Les chevaux, animaux majestueux et robustes, possèdent un système digestif à la fois complexe et délicat. Divers facteurs peuvent perturber leur bien-être, allant de troubles digestifs comme les coliques à des problèmes respiratoires tels que l'emphysème, sans oublier les tares qui affectent leur locomotion. L'observation attentive du comportement d'un cheval, notamment sa position de repos, peut révéler des indices précieux sur son état de santé. L'un de ces comportements est la position couchée dite "en vache".
Le Système Digestif Équin: Un Équilibre Fragile
Les coliques, hantise des propriétaires de chevaux, figurent parmi les troubles les plus fréquents et les plus graves chez les équidés. Malgré sa robustesse apparente, le cheval possède un appareil digestif complexe et fragile. La fragilité digestive du cheval s’explique notamment par un estomac relativement petit (environ 7% de sa masse totale) et un intestin grêle très long. C’est pourquoi il est vivement conseillé de fractionner les rations alimentaires du cheval en deux à trois repas par jour.
La présence d’un sphincter appelé « cardia » à l’entrée de l’estomac contribue également à cette fragilité. Les coliques se manifestent par des douleurs abdominales, souvent signalées par une perte d'appétit soudaine, un comportement abattu ou irritable, et une réticence au travail. En cas de douleur plus intense, le cheval peut gratter le sol avec ses antérieurs, se regarder les flancs, se coucher et se rouler.
Il existe plusieurs types de coliques :
- Colique par obstruction : La plus courante, elle touche le système digestif. Au lieu de glisser naturellement, les aliments se bloquent dans une zone de l’appareil digestif et forment un bouchon que le cheval, ne pouvant vomir, ne peut expulser.
- Colique par dysmicrobisme : Liée à un problème de digestion.
- Colique chirurgicale : Due à une torsion accidentelle du viscère ou au retournement de l’estomac. Dans de nombreux cas, elle résulte d’une colique par dysmicrobisme ou d’une colique par obstruction.
Face à une colique, le premier réflexe est de contacter un vétérinaire. Il est préférable de retirer l’eau et la nourriture du cheval, en utilisant éventuellement une muselière anti-colique. Dans les cas de torsion ou de déplacements du tube digestif, une chirurgie peut être nécessaire (environ 10% des cas). Bien que risquée, la chirurgie de colique a vu son taux de succès s'améliorer grâce aux avancées techniques et au suivi post-opératoire.
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L'Emphysème (Pousse): Une Affection Respiratoire Fréquente
L’emphysème, également appelé « pousse », est une maladie respiratoire chronique qui affecte les voies respiratoires profondes. Le terme « pousse » décrit l'effort que le cheval doit fournir pour respirer, notamment pour expirer l’air de ses poumons, en contractant ses muscles abdominaux (la « ligne de pousse »). Une toux fréquente accompagne souvent ce phénomène.
Cette maladie touche généralement les chevaux âgés de plus de 7 ou 8 ans et pourrait avoir une composante génétique. Les symptômes incluent :
- Une dyspnée expiratoire (difficulté à expirer l’air)
- Une toux plus ou moins prononcée
- Une tachypnée (augmentation de la fréquence respiratoire)
- La présence de la « ligne de pousse »
- Une dilatation des naseaux
- Une intolérance à l’effort et des difficultés à récupérer après l’exercice
- Un jetage (sécrétions sortant des naseaux)
- Un amaigrissement
L'emphysème résulte principalement d’une inflammation chronique des poumons, souvent due à une hypersensibilité au foin, notamment aux moisissures, champignons ou poussières qu'il contient. Le cheval, en inhalant ces agents, développe une réaction allergique au niveau de l’arbre respiratoire. La « pousse » est souvent saisonnière, se déclenchant plus facilement en hiver lorsque les chevaux sont davantage confinés au box.
Le traitement de l'emphysème repose sur deux axes :
- Traitement hygiénique : Consiste à modifier les habitudes du cheval pour minimiser son exposition aux poussières. Cela inclut sortir le cheval au pré le plus souvent possible, utiliser une litière sur copeaux de bois plutôt que de la paille, et éviter de lui donner du foin sec (en privilégiant du foin dépoussiéré ou l'alimentation à l'herbe).
- Traitement médicamenteux : Peut inclure des anti-inflammatoires (corticoïdes) pour réduire l’inflammation des poumons et des bronchodilatateurs pour faciliter le passage de l’air. L'administration de corticoïdes par inhalation (nébulisation) est souvent préférée en raison de ses moindres effets secondaires.
Les Tares: Lésions Chroniques Affectant la Locomotion
Les tares sont des lésions chroniques qui persistent après diverses maladies ou accidents. Certaines sont bénignes, tandis que d’autres peuvent entraîner une incapacité fonctionnelle. On distingue les tares molles et les tares dures.
