Introduction
L'histoire des Juifs en terre d'Islam est vaste et complexe, marquée par des interactions riches avec les sociétés locales, des défis considérables et des réussites notables. Cet article explore ce passé, en se concentrant particulièrement sur l'Arabie et d'autres régions du monde musulman, au-delà des frontières de l'Empire ottoman. Il met en lumière la diversité des expériences juives, les périodes de coexistence pacifique, les moments de tension et les contributions significatives des communautés juives à la culture, à l'économie et à la vie intellectuelle de ces régions.
Les Juifs d'Égypte : Une Histoire de Résilience et d'Influence
L’histoire des Juifs d’Égypte, riche et ancienne, s’inscrit dans le vaste tableau des communautés juives en terre d’islam. Sous la dynastie des Fatimides (969-1171), l’Égypte, avec Fustat (future Caire) comme épicentre, s’épanouit en un carrefour florissant de commerce et de vie intellectuelle. Cette époque charnière révèle un tournant pour les communautés juives, à qui elle ouvre de nouvelles opportunités, tout en redéfinissant subtilement leur statut et leur rôle au sein de la société musulmane.
L'Époque Fatimide : Opportunités et Défis
La ville, animée par des échanges incessants et des effervescences savantes, devient pour les Juifs un lieu de renouveau et d’émancipation partielle, où s’entrelacent prospérité matérielle, épanouissement culturel, déchéances, périodes de tensions et instants d’opulence. Par exemple, le calife Al-Hakim (996-1021), bien que chiite, appliqua strictement le Pacte d’Omar et imposa en 1011 des restrictions sévères aux Juifs, qui furent ainsi regroupés dans le quartier de Harat el Yahoud, marqués par des clochettes et un symbole en bois représentant un veau.
Malgré cette sévérité, certains Juifs parvinrent à occuper des postes influents. L’historien Alec Nacamuli relate ainsi l’ascension d’Abou al-Munajja ibn Shayah, nommé au XIIe siècle à la tête du Département de l’agriculture. En 1112, il supervisa la construction de l’écluse du Nil, Baḥr Abi al-Munajja, avant d’être emprisonné à Alexandrie pour dépenses excessives, puis relâché. Sous le vizir Al-Afdhal (1137), de nombreux Juifs occupèrent des postes importants dans le gouvernement. On parle même d’un Juif qui occupa brièvement le poste de ministre des finances. Toutefois, il fut destitué par ses ennemis, dépouillé de ses biens et remplacé par un chrétien favorable à l’expulsion des Juifs. En réponse, quatre notables Juifs ourdirent une conspiration contre lui. De même, des personnalités juives influentes évoluèrent à la cour des Fatimides : Abou Mansour, médecin du calife Al-Hafiz (1130-1149), et Abu al-Faḍail ibn al-Nakid, célèbre oculiste, sont deux noms qui brillent encore dans les mémoires. Une autre figure marquante de cette époque fut Yacoub Ibn Killis, d’abord converti à l’islam, qui monta en influence jusqu’à devenir vizir des Fatimides, conseiller financier pour le Régent Kafir.
Les récits de Juda Halevi, qui visita Alexandrie avant de mourir en 1141 au Caire, et de Benjamin de Tudèle, vers 1160, ont donné un aperçu de la vie juive en Égypte, somme toute calme et prospère. À cette époque, le Caire comptait environ 2 000 Juifs, Alexandrie 3 000. D’autres communautés, plus modestes, existaient dans des villes comme le Fayoum, Damiette, Bilbeis et Damira. C’est en cette période que la célèbre Guéniza du Caire prospéra et devint une collection exceptionnelle de documents conservés dans la synagogue Ben Ezra.
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De Saladin à l'Époque Moderne : Transformations et Départs
La période de Saladin (1169-1193) fut aussi particulièrement tolérante. Le philosophe et médecin Moïse Maïmonide s’établit en Égypte où il gagna la confiance de la cour, devint un chef spirituel éminent, rédigea des œuvres fondamentales et se consacra à sa communauté. Ensuite, la domination ottomane, instaurée en 1517 par Selim Ier, restructura la communauté juive en abolissant le rôle de Naggid, tout en permettant à certains Juifs de maintenir des positions importantes. À la fin du XVIe siècle, le rabbin Bezalel Ashkenazi favorisa grandement les études talmudiques, formant une génération de savants, parmi lesquels le rabbin Isaac Louria, fondateur de l’école kabbalistique de Safed, et ses disciples.
La communauté juive se développa, au point qu’à la fin du XIXe siècle, elle comptait plus 80 000 individus en Égypte, participant activement à la vie intellectuelle et économique du pays. Au début du XXe siècle, certains Juifs égyptiens s’engagèrent dans le mouvement nationaliste égyptien dirigé par Ahmed Ourabi. Parmi eux, René Qattawi qui fonda l’Association de la jeunesse juive égyptienne, dont les objectifs étaient de promouvoir le patriotisme égyptien et de s’opposer au sionisme. L’historien Joël Beinin, dans « The Dispersion of Egyptian Jewry », met en lumière cette dynamique. Aussi, faisant partie de ces nombreuses familles juives qui avaient fui l’Europe au XIXe siècle, pour s’installer dans cette Egypte cosmopolite, Henri Curiel, figure influente de cette époque, s’opposa également aux Britanniques en créant le Mouvement égyptien pour la Libération nationale en 1943, qui deviendra le noyau du futur parti communiste égyptien. Curiel joua un rôle clé dans l’établissement des premiers échanges informels entre l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et Israël. Cependant, certains, comme Mourad Beh Farag, avaient des positions différentes. Bien qu’Egyptien et ardent patriote, il défendit le sionisme dans ses écrits.
Le Tournant du XXe Siècle : Tensions et Exode
La montée des tensions en Palestine et l’émergence de mouvements nationalistes radicaux, tels que les Frères musulmans, entrèrent alors en conflit avec le sentiment nationaliste égyptien, entraînant une détérioration des relations entre les différentes communautés. Dans les années 1940, les tensions entre les communautés juives et arabes en Égypte s’intensifièrent, entraînant des actes de violence ciblée contre les Juifs.
La proclamation de l’État d’Israël en 1948 marqua un tournant majeur pour les Juifs d’Égypte, entraînant des changements profonds dans leur vie au sein des pays musulmans, en général. Ce bouleversement se traduisit, entre autres, par le rejet de certaines figures juives autrefois adulées, à l’image de la chanteuse Leila Mourad. Très populaire à l’époque, elle fut choisie en 1953 pour succéder à Oum Kalthoum comme chanteuse officielle de la révolution égyptienne. Cependant, peu après, des rumeurs circulèrent selon lesquelles Leila Mourad se serait rendue en Israël, où elle avait de la famille, et aurait fait un don de 50 000 livres égyptiennes à l’armée israélienne. Ces soupçons d’espionnage entraînèrent son interdiction en Syrie et le boycott de sa musique par plusieurs radios arabes, illustrant ainsi les effets de la montée des nationalismes et des tensions régionales.
Avec la création de l’État d’Israël, les relations entre Juifs et musulmans se transformèrent, pour s’inscrire désormais dans le cadre des États-nations plutôt que dans la situation de dhimmi, traditionnellement accordée aux minorités religieuses. Après la défaite de l’Égypte lors de la guerre contre Israël, la méfiance à l’égard de la communauté juive augmenta. Cette suspicion entraîna la confiscation de biens et l’instauration de nouvelles restrictions. Le décret de 1956, qui considérait les Juifs comme des ennemis de l’État, provoqua un exode massif de la communauté juive d’Égypte. Aussi, suite à la guerre de six jours, de nombreux Juifs furent arrêtés, détenus ou expulsés, réduisant ainsi leur nombre dans le pays à presque néant. Dans les années 1970, bien que le traité de paix entre Israël et l’Égypte ait été signé, il ne réussit pas à restaurer la confiance entre les communautés. La majorité des Juifs d’Égypte avaient émigré, laissant seulement quelques membres, principalement des personnes âgées, sur le territoire égyptien. En 2023, seuls quelques individus demeuraient en Égypte.
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La Présence Juive en Iran : Une Histoire Millénaire de Coexistence et de Défis
La présence juive en Iran, berceau de l’ancienne Perse, s’inscrit dans une histoire plurimillénaire marquée par des bouleversements, mais aussi par des périodes de coexistence et d’épanouissement. Dès le VIIIe siècle av. J.-C., les premières déportations assyriennes jetèrent les bases de cette implantation. Plus tard, Cyrus le Grand, en 538 av. J.-C., offrit aux Juifs la liberté de retourner à Jérusalem ou de demeurer en Perse, où ils purent préserver leur identité religieuse et culturelle.
Des Dynasties Anciennes à l'Arrivée de l'Islam
Sous les dynasties Achéménide, Séleucide et Arsacide, la communauté juive prospéra : l’Empire multiconfessionnel des Achéménides assura un cadre propice, tandis que sous les Arsacides, l’effervescence intellectuelle donna naissance au Talmud de Babylone, un texte fondamental de la tradition judaïque. Toutefois, la dynastie Sassanide (224-651 apr. J.-C.), qui imposa le zoroastrisme comme religion d’État, marqua un tournant plus difficile pour les Juifs.
Dans ce climat de pression religieuse, l’arrivée des armées musulmanes en 633 fut perçue, comme en Égypte et en Afrique du Nord sous domination byzantine, comme une promesse de changement. À Ispahan et dans les régions avoisinantes, une partie des Juifs choisit la conversion à l’islam, tandis que d’autres continuèrent d’affirmer fermement leur foi sous les nouvelles autorités musulmanes, qui appliquaient une politique de tolérance relative envers les religions du Livre.
Cependant, cette ère fut aussi celle de tensions messianiques. Des figures charismatiques, comme Abou Isa d’Ispahan, se distinguèrent par leur résistance face à la domination arabe. Refusant de se soumettre à l’autorité musulmane, ce chef audacieux prit les armes, entraînant ses partisans dans une rébellion qui marqua profondément l’histoire de la communauté juive, attachée à ses croyances et à sa liberté. La chronologie précise de ce soulèvement demeure toutefois incertaine. Certains historiens situent l’activité d’Abou Isa durant le règne du calife Abd al-Malik ibn Marwan (685-705), tandis que d’autres la repoussent d’environ un demi-siècle. Cette révolte eut un écho considérable, s’inscrivant dans les mémoires au point d’être consignée plusieurs siècles plus tard par Shahrestani, un historien musulman du XIIe siècle. Dans sa lettre aux Juifs du Yémen, rédigée en 1172, Maïmonide évoque également cette période riche en tensions religieuses et en renouveau messianique au sein de la communauté juive d’Iran.
De l'Invasion Mongole à la Dynastie Séfévide : Intégration et Exclusion
L’invasion mongole de 1219-1223 provoqua des bouleversements majeurs dans l’ensemble du monde iranien, mais les communautés juives d’Iran semblent avoir été relativement épargnées. Cinquante ans avant ces événements, Benjamin de Tudèle rapportait déjà que quelques centaines de milliers de Juifs vivaient dans le Grand Iran. Sous les mongoles plusieurs personnalités juives s’illustrèrent et atteignirent des postes influents. L’exemple de Rashid al-Din (1247-1318), médecin et érudit juif converti à l’islam, est symptomatique de cette intégration. Il devint un homme d’État puissant et reconnu. Il fut un important mécène, bâtisseur, et historien, auteur de l’œuvre encyclopédique Jami’ al-tawarikh (Histoire universelle), avant d’être exécuté, de même que son fils, Ghiyat al-Din, également vizir. Par ailleurs, Sad al-Dawlah, un autre médecin juif de la ville d’Abhar, fut nommé grand vizir sous le règne d’Arghoun (1282-1291) et joua un rôle majeur dans le renforcement de l’Iran et l’apaisement des provinces ilkhanides sous domination mongole.
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Les témoignages de cette période, bien que rares, montrent que les communautés juives continuèrent de s’épanouir culturellement. Shahin Shirazi, poète juif du XIVe siècle, produisit alors une œuvre monumentale en persan, écrite en caractères hébraïques, illustrant cette prospérité littéraire.
L’Iran a connu, cependant, un tournant majeur avec l’avènement de la dynastie Séfévide, en 1499, au début du XVIe siècle, un tournant qui a vu le chiisme s’imposer de plus en plus à tout le monde. Cette révolution religieuse a intensifié l’exclusion des Juifs et tout comme les autres communautés non musulmanes, comme les chrétiens et les zoroastriens, car le chiisme iranien considérait les non-musulmans comme impurs.
Persécutions et Résilience : Du XVIIe au XIXe Siècle
Au milieu du XVIIe siècle, des Zoroastriens et des Arméniens furent expulsés d’Ispahan, et entre 1656 et 1662, ainsi qu’entre 1720 et 1730, des Juifs furent contraints d’adopter l’islam, à Ispahan et dans d’autres villes, rappelant les conversions forcées qui avaient eu lieu au XIIIe siècle en Perse. Dans son poème épique (Ketab Anoussi), Babaï Ben Lutf, originaire de Kashan, rapporte les persécutions subies par les Juifs d’Iran entre 1613 et 1662, avec des conversions forcées ou, dans les cas extrêmes, des exécutions. Un autre chroniqueur juif de Kashan, Babaï Ben Farhad, relate dans ses écrits l’invasion afghane (1722-1730) et les souffrances imposées à la communauté juive entre 1729 et 1730.
Bien que la plupart des Juifs aient retrouvé leur foi d’origine après ces périodes troublées, le judaïsme iranien subit des dommages durables, tant physiques que culturels et spirituels. Entre le milieu du XVIIIe et le XIXe siècle, les Juifs de Mashhad, une ville profondément conservatrice, ont vécu dans des conditions extrêmement difficiles. Le XVIIIe siècle ne fut donc pas clément pour eux, et le début du siècle suivant ne marqua pas d’amélioration.
Les Juifs de Bagdad : Une Communauté Millénaire Disparue
À Bagdad, les Juifs étaient autrefois plus de cent cinquante mille, tissant leur histoire dans celle de la Mésopotamie, berceau du Talmud et de la langue araméenne. De Nabuchodonosor à Saddam Hussein, leur présence aura traversé vingt-six siècles d’exil, de rayonnement et de persécutions. En 1948, ils étaient encore 150 000, un quart de la capitale. Aujourd’hui, il ne reste rien. Rien qu’une poignée d’hommes qui se souviennent, et un nom dans les archives.
De l'Exil Babylonien à l'Âge d'Or Abbasside
L’an 597 avant notre ère. Jérusalem tombe, le Temple est pillé, et les élites du royaume de Juda sont arrachées à leur terre. Nabuchodonosor II les déporte vers Babylone, capitale d’un empire aux jardins suspendus. C’est l’un des premiers exils collectifs de l’histoire, fondateur et tragique. Mais les exilés s’adaptent. À Babylone, ils ne sont pas esclaves, mais artisans, commerçants, scribes. Quand Cyrus le Grand, roi de Perse, conquiert la ville en 539 av. J.-C. et leur offre la liberté, beaucoup refusent de repartir. Le Tigre et l’Euphrate sont devenus leurs fleuves.
Ces Juifs mésopotamiens deviennent des banquiers, des fermiers, des lettrés. Ils écrivent en araméen, débattent en hébreu, commercent en perse. Leur foi s’enracine dans une terre étrangère devenue la leur. Sous les Sassanides, les Juifs connaissent des fortunes diverses : tolérés sous Yazdegerd Ier, persécutés sous d’autres rois. Mais la machine de la résilience est en marche. Le calife Omar les déclare dhimmis - protégés mais soumis à un impôt spécial. Ils acceptent. En échange, ils gagnent la paix, et un espace pour prospérer. Certains deviennent agriculteurs, d’autres médecins, d’autres encore orfèvres.
