Après l'accouchement, le corps d'une femme subit de nombreuses transformations, notamment le retour de couches et les fluctuations de la lactation. Cet article explore en profondeur la relation entre la baisse de lactation et l'ovulation, en s'appuyant sur des informations médicales et des témoignages de mères.
Le Retour de Couches : Signe de Reprise du Cycle Menstruel
Le retour de couches, qui correspond aux premières règles après l’accouchement, marque la reprise du cycle menstruel. Sa survenue est variable et corrélée à l'allaitement.
Quand a Lieu le Retour de Couches ?
Quelques semaines après l’accouchement si vous n’allaitez pas. Si vous allaitez cela change significativement! L’allaitement provoque une aménorrhée de lactation qui varie selon les femmes, de quelques semaines à quelques mois, voire parfois quelques années ! Cette variation dépend de l’intensité de l’allaitement : durée, fréquence des tétées… mais aussi d’un équilibre hormonal !
C’est la prolactine, l‘hormone sécrétée abondamment pendant l’allaitement qui empêche l’ovulation et donc le retour de couches. La prolactine est une hormone qui a besoin d’être activée (notamment par la succion). Donc plus baby sera au sein, plus le taux de prolactine sera élevé, et plus le retour de couches tardera !
Ainsi, des événements espaçant les tétées (comme la diversification alimentaire ou le fait que bébé fasse des nuits complètes) peuvent amener un retour de couches. Attention cependant, il ne s’agit pas d’une science exacte et chaque femme est différente : certaines femmes peuvent très bien avoir un retour de couches rapide avec un allaitement exclusif, ou à l’inverse une aménorrhée prolongée malgré une diversification alimentaire.
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La Méthode MAMA : Allaitement Maternel et Aménorrhée
Plusieurs études ont démontré qu’à 98 %, l’aménorrhée de lactation pouvait faire office de contraception, si les conditions suivantes sont remplies :
- Avoir un bébé de moins de 6 mois.
- Suivre un allaitement exclusif sans autres apports alimentaires qui réduiraient les tétées.
- Des tétées qui ne soient pas espacées de plus de 6h.
- Absence bien sur de retour de couches.
Ainsi, si l’intensité de l’allaitement baisse ou si baby entame une diversification alimentaire, cela peut déclencher une baisse du taux de prolactine et donc à nouveau une ovulation qui sera suivie une dizaine de jours plus tard par des saignements (hello les ragnagnas!). Voilà pourquoi vous pouvez donc ovuler (et donc retomber enceinte) AVANT d’avoir eu réellement votre retour de couches.
De ce fait, (et encore une fois, chaque femme est différente et l’équilibre hormonal fragile) si une grossesse n’est vraiment pas du tout une option, il est préférable de vous tourner vers une méthode contraceptive classique, plutôt que la méthode MAMA !
Enfin, pas de panique, le retour de couches ne signifie absolument pas un sevrage obligatoire de votre bébé.
Impact du Cycle Menstruel sur la Lactation
De nombreuses mères constatent une baisse de lactation lorsqu’elles ont leurs règles. Elles disent aussi que cette baisse ne dure que quelques jours et que ça reprend normalement ensuite.
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Témoignages et Solutions
Certaines femmes souffrent horriblement, à en pleurer, quand leur fille tète, lors de l'ovulation et pendant leurs règles abondantes. Elles n’ont pas de candidose, ne pensent pas être enceintes, mais vont vérifier. Elles ont connu ces douleurs pour leurs deux précédents allaitements. Cette fois-ci, cela a l'air encore plus intense.
Une animatrice LLLF a vécu cela aussi lors de son dernier allaitement, pendant au moins six mois. C'était vraiment horrible, avec une énorme baisse de lactation et aussi une aversion aux tétées qui s'est installée. Elle avait une carence en magnésium et en B12, mais il n'y a pas eu de lien clair entre démarrer les compléments alimentaires et la disparition de cette sensibilité.