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- Tares molles : Sont dues à des dilatations des synoviales articulaires ou tendineuses, entraînant une production excessive de liquide synovial. Elles se manifestent par des vessigons (au niveau du jarret), des éponges ou hygromas (au coude ou au genou), et des hygromas du boulet. Le capelet, un hygroma situé sur la pointe du jarret, peut être observé chez les chevaux qui ruent.
- Tares dures : Incluent les suros, des inflammations osseuses situées généralement sur la face interne du canon des antérieurs. Bien que souvent bénins, ils peuvent parfois gêner le passage d’un tendon ou d’une articulation. Les formes coronaires, du paturon et du talon sont également des tares dures. L’éparvin, la courbe et le jardon sont d’autres exemples de tares dures localisées au niveau du jarret. La jarde, quant à elle, touche la région postérieure du jarret et résulte d’une inflammation du ligament.
Le Sommeil du Cheval: Un Comportement Adapté à sa Nature de Proie
Contrairement à une idée reçue, les chevaux ne dorment pas uniquement debout. Bien qu'ils soient capables de somnoler debout, grâce à un mécanisme de verrouillage de leurs articulations, ils ont également besoin de se coucher pour atteindre les phases de sommeil profond, notamment le sommeil paradoxal.
Le cycle de sommeil du cheval est différent de celui de l'humain. Ils font des micro-siestes d’environ 15 minutes tout au long de la journée et de la nuit, totalisant environ 5 heures de sommeil par jour. Cette particularité est liée à leur nature de proie, qui les oblige à rester vigilants face aux dangers potentiels. Lorsqu’ils sont au pré, les chevaux d’un même troupeau ne dorment pas tous en même temps, assurant ainsi une surveillance constante.
Le sommeil du cheval se divise en plusieurs phases :
- Somnolence : Le cheval a les yeux mi-clos mais reste alerte. Il peut rester debout pendant cette phase, en s'appuyant sur un de ses postérieurs.
- Sommeil léger : Certains chevaux peuvent atteindre cette phase en position debout, mais la plupart se couchent « en vache » (sur le ventre).
- Sommeil profond (paradoxal) : Phase la plus profonde du sommeil, durant laquelle le cheval est couché sur le flanc et totalement vulnérable. Il ne se mettra dans cette position que s’il se sent parfaitement en sécurité.
Un manque de sommeil peut avoir des conséquences néfastes sur l'état du cheval, entraînant une humeur dégradée, un comportement agressif et, dans les cas extrêmes, des chutes. Il est donc primordial de garantir à son cheval un environnement sûr et confortable pour favoriser un sommeil de qualité.
Interpréter la Position Couchée "en Vache"
La position couchée "en vache", où le cheval se repose sur le ventre, est une position de sommeil léger qui permet à l'animal de se reposer davantage tout en restant relativement alerte. Cette position peut être un signe de confort et de sécurité, indiquant que le cheval se sent suffisamment détendu pour se coucher. Cependant, il est crucial de considérer d'autres facteurs pour interpréter correctement ce comportement.
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Si un cheval se couche "en vache" plus souvent qu'à l'accoutumée, ou s'il présente d'autres symptômes tels que perte d'appétit, abattement, ou signes de douleur abdominale (coliques), il est important de consulter un vétérinaire. La position couchée peut être un signe de malaise ou de douleur, et il est essentiel d'identifier la cause sous-jacente pour mettre en place un traitement approprié.
De même, si un cheval présente un gonflement sous le ventre, notamment s'il est âgé, il est important de vérifier sa fonction cardiaque. Un œdème peut être le signe d'une insuffisance cardiaque, bien qu'il puisse également être causé par d'autres facteurs tels que des piqûres d'insectes ou des coups.
Conseils pour Favoriser le Bien-Être et le Sommeil du Cheval
Pour assurer le bien-être de votre cheval et favoriser un sommeil de qualité, voici quelques recommandations :
- Offrir un environnement sûr et confortable : Que le cheval vive au pré ou au box, il est important de lui fournir une zone propre, sèche et accueillante pour se reposer.
- Maintenir une routine stable : Les chevaux sont rassurés par la routine et se sentent plus en sécurité dans un environnement connu.
- Limiter l'agitation et le bruit : Un environnement calme favorise la détente et le sommeil.
- Assurer des interactions sociales : Les chevaux sont des animaux grégaires qui ont besoin de vivre en groupe.
- Adapter l'alimentation : Fractionner les rations alimentaires et éviter de nourrir le cheval en fin de soirée.
- Surveiller attentivement le comportement : Tout changement de comportement, y compris la position de repos, doit être pris en compte et, si nécessaire, faire l'objet d'une consultation vétérinaire.
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