L'ovocyte, également appelé cellule mère des ovules, est une cellule reproductrice féminine essentielle à la reproduction. Cet article explore en détail la définition de l'ovocyte, son rôle crucial dans la fécondation, son développement, les troubles qui peuvent l'affecter, ainsi que les méthodes de détection de l'ovulation.
Qu'est-ce qu'un ovocyte ?
L'ovocyte est la cellule sexuelle femelle, ou gamète, produite par les femelles. Il est responsable de la reproduction chez les organismes sexués. L'ovocyte est une cellule haploïde, c'est-à-dire qu'il contient la moitié des chromosomes de la mère. Chez la femme, l'ovocyte n'est fécondable que durant 24 heures lors de sa descente dans la trompe après son expulsion de l'ovaire.
Ovocyte vs Ovule
Il est important de distinguer l'ovocyte de l'ovule. L'ovocyte désigne les cellules immatures présentes dans les ovaires dès le stade embryonnaire. Les ovocytes passent par plusieurs étapes de maturation jusqu'à atteindre, pour certains, le stade d'ovule. L'ovule est le résultat de la maturation d'un ovocyte dans l'ovaire. L'ovule désigne la cellule prête pour une fécondation.
Développement de l'ovocyte
La production d'ovocytes débute dès le stade embryonnaire, dans les ovaires. C'est ce qu'on appelle l'ovogenèse. Les gamètes se développent ensuite selon une phase de multiplication, de croissance et de maturation. Une petite fille naît avec environ 500 000 ovocytes répartis dans ses deux ovaires, qui vont en majorité disparaître. Seuls 450 ovocytes arriveront à maturité et seront expulsés.
Follicules ovariens
Dans l'ovaire, les ovocytes sont entourés par des follicules, sorte de petits sacs. Chaque mois, plusieurs follicules se préparent à expulser leur ovule, mais l'un d'eux prend le pas sur les autres, c'est le follicule dominant. Il augmente de volume et subit de nombreuses transformations : c'est la maturation. Puis, il libère son ovocyte. Ce phénomène se produit sous l'effet d'hormones sécrétées par l'hypophyse, une petite glande située à la base du cerveau.
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Hormones impliquées
Appelées gonadotrophines, ces hormones sont la FSH (hormone folliculo-stimulante) et la LH (hormone lutéinisante). La FSH va entraîner la maturation et l'augmentation de volume du follicule. Puis, une forte sécrétion de LH entraîne, elle, la rupture du follicule et la ponte de l'ovule.
L'ovulation : un processus clé
L'ovulation consiste en l'expulsion d'un ovule (ou ovocyte) par l'un des deux ovaires. Après son expulsion, l'ovule a une durée de vie de 12 à 24 heures. L'ovulation est un phénomène physiologique faisant partie de tout un mécanisme de préparation du corps féminin à une éventuelle grossesse : le cycle menstruel.
Cycle menstruel
Le cycle menstruel commence le premier jour des règles et prend fin au premier jour des règles suivantes. Il est orchestré par la sécrétion de différentes hormones. L'ovulation intervient en moyenne au 14ème jour du cycle si l'on considère qu'il dure théoriquement 28 jours. En réalité, la durée d'un cycle et donc la date d'ovulation est très variable d'une femme à l'autre. Il peut durer de 26 à 32 jours. L'ovulation a lieu de manière certaine 14 jours avant les règles.
Signes de l'ovulation
Quelques jours avant et pendant l'ovulation, les pertes vaginales sont plus fluides, plus brillantes et plus élastiques que d'habitude. En effet, peu avant l'ovulation, la glaire cervicale, mucus sécrété au niveau du col de l'utérus, devient plus fluide et lâche, sous l'effet des œstrogènes secrétés par les ovaires pendant la maturation du follicule contenant l'ovule. Le jour ou les heures précédant l'ovulation, les femmes peuvent ressentir des crampes au niveau du bas-ventre lorsque l'ovocyte est en cours d'expulsion par l'ovaire. C'est le syndrome ovulatoire, la douleur peut être intense mais brève. Autre changement corporel, la température s'élève au-dessus de 37° juste après l'ovulation.
