Loading...

Cancer et Maternité: Un Voyage Semé d'Embûches et d'Espoir

La maternité est souvent perçue comme une période de joie et d'épanouissement. Cependant, pour certaines femmes, ce chemin est semé d'embûches, notamment lorsque le cancer s'invite. Cette situation complexe soulève de nombreuses questions et défis, tant sur le plan médical que psychologique. Cet article explore les différentes facettes de la relation entre le cancer et la maternité, en s'appuyant sur des témoignages poignants et des avis d'experts.

Découvrir son cancer pendant la grossesse

La découverte d'un cancer pendant la grossesse est une épreuve bouleversante. Comme le souligne l'expérience de Marie, une jeune mère atteinte d'un cancer des os, l'annonce du diagnostic est un choc. "« CANCER » est quand même le pire mot qu’on puisse annoncer." Cette situation inattendue nécessite une prise en charge médicale spécifique et une réflexion approfondie sur les options possibles.

Un suivi médical important

Lorsqu'un cancer est diagnostiqué pendant la grossesse, un suivi médical renforcé est mis en place. Des équipes pluridisciplinaires, comprenant des médecins, des oncologues, des psychologues et des sages-femmes, se réunissent fréquemment pour évaluer les risques et les complications potentielles. L'objectif principal est de déterminer le traitement le plus adapté pour la mère, tout en préservant le développement du bébé in utero.

La patiente et son partenaire sont informés de tous les aspects de la situation et sont les seuls décisionnaires quant à la poursuite ou non de la grossesse. Certains couples peuvent choisir d'interrompre la grossesse, tandis que d'autres peuvent être fortement encouragés à le faire si l'état de santé de la femme nécessite une intervention urgente incompatible avec la grossesse.

Des traitements possibles pendant la grossesse

Contrairement à certaines idées reçues, il est possible de recevoir des traitements anticancéreux pendant la grossesse. Le type de traitement dépend du protocole médical indiqué et du stade d'évolution du cancer.

Lire aussi: Diagnostic du cancer colique droit

Les interventions chirurgicales sont généralement possibles dès le début de la grossesse, à condition qu'elles ne concernent pas l'abdomen ou l'utérus. La chimiothérapie peut également être prescrite, en tenant compte de la molécule utilisée et en respectant le délai des trois mois de grossesse. Idéalement, la dernière injection doit être administrée plusieurs semaines avant l'accouchement, car ce traitement peut entraîner une baisse de l'immunité, ce qui n'est pas souhaitable pour le nourrisson. La radiothérapie est généralement évitée pendant la grossesse en raison de la nocivité des rayons pour le développement du bébé. L'hormonothérapie est également proscrite, car elle peut avoir des effets néfastes sur le fœtus.

Il est important de souligner que chaque situation est unique et que les décisions sont prises au cas par cas par l'équipe médicale. Si la grossesse est déjà avancée au moment du diagnostic, il peut être proposé d'attendre l'accouchement avant de commencer le traitement. Dans certains cas, un accouchement prématuré à la 35e semaine de grossesse peut être envisagé pour permettre une prise en charge plus rapide de la mère.

Il est essentiel de rassurer les patientes : le cancer pendant la grossesse n'augmente pas le risque que leur bébé développe un cancer plus tard, sauf s'il s'agit d'un cancer héréditaire.

Allaitement et cancer

La possibilité d'allaiter après un cancer dépend du protocole de soins suivi. L'équipe médicale est la seule à pouvoir donner une réponse précise à cette question. Si la mère reçoit un traitement tel que la chimiothérapie pendant l'allaitement, il est fortement déconseillé de donner son lait au bébé, car il pourrait contenir des substances nocives.

Envisager une grossesse après la maladie

Après avoir surmonté un cancer, de nombreuses femmes souhaitent avoir un enfant. Cette étape nécessite une planification et un suivi médical spécifiques.

Lire aussi: Tout savoir sur le rubis

Consultation dédiée à la fertilité avant les traitements

Avant de commencer un traitement anticancéreux, il est essentiel de discuter des solutions de préservation de la fertilité avec l'équipe médicale. Les traitements peuvent avoir un impact négatif sur les fonctions reproductives, et il est important d'être informé des options disponibles, même si la patiente n'a pas de désir immédiat d'enfant.

