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Alternatives aux biberons en plastique : un impératif pour la santé et l'environnement

La prise de conscience de la nocivité du plastique ne cesse de croître. Cette matière, souvent associée à des produits toxiques, met des dizaines d'années à disparaître dans la nature. Depuis le 1er janvier 2020, la vente et la distribution de toute vaisselle en plastique jetable sont interdites (L. n° 2015-992, 17 août 2015, relative à la transition énergétique pour la croissance verte). De plus, les plastiques sont désormais reconnus comme néfastes pour la santé, certains contenant des perturbateurs endocriniens, d’autres étant soupçonnés d’être cancérigènes. L’impact est beaucoup plus important sur les enfants, leur épiderme étant plus perméable, leurs poumons immatures, leur système immunitaire et nerveux en formation. Le fait d’être exposés quotidiennement à ces substances chimiques, même à très faible dose, suffit à porter atteinte à leur développement, avec des effets à long terme.

Dans le secteur de la petite enfance, l'utilisation des biberons en plastique est particulièrement préoccupante. Heureusement, des alternatives existent et sont de plus en plus plébiscitées. Cet article explore les raisons de bannir les biberons en plastique, les alternatives disponibles et les implications de la loi EGalim pour les établissements d'accueil du jeune enfant (EAJE).

Pourquoi éliminer les biberons en plastique ?

Risques sanitaires

Les biberons en plastique peuvent présenter des risques pour la santé des nourrissons en raison de la migration potentielle de substances chimiques dans le lait ou la nourriture. Parmi les plastiques les plus préoccupants, on retrouve :

  • Le Bisphénol A (BPA) : Perturbateur endocrinien présent dans de nombreux objets du quotidien, dont les emballages alimentaires. Il se libère sous forme de microplastiques et peut augmenter les risques de cancer, d'infertilité et perturber la reproduction, surtout chez les nourrissons, les enfants et les femmes enceintes. L’usage de ce plastique est dorénavant interdit dans la fabrication de biberons dans l’Union Européenne.
  • Les phtalates : Présents dans le PVC, ils peuvent provoquer l'apparition de certaines tumeurs du foie et du testicule.
  • Le styrène : Contenu dans le polystyrène, il migre lors du chauffage et est considéré comme cancérigène pour l'humain.

Une étude Atlas du plastique 2020 montre les dangers invisibles du plastique pour la santé humaine. Une étude canadienne publiée dans ACS Environmental Science & technology en 2019 a prouvé qu’à une température de 95°C, il y avait un relargage de plus de 2 millions de particules de plastique d’une taille comprise entre 1 et 150 micromètres et près de 15 milliards de particules mesurant moins d’1 micromètre. L’article affirme “qu’au bout du compte, ce sont 13 à 16 microgrammes de plastique qui finissent dans l’eau d’un simple tasse de thé.”

Impact environnemental

La production de plastique est une source majeure de pollution mondiale. Elle génère des déchets persistants, des émissions importantes de gaz à effet de serre et contribue à la saturation de plastique dans les océans. Selon National Geographic, 6,9 milliards de tonnes de déchets plastique ont été produits depuis 2015 dans le monde, et 79% ont fini dans la nature.

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Alternatives aux biberons en plastique

Heureusement, il existe des alternatives sûres et durables aux biberons en plastique :

  • Le verre : Inerte et ne libérant aucune substance nocive, le verre est idéal pour la conservation alimentaire. Il est plus résistant à la détérioration lors de la stérilisation. Des marques comme Elodie et BIBS proposent des biberons en verre borosilicaté, résistants et faciles à nettoyer.
  • L'inox : Durable, facile à nettoyer et recyclable, l'inox est une excellente option pour les biberons. Klean Kanteen propose des modèles ultra-pratiques et résistants, adaptés aux excursions en pleine nature. Pura propose également une variété de biberons en acier inoxydable conçus dans un gabarit adapté aux petites mains.
  • Le copolyester : Le Biberon Français propose des biberons exempts de BPA, BPF ou encore de BPB, fabriqués en France.

La loi EGalim et son impact sur les EAJE

Adoptée en 2018, la loi EGalim impose de nouvelles normes en matière de restauration collective, transformant la manière dont les repas sont préparés et servis, y compris dans les crèches et écoles maternelles. Cette mesure sera pleinement effective dès 2025. Elle offre une opportunité unique de repenser la manière dont les repas sont servis dans les structures de la petite enfance.

Interdiction du plastique

L’article 77 de la loi AGEC (loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire) interdit, au plus tard le 1er janvier 2025, les contenants alimentaires en plastique dans les services de pédiatrie, d’obstétrique et de maternité, ainsi que dans les centres périnataux de proximité et les services de protection maternelle et infantile (PMI). Adoptée en 2018, la loi EGalim interdit également le plastique à partir du 1er janvier 2025 dans les écoles et les structures accueillant des enfants de moins de six ans, donc les EAJE.

