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Santé des Enfants Conçus par Insémination et Risques Associés

L'assistance médicale à la procréation (AMP), et plus particulièrement la fécondation in vitro (FIV), est devenue une solution de plus en plus courante pour les couples confrontés à des problèmes de fertilité. Depuis la première FIV en France dans les années 80, la question de l'impact de ces techniques sur la santé des enfants reste ouverte et suscite l'intérêt des chercheurs. Avec plus de 8 millions d'enfants nés par FIV dans le monde depuis les années 1970, il est essentiel de comprendre les implications potentielles de ces techniques sur leur santé à moyen et long terme. Cet article explore les risques et les préoccupations liés à la santé des enfants conçus par insémination et FIV, en s'appuyant sur les données scientifiques disponibles et les rapports d'experts.

Prévalence de l'AMP et des Techniques Utilisées

De plus en plus d’enfants naissent en France grâce à des techniques de Procréation Médicalement Assistée, ou Assistance Médicale à la Procréation (AMP). En France, les enfants conçus après AMP (FIV et insémination) représentent une part significative des naissances. Selon les chiffres de l’Agence de Biomédecine, en 2019, cela représentait 27 180 naissances, soit environ un enfant sur 28. Parmi les techniques proposées, la fécondation in vitro (FIV) est la plus utilisée, représentant 70 % des enfants conçus par AMP. L’ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes) représente une part importante des tentatives de fécondation in vitro.

Risques Généraux Associés à la FIV

Les grossesses obtenues après FIV sont bien documentées pour présenter certains risques. Les risques posés par les grossesses obtenues après FIV sont bien documentés : augmentation de la prématurité et du nombre de bébés de faible poids : l’hypotrophie, (ces risques sont à relier à l’infertilité elle-même), une plus grande fréquence de grossesses multiples (environ 25 % de grossesses gémellaires, 3 % de grossesses triples et plus). Ces risques sont souvent liés à l'infertilité sous-jacente des parents et à la probabilité accrue de naissances gémellaires.

Une étude du Karolinska Institutet a révélé un risque légèrement accru de décès au cours des toutes premières semaines de vie chez les enfants conçus par FIV, associé à l'incidence plus élevée de naissances prématurées. Au cours de la première semaine de vie, les enfants conçus par transfert d'un embryon congelé présentent un risque de décès deux fois plus élevé que les enfants conçus de manière naturelle. Il est également possible que l'infertilité sous-jacente entraîne un risque plus élevé de complications.

Risques de Malformations Congénitales

Environ 4% des enfants conçus naturellement présentent des malformations congénitales à la naissance. Le risque de malformation majeure est significativement plus fort chez les enfants conçus par fécondation in vitro ou par ICSI, comparativement aux enfants conçus naturellement : il est estimé en moyenne à 5.9 % (FIV, ICSI) contre 3.6 % (conception naturelle). Certaines études démontrent qu’il n’y a pas plus de malformations fœtales chez les enfants conçus à la suite d’une procréation assistée que chez ceux qui sont conçus naturellement. Il est possible que les enfants conçus à l’aide de la technique ICSI présentent un risque légèrement accru de malformations congénitales, indépendamment des facteurs parentaux, possiblement parce qu’il n’existe pas encore de moyens fiables de déterminer si le spermatozoïde injecté à l’intérieur de l’ovule est exempt d’anomalies. D’autres études au contraire se veulent plus optimistes, comme celle dirigée par le Dr Géraldine Viot, généticienne à la maternité Cochin. Portant sur 15162 enfants suivis jusqu’à l’âge de 5 ans, elle a montré des taux de malformation congénitale de 4.3 %, contre 2.5 % dans le reste de la population. Encore de nos jours, les études se contredisent à cet égard.

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Développement Neuro-Développemental et Comportemental

Sur le plan des troubles du « neurodéveloppement », c’est à dire les troubles moteurs, les déficits intellectuels, les troubles du spectre autistique (TSA), les troubles de l’apprentissage, de la communication, l’hyperactivité, les troubles obsessionnels compulsifs, les troubles de comportement ou l’anxiété, les études internationales se contredisent. L’Académie Nationale de la Médecine conclut que la conception par FIV ou par ICSI ne semble pas avoir d’effet négatif sur le neurodéveloppement, hormis bien entendu les séquelles dues à la prématurité. De nouvelles études devraient décrire plus précisément ces troubles, en lien notamment avec le contexte socio-familial.

La méthode dite ICSI, qui consiste à une micro-injection directe de spermatozoïde dans l'ovocyte, augmente le risque d'avoir un retard mental chez l'enfant par rapport à la conception naturelle, selon une étude internationale publiée mardi 2 juillet aux Etats-Unis dans le Journal of the American Medical Association (en anglais). Au sein d'un échantillon de 2,5 millions d'enfants nés en Suède entre 1982 et 2007, des chercheurs basés au Royaume-Uni et aux Etats-Unis ont plus particulièrement étudié 30 959 de ces enfants, nés après une fécondation in vitro. Comparés aux autres enfants, le risque que ces "bébés-éprouvettes" soient mentalement retardés est plus élevé de 18%. Les enfants nés de cette procédure avaient en effet 51% de chances supplémentaires de développer un retard mental, par rapport à ceux nés d'une FIV pratiquée avec une autre procédure.

