L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une décision complexe qui peut entraîner des changements de comportement et des émotions variées. Il est crucial de comprendre les faits, de dissiper les mythes et d'offrir un soutien adéquat aux femmes qui choisissent cette option.
Mythes Déboulonnés sur l'IVG
De nombreuses idées fausses circulent au sujet de l'IVG, souvent utilisées pour dissuader les femmes d'y recourir. Il est essentiel de les déconstruire pour permettre une prise de décision éclairée.
- Stérilité : Contrairement à ce que certains affirment, l'IVG n'entraîne pas de stérilité. Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraîne pas de risque d’infertilité et n’a aucune conséquence sur la fertilité.
- Syndrome Post-Avortement : Cette idée n'est pas reconnue par la communauté scientifique. Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant.
- Risques de Cancer : Il est faux de prétendre que l'IVG augmente le risque de cancer du col de l'utérus ou du sein. Selon certains, l’avortement constituerait un risque pour la santé sur le long terme. Il conduirait notamment à une augmentation du risque de cancer (col de l’utérus, seins). Ceci est faux !
- Méthodes "Naturelles" : L'utilisation de l'ail ou du gingembre pour provoquer un avortement est dangereuse et inefficace. L’avortement « naturel » avec de l’ail ou du gingembre ? Introduits dans le vagin, les végétaux peuvent donner des inflammations ou des infections mais ne permettent pas d’avorter. De plus, elle retarde l'accès à des méthodes sûres et légales.
Les Réalités Psychologiques de l'IVG
Les conséquences psychologiques d'une IVG varient d'une femme à l'autre. Il n'est en effet pas envisagé de nier la tristesse que peuvent ressentir certaines femmes dont la situation peut être difficile. La tristesse, le soulagement, la culpabilité ou le regret peuvent se manifester. L'accompagnement est essentiel pour aider les femmes à traverser cette expérience. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.
Importance de l'Accompagnement
L’accompagnement par un professionnel est alors important. Un soutien psychologique adapté peut aider à gérer les émotions et à surmonter les difficultés. Il est crucial de ne pas nier la tristesse que certaines femmes peuvent ressentir.
Le Deuil Périnatal et l'IVG
La douleur d'un IVG fait, à contre cœur est quelque chose de profond et d'extrêmement douloureux. Vous devriez penser à prendre soin de vous et à soigner cette blessure, qui en est vraiment une. Vous vous en remettrez, mais vous allez garder une "cicatrice" à jamais. Subir une IVG a été votre souffrance et cet acte médical est extrêmement marquant pour une femme, notamment après avoir vu une première échographie. C'est un traumatisme. Une décision d'IVG, n'est jamais anodine, elle touche votre corps et votre psychisme. la perte de enfant que vous aimiez déjà suppose un processus de deuil.
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Les Méthodes d'IVG
Il existe deux principales méthodes d'IVG : médicamenteuse et chirurgicale.
IVG Médicamenteuse
L’IVG médicamenteuse est une méthode d’avortement qui peut se pratiquer jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Elle consiste à prendre deux médicaments : la mifépristone (MYFEGINE) qui interrompt le développement de la grossesse et le misoprostol (GYMISO) qui provoque l’expulsion de la grossesse.
- Déroulement : L’IVG médicamenteuse est pratiquée par un ou une médecin ou sage-femme d’un cabinet de ville, d’un centre de santé, ou d’un centre de planification ayant signé une convention avec un établissement de santé.
- Saignements : Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Ces saignements, plus ou moins importants peuvent durer de 10 à 20 jours.
- Contrôle : Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d’hormones de grossesse (Bêta HCG).
- Douleurs : Pratiquer une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et qui sont très variables selon les femmes. Des anti-douleurs sont prescrits systématiquement.
IVG Chirurgicale
Le curetage pour une IVG n’est pas la méthode la plus souvent pratiquée. En cas d’IVG, mais aussi de fausses couches, la méthode par aspiration douce est préférée. Contrairement au curetage cette technique est moins agressive et ne cause pas de dommages à l’utérus.
Complications et Effets Indésirables
Il peut arriver dans certains cas, que des complications surviennent parfois jusqu’à 1 mois après l’IVG. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38°qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.
Contre-indications
La Grossesse Extra Utérine (GEU) est une contre-indication à l’IVG médicamenteuse. Enfin, il existe d’autres contre-indications à pratiquer une IVG médicamenteuse comme les corticothérapies à long terme, porphyrie, troubles de la coagulation, insuffisance surrénale.
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Récit d'une Expérience Personnelle
Une femme de 30 ans témoigne de son expérience difficile, marquée par une relation toxique et une IVG à contre-cœur. Elle décrit les pressions de son conjoint, son propre attachement au bébé, et les regrets qui ont suivi.
Analyse de la Situation
Cette histoire met en lumière l'importance de la santé mentale et du bien-être dans une telle décision. Il est essentiel de donner la priorité à votre santé mentale et à votre bien-être en ce moment. La femme a pris la décision qui lui semblait la plus adaptée à l'époque, mais les conséquences émotionnelles sont lourdes.
Soutien et Recommandations
Il est recommandé de rechercher un soutien professionnel pour gérer les émotions et renforcer l'estime de soi. Je vous recommande de rechercher soutien professionnel qui pourra vous aider à gérer vos émotions, à renforcer votre estime de soi et à trouver des stratégies d'adaptation pour faire face aux conséquences de votre relation et de l'avortement.
Impact de l'IVG sur la Fratrie
Françoise Lefèvre évoque les conséquences de l’IVG sur une fratrie. Elle souligne l'existence de "survivants de l'avortement" et les conflits supplémentaires que cela peut engendrer. Des psychanalystes témoignent de cas où des enfants ont deviné ou ressenti l'avortement d'un frère ou d'une sœur, avec des conséquences psychologiques notables.
Expérience d'un Couple Face à l'IVG
Un jeune homme raconte comment l'IVG de sa copine a affecté leur relation. Il décrit les changements d'humeur de sa partenaire et ses propres sentiments de perte et de confusion.
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Conseils et Perspectives
Il est crucial de communiquer ouvertement et d'offrir un soutien émotionnel à sa partenaire. Il faut que la femme se sente en confiance totale et qu'elle se confie à son partenaire, c'est essentiel pour préserver leur couple. Il est important de dépasser la rancune et de se concentrer sur le bien-être de la femme.
Se Rétracter en Cours d'IVG
Il arrive que des femmes se rétractent après avoir pris le premier comprimé de mifégyne. Des témoignages montrent qu'il est possible de contrer l'effet de ce médicament en prenant de la progestérone, sous surveillance médicale.
Suites de l'IVG : Désagréments et Précautions
Il est normal de subir des désagréments pendant les premières semaines après une IVG.
- Saignements, contractions, douleurs abdominales ou lombaires
- Désagréments hormonaux
- Diarrhées ou nausées causées par les antibiotiques (uniquement en cas d’IVG chirurgicale par aspiration ou d’avortement instrumental)
- Tension mammaire et/ou engorgement (lait)
En cas de fièvre, saignements abondants ou douleurs intenses, il est impératif de consulter un médecin.
Renaissance Intra-utérine : Une Nouvelle Approche Thérapeutique
Valérie Grumelin propose une approche thérapeutique novatrice : le Rebirth intra-utérin ou Orius. Sa méthode vise à replacer l'individu dans le contexte de sa gestation, lui offrant l'opportunité de revivre sa naissance dans un cadre déconditionné.
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