Différentes solutions pour préserver la fertilité des femmes

Plusieurs méthodes peuvent être proposées aux femmes pour préserver leur fertilité, en fonction de leur situation :

  • Prélèvement et congélation d'ovocytes après stimulation : Cette méthode nécessite un protocole spécifique et ne peut être envisagée que si le traitement anticancéreux peut être retardé et si le cancer n'est pas hormonodépendant.
  • Prélèvement d'ovocytes non matures et maturation in vitro (MIV) : Cette option est utilisée lorsque le traitement anticancéreux doit être commencé rapidement et qu'il n'y a pas suffisamment de temps pour la stimulation ovarienne.
  • Congélation d'embryons : Cette méthode est possible si la patiente est en couple et que les deux partenaires sont d'accord.
  • Prélèvement et congélation du cortex ovarien : Ce tissu ovarien peut être greffé sur la patiente après la fin des traitements, puis stimulé artificiellement pour faire mûrir les ovocytes.

Grossesse après les traitements

Après avoir reçu une chimiothérapie ou une hormonothérapie, il est généralement recommandé d'attendre au moins six mois avant d'envisager une grossesse, afin de permettre au corps d'éliminer les résidus des traitements et de réduire le risque de malformations fœtales. Certains professionnels de la santé conseillent même d'attendre au moins deux ans, si possible, pour permettre au corps de se rétablir complètement.

Les études sont rassurantes quant au risque de récidive du cancer lié à la grossesse. Cependant, il existe un faible risque de retard de croissance intra-utérin et d'accouchement prématuré. Les patientes concernées bénéficient d'un suivi rapproché pendant la grossesse pour assurer une prise en charge optimale.

Malheureusement, certaines femmes ne pourront pas avoir d'enfant après un cancer, en raison de l'ablation de l'utérus ou de traitements longs incompatibles avec la grossesse. Il est important de reconnaître et d'accompagner ces femmes dans leur deuil de la maternité.

Lire aussi: Syndromes associés au cancer colique

Le témoignage de Julie: Une lueur d'espoir

Le témoignage de Julie, fondatrice de la marque Les Fanjynes et ancienne patiente atteinte d'un cancer du sein hormonodépendant, est une source d'inspiration et d'espoir. Lors de sa consultation d'annonce, elle a été informée des conséquences potentielles des traitements sur sa fertilité.

À l'âge de 27 ans, Julie a été confrontée à la possibilité de devoir faire le deuil de la maternité, alors qu'elle n'avait pas encore eu le temps de réfléchir à cette question. Elle a décidé de tout faire pour se laisser un potentiel choix futur et a eu recours à un prélèvement d'ovocytes et de cortex ovarien.

Tout au long de ses traitements, Julie a reçu une contraception en raison de son cancer hormonodépendant. Elle a également été suivie sur le plan psychologique pour l'aider à faire le deuil de la maternité.

Contre toute attente, Julie est tombée enceinte naturellement. Bien qu'elle ait d'abord eu peur, elle a finalement vécu une grossesse épanouissante, avec un suivi médical spécifique. Elle a cependant dû renoncer à l'allaitement en raison de sa mastectomie partielle.

Le témoignage de Julie montre qu'il est possible de surmonter les défis liés au cancer et à la maternité et de trouver l'espoir et la joie dans cette expérience.

Le soutien et l'accompagnement

Tout au long de leur parcours, les femmes atteintes d'un cancer et confrontées à la maternité ont besoin de soutien et d'accompagnement. Les associations de patients, les groupes de parole et les professionnels de la santé peuvent leur apporter une aide précieuse pour faire face aux défis médicaux, psychologiques et sociaux.

L'histoire de Marie Llorente, une mère célibataire atteinte d'un cancer des os, illustre l'importance du soutien familial et amical dans cette épreuve. "Heureusement, mes amis et ma famille prenaient aussi le temps de venir me voir et me soutenir, alors que je me sentais « au bout de ma vie »." Le soutien moral et financier de la communauté "2 ailes Compostelle" a également permis à Marie de ne jamais flancher lors de son pèlerinage avec son fils. "Je me suis vraiment sentie portée par toutes ces belles pensées, gentils mots ou « like » reçus quotidiennement."

tags: #cancer #et #maternité #logo #simple

Articles populaires:

Share: