L'élevage de canaris est une passion enrichissante, mais qui peut parfois être source de frustration. Nombreux sont les éleveurs qui rencontrent des difficultés, notamment en ce qui concerne la fécondation des œufs et la réussite de la ponte. Cet article se propose de vous guider à travers les étapes clés pour optimiser ces processus et ainsi maximiser vos chances de succès.
Préparation à l'Accouplement
L'importance de la lumière et de la température
L'éclairage joue un rôle crucial dans le cycle de reproduction des canaris. Que ce soit la lumière naturelle ou artificielle, une durée de jour de 13 à 14 heures est idéale pour favoriser les accouplements. En lumière naturelle, cela correspond généralement à la troisième décade de mars. Les anciens conseillaient d'accoupler les canaris autour du 19 mars, jour de la Saint-Joseph.
Cependant, il est souvent nécessaire de recourir à l'éclairage artificiel, surtout si vous souhaitez démarrer l'élevage plus tôt. Les LEDs, ou lumière froide, sont une option intéressante.
Il est également important de veiller à ce qu'il y ait une température correcte dans le local, idéalement entre 13 et 15°C.
La rencontre du couple
La femelle est maintenant dans sa cage, dans son nouvel environnement. On lui a mis la nichette et le nid. Quelques jours après, la femelle manifeste son désir de faire le nid en triturant dans son bec tous les matériaux qu'elle trouvera à sa disposition. Le nid peut être confectionné en très peu de temps et la ponte y être déposée rapidement, parfois dans les 24 à 48 heures. Mais il arrive aussi que la ponte n'intervienne pas dans les jours immédiats : pas d'inquiétude pour autant, même si l'on est pressé de voir son premier œuf.
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Il arrive aussi qu'une femelle ne fasse pas de nid et ponde directement dans la coupelle en plastique. Si on laisse les choses ainsi, il y a de grandes chances pour que la couvaison n'aboutisse pas, les œufs étant mal retournés ou même cassés. Il est donc conseillé d'équiper les coupelles de fonds de nid en feutrine. Un ami, éleveur de canaris de posture, y met des résidus de tonte de sa pelouse, ce qui a pour avantage de conserver une certaine humidité.
Il arrive aussi que la femelle refuse la nichette et ponde dans une auge à nourriture. Il faudra peut-être, si ce comportement perdure, lui mettre un nid intérieur, moins pratique pour la surveillance mais parfois plus sécurisant pour des femelles craintives. Le nid intérieur est également utile voire indispensable quand la disposition des batteries face à face ne laisse qu'un étroit couloir à l'éleveur, et que des nichettes disposées de part et d'autre, réduiraient encore plus le couloir, mettant en péril l'accrochage des nichettes heurtées par l'éleveur lors de ses interventions.
Alimentation adaptée
La deuxième règle concerne la nourriture. Il est important d'utiliser un mélange de graines de qualité, spécialement conçu pour les canaris d'élevage. Un exemple de composition pourrait être : 70% d'alpiste, 10% de gruau d'avoine, 15% de niger et 5% de lin et 5% de graines sauvages ou de santé. Pendant la période de reproduction, on peut augmenter le gruau d'avoine à 10% et ramener le niger à 10%.
Une pâtée d'élevage aux œufs est nécessaire au moment de la reproduction.
L'alimentation joue une grande importance. Si les oisillons poussent bien, on peut considérer que sa composition est bonne. Il faut éviter une pâtée trop collante. Une femelle qui nourrit toujours convenablement ses jeunes est un atout. De nombreux déboires vont impacter négativement toute la nichée. Les jeunes doivent pouvoir quitter le berceau natal, tout en continuant d'être nourris par leurs parents avec un mélange de graines.
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La Ponte et ses Enjeux
Le déroulement de la ponte
La femelle va pondre entre 6h et 8h, voire 8h30 le matin selon l'éclairage. Il est déconseillé de la déranger. Une sortie précipitée du nid peut la conduire à lâcher son œuf qui se briserait, et de plus c'est un moment où elle doit être le plus au calme possible. Il est donc préférable de programmer toute visite après 8h30.
