Introduction
Le monde du mobilier a été témoin de nombreuses évolutions stylistiques. Parallèlement à l'Art nouveau, une tendance au mobilier "à bon marché" a émergé, portée par des architectes et décorateurs engagés dans le courant moderne. Cet article explore l'histoire de ce mouvement, ses acteurs clés et ses manifestations à travers des exemples concrets.
Les Prémices du Mobilier "À Bon Marché"
L'idée d'un mobilier accessible au plus grand nombre a germé à la fin du XIXe siècle. Le projet d'une maison synthétisant le « Foyer moderne », initialement prévu pour l'Exposition Universelle de 1900, est considéré comme un point de départ. Ce projet était porté par le groupe « L’Art dans Tout », composé d'Alexandre Charpentier, Charles Plumet, Tony Selmersheim, Louis Sorel, Henry Nocq et Jean Dampt. Actif dès 1896, le groupe proposait un foyer moderne pour les intérieurs modestes d'ouvriers et d'employés. Malgré un avis favorable de la Ville de Paris, le projet n'a pas abouti, mais l'idée a été représentée à l'Exposition universelle de 1900 par la salle à manger de l'architecte Léon Bénouville.
Léon Bénouville a d'ailleurs présenté un buffet-dressoir en chêne ciré et des sièges en chêne recouverts de peau de porc. Il a également exposé au Salon de la SNBA en 1903 le mobilier d'une pièce commune pour une habitation ouvrière.
L’Exposition de l’Habitation de 1903 : Un Tournant
L'Exposition de l'Habitation de 1903 au Grand Palais a marqué un tournant. Le thème des « Habitations modèles à bon marché » était le clou de l'exposition, avec des maisonnettes construites au centre de la nef, entourées de pelouses et de corbeilles fleuries. Léon Bénouville, Charles Plumet et Tony Selmersheim ont présenté des pavillons et du mobilier.
L'Essor du Mobilier à Bon Marché
Un nouvel exemple de maison à bon marché a vu le jour avec la maison ouvrière de l’architecte Eugène Bliault, meublée économiquement par Lemaire et construite au sein de l’Exposition d’économie et d’hygiène sociales organisée par le Journal au Grand-Palais en janvier-et février 1905.
Lire aussi: Les traditions autour du Berceau de Naissance
Cette tendance a rapidement intéressé les fabricants de meubles, notamment ceux du Faubourg Saint-Antoine. Ils ont répondu aux besoins d'une clientèle modeste avec des modèles vendus par "ensembles", plus petits et adaptés aux intérieurs de la petite bourgeoisie. Ces meubles copiaient parfois les styles anciens, mais tendaient aussi vers une version sobre de l'Art nouveau.
Au 10 rue de Chaligny, L’intérieur Moderne, animé par Édouard Diot et Paul Bec, a sans doute été l’entreprise du Faubourg la plus emblématique du meuble « à bon marché » de style Art nouveau. Diot a résolument abandonné l’idée du meuble-sculpture, brillamment illustrée par quelques pionniers du style Art nouveau, mais d’un prix de revient beaucoup trop élevé pour la classe moyenne. Il s’est au contraire appliqué à dessiner des meubles d’une construction plus économique. Fabriqués à l’aide de machines, ceux-ci sont conçus par assemblage à angle droit de planches d’épaisseur constante, élégamment découpées et moulurées sur leurs tranches. L'Intérieur Moderne a mis au point un grand nombre de modèles modernes, de bonne facture et pouvant être exécutés à divers degrés de finition. Édouard Diot a présenté une chambre à coucher aux daturas à l'Exposition de l'Habitation en 1903.
Le Concours de Mobilier à Bon Marché de 1905
L'année 1905 a consacré le mobilier à bon marché avec un concours organisé par la Chambre Syndicale de l'Ameublement au sein du Salon des Industries du Mobilier. Plusieurs dizaines de concurrents, dont une majorité du Faubourg Saint-Antoine, ont présenté des chambres à coucher ou des salles communes.
Roger de Félice a écrit un compte-rendu de ce concours dans la revue L’Art Décoratif, mentionnant des maisons comme la Maison du Confortable, Georges Nowak, Pérol Frères, Gouffé jeune et Damon & Colin. D’autres maisons du Faubourg concouraient également : Balny, Colette Frères, Épeaux, Forget, Héring, Jourde, Le Mobilier (L&M Cerf), Peyrottes ainsi que Van Den Aker.
La maison nancéienne Gauthier-Poinsignon a remporté les deux Premiers Prix pour ses deux ensembles.
Lire aussi: Choisir les bons jouets pour bébé dans le berceau
La Concurrence des Grands Magasins
Les grands magasins parisiens sont devenus des acteurs majeurs. Ils ne se contentaient plus de revendre des meubles, mais sont devenus éditeurs en achetant des modèles à des dessinateurs indépendants. Ils les faisaient réaliser par leurs propres ateliers ou en concluant des accords avec des ateliers du Faubourg ou ailleurs.
