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Bêta-HCG et insuline pendant la grossesse : Comprendre les enjeux

La grossesse est un état physiologique unique, caractérisé par des changements hormonaux importants qui soutiennent le développement du fœtus. Parmi ces hormones, la gonadotrophine chorionique humaine (HCG), et plus particulièrement sa sous-unité bêta (bêta-HCG), joue un rôle crucial. Parallèlement, la gestion de la glycémie et de l'insuline devient un aspect essentiel du suivi de la grossesse, notamment en raison du risque de diabète gestationnel. Cet article explore en profondeur la relation entre la bêta-HCG et l'insuline pendant la grossesse, en abordant les tests de dépistage, les implications cliniques et les mesures de prévention.

Rôle et dosage de la Bêta-HCG

Production et fonction de la Bêta-HCG

L'hormone gonadotrophine chorionique, aussi appelée bêta-HCG, est sécrétée par le chorion (membrane extérieure de l'embryon qui assure le contact avec la muqueuse utérine : c'est ce qui sera le futur placenta) dès la nidation de l’œuf dans la muqueuse utérine. Cette hormone sert principalement à maintenir le corps jaune, glande endocrine située à l'intérieur de l'ovaire responsable de la sécrétion de progestérone et d’œstrogène lors du premier trimestre de la grossesse.

Détection et suivi de la grossesse

La bêta-HCG est détectable dans l'urine et le sang pendant toute la durée de la grossesse, mais à des taux extrêmement variables. Cet examen sanguin n’est pas plus fiable qu’un test urinaire de grossesse acheté en pharmacie, mais on peut le réaliser de manière plus précoce, dès le 9ème jour qui suit l’ovulation, avant même d’avoir un retard de règles. Les résultats fournis par le laboratoire indiquent le taux de bêta-HCG ainsi que la datation de la grossesse correspondant à ce taux.

Le taux de bêta-HCG double environ toutes les 48 heures au début de la grossesse. Il augmente régulièrement et progressivement lors des 8 premières semaines de grossesse, et atteint un pic entre la 7e et la 12e semaine de grossesse. Généralement aux alentours du 4e mois de grossesse, le taux baisse progressivement jusqu'à la fin de la grossesse. Après l'accouchement, l'hormone bêta-HCG baisse progressivement de l'organisme de la femme, jusqu'à disparaître complètement.

Interprétation des taux de Bêta-HCG

Le dosage des bêta-HCG est considéré comme négatif si la valeur obtenue est inférieure à 5 UI/L et positif lorsque la valeur obtenue est supérieure à 5 UI/L.

Lire aussi: HCG Positif, Pas de Bébé : Pourquoi ?

Si en théorie, pour une grossesse normale, le dosage plasmatique de l'hormone bêta-HCG n'est pas utile, la plupart des maternités recommandent de faire un dosage plasmatique de l'hormone bêta-HCG dit qualitatif soit pour confirmer la grossesse, soit pour s'assurer de son bon déroulement. A savoir que ce dosage est bien plus précis et fiable qu'un test de grossesse urinaire (un test de grossesse positif ne confirme pas systématiquement la certitude d'une grossesse, en revanche, si la femme est enceinte, le taux de HCG dépasse les 5UI/L dans le sang à la nidation). Seul le dosage des HCG permet de confirmer ou d'infirmer une grossesse et de dater avec précision le début de la grossesse.

En revanche, si la femme enceinte présente des saignements pendant sa grossesse, on va alors lui prescrire une échographie ainsi qu'un dosage de l'hormone bêta-HCG, ce qui va permettre d'en savoir un peu plus sur sa grossesse : y a-t-il un risque de fausse couche ? S'agit-il d'une grossesse extra-utérine ? Est-ce une grossesse multiple (jumeaux, triplés…) ?… Dans ce cas-là, le dosage sera quantitatif, c'est-à-dire que cet examen donnera un chiffre qu'il faudra interpréter, sachant que pour une grossesse normale, le taux d'hormone bêta-HCG double toutes les 48 heures.

Il est également possible de prescrire un dosage de l'hormone bêta-HCG pour détecter les éventuelles anomalies chromosomiques (en cas de dépistage de la trisomie 21, dans ce cas le taux d'HCG est supérieur à ce qui est normalement attendu.

