Introduction
Le cadre colique, élément essentiel du tube digestif, est le siège de nombreuses pathologies. Cet article explore l'anatomie du côlon, les méthodes d'imagerie utilisées pour son exploration, et les pathologies courantes qui l'affectent. L'imagerie médicale joue un rôle crucial dans le diagnostic précis de ces affections, permettant une prise en charge thérapeutique adaptée.
Anatomie du Cadre Colique
Le côlon est situé dans l’abdomen, entre l’intestin grêle et le rectum. Il est divisé en plusieurs segments :
- Côlon droit (ascendant) : Situé du côté droit de l’abdomen.
- Côlon transverse : Traverse la partie supérieure de l’abdomen.
- Côlon gauche (descendant) : Longe le côté gauche de l’abdomen.
- Côlon sigmoïde : La dernière portion du côlon avant le rectum.
Au fur et à mesure que les selles progressent dans le côlon, elles deviennent de plus en plus solides, car le côlon absorbe l’eau associée aux résidus jusqu’à obtenir des selles semi-solides.
Le rectum constitue la dernière partie du tube digestif. De forme cylindrique, il mesure entre 15 et 18 cm de long. Sa surface interne présente des replis horizontaux (valves de Houston) et verticaux (colonnes rectales de Morgagni). Seule la partie intra-péritonéale du rectum est recouverte de séreuse. Lorsque le rectum est plein, le besoin d’aller à la selle se fait sentir, un phénomène réflexe.
Exploration du Cadre Colique par Imagerie
Techniques Radiologiques Historiques
Autrefois, l’abdomen sans préparation (ASP), une radiographie simple de l’abdomen, était largement utilisé, parfois associé aux opacifications digestives. L’opacification améliorait l’analyse du contenu des organes creux en étudiant le liseré muqueux, le volume, la forme des organes et la régularité de leurs parois. Le transit du grêle consistait à faire absorber des quantités plus grandes de produit de contraste et à observer sa progression dans l’ensemble de l’intestin grêle par des radiographies régulières. Le lavement opaque permettait d'opacifier la lumière de l’ensemble du cadre colique grâce à l’introduction par une canule rectale d’un produit de contraste liquide à base de sulfate de baryum.
Lire aussi: Pathologies du Cadre Colique
Ces techniques ne permettaient cependant pas d’explorer efficacement les organes pleins et ont été largement remplacées par l’imagerie en coupes. L’ASP a été remplacé par l’échographie et la TDM abdominales, le lavement radio-opaque par la coloscopie optique et le coloscanner, et le transit du grêle par l’entéroscanner et l’entéro-IRM.
Tomodensitométrie (TDM)
La TDM utilise les rayons X. La séméiologie tomodensitométrique est fondée sur les quatre densités fondamentales : aérique, hydrique, graisseuse et calcique. La région abdominale est divisée en deux par le plan du mésocôlon transverse : l’étage sus-mésocolique (glandes annexes du tube digestif et rate) et l’étage sous-mésocolique (intestin grêle et côlon).
L’injection intraveineuse de produit de contraste iodé sert à rehausser le parenchyme des organes pleins, les vaisseaux et la paroi des anses digestives, apportant des informations sur la vascularisation des tissus étudiés. La TDM injectée donne des informations sur l’anatomie, la composition des organes et la richesse de leur vascularisation. Des produits de contraste spécifiques peuvent être introduits dans la lumière digestive par ingestion ou par lavement. Contrairement aux techniques historiques, les produits de contraste digestifs utilisés en TDM peuvent être des liquides radiotransparents tels que de l’eau ou le CO2.
L’examen dure entre 5 et 10 minutes et ne nécessite pas d’être à jeun, sauf en cas d’entéroscanner. Le patient est placé en décubitus dorsal et passe au travers de l’anneau de la TDM.
Entéroscanner
L’entéroscanner consiste à positionner une petite sonde flexible par le nez jusque dans l’angle duodénojéjunal sous contrôle radioscopique. Une pompe injecte ensuite régulièrement environ 1 à 1,5 litre d’eau tiède pour bien remplir la lumière de la totalité des anses grêles. Le patient doit être à jeun. Des coupes TDM avant puis après injection intraveineuse de produit de contraste iodé permettent d’étudier la totalité de l’intestin grêle. Cet examen dure 10 à 20 minutes et a définitivement remplacé le transit du grêle. Il existe une variante sans mise en place d’une sonde d’entéroclyse, en faisant boire un mélange eau-macromolécule.
Lire aussi: Fonctionnement du Côlon Droit
Coloscanner
Le coloscanner a remplacé le lavement opaque (en dehors de la pédiatrie). Il consiste à introduire une canule dans le rectum et à insuffler du CO2 pour gonfler le côlon et distendre ses parois. Une préparation préalable est nécessaire (régime sans résidu et prise de laxatifs). Une fois la distension obtenue, des coupes TDM jointives sont effectuées sur l’ensemble du cadre colique. Les pixels situés à l’interface entre la lumière colique et la paroi sont extraits et empilés pour obtenir une reconstruction en 3D du liseré muqueux. Il est ensuite possible de naviguer de façon virtuelle à l’intérieur de la lumière du côlon.
Imagerie par Résonance Magnétique (IRM)
Les séquences utilisées en IRM abdominale sont le plus souvent des séquences pondérées T2 ou T1 avant et/ou après injection de chélates de gadolinium. Les séquences fortement pondérées en T2 sont utiles pour étudier les canaux biliaires et pancréatiques (cholangio-IRM). Pour reconnaître une image en pondération T2, il faut chercher une structure liquidienne et identifier si elle est en hypersignal par rapport à un muscle adjacent.
L’examen dure entre 15 et 45 minutes. Les patients n’ont pas besoin d’être à jeun, sauf en cas d’entéro-IRM ou de cholangio-IRM. Le patient est placé en décubitus dorsal. L’examen peut requérir une injection intraveineuse de chélates de gadolinium. Les examens d’IRM sont en général centrés sur une région anatomique.
Échographie
L’échographie de l’intestin grêle est réalisée à l’aide d’une sonde 7,5 Mhz haute résolution après examen général de l’abdomen par une sonde 3,5 Mhz. L’étude échographique de l’intestin grêle comprend l’analyse du jéjunum, de l’iléon et de la dernière anse iléale. L’utilisation de la technique de compression dosée permet d’éliminer la majeure partie des interpositions gazeuses et de réduire la distance entre la sonde et la structure digestive à explorer.
Pour l’appendicite, le diagnostic est fait lorsque la sonde réveille la douleur, la compressibilité appendiculaire est réduite ou absente et l’épaississement de la paroi supérieur à 3 mm. La graisse péri-appendiculaire peut également être hypoéchogène ou hétérogène, un stercolithe (échogène) est présent dans 13% des cas. Rioux, à partir d’une étude de 170 patients, indique une sensibilité diagnostique de l’échographie pour le diagnostic de l’appendicite de 93%, une spécificité de 94%, une valeur prédictive positive de 86% et une valeur prédictive négative de 98%.
Lire aussi: Offrez un cadre personnalisé
Pathologies du Cadre Colique
Cancer du Côlon
Un cancer peut se développer dans n’importe quelle portion du côlon, apparaissant le plus souvent au niveau de la muqueuse.
Diverticulite
Le diagnostic de diverticulite repose sur l’association de critères pariétaux et de critères péri-digestifs. Il peut s’agir d’un syndrome de masse localisé («bulky mass»): masse volumineuse souvent supérieure à 5 cm de diamètre, aux contours irréguliers et lobulés avec une lumière excentrée; ou d’un épaississement segmentaire avec un épaississement marqué généralement supérieur à 15 mm, atteignant un court segment colique, inférieur à 10 cm, à raccordement brutal. L’atteinte péri-digestive donne une hypertrophie échogène de la graisse péri-digestive: sclérolipomatose avec des trajets linéaires hypoéchogènes correspondant à des fistules lorsqu’ils sont mesurés à plus de 5 mm d’épaisseur.
Atteintes Inflammatoires et Ischémiques
Topographiquement, il existe une atteinte recto sigmoïdienne dans 95% des cas. Les segments affectés en priorité correspondent aux jonctions entre la distribution des territoires mésentériques supérieur et inférieur (angle colique gauche) et la zone anastomotique entre le territoire de l’AMI et le territoire hypogastrique (jonction recto-sigmoïdienne). Echographiquement, la longueur moyenne du segment affecté est de 19 cm, l’épaississement est modéré de 8 mm, l’atteinte est circonférencielle avec une perte complète de la différenciation.
La colite pseudo membraneuse due à clostridium difficile est une atteinte pan-colique avec de l’ascite dans 77% des cas, l’épaississement pariétal est le plus souvent marqué (6 à 28 mm) avec respect relatif de la musculeuse hypoéchogène.
Les iléocolites s’accompagnent d’un contexte clinique associant diarrhée, fièvre, douleurs abdominales et nausées. La localisation préférentielle est au niveau de l’iléon terminal. Il existe une atteinte de la dernière anse iléale pure dans 30% des cas et iléo-colique dans 50% des cas. Il s’agit de lésions vasculaires, avec d’abord des ischémies évoluant vers la fibrose. La paroi est épaissie et hypoéchogène. On visualise une paroi épaissie, hypoéchogène et dédifférenciée. Dans l’ischémie aiguë, une nécrose pariétale peut être observée. En échographie, il existe un épaississement pariétal, multinodulaire, hypoéchogène sous-muqueux.
Tumeurs de l'Intestin Grêle
Bien que moins fréquentes, les tumeurs de l'intestin grêle peuvent affecter indirectement le cadre colique par contiguïté ou métastase. Elles ne représentent que 6% des tumeurs du tube digestif. Les types principaux incluent :
- Lymphome : Représente 30% des tumeurs malignes.
- Tumeur carcinoïde : Représente 15% des tumeurs malignes du grêle et est localisée dans 90% des cas au niveau de l’iléon ou de l’appendice.
- Métastases : Le mélanome est une cause très fréquente de métastases jéjunales, à l’origine d’invaginations. Les autres cancers primitifs métastasant à l’intestin grêle sont les néoplasies pulmonaires, mammaires, utérines et digestives.
- Léiomyosarcome : Tumeur assez rare avec une croissance lente et de découverte tardive.
- Adénocarcinome : Rare, il s’agit d’une masse hypoéchogène infiltrant toutes les couches de la paroi de façon circonférencielle et sténosante.
Conclusion
L'anatomie et la pathologie du cadre colique sont vastes et complexes. Les techniques d'imagerie modernes offrent des outils précis pour explorer cet organe et diagnostiquer les diverses affections qui peuvent le toucher. De l'échographie au coloscanner, en passant par l'IRM et la TDM, chaque modalité d'imagerie a ses avantages et ses indications spécifiques, permettant une prise en charge optimale des patients.
tags: #cadre #colique #anatomie #et #pathologie #image