L'interruption volontaire de grossesse (IVG) est une procédure médicale encadrée par la loi Veil depuis 1975, permettant de mettre fin à une grossesse non désirée. En France, le délai légal pour avorter est fixé à 14 semaines de grossesse. L'IVG peut être réalisée de deux manières : par voie médicamenteuse, jusqu'à la 7e semaine de grossesse, ou par intervention chirurgicale, jusqu'à la 14e semaine de grossesse. Cet article se concentre sur le suivi du taux de l'hormone bêta-HCG après une IVG médicamenteuse, un élément crucial pour s'assurer de son efficacité.
L'IVG médicamenteuse : comment ça marche ?
L’IVG médicamenteuse est une méthode d’avortement qui peut se pratiquer jusqu’à la fin de la 7ème semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Elle consiste à provoquer une fausse couche en prenant deux médicaments différents : la mifépristone (MYFEGINE) qui interrompt le développement de la grossesse et le misoprostol (GYMISO) qui provoque l’expulsion de la grossesse. Cette méthode peut être réalisée au cabinet de votre médecin-traitant, de votre gynécologue ou de votre sage-femme, ou dans un centre de planification ayant signé une convention avec un établissement de santé.
La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires en raison d'un risque de douleurs abdomino-pelviennes plus fréquentes. Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament. Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Dans 5% des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone.
Les saignements qui s’ensuivent, plus ou moins importants peuvent durer de 10 à 20 jours. Ils sont comparables ou plus abondants que les règles, plus épais avec des caillots (qui proviennent de la muqueuse utérine). Leur abondance dépend du stade de la grossesse et sont souvent plus abondants après 7 SA (semaines d’aménorrhées) c’est-à-dire 5 semaines de grossesse. On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements.
S’il n’y a pas de saignement à 24h, il faut contacter le ou la médecin ou sage-femme pour avoir une appréciation de la situation. Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre.
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Pourquoi doser l'hormone Bêta-HCG après une IVG ?
Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d’hormones de grossesse (Bêta HCG). Le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné. La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG.
L'hormone Gonadotrophine Chorionique Humaine (hCG) est une glycoprotéine complexe produite initialement par l’embryon lui-même, puis par le placenta en développement. Sa particularité réside dans sa structure composée de deux sous-unités : la sous-unité alpha, commune à d’autres hormones comme la TSH ou la LH, et la sous-unité bêta qui est spécifique à l’hCG et qui lui confère son caractère unique. D’un point de vue physiologique, l’hCG joue un rôle fondamental dès les tout premiers jours de la grossesse. Sa fonction principale est de maintenir le corps jaune ovarien, qui continue ainsi à sécréter de la progestérone, hormone essentielle au maintien de la grossesse.
Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné.
Si vous n'avez toujours pas vos règles 5 semaines après l'IVG, il est important de réaliser cette prise de sang pour doser les hormones Bêta Hcg. Il est conseillé de faire cette prise de sang entre 4 semaines et 6 semaines après l'IVG surtout si vous n'avez toujours pas vos règles. L'autre option est que vous ayez commencé une contraception en continu immédiatement à la suite de votre IVG. A ce moment là, il peut être normal que vous n'ayez pas vos règles et ce pendant des mois après l'IVG.
Interprétation des résultats du taux de Bêta-HCG
Après une IVG médicamenteuse, il est essentiel de suivre l'évolution du taux de bêta-HCG pour confirmer le succès de l'intervention. Voici comment interpréter les résultats :
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- Taux inférieur à 2000 mUI/ml deux semaines après l'IVG : L'avortement a fonctionné.
- Taux supérieur au taux initial : La grossesse est évolutive et l'IVG médicamenteuse n'a pas fonctionné.
Il est important de noter que le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné. La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG.
Une augmentation inférieure à 66% en 48 heures est généralement considérée comme anormale et peut suggérer une grossesse non évolutive, une grossesse extra-utérine, ou une fausse couche en cours. Cependant, l’interprétation doit toujours être faite par un médecin en tenant compte de l’ensemble du contexte clinique et des autres examens.
