L'arrivée de nouvelles technologies dans le domaine de la puériculture suscite un débat passionné. Parmi ces innovations, la chaussette connectée, ou "smart sock", conçue pour surveiller les signes vitaux des nourrissons, promet de rassurer les parents face au spectre de la mort subite du nourrisson (MSN). Mais cette promesse est-elle tenue ? Quels sont les avantages et les inconvénients de ces dispositifs ?
La promesse de la surveillance à distance
Des étudiants de l’université de Brigham Young aux États-Unis ont mis au point une chaussette d'un genre nouveau, baptisée « Owlet Baby Monitor ». Ce petit vêtement intelligent permet aux parents de surveiller à distance la respiration de leur bébé. L'« Owlet Baby Monitor » permet aux parents de s’assurer à distance que bébé se porte bien pendant la nuit.
Aux États-Unis, environ 2 000 enfants décèdent chaque année des suites de la mort subite du nourrisson. C’est face à ce constat que des étudiants américains ont pris l’initiative de créer le « Owlet Baby Monitor ».
La chaussette Owlet fonctionne grâce à des capteurs qui mesurent le rythme cardiaque et le niveau d’oxygène du bébé. Ces données sont transmises instantanément par un capteur Bluetooth au support numérique des parents, qu'il s'agisse d'un ordinateur, d'un smartphone ou d'une tablette.
D'autres dispositifs similaires existent, tel que le "sproutling", un brassard placé autour de la cheville du nourrisson, capable de mesurer le rythme cardiaque du bébé, sa température, de détecter ses mouvements, mais aussi de se renseigner sur la température de sa chambre, le taux d’humidité et le niveau de luminosité. Toutes ces données sont transmises aux parents via une application mobile, avec des préconisations sur l'heure de coucher de l'enfant en fonction de ses paramètres de sommeil.
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Un argument de vente controversé
Nombre de ces gadgets sont présentés comme des outils de prévention de la mort inattendue du nourrisson (MIN), un argument de vente massue, mais une indication contestée par les médecins spécialistes de la MIN. Les pauses respiratoires sont fréquentes pendant le sommeil des bébés, et ces appareils, pas forcément très fiables, risquent d’alerter les parents pour rien.
Hugues Patural, chef du service de réanimation néonatale et pédiatrique du CHU de Saint-Etienne, prévient : « J’apprécie les nouvelles technologies, mais elles ne doivent remplacer ni le bon sens, ni la vigilance humaine, ni les gestes de prévention ».
Le risque d'une anxiété parentale accrue
L'Américain Christopher Armstrong, de la société Owlet, est conscient du risque d'angoisse parentale décuplée. C’est pourquoi les premiers lots ne comportent pas de système d’alarme. L’appareil sert uniquement à relever les mesures. Dans la deuxième fournée, il y aura une alarme, ajustable par les parents pour qu’ils ne soient pas sur-alertés.
Le psychanalyste Michaël Stora assure que « ce qui permet à un enfant de bien se développer, c’est aussi que ses parents ne soient pas trop angoissés, or ce type de gadget est totalement anxiogène ».
Les discussions entre mamans sont très animées. Laëtitia s'interroge : « Je suppose que ce truc va juste sonner pour prévenir que le nourrisson ne respire plus, mais si les parents ne connaissent pas les gestes de premiers secours pour réanimer le petit, à quoi ça va servir ? ». Marina objecte : « Je ne suis pas certaine que ça aide les parents anxieux à dormir sur leurs deux oreilles ».
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D'autres mères sont plus enthousiastes : « Tout ce qui peut enlever du stress à une mère est une bonne chose. Il n’y a jamais de gadget dans le bien-être… Je suis une traumatisée de la mort subite, et avec un dispositif d’alerte, j’ai pu dormir beaucoup mieux. Donc cette chaussette est parfaite pour moi ! ».
L'importance d'un juste milieu
Il est essentiel de trouver un juste milieu entre l'utilisation de ces technologies et le maintien d'une approche parentale équilibrée. Ces outils ne doivent pas se substituer à la vigilance, au bon sens et aux gestes de prévention. Ils doivent être utilisés avec discernement, en étant conscient de leurs limites et des risques potentiels qu'ils peuvent engendrer.
Au-delà de la technologie : des solutions pour les pays en développement
Bien que la chaussette connectée et autres dispositifs similaires représentent une avancée technologique intéressante, il est important de ne pas oublier les enjeux liés à la mortalité infantile dans les pays en développement.