En 762, le calife al-Mansur fonde Bagdad. En quelques décennies, la ville devient la capitale d’un monde : celui des califes abbassides, du commerce indien aux savants grecs. En 832, raconte-t-on, al-Ma’mun rêve d’Aristote. Le philosophe lui parle de raison et de justice. Au réveil, le calife envoie des émissaires chercher les manuscrits perdus de la Grèce antique. Parmi les érudits, un Juif nommé Masha’allah ibn Athari, astronome et astrologue, qui aurait contribué à choisir l’emplacement de Bagdad en consultant les étoiles. Et puis, bien sûr, al-Khwarizmi, père de l’algèbre et des algorithmes. Sous al-Ma’mun encore, on cartographie la Terre : soixante-dix savants, dont des Juifs, partent mesurer les méridiens. Ils dessinent la “carte de Ma’mun”, plus précise que celle de Ptolémée. Bagdad devient le centre du monde savant : les Juifs y enseignent, traduisent, guérissent.
Déclin et Disparition : Du XXe Siècle à Nos Jours
Après les siècles d’obscurité mongole, les Juifs refleurissent sous les Ottomans à partir de 1534. L’empire leur accorde un statut protégé. Ils fondent des écoles, des imprimeries, des banques. Les Sassoon, famille bagdadienne, deviennent des magnats du commerce en Inde et en Chine. Vers 1900, les Juifs représentent un quart de la population bagdadienne. Le grand rabbin préside un conseil reconnu par le sultan. Certains siègent même dans les parlements.
Mais l’histoire ne laisse jamais les minorités en paix. Des pogroms éclatent sporadiquement au XIXe siècle. Le 1er juin 1941, Bagdad est en proie à la confusion. Un coup d’État pro-nazi vient d’échouer. Les troupes britanniques approchent. Et soudain, la foule explose. Pendant deux jours, les quartiers juifs sont livrés à la fureur. Plus de 180 morts, des centaines de blessés, des femmes violées, des maisons pillées. Le Farhud - littéralement “le pogrom” - marquera la fin d’un monde.
Après 1941, la peur s’installe. Le sionisme gagne les cœurs. La création de l’État d’Israël, en 1948, provoque un séisme. Les lois antijuives se multiplient. En 1950, le gouvernement irakien propose une “amnistie” : les Juifs peuvent partir… s’ils renoncent à leur nationalité. En un an, 120 000 d’entre eux s’envolent vers Israël lors de l’opération Ezra et Néhémie. Ceux qui sont restés - quelques milliers - ont connu les décennies noires du nationalisme arabe. Sous Saddam Hussein, l’antisionisme d’État vire à la persécution. Les survivants vivent cachés, changent de nom, feignent d’être musulmans.
Aujourd’hui, quelques bénévoles entretiennent les tombes, restaurent des synagogues avec l’aide d’exilés installés à Londres, New York ou Tel-Aviv. De Nabuchodonosor à Saddam, des fleuves de Babylone aux couloirs de la Maison de la Sagesse, l’histoire des Juifs d’Irak résume l’aventure humaine : l’exil, la création, la survie.
Les Juifs d'Arabie : Entre Racines Anciennes et Nouvelles Perspectives
L’Islam est né dans une région restée en marge des grands empires qui se sont succédé au Proche-Orient durant l’Antiquité : l’Arabie. Plusieurs royaumes connurent tour à tour leur heure de gloire. Vers 510 après J.-C. parvint au pouvoir un prince converti au judaïsme et soutenu par les Perses, Dhu nuwas ( » l’homme aux mèches tombantes »), qui, par sa per-sécution des communautés chrétiennes, provoqua une expédition des Abyssins d’Axoum, alliés de Byzance.
Quelques communautés juives vivaient au Yémen et dans les oasis du Hedjaz comme Yathrib ou Khaibar. Les Arabes, s’appuyant sur des généalogies tribales compliquées, affirmaient former deux groupes.
Les accords de paix dits d’Abraham, signés en septembre 2020 et normalisant les relations diplomatiques entre Israël et les Émirats arabes unis d’un côté, et Israël et Bahreïn de l’autre, semblent annoncer une nouvelle ère pour les populations juives installées dans les pays du Golfe. À Bahreïn, la communauté juive ancestrale est composée de citoyens du pays. Ebrahim Daoud Nonoo a été nommé membre de la chambre haute du Parlement, et Houda Ezra Ebrahim Nonoo a été ambassadrice du pays aux États-Unis de 2005 à 2008.
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