Phases du cycle menstruel
Le cycle menstruel est constitué de deux phases, avant et après l'ovulation, pendant lesquelles s'opèrent des changements anatomiques et physiologiques au niveau des follicules ovariens contenant les ovules, de la muqueuse utérine et du mucus sécrété du col de l'utérus (glaire cervicale).
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Phase folliculaire
La phase folliculaire commence par l'élimination de la muqueuse utérine qui donne lieu aux règles, c'est-à-dire à l'écoulement par le vagin d'un mélange de sang, de cellules de la muqueuse utérine, de bactéries et de glaire cervicale. S'ensuit une phase de sélection et de maturation dans l'ovaire d'un follicule contenant un ovocyte pendant les 7 jours suivants. Ce phénomène est sous la dépendance de la FSH, hormone folliculo-stimulante, secrétée par l'hypophyse. Au départ, plusieurs follicules commencent leur croissance, mais seul l'un d'eux mène sa maturation à terme, c'est le follicule dominant. Pendant cette phase, les ovaires secrètent des œstrogènes. Ceci va avoir deux conséquences :
- La glaire cervicale, mucus sécrété par le col de l'utérus, devient plus fluide, translucide, aqueuse, alcaline quelques jours avant l'ovulation. Ce phénomène facilite le passage des spermatozoïdes dans l'utérus s'il y a rapport sexuel.
- À la fin de cette phase, se produit l'ovulation : le follicule se rompt à la surface de l'un des deux ovaires et libère un ovule dans la trompe de Fallope. Elle est déclenchée par la sécrétion abondante d'une autre hormone produite par l'hypophyse, la LH (hormone lutéinisante). Ce phénomène se produit 14 jours avant la date des prochaines règles. L'ovule sera capté par la trompe et pourra y être fécondé par un spermatozoïde, si le couple a eu un ou des rapports sexuels dans les 48 à 72 heures qui ont précédé. Tout ceci se passe du 1er au 14e jour en moyenne.
Phase lutéale
La partie du follicule restée attachée à l'ovaire après l'expulsion de son ovocyte, appelé corps jaune, produit de la progestérone qui s'associe aux œstrogènes pour maintenir la paroi de l'utérus épaisse et prête à accueillir l'ovule fécondé. Si une grossesse démarre, la cellule œuf qui est en train de se nicher dans l'utérus envoie des signaux hormonaux aux ovaires pour maintenir la sécrétion des hormones et un endomètre épaissi et gorgé de sang.
Fécondation
La fécondation, c’est la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule, fusionnant pour former une cellule-œuf. La fécondation marque le début de la grossesse.
Étapes de la fécondation
Préparation chez la femme : Les filles naissent avec un stock d'ovocytes. De la puberté à la ménopause, environ 600 ovocytes poursuivent leur maturation chaque mois dans les ovaires. Sur ces 600 ovocytes, il n’y en a qu’un qui deviendra ovule et pourra être fécondé par un spermatozoïde. Une fois par mois, un des deux ovaires libère un ovule (l’ovulation). L’ovulation a lieu en moyenne 14 jours après le début des dernières règles. L’ovule se déplace ensuite dans les trompes de Fallope en direction de la cavité utérine. Après l’ovulation, la fécondation peut avoir lieu pendant 24 heures. La glaire cervicale devient plus liquide et filante pour faciliter le passage des spermatozoïdes dans l’utérus.
Préparation chez l’homme : Dès la puberté, les testicules fabriquent environ 100 millions de spermatozoïdes par jour (spermatogenèse). La production de spermatozoïdes diminue progressivement avec l’âge. L’éjaculation libère environ 100 à 200 millions de spermatozoïdes en une seule fois dans le vagin. La durée de vie d’un spermatozoïde dans l’appareil génital féminin peut aller jusqu’à cinq jours.