Une autre animatrice LLLF a mis du temps à comprendre que c’était lié à son cycle, mais c’est apparu aussi après son retour de couches, vers les 6 mois de son fils. Elle avait enchaîné bébé préma, candidoses, frein de langue restrictif… donc elle avait du mal à trouver ce qui était responsable de ces douleurs. Elle a passé beaucoup de temps à serrer les dents et les fesses, ça a été plus simple à certaines périodes, à d’autres très compliqué. Toujours au moment de son ovulation. Ces derniers temps, c’est assez marqué, mais elle n’allaite plus que pour le coucher, donc ça va… Désolée, au final, pas de solutions à apporter. Mais je pense que les témoignages pourront toujours faire du bien à cette maman; c’était très frustrant pour elle de ne trouver aucune information !
Stratégies pour Atténuer la Baisse de Lactation
- Power Pumping: Tirer son lait, c'est à double-tranchant mais tu peux peut-être essayer de faire 2 ou 3 jours de power pumping ?
- Alimentation et Hydratation: Durant les périodes de règles, pourquoi pas, n'hésite pas à introduire la viande et bientôt les laitages si tu sens qu'elle est prête pour ça. Peut-être un peu d'eau. Propose, vois si elle en veut plus, elle fera ça naturellement si elle a encore faim.
- Adaptation du Bébé: Si bébé est bien diversifié et que c'est juste les tétées à rallonge qui te gonflent, ça peut aider…
- Consultation Médicale: Est-ce que tu as évoqué le problème avec ton médecin/gynécologue ? Peut-être changer de contraceptif ? Il existe des pilules qui ont pour effet de supprimer les règles. Est-ce que ça pourrait lisser ton cycle hormonal ?
Allaitement et Contraception
On estime que chaque année, dans le monde, cent millions de femmes doivent décider du type de contraception qu’elles utiliseront en post-partum. La décision concerne tant le mode de contraception que le moment à partir de laquelle elle sera mise en œuvre. Le choix peut être limité pendant l’allaitement, en raison de l’impact que peut avoir une contraception sur la lactation et sur l’enfant allaité.
La Méthode MAMA : Une Contraception Naturelle
Voilà près de cinquante ans (1969) que Sheila Kippley informe sur le fait que l’allaitement qu’elle appelle « écologique » (tétées fréquentes, à la demande, y compris la nuit, exclusif jusqu’à 6 mois, sans biberon ni sucette) permet un espacement naturel des naissances. Bien avant que l’OMS valide l’efficacité de la MAMA… Son dernier livre, The seven standards of ecological breastfeeding - the frequency factor, paru en 2008, est maintenant traduit en français sous le titre L’allaitement écologique.
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Contraception et Allaitement : Les Options
- Contraception progestative (pilule, implant sous-cutané, injection intramusculaire) : les progestatifs peuvent être utilisés à partir de 21 jours après l’accouchement, en l’absence de contre-indications. La pilule contraceptive microdosée peut être prise quatre à six semaines après l’accouchement, le temps de bien mettre en place l’allaitement, et idéalement sept jours avant la reprise des rapports sexuels. Contraception oestroprogestative (pilule, anneau vaginal, patch transdermique). Les oestroprogestatifs ne sont pas recommandés chez les femmes qui allaitent dans les 6 mois suivant l’accouchement.
- Diaphragme, cape cervicale, ou spermicides sont utilisables 6 semaines (42 jours) après l’accouchement. L’efficacité du diaphragme ou de la cape est améliorée par l’association à un spermicide. Il convient néanmoins de vérifier au préalable la compatibilité des gels spermicides avec l’allaitement. Cette méthode ne protège pas des IST.
Allaitement et Nouvelle Grossesse
En général, le fait d'allaiter pendant la grossesse peut avoir des effets sur le corps de la maman. Tout d'abord, les hormones de grossesse peuvent rendre les mamelons et les seins plus sensibles, ce qui peut rendre l'allaitement plus inconfortable. De plus, la production de lait peut diminuer au fur et à mesure que la grossesse avance, rendant l'allaitement plus difficile. Mais si vous désirez continuer à allaiter en cours de grossesse, assurez-vous de bien vous hydrater et de bien vous nourrir pour soutenir la croissance de votre bébé. L'ajout de calories supplémentaires et de suppléments vitaminiques peut vous être utile.
