Le sommeil est un élément clé pour le bien-être du corps humain et l'hypopnée fait partie de ces troubles capables de transformer les nuits en cauchemar. L'apnée du sommeil, et notamment les apnées obstructives du sommeil (SAHOS), est une pathologie respiratoire fréquente, y compris chez l'enfant. Elle se caractérise par des arrêts respiratoires involontaires pendant le sommeil, souvent associés à des ronflements. Cet article a pour but d'explorer la définition de l'apnée du sommeil, son lien avec le voile du palais, ses causes, ses conséquences et les différentes options de traitement disponibles.
Définition de l'apnée du sommeil et de l'hypopnée
L’hypopnée fait partie des troubles qui entrent dans le cadre d’un syndrome d’apnée du sommeil. En effet, ce type de pathologie se caractérise par un nombre anormal d’apnées et d’hypopnées durant la nuit. La différence entre apnée et hypopnée réside dans le fait que l’apnée est une fermeture complète des voies aériennes supérieures, tandis que l’hypopnée est une diminution de l’amplitude respiratoire associée à une désaturation de l’oxygène. D’ailleurs, il existe l’index d’apnée hypopnée (IAH) qui offre une visibilité sur le nombre d’apnées et d’hypopnées intervenues par heure.
L'apnée obstructive du sommeil (SAHOS) est un phénomène que le malade ne peut pas contrôler même s’il se répète de nombreuses fois pendant son sommeil. Le blocage d’air suscite alors au niveau cérébral, un système d’alerte généré par une accélération du rythme cardiaque (tachycardie). Le patient peut alors ressentir une impression d’étouffement pouvant aller jusqu’au réveil complet. Plus fréquemment, les muscles se contractent en augmentant la résistance des voies aériennes, et la respiration devient alors de nouveau normale en attendant la venue du prochain blocage d’air.
Le rôle du voile du palais dans l'apnée du sommeil
Le voile du palais, ou palais mou, est une structure musculo-membraneuse située à l'arrière du palais osseux. Il joue un rôle essentiel dans la déglutition, la phonation et la respiration. Lors de la déglutition, il s'élève pour empêcher les aliments de remonter dans le nez. Lors de la phonation, il module le son de la voix. Pendant la respiration, il permet de séparer les voies aériennes supérieures des voies digestives.
L'incapacité du voile du palais à assurer l'étanchéité avec la paroi pharyngée postérieure, lors de la phonation et de la déglutition, peut contribuer à l'obstruction des voies aériennes supérieures pendant le sommeil. Un voile du palais hypotonique ou une hypertrophie de la luette peuvent ainsi favoriser les ronflements et les apnées obstructives.
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Causes et facteurs de risque de l'apnée du sommeil
Plusieurs facteurs peuvent contribuer au développement de l'apnée du sommeil, notamment :
- L'obésité: L’obésité figure aussi parmi les facteurs de risque d’apnées du sommeil.
- Anomalies anatomiques: Hypertrophie des amygdales ou des végétations adénoïdes, rétrognathie (mâchoire inférieure en retrait), macroglossie (langue trop grosse). Les végétations adénoïdes correspondent à un gonflement des petits organes lymphoïdes situés au fond des fosses nasales (les amygdales pharyngées).
- Facteurs génétiques: Prédisposition familiale à l'apnée du sommeil. Un homme (avec des chromosomes sexuels XY) atteint du syndrome Kabuki transmettra son unique chromosome X, porteur du gène KDM6A muté, à l'ensemble de ses enfants, filles (chromosomes XX) et garçons (chromosomes XY).
- Âge: L'apnée du sommeil est plus fréquente chez les adultes que chez les enfants.
- Sexe: Les hommes sont plus souvent touchés que les femmes.
- Consommation d'alcool ou de sédatifs: Ces substances peuvent relâcher les muscles de la gorge et aggraver l'obstruction des voies aériennes.
- Certaines conditions médicales: Syndrome de Down, paralysie cérébrale, maladies neuromusculaires. Les enfants atteints ont souvent des otites à répétition qui peuvent être à l'origine d'une surdité dite de conduction. Ils peuvent également être porteurs de malformations au niveau de l'oreille interne causant une surdité de perception.
Symptômes et conséquences de l'apnée du sommeil
Le ronflement est très souvent symptomatique d’apnées obstructives du sommeil en raison des turbulences et vibrations provoquées par l’obstacle. Fatigue matinale et somnolence diurne excessive, surtout si associées à ronflement nocturne, peuvent être considérés comme des expressions très fréquentes du SAHOS et nécessitent alors d’en pratiquer le dépistage. La baisse globale de la vigilance entraîne de nombreux accidents de voiture ou encore du travail, notamment à cause de la somnolence anormale en journée.
Outre ces symptômes, l'apnée du sommeil peut avoir des conséquences graves sur la santé, notamment :
- Problèmes cardiovasculaires: Hypertension artérielle, troubles du rythme cardiaque, insuffisance cardiaque, accident vasculaire cérébral (AVC). Une personne atteinte de SAHOS sévère avec un sommeil fortement perturbé et une fatigue conséquente et quotidienne peut dormir avec un PPC qu’elle doit garder durant toute la nuit pour réduire le risque de maladies cardio-vasculaires.
