La grossesse est une période de profonds changements et d'émotions variées. Il est courant de ressentir une baisse de moral en début de grossesse. Cet article explore les causes de ce phénomène et propose des solutions pour mieux vivre cette période.
Introduction
La grossesse est une période de transformation, marquée par de grands changements et de nombreuses questions. Elle entraîne des émotions très variées, parfois contradictoires, qui surgissent parfois de manière inattendue. Ce flot d’émotions fait souvent partie du chemin pour devenir parents. Avec la grossesse, surtout la première, nos repères changent. Le corps de la femme change, avec le bébé qui grossit et les hormones de la grossesse. Et les esprits changent aussi.
La grossesse et l’arrivée de bébé nous projettent dans l’avenir. Beaucoup de situations nouvelles, inconnues, s’annoncent pour l’avenir. Elles peuvent amener bien des questions : La grossesse va-t-elle bien se passer ? Est-ce que mon bébé sera en bonne santé ? Est-ce que je vais savoir m’y prendre ? Est-ce que je vais aimer mon bébé tout de suite ? Et s’il ne me plait pas ? Et si lui ne m’aime pas ?
D'un côté, l’idée d’avoir un bébé, de donner la vie, peut apporter un contentement, une joie et une fierté intenses. On peut aussi ressentir de l’harmonie, un accomplissement. De même, on peut à la fois être pressé que bébé arrive, et ressentir de l’anxiété, de l’inconfort voire du rejet à cette idée. Même quand on a désiré avoir un enfant, on peut ressentir la grossesse comme inconfortable, pénible. La peur est une émotion fréquente pendant la grossesse : peur de l’inconnu, de ne pas savoir quoi faire, de ne pas être prêt, de ne pas arriver à aimer son bébé, … Il y a aussi des peurs au sujet de l’accouchement et de la douleur. Et tout cela peut varier d’un jour à l’autre !
Causes de la Baisse de Moral en Début de Grossesse
Les Hormones et les Changements Physiques
Le premier trimestre de grossesse est particulièrement éprouvant pour de nombreuses futures mamans. Les hormones de grossesse peuvent avoir des effets dévastateurs selon les femmes. Fatigue, nausées, outre les désagréments de grossesse, vous allez vivre de nombreux changements physiques. Le premier trimestre de grossesse est particulièrement éprouvant pour de nombreuses futures mamans : tiraillements et douleurs dans le bas du ventre, poitrine sensible, ce n’est pas évident. Et cela n’ira pas en s’arrangeant au fil des semaines qui passent : votre ventre va grossir, vos seins aussi, et vous allez prendre plusieurs kilos, à votre corps défendant, dans un laps de temps somme toute réduit.
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Le taux élevé de progestérone, hormone de la sérénité et de l’équilibre, nécessaire à la nidation de l’œuf, peut entraîner des crises de larmes et de la fatigue chez certaines futures mamans. On dit souvent que la connexion entre une maman et son bébé est particulièrement profonde et complexe durant la grossesse. Est-ce que votre bébé peut ressentir et réagir aux émotions de sa maman avant même de naître ? Lorsque vous êtes déprimée, votre bébé peut-il ressentir un certain niveau de stress, qui peut se manifester par des changements dans ses mouvements ou son rythme cardiaque ?
Les Préoccupations et les Peurs
Il est tout à fait normal d’avoir peur d’accoucher : il faut gérer la douleur des contractions et parvenir à pousser et ça, vous ne saurez si vous parviendrez à le faire que le jour J. Cette crainte ne doit cependant pas virer pas à la phobie, auquel cas vous souffrez sans doute de tokophobie et nécessite une prise en charge particulière.
Vous pouvez aussi vous interroger au sujet de votre capacité à être une bonne maman : allez-vous aimer votre enfant ? saurez-vous vous en occuper ? Aurez-vous l'instinct maternel ? Devenir maman pour la première fois vous plonge dans l’inconnu le plus total. Et même si vous attendez un deuxième ou troisième enfant, ces peurs peuvent surgir tout à fait légitimement.
La Dépression Prénatale
Si la grossesse est bien souvent perçue comme un heureux événement, il peut arriver, plus fréquemment qu'on ne le croit, que cette période soit le berceau d'une dépression chez la femme enceinte. Un mal-être qu'il convient de ne pas minimiser et d'aborder avec tact pour trouver des solutions. La baisse de moral est normale et peut arriver de temps en temps durant la grossesse. Elle diffère de la dépression dite « prénatale » qui va se traduire par différents signes et symptômes, à surveiller attentivement. C’est surtout lors du premier trimestre de la grossesse que le risque de déprime est important.
La dépression peut saisir les futures mamans dont la grossesse a été difficile à mettre en route, ou ayant eu recours à un traitement contre l’infertilité. La dépression peut aussi toucher une personne qui a déjà des enfants et qui a connu des difficultés lors d’une grossesse ou d’un accouchement précédent. Il peut y avoir un second pic de blues au cours du huitième mois de la grossesse.
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D’autres événements peuvent influer sur le bien-être psychique de la future maman et, parmi eux, une histoire personnelle douloureuse : un abandon ou des relations difficiles avec ses propres parents, des antécédents d’abus physiques ou sexuels dans l’enfance. Lorsque la future mère a déjà souffert de dépression avant d’être enceinte, elle est aussi plus vulnérable, tout comme la maman qui vit dans des conditions difficiles, sans aide extérieure, isolée, sans le soutien de sa famille ou d’amies.
Contrairement à la baisse de moral qui peut être un sentiment passager, la dépression pendant la grossesse, elle, est un sentiment de tristesse certes, mais qui s'impose sur tout le reste, devient constant et ne quitte plus la femme enceinte. Représentante d’usagers, Elise Marcende insiste aussi sur un point lié à la grossesse : lors d'une dépression, la femme enceinte est bien souvent en proie à une forte anxiété. Elle éprouvera une peur intense face aux démarches à effectuer en post-partum ."Congé maternité, congé parental, reprise du travail, mode de garde… Toutes ces thématiques l’angoissent fortement et prennent une place importante dans son quotidien par rapport à tout le reste.
Solutions pour Améliorer le Moral en Début de Grossesse
Prendre Soin de Soi
Pour lutter contre le bourdon, il y a des petites astuces à essayer :
- Écoutez-vous : Allez à votre rythme et exprimez vos besoins notamment de repos. La fatigue est mauvaise conseillère, surtout enceinte. Reposez-vous ! Si vous vous sentez fatiguée, n’hésitez pas à faire des siestes dans la journée lorsque c’est possible. Couchez vous tôt le soir. utilisez un coussin de grossesse durant la nuit pour soulager les douleurs.
- Conservez une alimentation équilibrée pour vous assurer un apport suffisant en vitamines. Un bon apport en magnésium, via des noix, des amandes ou des lentilles par exemple, agit comme « anti-stress » sur l’organisme. Il est conseillé également de limiter le sucre raffiné ou les aliments à index glycémique élevé : ils favorisent les baisses d’énergie, de moral et font fluctuer l’humeur.
- Pratiquez une activité physique : Cela dope la production d’endorphine, hormone du bien-être. Lors de la grossesse, il est tout à fait possible et même conseillé de continuer ou de commencer une activité physique ! Cela vous permettra de vous sentir mieux physiquement et mentalement. De plus, la sécrétion d’endorphines, des hormones du bien-être, lors de l’activité, permet de réduire le stress. Attention, néanmoins, il est important d’avoir l’avis de votre médecin pour être sûre que dans votre cas l’activité physique n’est pas une contre-indication. Si le médecin donne son approbation, vous pouvez vous mettre à la marche, à la natation ou encore au yoga. Ces pratiques sont parfaites pour la femme enceinte, elles vous permettent de maintenir une activité tout en évitant les risque de chutes ou de traumatismes. En plus de réduire votre stress, elles peuvent prévenir ou soulager les douleurs liées à la grossesse.
