Dans la vie d’une femme, la période menstruelle représente en moyenne 38 années. L'accès aux protections hygiéniques nécessaires est un enjeu de dignité humaine. Cependant, les femmes sont confrontées à diverses problématiques liées aux règles, notamment les dangers sanitaires liés à la composition des protections menstruelles (choc toxique), les dangers liés à leur utilisation et la possibilité, ou non, de s'en procurer. De plus, la précarité menstruelle touche un grand nombre de femmes, en particulier les 4,7 millions de femmes vivant en dessous du seuil de pauvreté. En France, en 2019, une fille sur dix issue d'une famille précaire a déjà manqué l'école par manque de protections hygiéniques.
La prise en compte de la question des menstruations est primordiale pour la santé des femmes. L'information du grand public, des femmes et du personnel de santé doit être renforcée, notamment en ce qui concerne deux pathologies : l'endométriose et les fibromes.
Comprendre l'endométriose et les fibromes
Qu'est-ce qu'un fibrome ?
Un fibrome utérin est une tumeur bénigne, non cancéreuse, qui se développe à partir du muscle utérin et du tissu fibreux de l'utérus. La plupart du temps, les fibromes sont asymptomatiques et ne sont découverts qu'au cours d'un examen médical gynécologique.
Qu'est-ce que l'endométriose ?
L'endométriose est une maladie chronique liée aux menstruations qui touche environ une femme sur dix en France. Elle se caractérise par la présence d'endomètre (tissu qui se trouve normalement à l'intérieur de la cavité utérine) en dehors de la cavité utérine.
Quels symptômes doivent alerter ?
Les symptômes de l'endométriose sont très variables selon les personnes. Ils peuvent être légers, aigus, ponctuels ou chroniques (pendant ou en dehors des règles, pendant ou en dehors de la période d'ovulation, pendant ou à la suite de rapports sexuels). Suite à une demande de rapport commandée par le Ministre de la Santé, le Président Emmanuel Macron a lancé une stratégie nationale de lutte contre l'endométriose le 12 janvier 2022.
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Vie affective, relationnelle et sexuelle
La vie affective et sexuelle de chacun est importante à considérer pour respecter l'intégrité physique et psychologique de chaque être humain. Toute personne a droit à une éducation et à une information sur ces sujets afin d'apprendre à mieux se connaître, se respecter et respecter son partenaire, lutter contre les discriminations et les violences, choisir sa contraception et éviter les infections sexuellement transmissibles.
Pour s'informer, certaines structures existent. Des ressources sont également disponibles dans la rubrique RESSOURCES, notamment sur la contraception. Il existe divers moyens de contraception, mais celui qui convient à une personne ne convient pas nécessairement à une autre. Choisir sa contraception demande une réflexion et requiert de l'information. Pour cela, il est conseillé de se rendre au CPEF le plus proche. Les professionnels sont là pour aider et informer selon les besoins individuels.
Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) : Méthodes et Informations
L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est un droit fondamental pour les femmes. Il existe deux méthodes principales pour réaliser une IVG :
- IVG médicamenteuse : Elle peut se pratiquer à domicile, sans hospitalisation, par l'intermédiaire d'un médecin ou d'une sage-femme.
- IVG chirurgicale : Elle se déroule au sein d'un établissement de santé et nécessite une hospitalisation de quelques heures. Cela consiste en l'aspiration de l'œuf suite à une dilatation du col de l'utérus. Le médecin y introduit une canule reliée à un dispositif permettant d'aspirer son contenu.
Le Syndrome du Choc Toxique (SCT) et les Protections Menstruelles
Le syndrome du choc toxique (SCT) est une infection rare mais grave causée par des toxines produites par la bactérie Staphylococcus aureus. Bien que le SCT soit souvent associé à l'utilisation de tampons, il peut également survenir dans d'autres contextes, notamment après une intervention chirurgicale ou un accouchement.
Risques liés aux protections menstruelles
Les tampons, en particulier ceux qui sont très absorbants, peuvent créer un environnement favorable à la prolifération de la bactérie Staphylococcus aureus. Il est donc essentiel de respecter les recommandations d'utilisation, notamment en changeant régulièrement de tampon (toutes les 4 à 8 heures) et en utilisant des tampons adaptés à son flux menstruel.