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Capacitation : Au contact du col de l’utérus et de l’utérus, les spermatozoïdes se modifient (capacitation). Ces modifications concernent la mobilité (plus grande), ainsi que la structure de la tête, pour percer la paroi de l’ovule. Grâce à ces changements, les spermatozoïdes sont capables de féconder l’ovule.
Rencontre et fusion : Seule une centaine de spermatozoïdes arrivent au niveau des trompes de Fallope où se trouve l’ovule. Un seul spermatozoïde peut traverser la paroi de l’ovule pour le féconder. Le spermatozoïde qui entre dans l’ovule porte la moitié du patrimoine génétique du géniteur. L’ovule, lui, contient la moitié du patrimoine génétique de la mère. Les deux cellules fusionnent pour n’en former qu’une seule : la cellule-œuf, ou zygote.
De la fécondation à l'embryon
Le zygote se divise en plusieurs cellules : deux, puis quatre, puis huit… C’est le stade embryonnaire. Pendant qu’il se divise, le zygote se déplace jusqu’à l’utérus.
Nidation
Quelques jours après la fécondation, l’embryon atteint l’utérus. Il se fixe à sa paroi (l’endomètre). On parle alors de nidation. L’embryon reste ensuite dans l’utérus, où il poursuit son développement. S’il n’y a pas de fécondation, l’ovule est expulsé lors des règles suivantes.
Troubles de l'ovocyte et infertilité
Une absence d'ovulation (anovulation) ou un trouble de l'ovulation (dysovulation) sont les causes les plus fréquentes d'infertilité féminine.
Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)
Le syndrome des ovaires polykystiques touche entre 5 % et 10 % des femmes. En réalité, ce ne sont pas des kystes qui se développent sur les ovaires, mais des follicules contenant les ovules qui se développent au cours des cycles sans jamais arriver à maturité. Ils grossissent sans expulser leurs ovocytes et s'accumulent dans l'ovaire. Cette persistance perturbe la régulation hormonale. Le nom syndrome d’ovaires polykystiques regroupe en fait deux pathologies différentes. L’une n’affecte que les ovaires et ne provoque que des symptômes d’anovulation ou de dysovulation. La seconde s’inscrit dans un syndrome plus global avec un problème hormonal général. Les symptômes sont bien connus mais pas l’origine exacte de la maladie. Un dérèglement de la sécrétion des hormones sexuelles mâles, l’obésité ou la génétique constituent des pistes d’explication, mais rien n’a été précisément identifié.
Insuffisance ovarienne
L'insuffisance ovarienne se caractérise par des ovaires qui ne fonctionnent pas. Il n'y a pas d'ovulation ni de règles. L’insuffisance ovarienne secondaire ou précoce est en fait une ménopause précoce. Le nombre de follicules qui dégénèrent pendant un cycle sont plus nombreux que la normale, conduisant à un épuisement plus précoce des réserves d’ovocytes. Les cycles deviennent de plus en plus irréguliers avant l’âge de 40 ans jusqu’à la disparation complète de l’ovulation. Comme les follicules n’expulsent plus d’ovocytes, les œstrogènes et la progestérone ne sont plus produits. L’origine de l’insuffisance ovarienne n’est pas non plus connue de manière certaine. La prise en charge consiste d’une part à donner un traitement hormonal de substitution pour diminuer les symptômes de la ménopause.
Hyperprolactinémie
Pendant la grossesse, une hormone, la prolactine, est produite par l'hypophyse, une glande à la base du cerveau, pour participer au développement de la glande mammaire en vue de l'allaitement. La production anormale de cette hormone peut être due à certains médicaments comme les neuroleptiques ou la morphine. L'arrêt des médicaments permet alors un retour à la normale.
Détection de l'ovulation
Lors d’un cycle régulier de 28 jours, l’ovulation l’est en général aussi et intervient vers le 14e jour. Une période d’ovulation probable peut être déterminée en fonction de la date des dernières règles, mais cette méthode de calcul est peu fiable.
Courbe de température
Lorsqu’une femme prend sa température tous les jours du cycle le matin au réveil, avant de se lever, et qu’elle trace une courbe avec ses résultats, elle établit ce qu’on appelle une courbe de température. Celle-ci montre une élévation de 4/10ème de degrés juste après l’ovulation. La dernière température la plus basse correspond donc au jour de la ponte ovulatoire. Une seule courbe de température ne permet de prévoir la date de l’ovulation puisqu’on ne la connait qu’à posteriori.
Tests d'ovulation
Des tests d’ovulation vendus en pharmacie permettent de repérer soi-même l’ovulation. Dans les 24 à 36 heures avant l’ovulation, l’hypophyse sécrète une hormone, appelée LH (hormone lutéinisante) qui va permettre de déclencher la ponte. Le test a pour but de détecter le taux de cette hormone qui est présente dans les urines. L’idéal est de faire un test tous les jours précédant l’ovulation.
Autres examens
Lors de difficultés à concevoir, un problème au niveau de l’ovulation peut être suspecté. Le moyen le plus simple consiste à évaluer l’existence d’une ovulation par l’établissement d’une courbe de température. Un test post-coïtal peut aussi être envisagé. Il s’agit d’un test réalisé en laboratoire après un rapport sexuel entre le 11e et le 12e jour du cycle. Il consiste en un prélèvement de la glaire cervicale pour observer sa qualité et son interaction avec les spermatozoïdes. La glaire cervicale est un mucus sécrété par le col de l’utérus normalement plus fluide juste avant et au moment de l’ovulation pour faciliter le passage des spermatozoïdes dans l’utérus. Une échographie pelvienne (par voie vaginale) fait maintenant partie du bilan systématique. Des dosages hormonaux, sous forme de prise de sang à des moments précis du cycle, peuvent aussi être demandés par le médecin. Ils évaluent le taux des hormones comme par exemple la FSH, la LH, la progestérone et les œstrogènes.
Traitements pour rétablir l'ovulation
Les traitements ont pour but de rétablir une ovulation normale. Ils peuvent être médicamenteux ou chirurgicaux et agissent à différents niveaux.
Traitements médicamenteux
Le citrate de clomifène est en général le premier traitement prescrit. Ce médicament sous forme de comprimés stimule la sécrétion des hormones FSH et LH qui provoquent la maturation du follicule et l’expulsion de l’ovocyte. S’il n’y a pas de résultat au niveau de l’ovulation, l’injection directe de FSH et LH par piqûres en sous cutané est envisagée.
Traitements chirurgicaux
Le drilling ovarien consiste à percer une dizaine de petits trous de quelques millimètres à la surface de chaque ovaire grâce à un instrument délivrant un courant électrique. C’est une opération réalisée sous anesthésie générale par cœlioscopie, c’est-à-dire que le chirurgien va introduire une caméra et ses instruments par une petite incision au niveau du col de l’utérus.
Maturation in vitro (MIV)
L’induction de l’ovulation peut être très mal supportée ou dangereuse pour certaines patientes. Dans ce cas, la maturation in vitro (MIV) peut être indiquée. Les follicules ne sont pas stimulés pour activer leur maturation mais prélevés non matures pour terminer leur croissance in vitro. Sous anesthésie, une aiguille est introduite par le vagin jusqu’aux ovaires pour ponctionner une vingtaine de follicules non matures. L’opération indolore et ne provoquant pas de saignements est en général bien supportée. Les ovocytes contenus dans les follicules sont ensuite transférés dans une petite boîte qui contient exactement les éléments indispensables à leur maturation comme dans des conditions physiologiques : hormones, facteurs de croissance et sérum de la mère.
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