La première chose à faire est de vérifier si tout s'est bien passé, si une femelle n'est pas prostrée dans un coin, au fond de la cage exprimant une souffrance, cela indiquerait un problème de ponte : il faudra agir rapidement.
On ramasse les œufs que l'on place dans le tiroir à œufs, tiroir attribué à la cage. Il faut être très rigoureux et bien noter sur la fiche tous les événements, et notamment les pontes car il est facile de se tromper de tiroir ou autre erreur possible. Attention aux gestes brusques qui sont souvent à l'origine des omelettes!
Il peut arriver de fêler un œuf. Quand on dit fêler, cela veut dire qu'il n'y a pas effraction et qu'il est seulement "cabossé", il n'y a pas d'écoulement de liquide : pas de souci, on peut le "réparer" en utilisant un vernis à ongles, de préférence de couleur, pour bien voir où on le dépose.
Le nombre d'œufs et la durée de couvaison
La femelle va pondre en moyenne 4 œufs, parfois plus, mais aussi moins, qu'elle va couver durant 13,5 jours - 14 jours mais il ne faut pas s'inquiéter si cela dure plus longtemps.
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L'importance de la manipulation des œufs
Pour obtenir une éclosion simultanée des œufs, la plupart des éleveurs enlèvent l’œuf nouvellement pondu et remettent tous les œufs après 4 jours. La femelle a pondu ses œufs, en général quatre ou cinq, que nous avons pris la précaution de retirer chaque jour, pour les remettre à couver le 4 ème ou 5 ème jour, afin que les éclosions se fassent toutes le même jour et que nous n'ayons pas d'éclosions échelonnées sur 4 ou 5 jours, ce qui condamnerait à coup sûr les derniers nés trop faibles par rapport aux premiers nés.
Vérification de la Fécondation : Le Mirage des Œufs
Après 5 ou 6 jours de couvaison, il est important de vérifier que les œufs sont bien fécondés. C'est ce qu'on appelle le mirage des œufs.
Technique du mirage
La lumière de la lampe posée contre l’œuf : ATTENTION à la casse : déconseillé aux presbytes ! Elle permet de constater qu'elle ne traverse pas l’œuf. Celui-ci a une couleur plombée, laquelle pour un œil expert, permet à elle seule de différencier un œuf clair d'un œuf fécondé. Ces œufs sont bien fécondés, on notera sur la fiche la date du mirage ainsi que la date prévue des éclosions qui auront lieu entre 13,5 jours et 14 jours après le début de la couvaison. La lumière ne passe pas à travers les œufs fécondés.
Technique alternative : l'immersion dans l'eau tiède
On peut également, en cas de doute, vérifier la bonne fécondation des œufs en les immergeant dans l'eau tiède : les œufs fécondés vont osciller délicatement à la surface de l'eau, les œufs non fécondés resteront immobiles. Cette technique requiert de l’expérience.
Gestion des Problèmes Courants
L'œuf cassé
C'est un avatar fréquent lorsque l'on manipule les œufs que de briser complètement la coquille ou tout juste l’ébrécher. Tant que la poche reste étanche, c'est-à-dire que le blanc de l’œuf ne coule pas hors de la coquille, et si l’éleveur tient à sa nichée parce que les parents sont de très beaux oiseaux avec des pointages élevés, il est possible de réparer la coquille endommagée à l'aide de vernis à ongle que l'éleveur ira emprunter à son épouse. La technique est simple, il s'agit de recouvrir DÉLICATEMENT le TRAIT de la fissure avec un léger filet de vernis : la coquille étant très fragile d'autant qu'elle a déjà souffert, il convient d'agir avec la plus grande douceur.
Les œufs clairs
Parfois le temps du début de saison n’est pas favorable et cause des déceptions aux éleveurs avec leur première couvée. Par temps froid surtout on rencontre beaucoup d’œufs clairs dans les nids. Dans ces conditions en effet le mâle produit trop peu de spermatozoïdes ou des spermatozoïdes anormaux. L’une et l’autre tare du mâle peut être à la base de la non fécondation.
