Loading...

La variole du singe chez les nourrissons : Symptômes, diagnostic et prévention

La variole du singe, ou mpox, est une maladie infectieuse virale émergente qui suscite une attention croissante à l'échelle mondiale. Bien que la majorité des cas soient bénins et guérissent spontanément, des formes graves peuvent survenir, en particulier chez les nourrissons et les jeunes enfants, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. Cet article vise à fournir une information complète sur les symptômes de la variole du singe chez les nourrissons, les méthodes de diagnostic, les options de traitement et les mesures de prévention.

Qu'est-ce que la variole du singe (Mpox) ?

La variole du singe est une maladie zoonotique causée par un virus du genre Orthopoxvirus. Initialement transmise à l'homme par les animaux, principalement les rongeurs sauvages en Afrique centrale et de l'Ouest, la transmission interhumaine est également possible. Bien que la maladie ait été initialement décrite chez les singes, le réservoir de Monkeypox est probablement constitué par des petits rongeurs africains.

Transmission du virus

Le virus de la variole du singe se transmet principalement par :

  • Contact direct avec les lésions cutanées ou les muqueuses d'une personne infectée.
  • Gouttelettes respiratoires (parole en face à face, baiser).
  • Contact avec l'environnement contaminé d'une personne malade (literie, vêtements, vaisselle, linge de bain).
  • Contact avec des animaux infectés, sauvages ou en captivité (rongeurs, singes).

Symptômes de la variole du singe chez les nourrissons

L'incubation de la maladie peut aller de 5 à 21 jours. Chez les nourrissons, les symptômes peuvent être plus graves que chez les adultes. Les symptômes courants comprennent :

  • Fièvre : Une fièvre de 1 à 3 jours peut précéder l'éruption cutanée.
  • Éruption cutanée généralisée : L'éruption cutanée est une caractéristique distinctive de la variole du singe. Elle passe par plusieurs stades :
    • Macules (taches plates).
    • Papules (petites bosses).
    • Vésicules (petites cloques remplies de liquide).
    • Pustules (cloques remplies de pus).
    • Croûtes.
  • Lésions cutanées : Les lésions cutanées provoquent des démangeaisons et se concentrent souvent sur le visage, dans la zone ano-génitale, les paumes des mains et les plantes des pieds. Elles peuvent également être présentes sur le tronc et les membres. Les muqueuses peuvent également être touchées, dans la bouche et la région génitale. Les lésions cutanées apparaissent fréquemment sur la paume des mains et la plante des pieds, ce qui est caractéristique de la variole du singe. Ces lésions évoluent au fil de la maladie : elles ressemblent d’abord à des macules, puis à des vésicules, et deviennent ensuite des pustules ombiliquées extrêmement contagieuses. L’infection est passée lorsque les croûtes tombent.
  • Grande fatigue
  • Maux de tête
  • Douleurs musculaires
  • Gonflement des ganglions lymphatiques : Les ganglions lymphatiques peuvent être enflés et douloureux, sous la mâchoire, au niveau du cou ou au pli de l'aine.
  • Maux de gorge

Il est important de noter que les symptômes peuvent varier d'un nourrisson à l'autre et que des formes atypiques, peu symptomatiques, peuvent survenir.

Lire aussi: Tout savoir sur la transmission de la variole du singe

Diagnostic de la variole du singe

Le diagnostic de la variole du singe repose sur :

  • Examen clinique : Un médecin spécialisé (infectiologue, dermatologue) peut diagnostiquer la variole du singe en examinant les symptômes et les lésions cutanées.
  • Tests de laboratoire :
    • PCR (réaction en chaîne par polymérase) : Un prélèvement cutané et/ou nasopharyngé est effectué pour détecter le virus Monkeypox par PCR. La PCR est réalisée après écouvillonnage des croûtes ou du liquide de bulles, ou de la gorge en cas d’atteinte muqueuse. Pour éviter de propager la maladie notamment parmi les soignants, les prélèvements doivent être effectués dans des conditions strictes. Pour l’instant, il est recommandé de réaliser le prélèvement dans un laboratoire de type « P3 ». La virémie étant très courte, la PCR sanguine est rarement positive et donc inutile. La première PCR cible généralement les orthopoxvirus dans leur ensemble, et si elle est positive, une PCR spécifique du Monkeypox est réalisée.
  • Isolement : En attendant les résultats du test, il est important de s'isoler pour éviter la propagation du virus.

