevé, avec plus de 95 % de rechutes dans les 6 mois. Les aides psychologiques et comportementales sont utiles, et le soutien des prestataires de soins est crucial.
Les substituts nicotiniques (TSN) sont recommandés et remboursés en France. La Haute Autorité de Santé conseille d'informer les femmes que leur utilisation médicalisée est moins préjudiciable que de continuer à fumer. La nicotine est un alcaloïde présent dans le tabac, et son métabolisme est augmenté chez les femmes enceintes, ce qui peut accentuer la sensation de manque en cas de sevrage.
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La cigarette électronique, comme les autres produits nicotinés, offre un apport efficace de nicotine sans exposer l'utilisateur aux nombreuses substances chimiques nocives du tabac à fumer. Le vapotage réduit considérablement les toxiques résiduels et élimine la plupart des milliers de toxiques de la fumée des cigarettes, notamment le monoxyde de carbone et les goudrons.
Études sur la Cigarette Électronique et la Grossesse
Le Stop Smoking Service de Leicester (UK) a mené une étude en 2016 sur 228 femmes enceintes, dont certaines utilisaient la cigarette électronique. Le taux de réussite d'arrêt du tabac était de 60 % chez les utilisatrices de cigarettes électroniques, contre 32 % chez celles utilisant uniquement les TSN.
Une équipe de l'hôpital Coombe de Dublin a monitoré les femmes enceintes en 2018 et 2019 pour évaluer la santé des bébés nés de femmes non fumeuses en comparaison avec celle des bébés nés de femmes vapoteuses. Aucun cas de syndrome de détresse respiratoire néonatale n'a été signalé.
En mai 2019, le Collège Royal des sages-femmes britanniques a exprimé son soutien à la cessation du tabagisme pendant la grossesse grâce à la cigarette électronique, soulignant que le vapotage contient des toxines, mais à des niveaux beaucoup moins élevés que la fumée de tabac.
Une médecin et tabacologue à l'hôpital Antoine Béclère de Clamart (APHP) recommande la vape à ses patientes, constatant que certaines femmes reprennent le tabac lorsque leur gynécologue leur déconseille la poursuite de la cigarette électronique pendant la grossesse.
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Cigarette Électronique et Mort Subite du Nourrisson : Le Lien
Le tabagisme augmente considérablement le risque de mort inattendue du nourrisson, en altérant les capacités d'éveil et de contrôle respiratoire, et en aggravant les conséquences d'une mauvaise position de couchage. Le tabagisme maternel est le deuxième facteur de risque statistique de mort inattendue du nourrisson, multipliant son risque par quatre.
Deux composants du tabac jouent un rôle particulier dans la mort inattendue du nourrisson : le monoxyde de carbone et la nicotine. Ils peuvent entraîner des dépôts de collagène et une altération des épithéliums respiratoires sur le poumon fœtal, une altération des capacités de réponse aux infections respiratoires sur le système immunitaire, et des anomalies neurobiochimiques et de structures des zones du cerveau impliquées dans le contrôle respiratoire autonome sur le cerveau fœtal.
L'usage des cigarettes électroniques est récent, et on ne dispose pas encore de données statistiques concernant les liens directs avec la mort inattendue du nourrisson. Cependant, une étude récente de Karolinska Institutet documente le lien entre l'exposition à la nicotine pendant la grossesse et un risque accru de mort subite du nourrisson. Ces pédiatres suédois constatent que les nourrissons dont les mères ont consommé du snus pendant la grossesse encourent un risque multiplié par 3 de mort subite du nourrisson, mais relèvent que ce risque est considérablement réduit lorsque la mère cesse sa consommation avant la première visite prénatale.
Des travaux sur la souris ont montré que la nicotine influe négativement sur les réflexes respiratoires qui protègent de l’hypoxie pendant le sommeil, exacerbant cette réponse réflexe protectrice et conduisant à l’arrêt respiratoire, cause probable de la mort subite du nourrisson.
Cigarette Électronique et Allaitement
Des études ont montré que la nicotine passe dans le lait maternel. Elle diminue la quantité de lait sécrété et ralentit son écoulement, ce qui peut rendre la tétée difficile pour le bébé. Chez le bébé, la nicotine peut entraîner des nausées, des vomissements, de l’irritabilité et des modifications du rythme cardiaque. C’est pourquoi Santé Publique France recommande d'éviter la nicotine pendant l'allaitement.
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Cependant, le plus nocif pour le bébé sont les molécules toxiques produites lors de la combustion du tabac ainsi que la fumée de tabac présente dans l’air ambiant, responsable du tabagisme passif. La priorité est donc de ne pas fumer pendant l’allaitement.
Si les substituts nicotiniques ne conviennent pas, la cigarette électronique peut être une solution pour arrêter de fumer. Si une femme choisit de vapoter pendant l'allaitement, il est important de prendre des précautions : ne pas vapoter avant de nourrir le bébé, attendre au moins une heure après avoir vapoté pour le faire, et opter pour des liquides sans nicotine, sans additif et sans arôme. Si un besoin en nicotine se fait sentir, les e-liquides nicotinés Végétol® Pure et Cloud peuvent convenir.
Il est important de noter qu'une analyse récente des données du système d’évaluation et de surveillance des risques de grossesse a révélé que les femmes qui utilisaient ces dispositifs au cours des 3 derniers mois de grossesse (et qui continuaient probablement pendant l’allaitement) étaient moins susceptibles d’allaiter à 3 mois après l’accouchement que les mères qui ne les utilisaient pas.
En Angleterre, le NHS souligne qu'il vaut mieux poursuivre l’allaitement que l’arrêter si on utilise la cigarette électronique. Les mêmes indications sont réalisées aux Etats Unis.
Recommandations et Précautions
Il est impératif d'éviter de fumer pendant la grossesse et l'allaitement pour protéger la santé du bébé. Si l'arrêt du tabac est difficile, il est recommandé de consulter un médecin ou un professionnel de la santé pour obtenir des conseils et un soutien.
Dans les cas où les substituts nicotiniques et/ou les méthodes comportementales s’avèrent inefficaces dans l’arrêt du tabac, alors la cigarette électronique pendant l’allaitement peut être une option. Par conséquent, il est recommandé de limiter autant que possible la consommation de la cigarette électronique pendant l'allaitement et d’utiliser des e-liquides comme les e-liquides Végétol®. Dans tous les cas, toujours prendre l’avis de son médecin.
Si une femme continue de fumer en allaitant, il est préférable de réduire sa consommation, de fumer après la tétée, et d’attendre 2 heures avant la prochaine tétée. Le bupropion et la varénicline ne sont pas recommandés pour le sevrage tabagique en cas d’allaitement.
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