Puisque l’œuf est fécondé dans le jaune, la fécondation devient impossible quand le blanc de l’œuf a commencé à se former autour du jaune. La femelle ne pourra pas pondre de bons œufs si on lui adjoint le mâle au moment où la formation de l’œuf a atteint un stade avancé. Ceci arrive quand la femelle a trop tôt l’envie de couver et quand les œufs ont déjà quitté le conduit avant le contact avec le mâle.
Ceci arrive quand la femelle a accumulé trop de matières grasses pendant la saison d’hiver. Il existe un moyen de remédier à cet obstacle qui, chaque année, se produit dans mon propre élevage. Dans ce cas, voici comment je fais : Je laisse couver les femelles pendant une huitaine de jours, puis j’enlève les œufs et je lui donne les jeunes d’un autre nid. Une femelle qui couve depuis huit jours accepte généralement ces jeunes et en les nourrissant, elle perd toute la graisse superflue. Si on lui donne une autre femelle il est très possible que les œufs ne soient pas fécondés. Aux amateurs qui appliquent cette te méthode, je conseille d’être particulièrement sur leurs gardes, de suivre attentivement les accouplements et de tenir compte du fait qu’un seul rapport sexuel suffit pour féconder toute la ponte. Voilà les causes principales de la production des œufs non ou mal fécondés.
La mort de l'embryon
Pour cela, chaque œuf ne donne pas encore de jeune. Il arrive, en effet, que le germe meure au cours de son développement. Ceci peut de nouveau provenir de diverses causes. L’une d’entre elles est à trop grande sécheresse, c’est-à-dire le manque presque total d’humidité de l’air. Par temps sec, il est à conseiller de placer un bassin d’eau dans la chambre d’élevage, l’évaporation de cette eau rendra l’air plus humide. On peut aussi asperger les œufs d’eau tiède.
Les jeunes meurent dans la coquille lors d’un trop long refroidissement des œufs. Ceci se produit quand la couveuse effrayée par un orage ou une action trop brutale quitte son nid. Le refroidissement des œufs est beaucoup plus dangereux au début de l’incubation qu’à la fin. Il faut donc veiller à ce que les cages et les accessoires soient toujours bien propres et peints à une couleur insecticide.
Pour favoriser le développement normal des embryons, il est indispensable que l’air de la chambre soit riche en oxygène. Ils n’ont pas la force nécessaire et ne parviennent pas à briser la coquille. Parfois la couveuse les aide mais ce n’est pas toujours le cas. Nous pouvons les aider en tenant pendant quelques secondes l’œuf dans de l’eau tiède pour ramollir la coquille. Il y a des amateurs qui du bout de l’ongle enlèvent prudemment des morceaux de la coquille pour faciliter le travail des jeunes. J’ai déjà usé des deux procédés et dans certains cas, ils sont efficaces.
Les Éclosions et la Croissance des Jeunes
Le déroulement des éclosions
Les éclosions surviennent après 13,5 jours, voire 14 ou 15, et même 16 jours, selon la couvaison dépendant de la couveuse. On peut s'en apercevoir en constatant les coquilles d’œufs au fond de la cage mais ce n'est pas toujours le cas, les parents mangeant souvent les coquilles immédiatement après les éclosions, réflexe naturel, servant à ne pas alerter d'éventuels prédateurs. Il est inutile de déranger la femelle à chaque instant, ce qu'elle n'apprécie pas, au risque de lui faire abandonner sa nichée et ses oisillons qui en se refroidissant vite vont mourir. Il faut profiter du moment où la femelle quitte le nid pour l'inspecter.
La croissance des jeunes
Si tout se passe bien, les jeunes vont croître, pousser dans le jargon d'éleveur, rapidement. Une bonne nichée est celle qui pousse harmonieusement et surtout de manière homogène, tous les oisillons doivent avoir la même taille, signe que tous sont également nourris.
Un bon baromètre de croissance est le baguage des jeunes : il intervient généralement et quand les oisillons poussent bien, entre le 5 ème et le 8 ème jour. Un baguage à 5 jours démontre une bonne croissance et un baguage à 8 jours indique une croissance plus lente : problème de la femelle qui nourrit mal ? problème des jeunes qui sont minés par une maladie type colibacillose ou maladie génétique? il y a lieu de s'interroger et de surveiller particulièrement la nichée et les parents.
