L'attente du résultat du test de grossesse après une fécondation in vitro (FIV) ou une injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) est une période particulièrement stressante pour les patientes. Ce test repose sur le dosage de l'hCG plasmatique, l'une des premières molécules sécrétées par l'embryon. L'hormone chorionique gonadotrope humaine (hCG) est une hormone produite par le placenta dès la nidation de l'embryon dans la paroi utérine. Son rôle est crucial dans le maintien de la grossesse, et son dosage permet de détecter et de suivre son évolution.
Qu'est-ce que l'hormone hCG ?
L'hormone béta-hCG, ou hormone chorionique gonadotrope humaine, est sécrétée par le placenta au moment où l'embryon se fixe dans la paroi utérine, c'est-à-dire lors de la nidation. Elle est dite chorionique car c'est le chorion, une membrane qui enveloppe le fœtus, qui la façonne. Elle est dite gonadotrope parce qu'elle stimule les gonades, dans le cas présent les ovaires et particulièrement le corps jaune qui apparaît après l'ovulation.
Rôle de l'hCG pendant la grossesse
Le rôle de cette hormone dans la grossesse est fondamental. C'est précisément elle qui permet de confirmer une grossesse, car elle se retrouve dans le sang aux environs du dixième jour qui suit l'ovulation et quelques jours après dans les urines. C'est donc elle que les tests sanguins et urinaires ciblent spécifiquement.
Il est également possible de distinguer deux types de tests basés sur l'hormone hCG. Les tests de diagnostic de grossesse, dits qualitatifs, permettent de déterminer si une femme est enceinte ou non. Les tests quantitatifs, quant à eux, ont pour but de mesurer le taux de béta-hCG dans l'organisme, qui fluctue de façon constante tout au cours de la grossesse.
Avantages du dosage sanguin de l'hCG
Un dosage de l'hormone béta-hCG, effectué dans un laboratoire, apparaît comme une option plus avantageuse parce que les résultats se révèlent plus fiables et plus précis, disponibles dans les 24 à 48 heures. Le dosage sanguin possède en effet une meilleure valeur pronostique, il donne des résultats beaucoup plus justes et fins que le test urinaire. Il offre la possibilité d'estimer l'âge de la grossesse avec davantage de précision et de rapidité.
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Le dosage sanguin permet de faire émerger une multitude d'éléments en lien ou non avec la grossesse. Il facilite entre autres :
- La détection d'une fausse-couche (dans ce cas, le taux d'hCG dégringole), une grossesse môlaire ou bien extra-utérine (appelée aussi nidation ectopique; le taux d'hCG stagne alors).
- L'évaluation, entre la quinzième et la dix-septième semaine, du risque de trisomie 21; en tout début de grossesse, un taux élevé d'hCG fait suspecter une anomalie et peut conduire à la prescription d'une amniocentèse.
- Le dépistage de certaines tumeurs, dans le cas où l'hormone hCG est secrétée de façon anormale, qui permet d'assurer sans délai le suivi thérapeutique.
- La révélation de la possibilité de grossesses multiples; on constate que dans ce cas, le taux d'hCG a tendance à être plus élevé.
Comment interpréter les résultats du dosage béta-hCG ?
Hors grossesse, le taux d'hCG se situe à moins de 5 unités internationales/litre. Un résultat de dosage inférieur à 5 UI/l dans le sang et les urines élimine donc d'emblée le diagnostic de grossesse.
L'hormone béta-hCG est détectable dans le sang maternel à compter du dixième jour environ de la phase post-ovulatoire. Le taux de sécrétion de l'hCG augmente à un rythme élevé entre la quatrième et la huitième semaine et son taux double toutes les 48 à 72 heures. Il atteint son maximum entre la sixième et la dixième semaine de grossesse. Puis, entre la quatorzième et la dix-huitième semaine, sa concentration chute progressivement et demeure en plateau - autour de 5000 UI/l - jusqu'à l'accouchement. L'hormone disparaît totalement dans les cinq jours qui suivent l'accouchement.
Les résultats du dosage sanguin sont susceptibles de varier en fonction des techniques utilisées. Il est par conséquent fortement recommandé en cas de doute de demander l'avis d'un professionnel de la santé pour les interpréter correctement.
Il est important également de noter que le taux de béta-hCG lui aussi peut varier lors de la grossesse - et même beaucoup - d'une femme à l'autre. Il faut s'assurer de tenir compte de ce facteur lors de la consultation de données chiffrées en rapport avec le dosage sanguin.
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En cas de grossesse unique, le premier bêta-hCG est généralement entre 30 et 200, et il augmente très rapidement, avec, au minimum, un doublement tous les deux jours (donc chaque dosage doit être au moins 2 fois plus élevé que le précédent). En cas de grossesse gémellaire, le premier bêta-hCG est généralement supérieur à 200, et la croissance encore plus rapide que pour une grossesse simple. Parfois, les bêta-hCG ne s’élève que transitoirement à des taux faibles puis se « négativent » (par exemple : 19 - 42 - 8). Dans cette situation, un embryon a réussi à s’implanter, mais avec un arrêt très précoce du développement embryonnaire.