Impact Hormonal et Composition du Lait
La nouvelle grossesse va modifier le terrain hormonal. La lactation ne va donc pas réagir de la même façon, et des changements vont s’opérer. Le « lait mature » va progressivement changer de composition pour redevenir du colostrum et ainsi combler les besoins de votre futur bébé. L’aspect et le goût de votre lait vont alors se modifier, il va devenir plus salé et plus concentré. Au début, il peut y avoir une baisse de la lactation puisque votre aîné pourra ne pas aimer le changement du goût du lait.
Allaitement en Tandem
Il est tout à fait possible d'allaiter deux enfants d'âges différents en même temps. Cette pratique s’appelle l'allaitement en tandem. Une solution pratique si vous avez deux enfants d'âges différents et que votre premier enfant ne veut pas arrêter de téter ou a encore besoin de la nutrition fournie par le lait maternel.
Sévrage Pendant la Grossesse
Le choix de sevrer pendant la grossesse dépend de vos préférences, des besoins nutritionnels et de l’âge de votre enfant. Si votre aîné a plus de six mois, il pourrait être plus facile de le sevrer. Mais si vous décidez de le sevrer en raison d’une nouvelle grossesse, il est recommandé de le faire doucement en commençant par réduire progressivement le nombre de tétées.
Comment Savoir si on Fait une Baisse de Lactation ?
Savoir si on subit une baisse de lactation n’est pas forcément toujours évident et peut être source d’inquiétude. Certains indicateurs peuvent toutefois révéler un manque de lait. Pour vérifier si les tétées sont suffisantes, il est utile de surveiller deux paramètres : les couches de bébé et sa prise de poids. Le bébé doit, en effet, prendre régulièrement du poids. Pour s’en assurer, il ne faut pas hésiter à utiliser les courbes de croissance fournies dans le carnet de santé de l’enfant. Aux alentours des 4 à 6 semaines, le bébé peut faire moins de selles, mais cela reste un phénomène tout à fait normal, qui n’est pas forcément lié à la baisse de la lactation.
Parfois, une diminution de la lactation peut également se manifester par une sensation de seins plus mous et une agitation de bébé après les tétées, comme s’il n’était pas rassasié. Dans tous les cas, au moindre doute, il est nécessaire d’en parler à un médecin, une consultante en lactation ou une sage-femme. Ces derniers pourront prodiguer des conseils, voire recommander des aides à la lactation adaptées.
Causes Possibles de la Baisse de Lactation
Le facteur influençant le plus la lactation reste la quantité des tétées. En effet, la lactation répond à la loi de l’offre et de la demande. Plus le bébé sera demandeur ou tétera, et plus la lactation sera stimulée. Il existe des situations qui peuvent influencer la sécrétion lactée. Une forte fatigue, l’hypothyroïdie, le syndrome des ovaires polykystiques, ou encore un diabète non équilibré, un choc émotionnel, un deuil ou encore une dépression sévère peuvent avoir un impact sur la lactation.
La prise de médicaments, comme certains diurétiques par exemple, peut avoir une influence sur la lactation. Certaines contraceptions orales sont difficilement compatibles avec l’allaitement. Il est également à noter que certaines situations, comme la survenue d’une nouvelle grossesse, peuvent diminuer la lactation.
Aliments et Lactation
Certains aliments peuvent parfois diminuer la lactation. C’est le cas par exemple de l’oseille, de la sauge ou du persil, quand ils sont consommés en grande quantité. Si ces aliments sont consommés dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée, ils ne présentent pas de risque pour la lactation. Il est également important de souligner qu’aucun aliment ne doit être exclu totalement de l’alimentation au prétexte qu’il donne un goût au lait. Les régimes restrictifs doivent également être évités. En revanche, les excitants comme le thé ou le café doivent être consommés en petites quantités.
Certains aliments, au contraire, peuvent avoir un effet galactogène. Si certaines tisanes à base de plantes ou d’épices peuvent être recommandées, il est essentiel de toujours les consommer avec précaution, car il peut exister des contre-indications ou des effets secondaires. Le fenugrec est une épice qui peut être consommée sous forme de tisane et qui a pour vertu de stimuler la lactation.
Relancer la Lactation
Pour relancer la lactation, il est tout d’abord important de renforcer le lien avec son bébé pour augmenter la fréquence des tétées ou la quantité tétée par l’enfant. Il faut ainsi éviter les mauvaises positions, les séparations la nuit, ou la diminution de la fréquence des tétées.