Quand faire le test de Bêta-HCG après une IVG ?
Il est conseillé de faire cette prise de sang entre 4 semaines et 6 semaines après l'IVG surtout si vous n'avez toujours pas vos règles. Si vous n'avez toujours pas vos règles 5 semaines après l'IVG, il est important de réaliser cette prise de sang pour doser les hormones Bêta Hcg.
Suite à un avortement, on ne sait jamais vraiment quand les règles vont refaire leur apparition. Après une interruption volontaire de grossesse (IVG), il est très fréquent que le cycle menstruel soit perturbé et notamment les règles. Les règles reviennent généralement 4 à 6 semaines après l’IVG, selon la méthode contraceptive mise en place.
Que faire en cas de complications ou d'échec de l'IVG ?
Des complications peuvent parfois survenir jusqu’à un mois après l’IVG si la consultation de contrôle n’a pas été réalisée dans de bonnes conditions ou pas faite du tout. Il peut arriver dans certains cas, que des complications surviennent parfois jusqu’à 1 mois après l’IVG. Ces complications peuvent se présenter sous formes de symptômes d’infection (fièvre à 38°qui dure plus de 24h après la prise de misoprostol), des douleurs différentes de celles des règles, des pertes inhabituelles en couleur et odeur. Il peut survenir également des effets indésirables (douleurs, fièvre, vomissements, diarrhées, maux de tête, vertiges, malaises, frissons et bouffées de chaleur) insoutenables et/ou qui persistent plus de 24h. Dans ce cas, la femme doit se rendre aux urgences avec la fiche de liaison IVG que la personne professionnelle de santé lui a donné.
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Si aucun saignement ne se déclenche après 24h, il faut reconsulter sans attendre. Si après une première prise de sang, le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial, cela signifie que la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné.
Dans ces situations, il est crucial de contacter immédiatement son médecin ou le centre de santé où l'IVG a été pratiquée. Une autre intervention, comme une aspiration, peut être nécessaire pour compléter l'IVG.
Impact de l'IVG sur la fertilité et la santé psychologique
On entend souvent qu’un avortement aurait un impact sur la fertilité et pourrait même rendre stérile, c’est totalement faux. Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues.
Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.
Symptômes et effets secondaires possibles après une IVG
Après un avortement, il faut s’attendre à des saignements vaginaux pendant en moyenne 2 à 6 semaines. Les saignements pouvant être particulièrement abondants n’hésitez pas à choisir des protections très absorbantes.
Pratiquer une IVG par médicaments peut entraîner des douleurs plus ou moins fortes et qui sont très variables selon les femmes. Ces douleurs sont liées aux contractions que fait l’utérus pour expulser l’œuf. Le rapport à la douleur est variable selon les femmes et pour une même femme selon les situations. Des anti-douleurs (antalgiques de la famille des anti inflammatoires non stéroïdiens couplet avec des anti-douleurs de niveau 2 disponible eux sur ordonnance) sont prescrits systématiquement par le ou la médecin ou sage-femme qui suit l’IVG et la prise de ces cachets est recommandée en prévention de la douleur 30 mn avant la prise de misoprostol.
Différents symptômes peuvent survenir après une interruption volontaire de grossesse (IVG) médicamenteuse ou chirurgicale. Des saignements et des douleurs, dues à l’expulsion du fœtus, peuvent survenir après un avortement médicamenteux. Dans la majorité des cas, des antalgiques sont prescrits pour soulager les douleurs liées à l’avortement médicamenteux. Quant aux saignements, ils peuvent durer environ dix à quinze jours.
Concernant les effets secondaires d’une IVG chirurgicale, des saignements peu abondants peuvent être présents pendant une dizaine de jours. Ces pertes sanguines peuvent être accompagnées de contractions utérines, qui peuvent induire des douleurs spontanées, mais pas permanentes.
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