Introduction
L'étude des livres pour enfants a connu une évolution significative, passant d'une approche apologétique à une analyse académique rigoureuse. Cet article se propose d'examiner l'histoire et l'impact culturel de T'choupi, Doudou et les papillons, en tenant compte de l'évolution du discours sur la littérature jeunesse en France.
Genèse du Discours sur le Livre pour Enfants en France
En France, le discours sur le livre pour enfants a pris forme à partir du milieu des années 1960, sous l'impulsion des bibliothécaires, des enseignants et des militants de la lecture publique. Ce discours initial était principalement défensif, visant à légitimer un objet dont la pratique était encouragée pour des raisons idéologiques. Les albums illustrés et les romans littéraires étaient souvent mêlés, et les critiques thématiques et idéologiques prédominaient sur les approches esthétiques. La question théorique était largement évacuée, le discours n'ayant pas encore atteint sa pleine maturité.
L'Émergence d'un Discours Académique dans les Années 1980
Les années 1980 ont marqué un tournant avec l'apparition d'un discours académique sur les livres pour la jeunesse en tant qu'objets esthétiques. Cette évolution est due à des facteurs démographiques (augmentation du nombre d'universitaires) et idéologiques (intérêt pour la culture populaire). Une distinction typologique a commencé à émerger, basée sur des critères définitionnels plutôt que sur des critères d'usage. Des « spécialistes » de l'album ont fait leur apparition, et leur discours, fondé sur les principes d'évaluation académique, nécessitait que les objets étudiés soient légitimés.
La Légitimation des Objets et ses Effets Pervers
L'un des effets de ces discours académiques émergents a été la légitimation des objets, effaçant quelque peu la fonction de validation esthétique ou de mise en question théorique. Pour que le discours tenu sur les albums soit considéré comme pleinement universitaire, les chercheurs devaient prouver que leurs objets « méritaient » le regard exigeant de l'institution. Cette exigence de reconnaissance institutionnelle a conduit à focaliser les recherches sur les albums dits « exigeants », « difficiles », « résistants », voire « littéraires », au détriment d'analyses qui envisageraient le champ dans sa globalité.
L'Élargissement du Champ des Objets Étudiés au XXIe Siècle
En ce début de XXIe siècle, la possibilité est ouverte d'un élargissement du champ des objets étudiés. Alors que les années 1980-1990 ont vu les chercheurs se concentrer sur des albums dont ils ont su montrer la complexité formelle et souligner la cohérence iconotextuelle, il est désormais possible d'interroger plus largement l'ensemble de la production, en ne cherchant plus ni à légitimer, ni à promouvoir les objets étudiés, et en n'étant plus bridé par la nécessité préalable de prouver la validité de ces objets en termes esthétiques.
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L'Approche Fonctionnelle et le Jugement Esthético-Formel
Il s'agira donc d'interroger les objets à travers un double prisme : celui de la fonctionnalité d'une part et celui du jugement esthético-formel d'autre part. La question de la qualité surgit alors dans le débat, supposant une gradation des œuvres et de leurs thuriféraires au long d'un axe de légitimité.
Étude de Cas: Caroline, Emilie et T'choupi
La question sera posée ici à travers l'étude de trois exemples, empruntés à ce qui, en théorie, constitue la part la moins légitime de toute production littéraire, à savoir la production sérielle. Les séries envisagées sont étalées dans le temps : les albums de Caroline sont publiés par Hachette à partir de 1953 ; la série Emilie naît en 1975 ; T’choupi est une création de 1997.
Caroline
Le personnage de Caroline n’apparaît pas spontanément dans l’œuvre de son auteur, Pierre Probst, initialement dessinateur publicitaire. En 1950, Hachette souhaite concurrencer les “Petits Livres d’Or” et imagine de lancer les “Albums roses”, du même format. Maurice Fleurent, alors directeur artistique, passe commande à Pierre Probst d’albums dont les protagonistes seront des animaux représentés à la façon des peluches. La série commence par Bob le petit jockey (1951), Boum et ses frères, Dandi, Pouf le chaton bleu, Youpi (1952)… Puis Pierre Probst fait se rencontrer ses personnages : Pouf et Noiraud, Pouf et son cousin, Youpi et Caroline (1953).
En 1953, Fleurent envisage de diversifier les personnages de la collection “Grands Albums Hachette”. Probst réutilise donc son bestiaire, mais en faisant du personnage récurrent celle qui était un simple faire-valoir dans Youpi et Caroline, à savoir une fillette à couettes blondes et salopette rouge, inspirée par la propre fille du dessinateur. La série Caroline est née.
44 histoires originales paraissent en tout, pour un total de 169 albums, car beaucoup sont refaits, lorsqu’en 1984 Hachette décide de réduire le format et la pagination des Grands Albums. Probst redessine entièrement ses pages, modernisant les scènes et le trait, mais modifiant surtout la composition, et abandonnant souvent les audaces de perspective de ses premiers albums.
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Emilie
Le premier album, intitulé simplement Emilie, paraît chez G.P. en avril 1975, dans la collection « bibliothèque or et bleu ». Domitille de Pressensé, née en 1952 , est alors encore en 4e année d’école des Beaux Arts. Les albums se succèdent jusqu’à la fin des années 1980, où l’auteur invente un autre personnage de série, Naftaline (1987) ; en 1998 ce sera Loup-Rouge. A partir de 1990, quand les albums paraissent dans la collection Rouge et Or, certains dessins paraissent redessinés en plus « dynamique », avec un trait moins fermé et un décor plus abondant. Une publication en Kid Pocket apparaît à partir de 1993. Les albums sont redessinés en 2008 pour Casterman, l’esthétique initiale est totalement abandonnée : couleurs plus acidulées, trait plus rond et moins minimaliste, et surtout réintroduction de décors et de profondeur de champ.
T'choupi
La série d’albums est lancée en 1997, d’emblée sous la forme d’une collection, intitulée « T’choupi, l’ami des petits » ; elle reprend un personnage inventé par l’auteur, Thierry Courtin, pour des jeux publiés par Nathan. 18 albums paraissent en deux ans. Les déclinaisons multisupports apparaissent dès 1998 : déclinaison des albums sous forme de diapositives (à utiliser dans les crèches ?), cubes pour jouer en 1999, cassettes VHS des dessins animés dérivés en 2000, albums à colorier en 2000, CD rom en 2004. 12 millions d’albums ont été vendus depuis 1997.
La série est donc d’emblée pensée comme un produit poly-exploité : le public cible est identifié, cela se lit dans le titre de la collection, et dans la rapidité et la méthode de déclinaison multisupports. L’auteur lui-même reconnaît, implicitement, qu’il a dès l’abord abandonné sa marge de liberté créatrice, lorsque dans une interview il évoque le premier album : « C’est T’choupi jardine, en 1997. Je m’en souviens comme si c’était hier, tout était déjà mis en place, la maquette, les bords arrondis et les pages pelliculées.
L'Importance de l'Auteur-Illustrateur
Dans les trois cas étudiés, l’album est dû à un seul auteur, qui assure texte et images. Probst y tenait, à une époque où pourtant la notion d’auteur-illustrateur n’était pas un concept éditorial posé comme il peut l’être aujourd’hui. Dans les témoignages qu’il a laissés de son travail, il rappelle son attachement à la maîtrise de l’ensemble texte-image, en précisant qu’il cherche absolument à ce que l’image prime… tout en conservant au texte un intérêt qui fait que « l’enfant apprend toujours quelque chose[2] ». De fait, les albums de Caroline pourraient (sous certaines conditions) se passer de texte, mais dans les années 1950 (et encore bien souvent aujourd’hui) l’album sans texte est difficile à vendre, pour une raison simple, liée aux conditions de réception des livres. Adressés à des enfants jeunes, souvent avant l’âge de la lecture autonome, ces livres sont lus à haute voix par un adulte ; or l’adulte est souvent gêné par un album sans texte, devant lequel il est mis au même niveau que l’enfant - en réalité, pas exactement au même niveau, car souvent l’enfant analyse l’image plus en détail, avec plus de rapidité - tandis que la maîtrise de la lecture lui conserve sa position de maîtrise et d’autorité. Or les albums de Caroline sont des albums « populaires » au sens où Chamboredon et Fabiani l’entendent. Vendus en-dehors des circuits spécialisés, bon marché, ils touchent un public aux attentes traditionnelles, en termes de représentations sociales comme d’esthétique. Le dispositif matériel des albums de Caroline tient un compte scrupuleux de cette attente posturale. La collection « Grand Albums Hachette » offre…
T'choupi: Un Phénomène Culturel
T'choupi, créé par Thierry Courtin, est devenu un véritable phénomène culturel. Le personnage est apparu initialement dans des jeux publiés par Nathan en 1992. La série d'albums a été lancée en 1997, sous la forme d'une collection intitulée « T’choupi, l’ami des petits ». La palette de couleurs, la forme ronde, cette charte graphique sera respectée tout au long de l’édition des livres et autres produits dérivés afin de créer un univers identifiable immédiatement. Dans ces livres en une vingtaine de pages, l’auteur comme il le dit, offre un support pédagogique aux parents et permet de dédramatiser des situations du quotidien. Votre enfant apprend ainsi à ne pas se faire de souci et aborder diverses situations comme son héros.
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L'Univers de T'choupi: Pédagogie et Tendresse
L’univers de T’choupi est tendre et pédagogique. Dans le dessin animé, Doudou est un doudou magique qui ne s’anime que pour T’choupi et ses Amis. Les parents de T’choupi sont parfaits, avec le père vétérinaire et la mère artiste peintre et musicienne.
Les Différentes Saisons de T'choupi
La série T'choupi a connu plusieurs saisons, chacune avec ses particularités graphiques et narratives. La saison 2 est un peu différente, Les graphismes et l’animation ont quelque peu évolués, mais surtout t’choupi fait participer le spectateur en s’adressant directement à lui, en l’invitant à chantonner avec lui et à trouver des objets clefs dans le décor, mimer des gestes. La saison 3 est un court format de deux minutes qui met en scène des personnages ou des choses faites avec des aliments et il faut deviner avec doudou ce que c’est, censé encourager l’enfant à bien se nourrir. La première saison et le film sont assez similaire je trouve, le film étant bien mieux animé et éclairé.
T'choupi au Cinéma
Le film T'choupi est sorti le 07 avril 2004 et aura fait 60245 entrées en France. Le travail sur l’animation et l’éclairage des textures est à la hauteur de ce que l’on peut attendre d’un long métrage et qu’a l’image de tout ce qu’il ont entrepris avant, les Armateurs (entre autres) ne déçoivent pas.
T'choupi et les Apprentissages du Quotidien
Les histoires de T'choupi abordent des thèmes variés, liés aux apprentissages et aux émotions de l'enfant.
Exemples d'Épisodes et de Thèmes Abordés
- La peur de l'orage: T'choupi apprend à surmonter sa peur de l'orage.
- La rentrée scolaire: T'choupi fait sa première rentrée et découvre l'école.
- L'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur: T'choupi accueille Zouzou dans sa famille.
- La maladie: T'choupi est malade et doit rester à la maison.
- Le partage: T'choupi apprend à partager ses jouets avec ses amis.
- L'anniversaire: T'choupi fête son anniversaire avec ses amis.
- Le camping: T'choupi fait du camping avec sa famille.
- Le poney: T'choupi fait du poney et apprend à s'occuper des animaux.
- Noël: T'choupi fête Noël avec sa famille.
T'choupi et les Activités
- L'activité poney: T'choupi, Lalou et Louis sont ravis de faire du poney.
- L'atelier cuisine: T'choupi participe à un atelier cuisine et prépare des gaufres.
- L'atelier photo: T'choupi participe à un atelier photo avec sa maman.
- Le parcours sportif: T'choupi est enthousiaste à l'idée de faire un parcours sportif.
- L'initiation au poney: T'choupi a une initiation au poney.
- Le diplôme de poney: T'choupi reçoit un diplôme de poney.
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