Favoriser le peau à peau, prendre le temps nécessaire pour les tétées dans un endroit calme, bien positionner le corps de bébé pour favoriser le réflexe d’éjection sont autant de conseils qui permettent d’améliorer la lactation et la succion de bébé. Le repos est également essentiel pour la maman qui doit veiller à ne pas s’épuiser et déléguer par exemple les tâches ménagères. Une sieste dans la journée en même temps que bébé peut être bénéfique.
Certaines mamans ont également recours à certaines pratiques, comme la méthode power pumping qui permet de booster la lactation. Cette technique, efficace chez certaines mères, consiste à stimuler autant que possible et plusieurs fois par jour la lactation à l’aide d’un tire-lait, en privilégiant un double pompage pour stimuler les deux seins.
Enfin, il est important de ne pas introduire des compléments alimentaires ou une supplémentation ou du lait maternisé sans avis médical, car ces solutions ne feront que diminuer la quantité de lait produite.
Allaitement et Fertilité : Envie d'un Autre Enfant ?
Vous avez envie de tomber enceinte tout en poursuivant l’allaitement ? Nous allons voir comment l’allaitement influence la fertilité en déchiffrant les mécanismes hormonaux en place et les interactions qui se jouent entre le processus de lactation et les cycles menstruels.
Mécanismes Hormonaux
En moyenne, le cycle dure 28 jours. La phase folliculaire de J1 à J14. Pendant cette période, le corps est sous l’influence des oestrogènes qui vont permettre aux ovaires d’amener des follicules à maturation. Un pic de LH (hormone lutéinisante) provoque l’ovulation c’est-à-dire la délivrance de l’ovocyte de plus mature. La phase lutéale est la seconde partie du cycle qui débute après la libération de l’ovule. C’est maintenant la progestérone qui est sécrétée en quantité importante et qui agit pour préparer le corps à une éventuelle grossesse. Ainsi, le follicule évolue en corps jaune qui est les prémices du placenta. De plus, l’endomètre se développe pour la nidation.
L’hormone qui déclenche et soutient la lactation est la prolactine. La sécrétion en grande quantité de cette hormone lors de l’allaitement bloque l’ovulation et les cycles menstruels. Les règles sont absentes : on appelle cela l’aménorrhée. Pour les femmes qui n’allaitent pas, le retour de couches est beaucoup plus précoce, car le corps stoppe la production de prolactine.
Influence de l'Allaitement sur la Fertilité
Avec l’installation pérenne d’un allaitement, la prolactine décroît un peu, ce qui permet aux ovaires de reprendre leurs fonctions. Au début, les cycles sont anovulatoires en raison de l’absence de pic de LH. Ainsi, la sélection de plusieurs follicules s’opère, mais sans libération d’ovule. Le retour de ce pic hormonal de LH n’est possible que si la prolactine baisse suffisamment. Cette involution est consécutive à une diminution de la fréquence des tétées. En effet, la progestérone est l’amie de la grossesse tandis que la prolactine est l’alliée de la lactation. Or les deux sont antagonistes.
Chaque femme a un fonctionnement corporel et un contexte propre. Ainsi, la présence et la durée des étapes ne sont pas prévisibles. Au moment de l’ovulation, la température corporelle augmente soudainement de 0,3 à 0,5 degré et reste à ce palier jusqu’à la fin du cycle. Ainsi en utilisant un thermomètre précis, chaque matin dans des conditions identiques, vous aurez un indice sur la survenue de l’ovulation. On peut alors repérer des difficultés de fertilité même s’il y a ovulation. En effet, si elle est trop précoce, elle empêche une maturation complète des follicules.
Allaitement et PMA
La plupart des centres de PMA préconisent voire imposent l’arrêt de l’allaitement pour commencer le protocole. Ce dernier comporte des étapes avec des injections d’hormones adaptées à chaque situation. Or, la prolactine sécrétée pendant l’allaitement bloque naturellement ces hormones. En conséquence l’allaitement risque d’interférer avec le dispositif. De plus, à l’inverse, les scientifiques ne connaissant pas les effets néfastes des protocoles de PMA sur le lait et donc l’enfant.
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