La femelle qui nourrit mal ? peut être que vu que le mâle lui apporte sa nourriture, elle ne quitte pas le nid et continue à couver ses petits : l'astuce qui marche parfois consiste à lui donner un morceau de pomme, ce qui va l'obliger à se lever pour évacuer son intestin, stimulé par la pomme. On peut aussi mettre la grille de séparation et ainsi isoler le mâle, la femelle sera obligée de se lever et ainsi nourrira ses petits.
Attention cependant, il arrive que des bagues passées le 5 ème jour ne tiennent pas, il faut alors attendre le 6 ème jour pour re-tenter le geste. Il n'est pas rare qu'une bague qui glissait la veille ait des difficultés à passer le lendemain.
Il est conseillé de procéder aux baguages des jeunes le soir, peu avant l'extinction des lumières ou au coucher du soleil, car les femelles qui nettoient constamment le nid des fientes de ses oisillons, risquent d'éjecter un jeune hors du nid croyant éjecter une fiente ou si la bague ne tient pas, d'ôter la bague. Il y a des femelles qui ne supportent pas un corps étranger dans le nid parmi ses petits et, constamment cherche à evacuer le dit objet, en l'occurrence la bague passée récemment : elle risque de blesser les jeunes à coups de bec ou même de les éjecter du nid avec la bague.
Du sevrage à l'autonomie
Dès la sortie du nid, les oisillons restent soit sur le fond de la cage soit arrivent à se percher, ils sont nourris par le mâle. Les oisillons naissent nus et aveugles. Ils doivent être nourris à la becquée par la mère ou le père. Pour grandir, ils ont besoin d’une alimentation humide riche en protéines sous forme de pâtée. Ils sortiront du nid au 18ème jour mais ne seront autonomes qu’à partir de 25-30 jours, lorsqu’ils pourront se nourrir seuls. C’est ce qu’on appelle le sevrage.
Comment baguer les jeunes canaris ?
D'abord pour les éleveurs qui fument ou ceux qui font de la mécanique ou qui viennent de passer la tondeuse en ayant procédé préalablement au plein du réservoir d'essence, il est impératif de se laver les mains avant toute manipulation d'un oisillon: en effet les fortes odeurs risquent de déranger la femelle qui peut abandonner ses petits fraîchement bagués qu'on retrouve morts de froid au fond du nid le lendemain matin.
La deuxième précaution c'est de se mettre le plus éloigné possible de la femelle. En général, la femelle qui connait l'éleveur ne s'inquiétera pas outre mesure mais parfois il y a des femelles craintives que l'on a repérées à leur regard inquiet dès que l'on s'approche du nid.
On prend le nid et on le dépose sur un support stable : chez moi un morceau de PVC diamètre de 100 de longueur 5 à 6 cm. On prend un plateau où l'on dépose le tout y compris le petit flacon d'huile et les bagues. En cas de fausse manœuvre, la bague peut échapper et tomber, et on n'a pas le temps de se mettre à chercher un petit anneau de 3 mm, elle tombera ainsi dans le plateau.
On prend l'oisillon à baguer le dos dans la paume de la main, la tête orientée à l'opposé du pouce. Les doigts d'une patte pris entre le pouce et l'index. On passe la bague sur les 3 doigts antérieurs puis on la fait glisser en rabattant le 4éme doigt vers l'arrière et sur la patte pour passer l'articulation où elle force légèrement, cela garantira un baguage correct et définitif.
Logiciel d'élevage
Il faut vivre avec son temps et profiter des nombreuses possibilités d'un logiciel d'élevage, qui pourra donner, par exemple, les compatibilités et incompatibilités entre oiseaux à accoupler ainsi que la généalogie de chaque oiseau. Cela reste très intéressant pour qui sait se servir à 100% du logiciel.
Un jeune unique âgé de 5 jours mais qui est correctement nourri par la femelle qui élève seule, il sera bagué dans les prochaines 48 h. Souvent les jeunes uniques poussent moins vite, cela est dû au fait que la femelle est moins sollicitée et se lève moins souvent pour les nourrir.
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