Traitement de la variole du singe chez les nourrissons

Il n'existe pas de traitement spécifique pour la variole du singe. Cependant, les soins de soutien peuvent aider à soulager les symptômes et à prévenir les complications. Ils comprennent :

  • Gestion de la fièvre : Des médicaments antipyrétiques peuvent être utilisés pour réduire la fièvre.
  • Soulagement de la douleur : Des analgésiques peuvent être utilisés pour soulager les maux de tête et les douleurs musculaires.
  • Soins des lésions cutanées : Il est recommandé de laisser sécher les éruptions cutanées à l’air libre, si possible.
  • Traitement antiviral : Un traitement antiviral (tecovirimat, brincidofovir, cidofovir) peut être proposé dans les cas les plus graves et en centre spécialisé. Un traitement antiviral, le Tecovirimat, initialement conçu pour le traitement de la variole, a été utilisé pour le traitement du mpox lors de l’épidémie de 2022-2023. Ce traitement n’est indiqué que dans les formes sévères de la maladie, et est administré le plus précocement possible pour une durée de 15 jours par voie orale.
  • Prévention des surinfections bactériennes : Des antibiotiques peuvent être nécessaires si des infections bactériennes secondaires se développent.
  • Isolement : Les cas diagnostiqués comme souffrant du mpox doivent strictement suivre les recommandations de leur médecin et s’isoler chez eux pour une durée de 21 jours à partir de la date de début des signes cliniques, si leur état ne nécessite pas une hospitalisation. Si l’isolement strict n’est pas possible, il est nécessaire de limiter leurs interactions sociales aux activités de plein air sans partage d’équipement et sans contact physique. Lors des sorties éventuelles (courses alimentaires, promenades), elles doivent porter des vêtements couvrant les lésions cutanées, et des gants en cas de lésions sur les mains, ainsi qu’un masque chirurgical dans l’espace public. En cas d’aggravation des signes cliniques, les personnes infectées doivent contacter le SAMU-Centre 15 qui pourra les orienter vers un service spécialisé.

Dans la majorité des cas, la maladie est bénigne et évolue favorablement. Cependant, il est important de rappeler que la variole du singe est une maladie infectieuse, et des formes plus graves peuvent survenir chez les personnes fragiles, comme les jeunes enfants, les nouveau-nés ou les personnes immunodéprimées. Il y a un risque de formes plus graves chez le très jeune enfant avant 2 ans, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées, pour lesquels un traitement est disponible.

Prévention de la variole du singe

La prévention de la variole du singe repose sur plusieurs mesures :

  • Éviter le contact avec des personnes infectées : Il est important d'éviter tout contact étroit avec des personnes présentant des symptômes de la variole du singe.
  • Hygiène des mains : Se laver fréquemment les mains à l'eau et au savon ou utiliser un désinfectant pour les mains à base d'alcool.
  • Éviter le contact avec des animaux sauvages : Il est important d'éviter tout contact avec des rongeurs sauvages ou des primates, en particulier dans les zones forestières d'Afrique centrale et de l'Ouest.
  • Vaccination :
    • Vaccination pré-exposition : Certains pays proposent un vaccin aux personnes susceptibles d’être à risque, comme les personnels de laboratoires, les agents de santé, etc.
    • Vaccination post-exposition : La vaccination post-exposition peut être envisagée pour les personnes ayant été en contact étroit avec une personne infectée. Faut-il vacciner les enfants contacts ? Pour l’instant Non pour différentes raisons. 1) Le risque de transmission intrafamiliale est faible, si les conditions d’hygiène sont maintenues 2) Aucune étude n’a été publiée sur la tolérance du vaccin chez l’enfant. Cependant, la nature du vaccin (vaccin non-réplicatif) et quelques expériences cliniques antérieures avec ce type de vaccin sont rassurantes. Les britanniques le proposent également dans leur algorithme de prise en charge. Le vaccin contre Monkeypox correspond -il au vaccin variole dont l’utilisation a été arrêtée il y a une quarantaine d’années pour mauvaise tolérance ? Non, il s’agit d’un vaccin contre la variole dit de 3ème génération, développé après l’éradication de cette maladie, notamment par crainte de bioterrorisme (Vaccine Modified Ankara ou VMA). C’est un vaccin non réplicatif. Il rentre dans les cellules, exprime ses antigènes et suscite une immunité sans être capable de se multiplier dans les cellules humaines. De ce fait, il est beaucoup mieux toléré que le vaccin variole historique et est théoriquement administrable aux immunodéprimés, aux jeunes nourrissons ainsi qu’aux femmes enceintes et allaitantes.

Mesures de prévention dans les zones endémiques

Dans les zones endémiques, la principale stratégie de prévention du mpox consiste à limiter les interfaces humains/faune sauvage, donc sensibiliser et informer les populations aux facteurs de risque de transmission zoonotique (par les animaux) et ainsi diminuer les risques de transmission de l’animal vers l’humain.

Lire aussi: Positions d'accouchement chez les singes

Situation actuelle de la variole du singe

Des cas de variole du singe (Monkeypox en anglais) sans lien direct avec un voyage en Afrique du Centre ou de l’Ouest ou des personnes de retour de voyage ont été signalés en Europe et dans le monde. Des cas suspects sont en cours d’évaluation dans de nombreux pays et la situation évolue donc très rapidement. En France, les infections par ce virus font l’objet d’une surveillance pérenne par le dispositif de la déclaration obligatoire. Compte tenu des alertes en cours, la surveillance de ces infections est renforcée par Santé publique France et des messages d’informations et d’alerte sont adressés aux professionnels de santé.

Lire aussi: L'absence de terme pour le bébé singe : analyse

tags: #variole #du #singe #nourrisson #symptômes

Articles populaires:

Share: