Loading...

Risques de malformations congénitales chez les bébés conçus par FIV : Une analyse approfondie

La fécondation in vitro (FIV) est devenue une technique de procréation assistée (PMA) de plus en plus courante, offrant de l'espoir à de nombreux couples confrontés à des problèmes d'infertilité. Cependant, des questions subsistent quant à l'impact de la FIV sur la santé à long terme des enfants ainsi conçus. Cet article examine les risques potentiels de malformations congénitales chez les bébés nés par FIV, en s'appuyant sur des études récentes et des rapports d'experts.

Craniosténose et FIV: Un lien possible

Des pédiatres iraniens ont mis en évidence un risque potentiellement accru de craniosténose chez les nourrissons conçus par FIV. La craniosténose est une malformation congénitale caractérisée par la fermeture prématurée des sutures crâniennes, ce qui peut entraîner un développement inadéquat du cerveau si elle n'est pas corrigée chirurgicalement.

Pour étudier ce lien, une équipe a évalué 200 nourrissons ayant subi une chirurgie corrective pour craniosténose non syndromique (c'est-à-dire non associée à d'autres malformations) entre 2010 et 2019 dans un service de chirurgie plastique reconstructive de Téhéran. Bien que la cause exacte de la craniosténose reste souvent inconnue, cette étude suggère une possible association avec la FIV, ce qui nécessite des recherches supplémentaires pour confirmer ou infirmer cette hypothèse.

Impact de la FIV sur la santé infantile : Une vue d'ensemble

La question de savoir si la FIV a un impact sur la santé à moyen et long terme des enfants est complexe. Les premières étapes de la gamétogenèse (maturation des ovocytes et des spermatozoïdes) et du développement embryonnaire sont particulièrement sensibles aux manipulations qui ont lieu lors de la FIV. Les traitements hormonaux de stimulation ovarienne, les conditions de conception et de culture in vitro des embryons, ainsi que la congélation embryonnaire, sont autant de procédures suspectées d'affecter les phénomènes épigénétiques (la régulation de l'expression des gènes).

En France, où la première naissance par FIV remonte à 1978, le nombre de naissances par FIV ne cesse d'augmenter, atteignant 3,6 % en 2019. Face à l'étendue des questions soulevées par la PMA, les études se sont concentrées sur la FIV standard avec congélation embryonnaire, en excluant les FIV avec donneurs de gamètes. Les chercheurs ont examiné l'impact potentiel de la FIV sur divers aspects de la santé infantile, notamment les cancers pédiatriques, les troubles du neurodéveloppement et du comportement, les troubles de la croissance et du métabolisme, les troubles cardiovasculaires, les altérations de la fertilité et les anomalies liées à l'empreinte génomique et aux modifications épigénétiques.

Lire aussi: Malformations vertébrales chez le bébé

Risques et incertitudes : Que disent les études ?

Les résultats des études sur les risques associés à la FIV sont souvent mitigés et parfois contradictoires.

Cancers pédiatriques

Certaines études suggèrent que les leucémies et les tumeurs du système nerveux central surviennent avec la même incidence, quelles que soient les conditions de conception. Cependant, d'autres études font état d'une fréquence plus élevée de cancers en cas de FIV, en particulier avec congélation embryonnaire. Une vaste étude française en cours, portant sur une cohorte de 100 000 enfants conçus par FIV, dont 40 000 issus de transferts d'embryons congelés, devrait apporter des éclaircissements sur cette question.

Troubles cardiovasculaires

Bien que les études disponibles présentent des limites (échantillons faibles, données de naissance peu documentées, informations limitées sur la santé des parents), un risque modéré d'anomalies cardiovasculaires ne peut être exclu. Le stress oxydant induit sur les embryons lors des manipulations et des conditions de culture (modifications du pH, de la température, du taux d'oxygène, etc.) pourrait être une explication possible. Une étude de grande envergure menée dans les pays nordiques a révélé que les enfants conçus par AMP présentent un risque accru de 36 % de malformations cardiaques congénitales majeures et de 30 % de malformations cardiaques congénitales sévères.

Troubles du neurodéveloppement et du comportement

Les études sur les troubles du comportement et du neurodéveloppement (déficit intellectuel, troubles du spectre de l'autisme, difficultés d'apprentissage, hyperactivité, troubles de l'attention, troubles obsessionnels compulsifs, anxiété, etc.) sont également contradictoires. Les modifications épigénétiques liées aux milieux de culture des embryons et les risques accrus de grossesses multiples et de prématurité associés à la PMA sont évoqués comme des facteurs potentiels.

Qualité des embryons et infertilité masculine

Trois études mentionnées par l'Académie de médecine concernent la "qualité" des embryons conçus in vitro et "testés" avant l'implantation, en particulier lorsque le père est porteur d'une infertilité liée au syndrome de Klinefelter. Dans ces cas, l'utilisation de l'ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes) peut conduire à la naissance de garçons porteurs des mêmes caractéristiques génétiques et des mêmes troubles que leur père. Ces études montrent des taux élevés d'anomalies chromosomiques, soulevant des questions sur la transmission de caractères génétiques non naturellement transmissibles.

Lire aussi: Habillage pluie Loola Bébé Confort : Test complet

Facteurs de risque et biais potentiels

Il est important de noter que les altérations observées chez les enfants conçus par FIV ne sont pas toujours directement imputables à la technique elle-même. Les couples infertiles peuvent être plus à risque de transmettre des facteurs responsables de perturbations de leur propre santé. Par exemple, les garçons nés à la suite d'une FIV avec ICSI pour pallier l'infertilité masculine d'origine génétique de leur père risquent d'être stériles. De plus, les conditions de grossesse et de naissance (prématurité) induites par la PMA peuvent également jouer un rôle.

L'importance d'un suivi accru et d'une information transparente

Malgré les incertitudes et les résultats parfois divergents, il est essentiel d'assurer un suivi accru des enfants conçus par FIV, jusqu'à un âge avancé, afin de mieux comprendre l'impact à long terme de cette technique. Il est également crucial de documenter les procédures utilisées pour la conception (conditions de culture, méthodes de congélation-décongélation, etc.) afin d'évaluer leur influence sur les événements épigénétiques.

L'Académie nationale de médecine plaide pour une meilleure information des personnes ayant recours à la FIV, tant sur l'absence de risque authentifié que sur les risques potentiels pour la santé à moyen et long terme des enfants. En cas de troubles de la santé chez l'enfant, la prise en compte des conditions de conception pourrait conduire à une meilleure prise en charge. Par exemple, compte tenu du risque cardiovasculaire potentiel, les parents pourraient être incités à informer leurs enfants et à mettre en place un suivi précoce et des habitudes hygiéno-diététiques appropriées.

FIV et grossesses tardives : Un paradoxe apparent

Une étude australienne a révélé un paradoxe intéressant : si le recours à la FIV à tout âge et les grossesses tardives sont des facteurs qui, séparément, augmentent le risque de malformation à la naissance, la FIV limiterait en fait le danger en cas de combinaison des deux facteurs. Tous âges confondus, le taux de malformation était de 5,7 % pour les grossesses naturelles et de 7,1 % pour les FIV. Cependant, chez les femmes de plus de 40 ans, la FIV semble diminuer le risque de malformation ou de maladies congénitales par rapport aux grossesses classiques.

Cardiopathies congénitales et AMP : Un risque accru ?

Plusieurs études ont mis en évidence un risque accru de cardiopathies congénitales chez les enfants issus d'AMP, en particulier en cas de naissances multiples. Une étude nordique de grande envergure a confirmé cette association, révélant un risque significativement augmenté de 30 % de cardiopathies congénitales sévères dans le groupe AMP. Ce risque était plus élevé en cas de grossesses gémellaires, mais également présent pour les grossesses AMP monofœtales par rapport aux grossesses spontanées monofœtales. L'augmentation du risque était observée dans plusieurs types de cardiopathies congénitales majeures. Les auteurs suggèrent que le dépistage par échographie fœtale, en plus de l'échographie obstétricale de routine, pourrait améliorer les résultats pour les enfants conçus par AMP, une recommandation déjà formulée par l'American Heart Association (AHA).

Lire aussi: Soulager les coliques de bébé

PMA et malformations : Des chiffres à nuancer

Une publication du New England Journal of Medicine en 2002 révélait que les enfants issus d'une PMA avaient 2,6 fois plus de risques de naître avec un poids anormalement bas. De même, le rapport de la Haute Autorité de santé indique que le risque de prématurité est environ une fois et demie supérieur pour les enfants conçus par ICSI par rapport à ceux conçus naturellement. Le risque de malformation majeure est également plus élevé chez les enfants conçus par FIV ou ICSI (5,9 % en moyenne) que chez les enfants conçus naturellement (3,6 %). Cependant, d'autres études se veulent plus optimistes, avec des taux de malformation congénitale similaires à ceux observés dans la population générale.

Aspects psychologiques et sociaux

Il est important de considérer les aspects psychologiques et sociaux liés à la FIV. Les enfants issus de PMA sont souvent conçus après un long et douloureux parcours d'infertilité, ce qui peut entraîner une surprotection anxieuse de la part des parents. Cet effet "infertilité" influence le devenir des enfants conçus par assistance médicale à la procréation, mais il n'est pas spécifique de ce mode de procréation. Les études de cohortes suggèrent que certaines difficultés psycho-affectives peuvent se faire sentir dans la relation parents-enfant, mais aucun trouble psychologique grave ne semble directement lié au mode artificiel de procréation.

tags: #bebe #fiv #malformation #risques

Articles populaires:

Share: