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L'allaitement maternel : un rempart contre les maladies infantiles ?

L'allaitement maternel est souvent présenté comme un atout majeur pour la santé du nourrisson. Mais qu'en est-il réellement de son impact sur la vulnérabilité aux maladies ? Les études scientifiques se multiplient pour tenter de cerner au plus près les bénéfices de l'allaitement, et notamment son rôle protecteur contre les infections. Cet article se propose d'examiner les données actuelles sur le sujet, en abordant les avantages de l'allaitement, ses limites et les facteurs à prendre en compte pour une décision éclairée.

Les atouts nutritionnels et protecteurs du lait maternel

Le lait maternel est bien plus qu'une simple source de nourriture. Sa composition unique en fait un aliment parfaitement adapté aux besoins spécifiques du nourrisson, évoluant constamment pour répondre à ses exigences croissantes. Il contient des protéines, des lipides, des glucides et des minéraux en quantités idéales, ainsi que de nombreux facteurs protecteurs contre les infections, tels que les immunoglobulines et les cellules immunitaires. De plus, certaines substances présentes dans le lait maternel facilitent la digestion et l'absorption des nutriments.

Le lait maternel se distingue également du lait industriel par sa teneur en protéines, plus faible mais parfaitement adaptée aux besoins du nourrisson. Cette quantité diminue progressivement au fil des jours, laissant place à davantage de lipides et de sucres. Il contient également des acides gras polyinsaturés à longue chaîne, essentiels au développement du cerveau et de la rétine, ainsi que des oligosaccharides, qui participent à la prévention des infections.

L'allaitement maternel : un rempart contre les infections ?

De nombreuses études suggèrent que l'allaitement maternel joue un rôle protecteur contre les infections chez le nourrisson. Une étude menée en Grèce sur 926 bébés a révélé que les enfants allaités exclusivement au sein pendant leurs six premiers mois étaient significativement moins susceptibles de contracter des infections durant leur première année. Janet Fyle, du Royal College of Midwives, souligne que cette recherche renforce les preuves des nombreux avantages de l'allaitement maternel.

Une étude, publiée dans Archives of Disease in Childhood, a été menée en Grèce sur 926 bébés pendant leur première année. 91% d’entre eux ont été allaités exclusivement au sein pendant leurs 6 premiers mois. L’étude a montré que ces bébés allaités étaient beaucoup moins susceptibles d'attraper des infections durant leur première année que les enfants nourris au biberon.

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Les chercheurs ont constaté que l'allaitement maternel était associé à une fréquence et une gravité plus faibles des infections aiguës des voies respiratoires inférieures (ALRI) associées au virus respiratoire syncytial (VRS). Une étude a révélé que les enfants atteints d'infections des voies respiratoires basses, de gastro-entérites aiguës et d'otites moyennes aiguës étaient moins susceptibles d'avoir été allaités.

En outre, une méta-analyse a montré que l'application locale de lait maternel est un traitement sûr et efficace pour les problèmes cutanés/inflammatoires tels que l'érythème fessier.

Allaitement et développement à long terme

Outre ses bénéfices immédiats sur la santé du nourrisson, l'allaitement maternel pourrait également avoir des effets positifs à long terme. Certaines études suggèrent qu'il pourrait réduire le risque d'obésité infantile et adolescente, avec un effet plus marqué lorsque l'allaitement est prolongé.

Une étude de cohorte portant sur 570 532 enfants en Israël a révélé que l'allaitement maternel exclusif et prolongé était associé à une probabilité plus faible de retards de développement.

Une étude japonaise faite sur plus de 70 000 enfants a montré que le fait d'avoir été allaité au moins sept mois réduisait de 24 % le risque de constipation fonctionnelle à 3 ans, et que l'allaitement exclusif pendant six mois le réduisait de 42 %.

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Dans une étude chinoise, la durée de l’allaitement était inversement associée aux valeurs de tension artérielle : chaque mois d'allaitement supplémentaire était associé à une diminution de 0,07 mmHg de la pression artérielle systolique et à une diminution de 0,05 mmHg de la pression artérielle diastolique. Tout allaitement supérieur à un mois était associé à un risque réduit d'hypertension, et un allaitement exclusif de plus d'un mois était associé à un risque réduit d'obésité centrale.