Fautes de moyens et d’équipement, 98 % des décès infantiles à l’accouchement surviennent dans les pays pauvres. Concevoir des solutions technologiques accessibles aux soignants locaux pourrait-il limiter les risques ? L’enjeu consiste donc à fournir des moyens efficaces, mais peu coûteux aux soignants pour prévenir les risques et accoucher les femmes en toute sécurité.
L'avenir de la puériculture connectée
Que ces objets d’un futur devenu présent fassent débat, c’est évident et c’est normal. Il faudra de toute façon compter avec cette nouvelle révolution, d’autant plus que les acteurs de ce marché ont le mors aux dents et que les parents et futurs parents constituent des cibles de choix.
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Alexandre Pié, de Umanlife, note que « les nouveaux usages se développent, et au moment de la maternité on est plus impulsif, on hésite moins pour ce type d’achat ». Uwe Diegel, président de iHealthLabs, s’enthousiasme : « Le marché de la puériculture connectée est un marché immense, car il est 100 % basé autour de l’émotionnel et non du financier. Ensuite, le budget pour une première naissance est énorme. Enfin, le marché est prometteur car la demande est grande de la part des parents qui sont par définition, en raison de leur âge, tous déjà connectés avec des objets divers ».
Conclusion
La chaussette connectée et autres objets connectés pour bébés représentent une avancée technologique qui peut potentiellement rassurer les parents et contribuer à la surveillance de la santé des nourrissons. Cependant, il est crucial de ne pas céder à l'hypercontrôle et à l'anxiété excessive. Ces outils doivent être utilisés avec discernement, en complément d'une approche parentale basée sur la vigilance, le bon sens et les gestes de prévention. Il est également essentiel de ne pas oublier les enjeux liés à la mortalité infantile dans les pays en développement et de concevoir des solutions technologiques adaptées aux besoins des soignants locaux. L'avenir de la puériculture connectée dépendra de notre capacité à trouver un équilibre entre les avantages de la technologie et les valeurs fondamentales d'une parentalité sereine et responsable.
Annexe : Le pied plat chez l'enfant : un phénomène physiologique
Après des mois passés assis, allongé sur le ventre, le dos ou encore à quatre pattes, votre enfant fait enfin ses premiers pas. Entre fierté et émerveillement, vous ne pouvez toutefois pas vous empêcher de tilter sur un détail : ses pieds sont plats ! En plus d'avancer de façon hésitante, votre enfant semble avoir les pieds qui partent vers l'intérieur (ou l'extérieur). Rassurez-vous, les podologues indiquent qu'il s'agit d'un phénomène physiologique, du moins jusqu'à un certain âge. On fait le point sur les bonnes pratiques à adopter pour permettre un bon développement du pied.
Jusqu'à quatre ans, c'est normal
Avant l'âge de quatre ans, tous les enfants ont les pieds plats, indique l'Observatoire de la santé du pied (ONSP). "Il est inutile de les traiter avec des semelles avant cet âge, leur voûte plantaire va se creuser d’elle-même", ajoute le Pr Jérôme Cottalorda, chirurgien orthopédique et plastique infantile à l’hôpital Lapeyronie de Montpellier auprès de Parents. Selon l'ONSP, tout rentre dans l'ordre sans aucun traitement dans 90% des cas. Si le système squeletto-musculo-ligamentaire gagnera en maturité au fur et à mesure où l'enfant perfectionnera la station debout et la marche, il est essentiel de lui permettre de le faire dans de bonnes conditions.
Les bonnes pratiques pour se prémunir des pieds plats
La meilleure chose à faire pour se prémunir des pieds plats est d'accompagner votre enfant vers le plus de mobilité possible : "Plus l’enfant va marcher et se mouvoir, plus son corps va se muscler et plus sa voûte plantaire va se creuser" déclare le podologue Christophe Blanc à Santé magazine. Le spécialiste recommande également de le faire marcher pieds nus dès que l'occasion se présente, en variant les surfaces : sur le carrelage, l'herbe, le sable, ou encore la terre. Enfin, le choix de chaussures a, lui aussi, toute son importance pour un bon développement du pied du bébé. Le podologue Christophe Blanc préconise des chaussures souples et sans voûte plantaire, permettant aux pieds de se muscler correctement. En raison de leurs semelles rigides, les baskets sont donc à proscrire lors de l'apprentissage de la marche. Pour l'extérieur, privilégiez des modèles de chaussures en cuir, ni trop larges ni trop serrés, à remplacer, dans l'idéal, tous les trois mois.
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