Anomalies liées à la Bêta-HCG

  • Grossesse extra-utérine: "Les taux de bêta-HCG sont nettement inférieurs aux taux normaux pour la semaine de grossesse correspondante.
  • Grossesse molaire: Un taux de bêta-HCG qui augmente de façon exponentielle (100 000 UI/L, 200 000 UI/L et plus) peut être signe d'une grossesse molaire (cela reste très rare). La môle est une tumeur bénigne et à potentiel malin qui est un surdéveloppement des cellules placentaires : aucun embryon n'est visible car l'utérus est rempli de ces petites cellules. A savoir qu'une échographie est toujours prescrite pour confirmer ou non la grossesse molaire.
  • Grossesse multiple: En cas de grossesse multiple, le taux de bêta-HCG est beaucoup plus élevé que pour une grossesse simple. Toutefois, un taux élevé ne confirme pas nécessairement qu'il s'agit d'une grossesse multiple. Seule une échographie permettra de confirmer de manière sûre une grossesse multiple.

Diabète gestationnel et insuline

Dépistage du diabète gestationnel

En début de grossesse, le médecin peut prescrire un dosage du taux de sucre dans le sang (glycémie), le matin à jeun, afin de dépister un éventuel diabète de type 2 préexistant à la grossesse et qui n’aurait pas été diagnostiqué. Entre 24 et 28 SA, toujours pour les femmes à risque, une recherche de diabète gestationnel est également effectuée. Ce type de diabète ne se déclare souvent qu’en deuxième moitié de grossesse. Une première prise de sang a lieu le matin à jeun.

L’HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale), également appelée test de O’Sullivan, permet de mesurer la capacité de votre organisme à réguler le taux de glucose (sucre) dans le sang. Ce test est demandé si vous présentez des facteurs de risque : antécédents familiaux, surpoids, grossesse multiple…Au laboratoire, vous devrez boire une solution sucrée (contenant généralement 75 g de glucose), puis des prises de sang seront réalisées à intervalles réguliers (avant l’ingestion de la boisson, 1h après, et 2h après) pour mesurer votre taux de sucre dans le sang.

Lire aussi: Comprendre le Bêta-HCG et la grossesse

Conséquences et gestion du diabète gestationnel

Le plus souvent, des mesures diététiques suffisent à équilibrer les glycémies en cas de diabète gestationnel. Cette pathologie n’est cependant pas à négliger car une hyperglycémie non contrôlée engendre une trop forte sécrétion d’insuline par le bébé, donc une prise de poids. Or, un gros bébé du fait du diabète de sa mère est souvent plus fragile à la naissance (il peut notamment se retrouver en détresse respiratoire ou en hypoglycémie).

Le dépistage est particulièrement important car un diabète non détecté peut entraîner des complications : macrosomie fœtale (gros bébé > 4 kg), risque d’accouchement prématuré ou de complications (césarienne, hypoglycémie néonatale…). En cas de résultat anormal, un suivi diététique est nécessaire et parfois un traitement (insuline) peut être mis en place.

Au cours de la 2e moitié de la grossesse, la tolérance au glucose diminue. L’augmentation des hormones féminines sécrétées par le placenta conduit à une résistance de l’organisme à l’action de l’insuline. Le pancréas sécrète alors davantage d'insuline pour compenser mais chez certaines femmes, le pancréas peut être déficient. Dans ce cas, il ne parvient pas à sécréter assez d’insuline pour maintenir une glycémie normale et cela peut ainsi entraîner un diabète gestationnel.

Pour éviter l'évolution vers un diabète de type 2, il est important de continuer après la grossesse à suivre les conseils hygiéno-diététiques recommandés pendant la grossesse, à savoir avoir une alimentation équilibrée, contrôler son poids et pratiquer une activité physique régulière.

Complications possibles

Pendant la grossesse, le diabète gestationnel peut causer d’autres problématiques comme une insuffisance rénale ou un décollement placentaire.

Lire aussi: Analyse Beta HCG

Examens biologiques complémentaires pendant la grossesse

Outre le dosage de la bêta-HCG et le dépistage du diabète gestationnel, d'autres examens biologiques sont essentiels pour assurer le bon déroulement de la grossesse.

Bilan initial de grossesse (souvent réalisé autour de la 6e à la 8e SA)

Il comprend :

