L'allaitement maternel est une expérience unique et précieuse, un acte de partage et de connexion profonde entre une mère et son bébé. Au début, la courbe de poids des bébés est surveillée de près, ainsi que le fait qu’ils mouillent leurs couches et fassent régulièrement des selles, ce qui rassure rapidement les jeunes mères sur le fait que leur production de lait est suffisante. Mais ensuite, au cours de l’allaitement, il peut arriver régulièrement que les mamans observent une baisse dans leur production de lait maternel. Ce phénomène passager est appelé « baisse de lactation ». Cet article a pour but d'explorer en profondeur ce phénomène, d'en identifier les causes potentielles et de proposer des solutions adaptées pour aider les mamans à surmonter cette difficulté et à poursuivre sereinement leur allaitement.
Qu'est-ce que la Baisse de Lactation ?
Une baisse de lactation est une diminution de la production lactée. Cette sensation de manque de lait voire d’arrêt de production du lait est fréquente, c’est d’ailleurs la deuxième cause d’arrêt précoce de l’allaitement. En effet, le corps répond à la loi de l’offre et de la demande. Plus le sein est drainé, plus il produit du lait. Moins il est drainé, de façon régulière et efficace, moins il produit. La maman ressent alors une diminution de sa production. Cela peut se traduire par des bébés dont la courbe de poids chute, qui s’agitent au sein ou qui ne décrochent jamais du sein.
Il est important de distinguer une impression de manque de lait d’une véritable baisse de lactation. Beaucoup de mamans qui allaitent consultent parce qu’elles ont le sentiment de ne plus avoir assez de lait maternel. Ces situations sont très fréquentes et correspondent le plus souvent à une lactation qui s’est régulée. Des seins plus souples ne signifient donc pas qu’ils sont « vides ». À l’inverse, une vraie baisse de lactation s’installe généralement de façon progressive et s’accompagne de signes objectifs chez le bébé.
Comment Savoir si Vous Subissez une Baisse de Lactation ?
Savoir si on subit une baisse de lactation n’est pas forcément toujours évident et peut être source d’inquiétude. Plusieurs signes peuvent indiquer que la production de lait maternel diminue. Souvent, on est alerté par un changement d’attitude de bébé lors des tétées. Il buvait comme un ange jusqu’à présent, et le voilà désormais agité et nerveux, ou ne semble jamais rassasié (bien sûr, plusieurs autres facteurs peuvent expliquer ces manifestations). Dans certains cas, une baisse de lactation peut aussi empêcher l’enfant de prendre du poids.
Pour vérifier si les tétées sont suffisantes, il est utile de surveiller deux paramètres : les couches de bébé et sa prise de poids. Le bébé doit, en effet, prendre régulièrement du poids. Pour s’en assurer, il ne faut pas hésiter à utiliser les courbes de croissance fournies dans le carnet de santé de l’enfant. Aux alentours des 4 à 6 semaines, le bébé peut faire moins de selles, mais cela reste un phénomène tout à fait normal, qui n’est pas forcément lié à la baisse de la lactation.
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Parfois, une diminution de la lactation peut également se manifester par une sensation de seins plus mous et une agitation de bébé après les tétées, comme s’il n’était pas rassasié.
Le comportement du bébé est un indicateur bien plus fiable que l’aspect de vos seins ou la quantité recueillie au tire-lait.
Certains signes, lorsqu’ils sont associés et persistants, peuvent indiquer une baisse de lactation réelle. *Ce repère dépend de l’âge, du contexte et du bébé. Ces signes ne doivent jamais être interprétés isolément. Par exemple, un bébé peut être très demandeur tout en recevant suffisamment de lait maternel. Un bébé qui tète souvent, qui réclame le sein pour se rassurer ou qui a des périodes de tétées groupées ne manque pas nécessairement de lait. De la même manière, un bébé qui pleure ne pleure pas toujours de faim.
Lorsqu’un doute s’installe, il est essentiel de ne pas tirer de conclusions hâtives. Un professionnel formé à l’allaitement maternel saura observer une tétée, analyser la courbe de poids et replacer les comportements du bébé dans leur contexte. Apprendre à observer son bébé avec des repères clairs permet de gagner en confiance.
Dans tous les cas, au moindre doute, il est nécessaire d’en parler à un médecin, une consultante en lactation ou une sage-femme. Ces derniers pourront prodiguer des conseils, voire recommander des aides à la lactation adaptées.
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Pourquoi la Lactation Diminue-t-elle ? Les Causes Possibles
Lorsqu’une baisse de lactation est réelle, elle n’apparaît jamais « par hasard ». Comprendre ces causes permet non seulement de mieux agir, mais aussi de sortir d’une vision culpabilisante de l’allaitement.