- Choisissez une préparation à la naissance relaxante : Yoga, sophrologie, Pilates au choix vous aideront à vous sentir bien dans votre corps et dans votre tête. En bref, privilégiez tout ce qui vous fait du bien… et laissez de côté tout ce qui vous plombe le moral : la copine qui n’est pas compréhensive, celle franchement négative ou les membres de votre famille pas vraiment soutenant. C’est le moment de penser à vous avant tout !
Rechercher du Soutien
Beaucoup de futurs parents disent qu’ils ont l’impression de changer sans cesse d’avis, d’envies, de penser à la fois une chose et son contraire. Par exemple avoir peur de l’inconnu, de ne pas y arriver quand bébé sera là, et juste après se sentir serein et confiant. C’est ce qu’on appelle l’ambivalence. Elle n’est pas grave mais elle peut être désagréable, pour soi et pour les autres.
Si on en ressent le besoin, on peut parler de tout cela avec sa famille, ses amis ou un professionnel. On peut faire appel au médecin ou à la sage-femme qui suit notre grossesse, où en parler pendant les séances de préparation à la naissance et à la parentalité. On peut aussi pousser la porte du centre de PMI pour se confier. Pour se faire aider, on peut aussi solliciter un psychologue conventionné : l'Assurance maladie prend en charge jusqu'à 12 séances par année civile. Le dispositif Mon soutien psy permet à toute personne angoissée, déprimée ou en souffrance psychique, de bénéficier de séances d'accompagnement psychologique. Quand on est enceinte (à partir du 6ième mois de grossesse), avec une complémentaire santé, on peut être dispensée de l'avance de frais.
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Rencontrer d'autres femmes enceintes peut également être bénéfique. L'application YooMum! va vous y aider ! Grâce à cette application de rencontres entre futures et jeunes mamans, vous allez pouvoir faire de belles rencontres ! Que vous ayez besoin d’un conseil, d’une nounou, d’une poussette ou de jouets de seconde main ? La communauté vous aidera à trouver une réponse à deux pas de chez vous. Il suffit de demander ! Et ce n'est pas tout ! Sur YooMum!, vous pourrez aussi partager et découvrir de bonnes adresses qui vous simplifieront la vie. Des boutiques de jouets, aux hôtels adaptés aux enfants, en passant par les restaurants sympas, les librairies pour les tout-petits, ou encore les musées pour artistes en herbe… Vous profiterez du premier city guide collaboratif fait par les mamans, pour les mamans !
Solutions Naturelles
- Homéopathie : L’homéopathie peut vous accompagner tout au long de votre grossesse et même après votre accouchement.
- Fleurs de Bach : Les fleurs de Bach et notamment la gamme “rescue” peuvent être utilisées pendant la grossesse. Vous pouvez prendre 4 gouttes directement sous la langue, 4x/jour.
- Phytothérapie :
- La mélisse : cette plante possède une action sédative douce sur le système neuro-végétatif. Elle permet de calmer le stress, les insomnies légères et améliore l’humeur. Il est conseillé de faire infuser une dizaine de feuilles fraîches pendant 10 min dans 150 ml d’eau.
- L’aubépine : cette plante permet de lutter contre la nervosité, les palpitations (apaise le système cardiaque) et possède une légère action sédative générale. Vous pouvez faire infuser 10g de fleurs séchées dans 1l d’eau pendant 10-15min.
- Aromathérapie : En aromathérapie, l’huile essentielle de lavande vraie est connue pour ses vertus calmantes, apaisantes, anxiolytiques. Elle permet donc de diminuer le stress et de lutter contre les insomnies, l’irritabilité, l’anxiété et la tachycardie. Elle peut être utilisée pendant la grossesse et l’allaitement en usage externe, en respectant bien les consignes d’application pour éviter toute complication.