  • Le groupage sanguin et rhésus D : ce test détermine le groupe sanguin (A, B, AB, O) et le rhésus (positif ou négatif) de la mère, du père, mais aussi du fœtus afin de prévenir les complications éventuelles liées à une incompatibilité rhésus entre la mère et le fœtus.
  • La recherche d’agglutinines irrégulières (RAI) : ce test de prévention détecte la présence éventuelle d'anticorps inhabituels dans le sang qui se forment après une grossesse lorsque le fœtus avait un rhésus de groupe sanguin différent de la mère. Lors d’une nouvelle grossesse, si l’on détecte des agglutines irrégulières dans le sang de la mère, le bon développement du fœtus sera contrôlé de façon stricte pour éviter des complications.
  • Le dépistage des infections : toxoplasmose, rubéole, VIH, hépatites B et C, syphilis : Ces infections sont transmissibles de la mère au fœtus et peuvent provoquer des complications graves. Il faut donc réaliser leur dépistage (sérologie) avec une prise sang au cours du premier trimestre afin d’adapter la prise en charge et les éventuels traitements, si nécessaire. Certaines sérologies, comme celle de la toxoplasmose, doivent être contrôlées tous les mois si vous n’êtes pas immunisée.
  • La glycémie à jeun : ce test sanguin permet de déterminer le taux de glucose (sucre) dans le sang et dépister un éventuel diabète de grossesse ou diabète gestationnel.

Dépistage de la trisomie 21 (T21)

Ce dépistage est réalisé entre la 11e et 13e semaine d’aménorrhée évalue la probabilité que le fœtus ait ou non une trisomie 21 en se fondant sur l’âge de la mère et deux examens médicaux combinés :

  • Une échographie de la nuque du fœtus
  • Un test sanguin mesurant deux marqueurs sériques (PAPP-A et β-hCG libre), qui pourra aussi être complété par le test du DPNI. Si le niveau de la première est trop haut et celui de la deuxième trop bas, le risque que le bébé soit porteur d’une trisomie 21 augmente. Si le risque est intermédiaire, c’est-à-dire compris entre 1/51 et 1/1000, une autre prise de sang est rapidement réalisée pour rechercher des fragments d’ADN libres circulant dans le sang de la maman et provenant du placenta. Il s’agit d’un DPNI (dépistage prénatal non invasif). Si l’on détecte une surreprésentation du chromosome 21 dans le sang de la mère, le bébé est très probablement atteint de trisomie 21 (à 99%).

Autres examens

  • Un mois avant l’accouchement, une prise de sang est demandée pour mesurer le taux de prothrombine (TP), le temps de céphaline activée (TCA) et le temps de saignement (TS).
  • Un Bilan biologique mensuel est prescrit si besoin : Le contrôle NFS pour surveiller l’état général et détecter une anémie. Une analyse d’urines (BU ou ECBU) pour dépister les infections urinaires asymptomatiques, fréquentes pendant la grossesse. Le dépistage de l’Hépatite B : obligatoire pour prévenir la transmission au nouveau-né.
  • Un nouveau contrôle RAI si vous êtes rhésus négatif (surtout après une injection d’immunoglobulines).
  • Un bilan de coagulation en cas de césarienne programmée ou de pathologie hématologique.
  • Le dépistage du Streptocoque B est à réaliser entre 35-38 SA. Vous effectuez un prélèvement vaginal qui sera ensuite mis en culture pour rechercher l’éventuelle présence de la bactérie.

Alimentation et envies pendant la grossesse

Les envies de certains aliments et plats pendant la grossesse peuvent avoir diverses raisons. Certaines d'entre elles reposent sur des explications scientifiques, tandis que d'autres relèvent davantage du mythe.

Lorsque vous êtes enceinte, votre équilibre hormonal est totalement chamboulé. Une hormone en particulier, la bêta-hCG, augmente rapidement au cours des dix premières semaines de grossesse. Les conséquences : nausées, vomissements et envies alimentaires. À la fin du premier trimestre, le taux de bêta-hCG diminue et les symptômes (généralement) s'atténuent. Souvent, seules les envies de grossesse persistent.

Il n'est pas toujours conseillé de céder aveuglément à vos envies de grossesse, surtout si elles concernent en permanence des aliments riches en sucre et/ou en matières grasses. Ces envies ne sont pas nécessairement dues à une carence en nutriments (vous manquez rarement de graisse ou de sucre), mais plutôt à des fluctuations de votre taux de sucre dans le sang. Cette hypoglycémie déclenche alors des envies de sucreries. Les sucres simples, présents par exemple dans les bonbons gélifiés, peuvent faire remonter rapidement votre glycémie, mais cet effet est de courte durée et une nouvelle envie ne tardera pas à apparaître.

Il est facile de tomber dans un cercle vicieux de sucre ou de se laisser tenter par l'idée de « manger pour deux ».

Conseils pour gérer les envies

  • Mangez plusieurs petits repas tout au long de la journée.
  • Privilégiez des glucides complexes plutôt que des sucres simples.
  • Optez pour des en-cas faibles en calories comme un mélange de fruits secs ou des noix.
  • Remplacez le pain blanc ou les pâtes de blé dur par des produits complets.

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