De nombreux facteurs peuvent influencer la production de lait maternel. En voici quelques-uns :
- Stimulation Insuffisante du Sein: La lactation répond à la loi de l’offre et de la demande. La quantité de lait maternel n’est pas décidée à l’avance. Elle ne dépend ni de la taille de la poitrine, ni de la « chance », ni d’une capacité figée ou, comme on l’entend souvent, « héréditaire ». À chaque fois que votre bébé tète, des capteurs situés au niveau du mamelon envoient une information à votre cerveau. Ce message déclenche la libération d’hormones qui vont permettre à la fois de fabriquer le lait et de le faire couler. Plus le bébé sera demandeur ou tétera, et plus la lactation sera stimulée. Cela peut se produire lorsque les tétées deviennent moins fréquentes, plus courtes ou lorsque le bébé ne stimule pas efficacement le sein. Un bébé peut téter souvent sans pour autant stimuler efficacement la lactation. Dans ces situations, le sein est moins bien drainé. Or, plus le lait reste longtemps dans le sein, plus le corps reçoit le message qu’il n’est pas nécessaire d’en produire davantage.
- Douleurs lors des Tétées: Les douleurs lors des tétées ont un double impact sur l’allaitement maternel. D’une part, elles peuvent freiner la libération d’ocytocine, rendant l’éjection du lait plus difficile. À terme, cette diminution de la stimulation peut influencer la lactation.
- Séparation avec le Bébé: Le corps ne fait pas la différence entre un bébé absent et un bébé qui n’a plus besoin de lait. Sans stimulation régulière, la production peut diminuer progressivement. Moins de tétées signifie moins de stimulation, donc un message moins fort envoyé au corps. Si des compléments sont nécessaires et que vous souhaitez protéger votre lactation, la section « Que faire concrètement en cas de baisse de lactation ?
- Reprise du Travail: La baisse de lactation après reprise du travail est une situation fréquente. Cette baisse n’est généralement pas immédiate, mais progressive.
- Fatigue et Stress: Une forte fatigue, un choc émotionnel, un deuil ou encore une dépression sévère peuvent avoir un impact sur la lactation. Une maman épuisée a parfois plus de mal à percevoir les signaux de son bébé, à se faire confiance ou à maintenir une stimulation régulière. Le stress chronique, une charge mentale trop importante et présente ou encore l’anxiété sont trois ennemis majeurs d’un bon allaitement. Veillez à vous reposer, à vous accorder une bonne nuit de sommeil, à faire des siestes en journée si vous le pouvez ou encore à confier les tâches ménagères à vos proches (préparation des repas, changement des couches, habillage du bébé…).
- Médicaments et Contraception: La prise de médicaments, comme certains diurétiques par exemple, peut avoir une influence sur la lactation. Certaines contraceptions orales sont difficilement compatibles avec l’allaitement. Certaines contraceptions hormonales peuvent influencer la lactation chez certaines femmes. Le site du CRAT pourra vous aider à vérifier la compatibilité allaitement/médicament.
- Alimentation Inadéquate: Une alimentation saine et équilibrée est très importante pendant l’allaitement. Certains aliments peuvent parfois diminuer la lactation. C’est le cas par exemple de l’oseille, de la sauge ou du persil, quand ils sont consommés en grande quantité. Si ces aliments sont consommés dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée, ils ne présentent pas de risque pour la lactation. Certains poissons gras d’élevage, comme le saumon ou le thon blanc, doivent être consommés avec précaution, car ils peuvent contenir des traces de polluant. Certains médecins préconisent aussi de consommer des produits galactogènes (non, ce n’est pas le nom d’une planète dans Star Trek), soit des aliments ayant un effet positif sur la production de lait maternel et la montée de lait. Dans cette liste, on retrouve les oléagineux, le malt d’orge, l’anis ou le cumin. Il est également important de souligner qu’aucun aliment ne doit être exclu totalement de l’alimentation au prétexte qu’il donne un goût au lait. Les régimes restrictifs doivent également être évités. En revanche, les excitants comme le thé ou le café doivent être consommés en petites quantités.
- Autres Situations: Il est également à noter que certaines situations, comme la survenue d’une nouvelle grossesse, peuvent diminuer la lactation. Lorsque les décisions sont prises dans l’urgence, et souvent sans compréhension du fonctionnement de la lactation, il est plus difficile de préserver l’allaitement dans la durée.
Comment Relancer, Stimuler et Booster la Lactation ? Les Solutions
Heureusement, plusieurs solutions existent pour relancer la lactation.