Concrètement, à partir du 1er janvier 2025, il sera interdit d’utiliser des contenants alimentaires en plastique pour la cuisson, le réchauffage ou le service des repas dans les crèches. Cette interdiction concerne tous les contenants en contact alimentaire (plats, saladiers, assiettes, verres, biberons, carafes…) ainsi que les couverts.

Dérogations

Un projet décret sur la loi AGEC a défini les contenants alimentaires en plastique concernés, et introduit des dérogations pour les PMI notamment. Concernant la définition, il s’agit des « objets destinés à contenir des denrées alimentaires et entrant en contact avec ces mêmes denrées utilisés pour la cuisson, pour la préparation des plats chauds en cuisine, pour la remise en température, pour la présentation des plats chauds et froids aux convives, par les convives, c’est-à-dire la vaisselle.».

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Les dérogations pour les PMI concernent :

  • Les contenants alimentaires ayant le statut de dispositif médical, tel que défini à l’article L. 5211-1 du code de la santé publique ;
  • Les contenants alimentaires en plastique garantissant un niveau de sécurité et d’hygiène nécessaire au regard de la vulnérabilité particulière de certains patients
  • Les contenants alimentaires des produits transformés préemballés, n’ayant pas vocation à être réchauffés ;
  • Les contenants alimentaires de denrées alimentaires destinées aux nourrissons et aux enfants en bas âge et pour les denrées alimentaires destinées à des fins médicales spéciales et les substituts de la ration journalière totale pour contrôle du poids ;
  • Les tétines en plastique et les bagues de serrage en plastique des biberons ;
  • Les films en plastique utilisés comme opercules pour thermosceller les contenants alimentaires ;
  • Les couvercles en plastique pour les contenants alimentaires ;
  • Les joints en plastique pour les contenants alimentaires ;
  • Les couverts ayant des éléments en plastique au niveau de l’élément fonctionnel dans le but d’écarter tout risque de blessure au niveau de la cavité buccale des jeunes enfants ;
  • Les contenants alimentaires ayant des parties en plastique telles que les pourtours externes au contenant, les poignées à des fins d’ergonomie et de barrière thermique ou sonore, dans la mesure où ces parties en plastique ne sont pas en contact avec les denrées alimentaires.

En principe, pas de dérogations prévues pour les EAJE ( le décret ne les concernant pas ), mais en revanche une liste de tolérances devrait être publiée très prochainement dans le cadre d’une FAQ. Cette liste inclut notamment les tétines et bagues de serrage des biberons, couverts avec des éléments en plastique utilisés de manière temporaire pour éviter les blessures buccales et un rejet de la prise alimentaire avec des cuillères en inox.

Défis et solutions

L’interdiction du plastique peut poser des défis, comme le stockage de matériaux plus lourds ou fragiles, comme le verre. De nouvelles procédures pour la manutention et le nettoyage sont souvent nécessaires.

Pour surmonter ces défis, il est essentiel de :

  • Investir dans du matériel durable et adapté aux besoins des enfants (inox, verre trempé, etc.).
  • Former le personnel aux nouvelles pratiques et à la manutention des nouveaux contenants.
  • Mettre en place des procédures de nettoyage et de désinfection rigoureuses.
  • Sensibiliser les parents à l'importance de cette transition et aux avantages des alternatives au plastique.

Exemples de bonnes pratiques

Plusieurs villes et collectivités ont déjà mis en place des initiatives pour réduire l'utilisation du plastique dans les cantines et les crèches :

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  • Strasbourg : Les 18 selfs de la ville ont abandonné dès 2017 l’usage des barquettes en plastique, remplacées par des plats en inox.
  • Montrouge : Adaptation de la cuisine centrale (remplacement des fours, non adaptés aux contenants réemployables), formation des agents en ergonomie pour faciliter la manutention des nouveaux contenants.
  • Angers Métropole : Création d’une nouvelle cuisine centrale avec un gros travail mené sur la logistique et la récupération des contenants réutilisables (18 000 contenants en circulation) et la mise en place d’une tournée dédiée.
  • Avignon: Mise en place d'actions conjointes de lutte contre le gaspillage alimentaire dans les 39 cantines de la ville, avec une baisse de 50% du gaspillage alimentaire en 3 ans.
  • Paris 12e arrondissement : Équipement des cantines en plateaux inox pour le service dans les cantines des écoles maternelles et élémentaires, et dans la moitié des collèges de l’arrondissement.

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