L'Évolution du Goût et la Recherche d'un Style Moderne
Au XIXe siècle, les artistes, artisans et fabricants du Faubourg Saint-Antoine ont tenté d'adapter leur production à l'évolution des mœurs. Ils ont cherché à répondre aux questions de goût, de mode, d'économie, de praticité et de confort. Faute de créer un style nouveau, ils se sont tournés vers l'idée de "modernité", en créant une certaine forme de modernité dans la manière de concevoir les copies.
L'Exposition universelle de 1889 a marqué le point de départ de ces recherches. Meynard, le rapporteur de la classe 17, assurait : « On a soif du nouveau, cherchons donc du nouveau ». Des fabricants comme Schmit, Viardot, Boison et Pérol Frères ont été remarqués.
Les Bois Utilisés dans la Menuiserie et l'Ébénisterie
Les Bois pour la Menuiserie en Bâtisse
- Le Chêne : Le chêne est un bois dur, lourd et difficile à travailler. Le chêne des Vosges est droit, égal et assez tendre, idéal pour les ouvrages de dedans. Le chêne de Hollande est très réputé.
- Le Sapin : Le sapin sert à faire des panneaux pour les portes d’intérieur et pour d’autres usages.
Les Bois pour la Menuiserie en Meubles
- Le Chêne : Utilisé pour les meubles grossiers et les bâtis de meubles plus précieux.
- Le Sapin : Sert à faire des doublures pour les meubles de peu de valeur.
- Le Hêtre : Utilisé pour les bois de fauteuils, chaises garnies, canapés, lits, armoires et commodes.
- Le Noyer : Un fort bon bois, doux et liant, susceptible d’un fort beau poli, utilisé pour toutes sortes de meubles.
- Le Merisier : Reçoit facilement la teinture, prend un beau poli et résiste assez bien à la fatigue.
- Le Guignier : Plus dur que le merisier, utilisé pour les buffets et les comptoirs.
- Le Prunier : Moins employé, mais d'une grande qualité et beauté.
- L'Acacia : Un bois dur, pesant, serré, nerveux, utilisé pour les chaises communes.
- Le Charme : Un bois dur, rustique, pesant, utilisé en marqueterie.
- L'Orme : Plutôt un bois de charronnage, mais utilisé pour les dessus de tables de cuisine et les établis.
Exemples de Mobilier et d'Objets d'Art
- Tables et Bureaux : Table de ferme en merisier du XIXe siècle, bureau Mazarin en noyer de style Louis XIV, bureau de campagne du XIXe siècle.
- Buffets et Armoires : Buffet campagnard style Louis XV en noyer, chêne et ormeau, armoire d’office en noyer Louis XIII, bahut deux corps Louis XIII en noyer.
- Sièges : Fauteuil Club, sièges en hêtre.
- Objets Divers : Cruches à eau et à huile, terrine en forme de lièvre, chenets en fonte, miroirs Louis XV.
Le Dessin d'Architecture : Un Art à Part Entière
Le dessin d'architecture est un élément clé du processus de création. Il témoigne d'un moment clef de la création ou du produit fini destiné à convaincre le client. Il peut s'agir d'un tableau d'architecture destiné au Salon, d'une fantaisie tirée d'un carnet personnel ou de la bibliothèque visuelle de l'étudiant d'architecture.
Des exemples incluent des dessins de Robert Mallet-Stevens pour une maison à Marly, des esquisses de Filippo Juvarra pour la chapelle Saint-Hubert du palais de la Venaria Reale, et des coupes d'escalier et de salle à manger par Oppenord.
Lire aussi: Avis sur les berceaux Calidoo, Zina et Amara
La Politique d'Acquisition du Château de Versailles
Depuis la création des galeries historiques de Versailles inaugurées en 1837, la politique d'acquisition du château de Versailles a évolué et se concentre sur plusieurs catégories d'objets. En premier lieu, l’acquisition d’objets (meubles, bronzes, porcelaines, tableaux, dessins, sculptures ou manuscrits) présents autrefois à Versailles, permet de mieux évoquer l'aspect que pouvait avoir le Château du temps où il était habité ainsi que la vie à la Cour. En parallèle, l'entrée de documents peints, dessinés, photographiés ou écrits vient régulièrement compléter les connaissances sur le Château, le Domaine et leur évolution.
Des exemples d'acquisitions récentes incluent un grand plat ovale en porcelaine tendre du service "bleu céleste" de Louis XV, un tableau des cousins Charles et Henri Beaubrun représentant Anne d'Autriche et Louis XIV, et un pastel de Rosalba Carriera représentant Louis XV enfant.
tags: #berceau #ébénisterie #fantaisie #histoire #et #exemples