- Troubles métaboliques: Résistance à l'insuline, diabète de type 2, obésité.
- Troubles cognitifs: Difficultés de concentration, problèmes de mémoire, irritabilité, dépression.
- Retard de croissance chez l'enfant.
- Problèmes de comportement chez l'enfant: Hyperactivité, troubles de l'attention.
Diagnostic de l'apnée du sommeil
L’enregistrement du sommeil est le seul moyen diagnostique des pathologies respiratoires du sommeil. D’autres explorations complémentaires peuvent par la suite compléter et affiner le diagnostic en fonction de chaque situation afin d’en déterminer les causes et facteurs de risque pour une meilleure prise en charge.
Le diagnostic de l'apnée du sommeil repose sur un examen clinique et des testsPolygraphie ventilatoire ou polysomnographie. La polygraphie ventilatoire est un enregistrement simplifié du sommeil qui se fait à domicile. La polysomnographie est un enregistrement plus complet qui se fait en laboratoire du sommeil. Ces examens permettent de mesurer le nombre d'apnées et d'hypopnées par heure de sommeil (index d'apnée-hypopnée ou IAH), ainsi que d'autres paramètres tels que la fréquence cardiaque, l'activité cérébrale et le niveau d'oxygène dans le sang.
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Traitements de l'apnée du sommeil
Il existe plusieurs traitements pour réduire une hypopnée et participer au bien-être quotidien du patient. Le traitement de l'apnée du sommeil dépend de la gravité de la condition et des causes sous-jacentes.
Traitements médicaux
- Ventilation nocturne à pression positive continue (PPC): C'est le traitement le plus courant et le plus efficace pour l'apnée du sommeil. Il consiste à porter un masque pendant le sommeil qui délivre de l'air sous pression afin de maintenir les voies aériennes ouvertes.
- Orthèse d’avancement mandibulaire (OAM): Il existe aussi une orthèse d’avancement mandibulaire (OAM). C'est un appareil dentaire qui avance la mâchoire inférieure pendant le sommeil afin d'agrandir l'espace derrière la langue et de faciliter la respiration.
Chirurgie
- Chirurgie du voile du palais: Tous les types d’interventions chirurgicales sur le voile du palais (UVPP) qui étaient largement répandues dans le passé n’ont pas fait les preuves de leur efficacité au long terme en raison du fait qu’elles n’agissent que sur l’anatomie et non pas le fonctionnel à l’origine de la pathologie obstructive, et ne doivent plus être proposées. Les traitements anatomiques par Laser ou Radiofréquences en ambulatoire, s’ils trouvent leur place en première intention dans les cas de ronflements isolés, ne seront proposés au niveau du voile de palais qu’en traitement adjuvants ou en cas de succès incomplets en cas de voile hypotonique ou d’hypertrophie de luette pouvant contribuer à l’obstacle.
- Amygdalectomie et adénoïdectomie: Ablation des amygdales et des végétations adénoïdes, souvent pratiquée chez les enfants.
- Chirurgie maxillo-faciale: Dans les cas d'anomalies anatomiques sévères, une chirurgie maxillo-faciale peut être nécessaire pour corriger la position de la mâchoire.
Kinésithérapie
Le masseur-kinésithérapeute participe au traitement des personnes atteintes d’hypopnée. Cependant, seuls les professionnels formés en kinésithérapie oro-maxillo-faciale (OMF) et/ou en pathologie respiratoire (EFR) sont en mesure de prendre en charge ce type de troubles. Pour une prise en charge de l’hypopnée en kinésithérapie, plusieurs approches et exercices sont possibles. D’autant que les traitements médicaux courants possèdent des inconvénients tels que le bruit de la machine, l’inconfort du matériel, etc. Cela passe par une compression manuelle qui se déroule dans une position confortable et stable. La respiration permet la détente, mais elle peut aussi permettre un meilleur positionnement de la langue, une aération plus conséquente du pharynx, etc. Ce type d’approche gravite autour d’exercices faciaux comme la succion, les mouvements de mâchoires ou encore de renforcement respiratoire. La kinésithérapie respiratoire permet d’assurer une respiration de qualité dans le but de cultiver une bonne oxygénation du sang, mais aussi des gazes thoraciques. Autrement dit, le kiné participe à l’adoption d’une bonne amplitude thoracique chez le patient. La langue et le pharynx sont les organes et muscles responsables de l’hypopnée. L’exercice physique associé à la rééducation des voies aériennes respiratoires permet de réduire les conséquences problématiques et inconfortables de l’hypopnée. Il existe aussi des exercices pour le voile du palais qui consistent à prononcer des voyelles de manière continue et intermittente. Finalement, il s’agit de kinésithérapie linguale. Le kinésithérapeute peut également conseiller le patient sur ses positions de sommeil. La kinésithérapie accompagne la patiente à l’aide d’exercices respiratoires et une rééducation des voies respiratoires supérieures. La kinésithérapie est une approche non invasive et douce qui offre la possibilité d’obtenir des résultats au fil du temps. La kinésithérapie est un complément de traitement médical, toutefois elle contribue à la réalisation d’une meilleure qualité du sommeil et une perception agréable de la pathologie. La palpation, le suivi et l’observation, mais aussi la mise en place d’une certaine discipline grâce aux conseils de programmes font partie du traitement kinésithérapique de l’hypopnée. Cela permet au thérapeute d’être attentif aux changements chez leur patient. Finalement, cela permet de prévenir les complications potentielles et d’agir en amont afin de réduire les risques en lien avec cette pathologie.