Risques Cardiovasculaires

Depuis plusieurs années, des études suggèrent des troubles cardiovasculaires chez les enfants nés de FIV, et ce, dès le plus jeune âge. Une augmentation légère de la pression artérielle est observée dans certaines études chez ces enfants et pourrait être associée à l’âge adulte à l’hypertension artérielle et à des maladies cardiovasculaires. Les enfants conçus par PMA pourraient présenter un vieillissement vasculaire précoce, qui persisterait dans le temps. Il est donc nécessaire de bien informer les parents à propos de ce risque et des stratégies de prévention pour le réduire, tout en y consacrant une attention particulière dans le suivi médical des enfants.

En 2017, un groupe de chercheurs chinois après avoir étudié les travaux d’une vingtaines d’autres équipes de recherche, confirmaient une « augmentation mineure mais statistiquement significative de la pression artérielle systolique et diastolique », c’est à dire de la pression du sang lorsque le coeur se contracte et de la pression du sang dans les artères quand le coeur se relâche. L’augmentation de la pression artérielle chez l’enfant pourrait engendrer plus tard de l’hypertension artérielle et donc plus de maladies cardiovasculaires, car le coeur est plus fatigué.

En cause dans ces études, le stress oxydant (une agression des constituants des cellules). Le stress oxydant pourrait être induit par les manipulations des gamètes et de l’embryon lors de la FIV/ICSI, ou plus simplement, viendrait des parents (infertilité, âge avancé, obésité, hygiène de vie).

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Risques de Cancers Pédiatriques

Si les résultats divergent d’une étude à l’autre, des travaux solides menés à partir des données de milliers d’enfants, notamment en Scandinavie, se sont montrés rassurants puisque les résultats n’indiquent pas de différence significative du taux de cancer chez les enfants conçus par FIV par rapport à ceux conçus naturellement. Les études publiées à ce jour n’ont pas trouvé de différence du taux de cancer chez les enfants conçus par FIV par rapport à ceux conçus naturellement. Une large étude est en cours en France pour mesurer la survenue de cancers chez les enfants conçus par FIV et spécifiquement pour étudier la différence entre les embryons issus d’un transfert d’embryons congelé ou frais.

Des scientifiques de l’Inserm et d’Epi-Phare, conjointement avec des spécialistes de l’AMP, ont évalué ce risque de cancer dans l’une des plus grandes cohortes mondiales d’enfants nés après AMP. Au total, l’étude a porté sur les 8 526 306 enfants nés en France entre 2010 et 2021, dont 260 236 (3%) ont été conçus par AMP, et les a suivis jusqu'à un âge médian de 6, 7 ans. Au cours de ce suivi, 9 256 enfants dont 292 enfants conçus par AMP ont développé un cancer. Le risque de cancer, tous types confondus, n'était pas plus élevé chez les enfants conçus après AMP que chez les enfants conçus naturellement. Toutefois, une légère augmentation du risque de leucémie a été observée chez les enfants conçus par FIV ou ICSI. Cette augmentation est très faible, de l'ordre d'un cas supplémentaire pour 5 000 nouveau-nés conçus par FIV ou ICSI ayant atteint l'âge de 10 ans. Elle nécessite confirmation.

Fertilité des Enfants Conçus par FIV

La fertilitéCapacité pour un couple à concevoir, c’est-à-dire de débuter une grossesse…. des jeunes adultes nécessite d’être davantage étudiée. Toutefois, les premières données font état d’une baisse relative du nombre de spermatozoïdes chez certains hommes nés après une ICSITechnique d’assistance médicale à la procréation (en anglais « Intra Cytoplasmic Sperm Injection »). On appelle également cette technique « micro-injection », « fécondation assistée » ou « fécondation avec micromanipulation »….. Certains garçons nés à la suite d’une FIV avec micro-injection de spermatozoïde dans l’ovocyte (ICSI), une technique proposée en cas d’infertilité masculine d’origine génétique, ont un risque accru d’être stériles comme leur père.

Aspects Psychologiques et Sociaux

En général, les enfants issus des procréations médicalement assistées sont conçus après un long et douloureux parcours d’infertilité. Ils peuvent être investis comme des enfants précieux et faire l’objet d’une surprotection anxieuse. Cet effet « infertilité » influence le devenir des enfants conçus par assistance médicale à la procréation, mais il n’est pas spécifique de ce mode de procréation.

Les relations parents-enfants autour de l’adolescence laissent apparaître certaines difficultés psychoaffectives, mais aucun trouble psychologique grave ne paraît relatif au mode artificiel de conception. Cette période délicate qu’est l’adolescence laisse en effet penser que l’enfant se pose davantage de questions sur son existence et sa venue au monde et que selon ces mêmes études, seuls 8,6 % des adolescents conçus par FIV étaient au courant de leur origine génétique.

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Importance du Suivi et de l'Information

Malgré les incertitudes, l’ANM plaide pour qu’une meilleure information soit donnée aux personnes ayant recours à la FIV, notamment sur l’absence de risque authentifié mais aussi sur les risques potentiels de ce mode de procréation pour la santé à moyen et à long terme des enfants qui naîtront. Et pour qu’en cas d’apparition de troubles de la santé chez leur enfant, la prise en compte des conditions de conception puisse conduire à une meilleure prise en charge. Par exemple, étant donné le risque cardio vasculaire, les parents pourraient être incités à informer leurs enfants, à mettre en place un suivi précoce et des habitudes hygiéno-diététiques appropriées.

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