Introduction
Les "enfants dys", terme désignant les enfants atteints de troubles cognitifs spécifiques, rencontrent des difficultés considérables dans leurs apprentissages. Ces troubles, tels que la dyslexie, la dysphasie, la dyscalculie, la dyspraxie, la dysorthographie et la dysgraphie, peuvent transformer la vie d'un enfant en un parcours semé d'embûches. Pendant longtemps, le manque de compréhension de ces troubles a conduit à des jugements hâtifs et injustes envers ces enfants. Le Professeur Yves Chaix, pédiatre, s'est investi dans l'amélioration du dépistage et de la prise en charge de ces troubles, ainsi que dans la protection des enfants vulnérables.
Les Enfants Dys : Comprendre et Agir
La réalité des "enfants dys"
Les troubles "dys" regroupent un ensemble de difficultés cognitives qui entravent l'apprentissage chez l'enfant. Ces troubles sont souvent invisibles et peuvent être source de frustration et de découragement pour l'enfant qui se sent différent des autres. L'enfant peut avoir l'impression que sa vie se résume à un mot : « difficultés ».
Un passé de méconnaissance
Pendant longtemps, les enfants dys étaient doublement punis. Leurs difficultés n’étant pas bien connues, ces enfants étaient souvent qualifiés de paresseux, capricieux, de faire preuve de mauvaise volonté ou encore d’avoir un manque de concentration. La mauvaise réputation de ces enfants a eu la dent dure.
Évolution législative et initiatives locales
La loi de 2001 a marqué un tournant en demandant la création de centres de référence dans les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) pour la prise en charge des troubles spécifiques du langage oral et écrit. À Toulouse, cette loi s'est concrétisée par la création d'un Diplôme Universitaire (DU) visant à former des professionnels au diagnostic des troubles "dys" et aux différentes possibilités de prise en charge. En 2009, une pédiatre lotoise a obtenu son DU à Toulouse.
L'importance du dépistage précoce selon le Professeur Yves Chaix
Le Pr Yves Chaix insiste sur l’importance de développer des structures de dépistages pour pouvoir mieux accompagner ces enfants. « Avant la loi de 2001, ces troubles étaient très peu connus, on n’en faisait pas un problème de santé publique. Aujourd’hui on sait que ces troubles du neurodéveloppement viennent du cerveau.
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Le Centre de Diagnostic de Cahors
Depuis son ouverture en novembre 2016, ce centre de diagnostic, unique sur le département du Lot, a accueilli et diagnostiqué 42 enfants. Le centre accueille les enfants de 5 à 16 ans sur demande de la famille, du médecin traitant, du médecin scolaire ou de rééducateurs libéraux. Les médecins disposent de meilleures connaissances sur le sujet, cela facilite le dépistage d’un enfant dys. Pour le professeur Chaix, il manque encore un peu de formation dans ce domaine à destination des enseignants. Bien diagnostiquer un enfant dys, c’est lui assurer une prise en charge plus rapide et adaptée.
Diagnostic et prise en charge
L’Inpes écrit : « Un trouble « dys » ne se détecte pas toujours de manière évidente et immédiate. Pour pouvoir poser un diagnostic fiable, le Dr Leneveu prend l’enfant en consultation pendant 1h, il passe ensuite 2 bilans pendant une journée : 1 psychomoteur et 1 neuropsychologique. « Dans le mois qui suit, on fait un bilan avec tous les intervenants qui ont vu l’enfant. Nous posons un diagnostic ensemble. » En cas de doute, le CCTA de Cahors travaille de concert avec le centre de référence de Toulouse. Les équipes de Cahors et de Toulouse restent solidaires. Le diagnostic posé à l’issue de la concertation pluridisciplinaire (pédiatre, orthophoniste, psychomotricien, enseignants, psychologue, neuropsychologue) donne lieu à un avis sur la prise en charge et sur les aménagements scolaires à mettre en place pour l’enfant.
L'Unité d'Accueil Pédiatrique des Enfants en Danger (UAPED) : Protéger les Enfants Victimes de Violences
Un environnement sécurisant pour les enfants victimes
Aménagée en 2024, l'unité d'accueil pédiatrique des enfants en danger (UAPED) permet d'entendre les enfants victimes de violences dans un environnement rassurant. Poupons, pâte à modeler et jeux de construction dans une salle d'audition doté d'une caméra, de micros et d'un miroir sans tain. C'est toute de l'ambivalence de la salle dite "Mélanie" de l'unité d'accueil pédiatrique des enfants en danger (UAPED), du nom des espaces d'audition prévus pour recueillir la parole d'enfants victimes. Construite en février 2024 à l'hôpital Paule-de-Viguier de Toulouse, sur le site de Purpan, elle permet aux enfants maltraités de témoigner face aux forces de l'ordre dans un environnement rassurant."Un environnement sécurisant et pédiatrique"Difficile d'imaginer des enquêteurs interroger un enfant dans une salle filmée en parcourant le couloir de l'UAPED 31. Dans une ambiance médicale mais chaleureuse, 250 jeunes sont accueillis depuis début 2024 pour témoigner de maltraitance physique, verbale ou psychologique. La structure réunit un pédiatre, des psychologues, des assistantes sociales et une éducatrice spécialisée pour accompagner les jeunes victimes de violence.Gendarmes et policiers doivent se présenter en civil. L'objectif de l'UAPED est de permettre d'auditionner la jeune victime dans "un environnement sécurisant et pédiatrique", atteste Mélanie Charton, l'éducatrice spécialisée de l'équipe. Soumise à des critères précis, la salle "Mélanie" est pensée de façon sobre pour empêcher l'enfant d'être distrait.
Le rôle crucial de la psychologue
Le recueil de la parole encadré par une psychologue. Des enfants en bas-âge jusqu'aux adolescents de 15 ans et plus, pour ceux rencontrant des difficultés de développement, tous sont auditionnés par des enquêteurs en présence d'une psychologue. Elle analyse le langage corporelle de la victime, échange avec les les forces de l'ordre et peut influencer le déroulé de l'entretien. Virgule, un chien de médiation rejoindre aussi les auditions dès la rentrée 2025."Je crois que j'ai besoin qu'on me sauve", a un jour confié un petit garçon de 4 ans à Victorine Laumond, l'une des deux psychologues du service, en l'absence des enquêteurs. Des paroles précieuses que la professionnelle a su accueillir avec attention pour permettre à l'enfant de sortir de son mutisme. "On n'aurait pas obtenu ça si je n'étais pas restée seule avec lui sur ce temps de pause", assure-t-elle.
Intervention et suivi
L'UAPED peut intervenir sur demande judiciaire ou dans des cas de suspicions de maltraitance, lors de passages aux urgences ou sur orientation d'un professionnel. En cas de violence, "[les enfants] peuvent en parler à leur famille qui ensuite en parle au médecin et nous sollicite ou à l'école […] qui a des protocoles pour faire face à ce genre de situations", suggère Yves Chaix, le pédiatre et coordinateur du service. Pour chaque audition, l'équipe pédiatrique produit un rapport d'évaluation psycho-socio-éducative. Une table transparente est disposée au centre de la pièce pour permettre d'observer l'enfant s'il se réfugie en-dessous.
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L'Engagement du Professeur Yves Chaix
Un pédiatre engagé
Le Dr. Yves Chaix est un pédiatre reconnu, titulaire d'un Diplôme d'État français de docteur en médecine et spécialisé en pédiatrie (hors chirurgie). Son expertise et son engagement envers les enfants se manifestent à travers ses différentes fonctions et responsabilités.
Actions et prises de position
Tous les chefs de service de l'Hôpital des enfants (CHU de Toulouse) ont démissionné mardi de leurs fonctions de responsables. Ce jeudi, avant la grande manifestation "contre la mort de l'hôpital public", ils ont témoigné. Le rassemblement était conséquent. À la pause méridienne, on ne voyait plus que des blouses blanches devant l'entrée de l'Hôpital des enfants de Toulouse (CHU). Brassard noir aux bras, affichettes "en grève" sur le torse ou dans le dos, l'air grave et triste, presque silencieux, médecins, infirmières, infirmiers, internes, aides-soignants ont fait corps autour de leurs chefs de service qui ne sont plus chefs depuis mardi. Et puis, ils ont applaudi, longuement, les professeurs Jérôme Sales De Gauzy et Yves Chaix, démissionnaires de leurs postes de responsables du pôle enfants, après deux prises de parole rares dans le milieu hospitalier toulousain. "Nous sommes là aujourd'hui pour deux raisons, le soutien à la manifestation nationale de défense de l'hôpital public et la spécificité de la situation de la pédiatrie toulousaine. "On entend depuis trois ans que l'Hôpital des enfants est un projet prioritaire au CHU de Toulouse. "Nous avons vu nos conditions de travail se dégrader lentement, sûrement. Les chefs de pôle sont normalement là pour faire le lien, pour qu'il y ait une feuille de route correcte ce qui, dans notre cas, signifie prendre en charge la population la plus fragile, les enfants. Aucune de nos alertes n'a été prise en compte par notre direction. Pour le plan hivernal, on nous reproche notre méconnaissance des dossiers, on nous reproche notre défaut d'organisation, on nous dit qu'il y a trop de personnels à l'Hôpital des enfants mais on lui refuse ses vacances et on lui demande de travailler trois week-ends sur quatre. Enfin, sans la moindre empathie pour nos petits patients et leurs familles, on nous demande de déprogrammer, de reporter des opérations, de dire à ces familles "restez chez vous, on vous recontactera". L'Hôpital des enfants est la priorité du CHU de Toulouse, on l'entend depuis trois ans… D'autres projets avancent, nous restons un projet prioritaire… Nous n'avons que trop entendu ces promesses. Autour, les médecins acquiescent. "En néonatologie, le besoin de places est criant. Malgré des années d'expérience, lorsque nous prenons nos gardes, plus que le stress de la gravité de la maladie d'un nourrisson, c'est le stress de son placement qui prime, on se demande où ce nouveau-né si fragile va pouvoir aller", témoigne le Dr Sabine Alcaydé. "Je suis dans cet hôpital depuis 30 ans et cette dégradation est la pire que j'ai connue. On a mis les soignants en grande difficulté. Les infirmières sont très régulièrement débordées, les voir quitter leur poste en pleurs, c'est dramatique.
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