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Alternatives aux tampons : la coupe menstruelle
La coupe menstruelle, ou « cup », est une alternative écologique et économique aux protections périodiques traditionnelles.
- Taille et capacité : Les coupes existent en différentes tailles.
- Souplesse : Certaines coupes sont plus rigides, d'autres plus souples.
- Longueur : La hauteur du col de l'utérus varie d'une femme à l'autre.
Comment utiliser une coupe menstruelle ?
- Insertion : Lavez-vous les mains. Pliez la coupe (plusieurs techniques existent, comme le pli en « C ») et insérez-la délicatement dans le vagin.
- Retrait : Lavez-vous les mains. Pincez la base de la coupe pour annuler l'effet de succion et retirez-la doucement.
Le principal inconvénient de la cup est qu’il faut pouvoir la vider et la rincer avant de la remettre en place, ce qui peut être compliqué dans des toilettes publiques. Une solution consiste à utiliser une deuxième cup : aux WC, on insère la deuxième à la place de la première, que l'on vide et essuie rapidement avant de la ranger.
Prévention du SCT
En cas de symptômes tels que fièvre soudaine, éruption cutanée ou malaise général pendant l’utilisation de protections internes (tampon ou cup), retirez immédiatement la protection et consultez un professionnel de santé. Pour toute question, vous pouvez vous tourner vers votre sage-femme, votre gynécologue ou votre Planning Familial.
Le Misoprostol (Cytotec) et l'IVG
Aux États-Unis, où l’IVG reste un sujet délicat, un antiulcéreux connu depuis des années est utilisé semi-clandestinement comme abortif dans les couches sociales les plus défavorisées. Il s'agit du misoprostol, plus connu sous le nom de marque Cytotec, un antiulcéreux lancé dans les années 1980 et qui, délivré sur ordonnance, peut provoquer une fausse couche chez les femmes enceintes.
Sans que l’on en entende trop parler, le misoprostol est utilisé depuis 2000 en association avec la mifépristone, la pilule abortive appelée RU-486 : la mifépristone bloque l’action des hormones responsables du maintien de la grossesse, et le misoprostol déclenche des contractions utérines pour expulser le fœtus.
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Mifépristone et Misoprostol : Fonctionnement
- Mifégyne : À base de mifépristone, il bloque la progestérone, déclenche les contractions et ouvre le col utérin. Il est pris en présence du médecin ou chez soi, par voie orale. La mifépristone peut entraîner des saignements précoces, mais attention, ces saignements ne signifient pas forcément que la grossesse est interrompue.
- Misoprostol : Pris 24 à 48 heures après la mifépristone, il intensifie les contractions pour évacuer la grossesse. Dans 60 % des cas, l'avortement survient dans les 4 heures, et dans 40 % des cas, sous 24 à 72 heures. Les douleurs sont comparables ou plus fortes que des règles, et peuvent être soulagées par des antalgiques. Si la grossesse se poursuit, une IVG chirurgicale est possible.
Importance de l'accompagnement psycho-social
Pour les mineures, un entretien psycho-social est obligatoire avant une IVG. Cet entretien est aussi proposé aux majeures qui en ressentent le besoin. Il permet d’évoquer votre vécu et vos ressentis, que vous soyez majeure ou mineure.
Beaucoup de médecins préfèrent l’IVG médicamenteuse, considérée comme plus simple à gérer que l’IVG chirurgicale.
Action de la mifépristone sur la progestérone
À des doses allant de 3 à 10 mg/kg par voie orale, la mifépristone inhibe l'action de la progestérone endogène ou exogène chez différentes espèces animales (rat, souris, lapin et singe). Chez la femme, à des doses supérieures ou égales à 1 mg/kg, la mifépristone antagonise les effets endométriaux et myométriaux de la progestérone. Pendant la grossesse, elle sensibilise le myomètre aux contractions induites par les prostaglandines. Au cours du premier trimestre, elle permet la dilatation et l'ouverture du col utérin. Des données cliniques ont démontré que la mifépristone facilite la dilatation cervicale, mais on ne dispose pas de résultats à long terme indiquant que cet effet permet de réduire le taux de complications observées précocement ou tardivement dans le cadre du processus de dilatation.
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