Modifications du style de vie
- Perte de poids: La perte de poids peut réduire l'obstruction des voies aériennes supérieures.
- Éviter l'alcool et les sédatifs: Ces substances peuvent aggraver l'apnée du sommeil.
- Dormir sur le côté: Dormir sur le dos peut favoriser l'obstruction des voies aériennes.
- Arrêter de fumer: Le tabagisme peut irriter les voies aériennes et aggraver l'apnée du sommeil.
Le nerf vague et son rôle potentiel dans l'apnée du sommeil
Le nerf vague (X), également appelé nerf parasympathique ou nerf cardiaque, est le nerf dont le territoire est le plus étendu du corps humain. Il intervient dans de nombreuses fonctions de l’organisme. Le nerf vague (X), également appelé nerf pneumogastrique, nerf cardio-pneumo-entérique, nerf parasympathique ou nerf cardiaque, est le dixième nerf crânien. Le nerf pneumogastrique est le nerf crânien qui couvre la plus grande partie de l’organisme, du cerveau jusqu’à l’abdomen. Au nombre de deux, les nerfs vagues sont situés de chaque côté du corps (nerf vague droit et nerf vague gauche).
« Un dysfonctionnement du nerf vague peut donner lieu à de multiples troubles au niveau des organes qu’il innerve. le segment extracrânien qui descend jusqu’à l’abdomen. Le nerf vague passe par le cou (segment cervical), le thorax (segment thoracique), le diaphragme (segment diaphragmatique) et la cavité abdominale (vers le tube digestif). Le nerf vague a un rôle déterminant dans la digestion des aliments. un malaise vagal (ou syncope) : il correspond à une forme bénigne d’évanouissement avec perte de connaissance brève et brutale. Le malaise vasovagal, aussi appelé syncope vasovagale, est une perte de conscience transitoire due à une baisse soudaine de la tension artérielle, du rythme cardiaque et du flux sanguin cérébral. Sa cause principale est un état de stress intense. Il peut aussi être la conséquence d’un surmenage, de la sédentarité, d’une odeur très forte, de la chaleur ou encore d’une douleur intense. « Si ce malaise est le plus souvent bénin, il oblige à s’allonger sur le dos, les jambes en l’air. Parfois, il peut être recommandé de consommer une eau sucrée afin d’élever la glycémie et de se réhydrater. Une simple observation des symptômes (examen clinique) peut permettre de diagnostiquer une origine vagale.
Il existe plusieurs façons de traiter un dysfonctionnement du nerf vague. Comme l'explique Vianna Costil, gastro-entérologue à Paris : « La vagotomie peut constituer une intervention efficace en cas d'ulcère gastroduodénal. Néanmoins, la vagotomie se pratique de moins en moins en cas d'ulcère puisque la cause principalement retrouvée à la maladie est une infection à Helicobacter pylori. Les antibiotiques sont les traitements de première intention dans ce cas de figure. En outre, on observe une diminution du nombre d'ulcères tandis que les gastrites auraient plutôt tendance à augmenter. Des troubles de la parole et des modifications de la voix (ou dysphonie) peuvent être constatés suite à une lésion du nerf vague. La neurostimulation vagale (NSV) consiste en une stimulation électrique, fréquente et de faible intensité, du nerf vague. Pour cela, un fin filament est implanté autour du nerf vague dans le cou. Ce filament est relié à un générateur glissé sous la clavicule. Les manœuvres vagales sont classiquement utilisées dans certaines tachycardies (trouble du rythme cardiaque et plus précisément une accélération du pouls au repos au-delà de 90 ou 100 battements par minute). Le nerf vague bénéficie de tous les nutriments favorables à une bonne santé du système nerveux : vitamines B, magnésium et surtout les acides gras riches en oméga-3. Le nerf vague a pour rôle de ralentir le rythme du cœur afin de maintenir une fréquence cardiaque stable. Ainsi, le moyen le plus simple d’activer votre nerf vague pour mettre le frein neuronal sur un cœur qui bat est d’adopter une respiration lente. Pour cela, il vous suffit de prendre de longues inspirations suivies de longues expirations sur trois ou quatre temps.
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Bien que le lien direct entre le nerf vague et l'apnée du sommeil ne soit pas entièrement élucidé, il est possible que des dysfonctionnements de ce nerf puissent influencer le contrôle de la respiration pendant le sommeil et contribuer à l'apparition d'apnées. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre cette relation.
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