Une étude a montré que les enfants qui avaient été allaités au moins 12 mois avaient à 16 ans de meilleurs résultats scolaires que ceux qui ne l'avaient pas été.

Les bénéfices pour la mère

L'allaitement maternel n'est pas seulement bénéfique pour l'enfant, il l'est aussi pour la mère. L'allaitement précoce favorise le retour de l'utérus à sa taille normale et prévient les hémorragies du post-partum et les endométrites. Il limite également le retour de couches, offrant une forme de contraception naturelle, bien que peu fiable à 100%. De plus, l'allaitement pourrait diminuer le risque d'ostéoporose à la ménopause, ainsi que le risque de développer un cancer du sein ou des ovaires.

Une étude australienne a révélé que les femmes ayant allaité pendant au moins 6 mois ont connu une baisse de tension artérielle et une meilleure récupération du poids corporel durant les 3 années ayant suivi la naissance du bébé.

Une étude de cohorte portant sur près de 20 000 femmes a révélé qu'une lactation plus longue était associée à un début retardé de la ménopause naturelle avant 50 ans et à un début plus rapide de la ménopause naturelle après 55 ans.

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Les limites des études et les facteurs à considérer

Malgré les nombreux avantages potentiels de l'allaitement maternel, il est important de souligner les limites des études scientifiques sur le sujet. Il est difficile d'établir un lien de cause à effet direct entre l'allaitement et certains bénéfices pour la santé de l'enfant, car il serait contraire à l'éthique d'attribuer au hasard différents modes d'alimentation à des groupes de nourrissons. De ce fait, de nombreuses études présentent des résultats contradictoires.

Il est également crucial de prendre en compte le contexte socio-économique. Les bénéfices de l'allaitement peuvent être plus marqués dans les pays en difficulté économique, où les filières de soins ne sont pas aussi efficaces.

Enfin, il est essentiel de respecter le choix de chaque femme en matière d'alimentation infantile. L'allaitement maternel est une option, mais il n'est pas toujours possible ou souhaitable pour toutes les mères. L'important est de prendre une décision éclairée, en tenant compte des avantages et des inconvénients de chaque méthode d'alimentation, et en bénéficiant du soutien de professionnels de santé compétents.

Allaitement et facteurs de risque : ce qu'il faut savoir

Bien que l'allaitement maternel soit généralement considéré comme bénéfique, certaines situations nécessitent une attention particulière. Par exemple, le partage du lit parental est un sujet de débat, car il peut augmenter le risque de mort subite du nourrisson (MSIN), bien que l'allaitement puisse atténuer ce risque. Il est donc important de peser les avantages et les inconvénients du partage du lit et de prendre des précautions pour minimiser les risques.

Une étude a révélé que l'allaitement n'a pas besoin d'être exclusif pour conférer une protection contre la MSIN, à condition qu'il dure au moins deux mois.

Il est également important de noter que l'allaitement prolongé peut être associé à un risque accru de caries dentaires, en particulier en cas de consommation excessive de sucre.

Enfin, certaines mères peuvent éprouver un phénomène d'aversion pendant l'allaitement, qui peut rendre l'expérience difficile. Il est important de reconnaître ce phénomène et de rechercher un soutien approprié.

Allaitement et COVID-19

La pandémie de COVID-19 a soulevé de nouvelles questions concernant l'allaitement maternel. Certaines mères ont choisi de poursuivre l'allaitement au-delà de la durée prévue, voire de reprendre un allaitement arrêté, dans l'espoir de protéger leur enfant grâce aux anticorps présents dans le lait maternel. Bien que les recherches sur le sujet soient encore en cours, il semble que l'allaitement puisse offrir une certaine protection contre la COVID-19, en particulier en cas d'infections respiratoires.

Une étude publiée le 20 avril 2023 dans la revue scientifique Clinical Infectious Diseases n'a révélé aucune transmission du VIH parmi 72 personnes vivant avec le VIH qui ont allaité leur enfant entre 2014 et 2022 aux États-Unis et au Canada.

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