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Complications de la présence de liquide amniotique dans les poumons après une césarienne

Le liquide amniotique joue un rôle essentiel dans le développement du fœtus pendant la grossesse. Cependant, sa présence dans les poumons du nouveau-né, en particulier après une césarienne, peut susciter des inquiétudes. Cet article explore les causes, les risques et la prise en charge de cette situation.

Le liquide amniotique : un environnement vital

Le liquide amniotique est un liquide biologique stérile, clair et aqueux, dans lequel baigne l’embryon, puis le fœtus, tout au long de la grossesse. Il est fabriqué dans les premiers temps par les membranes du sac amniotique. À partir du deuxième trimestre, c’est le fœtus lui-même qui le produit, lorsque les reins deviennent fonctionnels.

Ingestion et inhalation normales de liquide amniotique par le fœtus

Il est tout à fait normal que le fœtus avale du liquide amniotique, voire qu’il en accumule dans ses poumons. Quand le bébé ouvre la bouche, le liquide amniotique peut alors entrer et s’infiltrer dans les poumons… et être résorbé progressivement. Le fœtus reçoit tous les nutriments nécessaires via le cordon ombilical. S’il avale du liquide amniotique, c’est aussi qu’il s’entraîne à déglutir et… à respirer ! Le fait d’avaler simplement du liquide amniotique ne pose donc aucun problème au fœtus.

Syndrome d’inhalation méconiale : une complication potentielle

Le syndrome d’inhalation méconiale se produit quand un fœtus, qui est proche du terme, ou à terme, voire même post-terme (c’est le cas le plus fréquent), défèque dans le ventre de sa maman et qu’il inhale ses selles. Ce liquide, qu’on appelle méconium, constitue en réalité les premières selles du bébé, toutes collantes et noires.

Impact du méconium sur les voies respiratoires

Juste avant l’accouchement ou au cours du travail, en fonction de la quantité de liquide inhalé, le méconium peut empêcher les voies respiratoires de l’enfant de fonctionner correctement, voire les entraver. À la naissance, ce sont des bébés qui sont très gênés ou qui ne s’adaptent pas. Ils peuvent présenter une détresse respiratoire et doivent parfois être intubés pour dégager les voies respiratoires. Si le liquide est teinté, cela peut être le signe que l’enfant est en train de faire caca. Si le liquide est « purée de pois », opaque et vert, en revanche, l’équipe sait qu’elle doit préparer l’endoscope, et de quoi intuber le bébé. On part, a priori, sur une détresse respiratoire néonatale.

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Prise en charge du syndrome d’inhalation méconiale

Face au syndrome d’inhalation méconiale, les recommandations ont changé. Avant, ces bébés étaient aspirés directement à la vulve de la maman. Si le nouveau-né a une ventilation spontanée efficace, une auscultation pulmonaire normale, un bon tonus musculaire et une fréquence cardiaque supérieure à 100/min, il est préconisé de le laisser auprès de sa mère. Si le nouveau-né présente une hypotonie et des efforts respiratoires inefficaces, l’équipe médicale procède tout d’abord à l’examen dit de “phase A” (position de la tête neutre, liberté des voies aériennes supérieures) similaire à celui opéré chez le nouveau-né naissant dans un liquide clair. Un bébé qui naît avec un syndrome d’inhalation méconiale peut s’en sortir : cela va dépendre de la quantité de méconium inhalée.

Manque de liquide amniotique (oligoamnios)

Si la poche des eaux est rompue prématurément, une partie de ce liquide n’existe plus et manque au bébé. Le liquide amniotique n’est pas reconstitué, c’est ce qu’on appelle un oligoamnios, où un manque de liquide amniotique est observé.

Détection et prise en charge de l’oligoamnios

Lorsqu’une femme enceinte perd du liquide amniotique, elle se rend généralement compte elle-même de cette « fuite ». Un seul mot d’ordre dans ce cas-là : se rendre aux urgences de la maternité la plus proche. La future maman sera alors soumise à un test, appelé prom-test. Si le test est positif, la future mère est hospitalisée et un protocole est mis en place : la mère reçoit des antibiotiques pour diminuer le risque infectieux, et parfois même, un médicament pour stopper les contractions si elles sont présentes, selon le terme de la grossesse, et retarder l’accouchement. Enfin, la mère reçoit deux injections de corticoïdes en intramusculaire à 24 heures d’intervalle, qui permettent de rendre plus matures les poumons du bébé. La prise en charge du nourrisson ayant été affecté par un manque de liquide amniotique dépend de sa prématurité. Quand une mère rompt très précocement sa poche, on sait que potentiellement, la prise en charge sur le plan respiratoire peut être compliquée. Quoi qu’il en soit, les équipes médicales néonatales prennent en charge les petits patients prématurés dès que cela est possible.

Excès de liquide amniotique (polyhydramnios ou hydramnios)

Un excès de liquide amniotique peut aussi se produire lors d’une grossesse. Cette accumulation, appelée polyhydramnios ou hydramnios, se rencontre dans certains cas précis : une anomalie congénitale ou une anémie chez le fœtus. Toutefois, quand la quantité de liquide amniotique est trop importante, les médecins retirent rarement le liquide en excès.

Césarienne et complications respiratoires

L'accouchement par césarienne peut provoquer des complications respiratoires à court ou long terme pour le bébé. Pendant un accouchement par voie basse, les poumons du bébé sont comprimés au moment où il passe entre les os du bassin et dans le vagin. Ce processus leur permet d'expulser le liquide amniotique qu'ils contiennent in utero.

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Difficulté d’expulsion des fluides pulmonaires après une césarienne

Pendant une césarienne, comme le bébé est sorti par le ventre de la maman, il peut avoir du mal à expulser les fluides pulmonaires et à respirer normalement. À long terme, de nombreuses études ont démontré que le bébé risquait davantage de souffrir d'asthme pendant l'enfance après un accouchement par césarienne.

Autres complications liées à la césarienne

Les bébés nés par césarienne présentent un risque plus élevé de développer des allergies, notamment des rhinites allergiques (rhumes des foins), des allergies alimentaires (œuf et lait de vache). Cette différence avec les bébés nés sans césarienne s'explique par le contact du bébé avec la flore vaginale de la maman lors d'un accouchement par voie basse.

Impact des hormones et de l’anesthésie

Au cours d'un accouchement par voie basse, le bébé sécrète des hormones (en particulier des noradrénalines) qui jouent plusieurs rôles : envoyer une quantité accrue de sang vers les organes vitaux, faciliter la première inspiration à l'air libre, utiliser les nutriments stockés dans l'organisme, favoriser l'éveil du bébé, stimuler le sens de l'odorat afin que le bébé reconnaisse l'odeur de sa mère. Du fait de la non-libération des noradrénalines au moment de la naissance, le bébé né par césarienne est moins vif, moins éveillé. De plus, pour procéder à la césarienne, le médecin doit procéder à une anesthésie de la future maman. Il peut s'agir d'une anesthésie par péridurale - ce qui permet à la maman de rester éveillée et d'assister à la naissance. Néanmoins, dans certains cas, l'équipe médicale préfère effectuer une anesthésie générale. Quel que soit le type d'anesthésie réalisé, les produits utilisés se diffusent dans l'organisme de la maman et, par conséquent, le bébé peut ingérer une infime part de ces anesthésiants lui aussi, via le cordon ombilical.

Scores d’Apgar et difficultés d’allaitement

Les bébés nés par césarienne ont, dans la majorité des cas, des scores d'Apgar plus bas que ceux nés par voie vaginale. Les difficultés respiratoires, la prématurité (même légère), le manque d'éveil du bébé né par césarienne expliquent pourquoi nombre d'entre eux ont du mal à prendre le sein les premiers jours. S'il s'agit d'un premier enfant, cela peut compliquer l'allaitement pour la maman qui expérimente en même temps que son bébé.

Césariennes programmées et maturation fœtale

La question des conséquences de la césarienne pour le bébé se pose surtout pour les césariennes programmées. En effet, on sait aujourd'hui que l'accouchement (les contractions de l'utérus, le passage par le bassin et le vagin, etc.) joue un rôle dans la maturation finale du fœtus et le prépare à la vie dans le monde extérieur. Pendant l’accouchement, le fœtus est soumis à de fortes pressions : contractions de l’utérus et passage dans le bassin, le col et le vagin. Ces pressions déclenchent, de la part du fœtus, la sécrétion d’hormones, de type adrénaline, identiques à celles que nous produisons en cas de frayeur ou de sentiment de danger. De plus, les pressions subies par le fœtus massent les poumons, facilitent l’expulsion du liquide amniotique (le liquide dans lequel baigne le fœtus) qu’ils contiennent, et favorise leur maturation. Dans ce cas, le risque de détresse respiratoire à la naissance est augmenté, en particulier si la césarienne a lieu avant la 39e semaine d’aménorrhée (il est alors sept fois plus élevé que lors de naissance par les voies naturelles). De plus, les bébés nés de césarienne programmée, souvent avant terme, sont plus petits, ont un réflexe de succion moins marqué et réclament moins souvent à manger.

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Troubles allergiques et flore intestinale

De nombreuses études ont montré un lien entre la naissance par césarienne programmée et l’apparition de troubles allergiques pendant l’enfance, en particulier les allergies alimentaires et les rhinites allergiques. Cette observation est peut-être à rapprocher du fait que la flore intestinale des bébés nés par césarienne programmée est différente de celle des bébés nés par les voies naturelles (probablement parce que seuls ces derniers ont été en contact avec la flore vaginale de leur mère).

Embolie amniotique : une complication rare et grave

L’embolie amniotique désigne une complication rare mais gravissime de l’accouchement. Sa prévalence est estimée à 2 à 6 grossesses sur 100 000. Elle se caractérise par le passage d’éléments du liquide amniotique (cellules squameuses, particules graisseuses, débris, mucus, tissus du fœtus…) dans le sang de la femme enceinte.

Mécanisme et conséquences de l’embolie amniotique

S’ensuivent des troubles de la coagulation très sévères, un syndrome de détresse respiratoire aiguë, un arrêt cardiaque et une défaillance progressive de tous les organes. Outre le travail, ce passage de liquide est aussi notifié en fin d’accouchement, lors de la délivrance (expulsion du placenta). L’embolie de liquide amniotique est aussi imprévisible qu’inévitable, et peut toucher toutes les femmes. Ses causes sont mal connues et on ne sait pas pourquoi elle se produit chez certaines femmes plus que d’autres.

Symptômes et diagnostic de l’embolie amniotique

L’embolie amniotique se traduit essentiellement par une augmentation du rythme cardiaque maternel, une chute de la tension artérielle, un malaise, une difficulté respiratoire voire une hémorragie généralisée. Autant de symptômes pouvant conduire à un risque de détresse respiratoire aiguë ou à un arrêt cardiaque. Face à ces signes, l’équipe médicale doit poser le diagnostic d’embolie de liquide amniotique au plus vite, afin de mettre en place une prise en charge adaptée et de préserver le pronostic vital de la femme enceinte et de l’enfant.

Prise en charge de l’embolie amniotique

Il n’existe aucun traitement permettant de stopper l’évolution de l’embolie de liquide amniotique en cas de diagnostic avéré. Lorsque la survenue a lieu, la prise en charge de chaque patiente repose principalement sur des soins dits de support, à savoir l’oxygénothérapie et la réanimation cardio-pulmonaire. Une transfusion de sang peut se révéler nécessaire et un facteur de coagulation sanguine peut éventuellement être injecté à la femme enceinte.

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