- Ostéopathie : L’ostéopathie accompagne les patients à tous les âges et étapes de la vie. Le but de l’ostéopathe est de trouver l’origine de votre stress pour mieux comprendre les répercussions qu’il peut avoir sur vous. Le thérapeute vient alors agir à l’origine du stress en travaillant sur le système hormonal. Grâce à des techniques crâniennes, l’ostéopathie peut permettre une régulation des hormones du stress et donc la diminution de ce dernier ainsi qu’une amélioration de l’humeur. De plus, lors de votre prise en charge, l’ostéopathe est à votre écoute. Vous pouvez évoquer avec lui les raisons de votre stress sans aucun jugement de sa part. Il peut également vous donner des conseils tels que des exercices méditatifs, comme je vous l’ai évoqué précédemment, ou encore vous conseiller d’autres thérapies complémentaires pouvant vous aider tout au long de la grossesse.
Accompagnement Spécifique
Si tout vous laisse à penser que vous souffrez de dépression, se faire aider est indispensable. Il ne faut pas prendre vos vagues à l’âme à la légère, surtout que cela peut jouer sur la période postnatale, quand bébé sera né. Mieux vaut donc essayer d’améliorer votre état avant la naissance. N’hésitez pas à en parler au personnel soignant ou à votre médecin gynécologue et à demander le nom d’un psychologue afin d’entamer un travail personnel. Ce n’est pas une démarche facile, mais elle est nécessaire pour aller vers un mieux-être.
Le rôle du soutien social: La présence d'un soutien social solide peut jouer un rôle crucial dans votre rétablissement de la dépression pendant la grossesse. Parlez ouvertement de vos sentiments avec votre partenaire, votre famille ou vos amis proches. Leur compréhension et leur soutien peuvent vous aider à traverser cette période difficile. Et surtout, n'hésitez pas à consulter un professionnel de la santé mentale qui pourra vous offrir les conseils et les traitements appropriés pour vous aider à surmonter la dépression.
Selon la nature de la dépression et surtout sa sévérité, un traitement thérapeutique, associé ou non à un traitement médicamenteux, doit être proposé. Perçue comme alternative aux traitements médicamenteux, la thérapie comportementale et cognitive (TCC) obtient de très bon résultats… quand il s'agit de se défaire d'un comportement problématique, telle qu’une phobie, ou un trouble du sommeil pendant la grossesse. Les psychologues émettent toutefois des doutes dans ce cas précis : la dépression n'est pas “un comportement à éviter”ou à rejeter pendant la grossesse. Si les symptômes persistent, s’il s’agit d’une dépression aiguë, ou si la femme enceinte suivait déjà un traitement avant sa grossesse, alors un traitement pharmacologique, peut se justifier ou être adapté pour que la mère aille mieux.
Impact du Stress sur le Bébé
On sait aujourd’hui que les émotions d’une femme enceinte imprègnent le fœtus. Celui-ci n’est pas entièrement protégé par la frontière placentaire. En effet, lorsque la maman ressent beaucoup de stress ou d’angoisse, celui-ci se transmet au futur bébé qui a également son taux de cortisol (hormone du stress) qui augmente. Mais l’on sait aussi, au vu de découvertes récentes, que le bébé a une formidable capacité de résilience, qui lui permet de s’adapter et de surmonter les “incidents de parcours”. Alors évitez de culpabiliser lorsque cela arrive, tout cela est nouveau et demande une réadaptation. Il faut plutôt tenter de trouver une solution, et du soutien, pour aller mieux.
Un stress prolongé durant le deuxième trimestre de la grossesse est dangereux pour le bébé. La responsable ? La corticolibérine (corticotropin en anglais) une hormone ayant un lien étroit avec le cortisol. Elle provoquerait une croissance plus rapide du fœtus au détriment d’autres fonctions vitales, aurait un rôle dans les naissances prématurées et entraînerait un trouble déficit de l’attention ainsi que des problèmes cardiovasculaires.
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