Valeur pronostique du dosage de l'hCG après transfert d'embryon
Une étude rétrospective monocentrique a été réalisée chez 184 patientes du centre d'AMP du CHU de Rouen entre janvier 2015 et juin 2020. Elles avaient bénéficié d'une stimulation en vue d'une FIV ou d'une ICSI et du transfert d'un seul embryon deux jours plus tard. Elles avaient toutes réalisé un dosage de l'hCG plasmatique 14 jours (J14) après qui était revenu positif. Parmi elles, 108 avaient réalisé un dosage 48 heures plus tard (J16). Les issues de grossesses étaient réparties entre les naissances vivantes (NV) ou non (grossesses biochimiques, grossesses extra-utérines, fausses couches spontanées précoces ou tardives, interruptions médicales de grossesse).
Les valeurs seuils à J14, J16 et pour la cinétique à 48 heures ont été déterminées en vue de prédire la survenue ou non d'une NV. L'association entre le taux d'hCG à J14 et la survenue d'une complication obstétricale a été explorée. Un modèle de prédiction de l'issue de grossesse a été créé à partir des résultats obtenus.
Les taux moyens d'hCG à J14 et J16 étaient significativement différents entre les 2 groupes. La valeur seuil optimale du taux d'hCG à J14 pour la prédiction d'une NV était de 205 Ul/L (sensibilité 83%, spécificité 86%, VPP 93% et VPN 69%). Parmi les patientes qui avait réalisé un dosage à J16, la valeur seuil du taux d'hCG était de 326 Ul/L (sensibilité 91%, spécificité 81%, VPP 92% et VPN 79%). La valeur seuil du rapport des taux entre J16 et J14 de 2 (sensibilité 78%, spécificité 69%). Le taux d'hCG à J14 n'était pas associé à la survenue d'une complication obstétricale.
Facteurs influençant les taux d'hCG et le succès de la FIV
Plusieurs facteurs peuvent influencer les taux d'hCG et le succès global de la FIV, notamment :
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- Âge maternel : L'âge avancé entraîne une baisse du nombre et de la qualité des ovocytes.
- Indice de masse corporelle (IMC) : Un IMC idéal se situe entre 19 et 30. Leurs écarts, en particulier l’IMC> 30, peuvent conduire à un faible taux de fécondation et de grossesse.
- Cause d’infertilité : Si elle est unique ou multiple.
- Présence d'endométriose.
- Comptage des follicules antraux (RFA) : Elle est directement liée à l’âge maternel et aux valeurs de l’hormone antimullerienne (AMH).
- Facteurs toxiques : Les habitudes de consommation de substances nocives, telles que le tabac et l’alcool, ainsi que l’environnement, nuisent aux résultats du traitement.
- Facteur ovarien : Selon la façon dont la réponse ovarienne a été dans un cycle précédent, nous pouvons modifier et / ou personnaliser une nouvelle tentative en fonction de certains niveaux d’hormones.
- Facteur endométrial : Anomalies dans la cavité intra-utérine, endomètre peu proliféré, endométrite, facteurs immunologiques et thrombophilies; sont les causes d’échecs répétés d’implantation.
- Qualité séminale : Bien que l’on puisse réaliser une ICSI avec un faible nombre de spermatozoïdes, il existe certains paramètres qui pourraient principalement influencer les taux de fécondation et qui doivent être pris en compte dans une nouvelle tentative.
- Qualité embryonnaire : Les embryons qui atteignent le stade blastocyste sont classés selon leur degré d’expansion et la qualité de leurs cellules. Par conséquent, un embryon de bonne qualité aura un taux de prédiction de grossesse plus élevé.
- Contrôle de la qualité en laboratoire : Cette catégorie comprend la qualité de l’air, le pH, le type et les caractéristiques des incubateurs, l’utilisation de faible éclairage et le type de milieu dans lequel les embryons sont cultivés.
Que faire après un résultat négatif ?
Après une FIV négative, une multitude d’émotions peuvent surgir. Il est important d'écouter son corps et de se donner le temps de digérer la situation. Voici quelques conseils :
- Écoutez votre corps et laissez-le couler : Donnez-vous le temps de digérer la situation, tout le monde a besoin d’un rythme différent.
- Focalisez l`attention sur vous-même : Observez vos sentiments, vos émotions et réalisez des activités génératrices de tranquillité.
- Connectez-vous avec le présent : Après un b-hcg négatif, il n’est pas nécessaire de prendre des décisions, ni de se poser de futures questions en termes absolus comme «et si je ne deviens jamais mère?»
- Ayez confiance en vous même : Ayez confiance en votre corps, aux professionnels choisis et aux possibilités que la FIV nous permet comme opportunités.
- Préparez-vous à un nouveau bienvenue : Analysez si vous êtes prête pour le prochain transfert. Vérifiez vos habitudes alimentaires, exercice physique, sommeil, hygiène mentale … pour les améliorer si nécessaire.
Il est généralement recommandé de laisser s’écouler 2 à 3 mois avant de retenter une nouvelle FIV. Alternativement et sans aucun doute, il n’est pas nécessaire d’attendre ces mois si le plan est de réaliser un cryotransfert après une FIV négative.
Grossesses multiples et FIV/ICSI
Les grossesses multiples sont plus fréquentes après une FIV/ICSI, en particulier les grossesses gémellaires qui représentent environ plus de 20 % des grossesses, au lieu de 1 % dans la population générale. Elles proviennent des transferts multiples d'embryons.
La prématurité est plus fréquente et le taux de mortalité périnatale est légèrement plus élevé dans les grossesses multiples.
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