Quand une baisse de lactation est identifiée ou fortement suspectée, il est naturel de vouloir réagir rapidement. Cette envie est saine, mais elle doit être guidée par une bonne compréhension du fonctionnement de la lactation.
- Augmenter la Stimulation du Sein: La première action à envisager en cas de baisse de lactation consiste à augmenter la stimulation du sein. L’objectif n’est pas d’épuiser la maman, mais d’envoyer au corps un message clair : les besoins du bébé sont là. Il est important de rappeler qu’une stimulation efficace ne se mesure pas uniquement en nombre de tétées. Une tétée fréquente mais peu efficace peut entretenir une baisse de lactation. Plus le sein est stimulé, plus il va produire du lait. Ayez le réflexe d’inviter votre enfant à téter le plus souvent possible en lui proposant systématiquement vos deux seins.
- Améliorer la Position et la Prise du Sein: Allongée, assise, inclinée… Qu’importe la position d’allaitement dans laquelle vous allaitez et celle choisie pour votre bébé, il est essentiel de contrôler sa bonne prise du sein. Améliorer la position et la prise du sein permet souvent d’augmenter le transfert de lait maternel sans augmenter la fatigue. De nombreux professionnels de santé sont là pour vous aider à adopter les bons gestes et à mieux gérer les complications liées à l’allaitement (sages-femmes, consultantes en lactation, pédiatres, puéricultrices…).
- Peau à Peau: Le peau à peau n’est pas réservé aux premiers jours après la naissance. Le contact direct avec le bébé favorise la libération d’ocytocine, ce qui améliore l’éjection du lait. Une fois la tétée terminée, restez quelques instants avec votre enfant, confortablement installés en peau à peau.
- Compression des Seins: Pour simplifier l’éjection de votre lait maternel et éviter l’engorgement, n’hésitez pas à « comprimer » vos seins pendant l’allaitement. Commencez par placer votre pouce et index proches de votre mamelon,Appuyez en douceur vers l’intérieur de votre sein et de votre cage thoracique, tout en écartant vos doigts petit à petit.Rapprochez votre pouce et index vers votre mamelon.
- Tire-Lait et Power Pumping: Ajouter une séance de tirage après une tétée ou tirer son lait à distance du bébé en cas de séparation permet de maintenir ou d’augmenter la stimulation. Dans certaines situations, le tire-lait peut être très intéressant pour donner un coup de pouce à sa production de lait. Si l’on utilise un tire-lait parce que son bébé est trop petit pour bien prendre le sein (prématurité), l’idéal est de tirer son lait toutes les 3-4 heures, comme le ferait bébé au sein. Le recours au tire-lait et la méthode du Power Pumping : Pour en finir avec une baisse de lactation, on recommande de proposer des tétées fréquentes et/ou d’augmenter les stimulations à l’aide d’un tire-lait. On peut le choisir électrique et/ou à double pompage pour plus d’efficacité. L’essentiel est de trouver celui qui répond à ses besoins. On appelle “power pumping” la méthode qui consiste à booster sa lactation à l’aide d’un tire-lait. À l’origine, elle a été pensée pour les mamans de prématurés ne pouvant pas allaiter au sein et qui, au bout de plusieurs semaines, faisaient face à une baisse de lactation. 2 - Pendant une heure, tirez votre lait toutes les 20 minutes. Il est possible de le faire 1 à 2 fois par jour. Dans les deux cas, le power pumping doit être occasionnel et se faire au maximum sur 2-3 jours. Trouver rapidement la cause de la baisse de lactation et faire un point avec un professionnel formé permettra de choisir la méthode la plus adaptée pour augmenter sa lactation. Il est donc essentiel de ne pas se décourager face à des volumes jugés « insuffisants ».
- Repos et Gestion du Stress: Détendez-vous et favorisez le contact physique avec votre bébé (câlins, peau à peau). Proposez-lui le sein aussi souvent que possible, partout, tout le temps, autant que bébé le souhaite, y compris la nuit. Plus le sein sera drainé, plus il produira du lait. Mon premier conseil aux mamans qui subissent une baisse de lactation : si possible, reposez-vous au maximum ! De l’aide extérieure peut être la bienvenue pour soulager la charge mentale et/ou physique qui peut peser. En effet, le stress et la fatigue peuvent avoir un impact négatif sur la lactation : le corps produit alors moins d’ocytocine qui est une hormone indispensable au bon fonctionnement de l’allaitement. On peut aussi essayer les applications de cohérence cardiaque ou de méditation guidée pour apaiser le stress et favoriser un bon allaitement.
- Alimentation et Hydratation: L’alimentation a un rôle important dans la vie d’une jeune maman et d’autant plus pendant la période de l’allaitement où les dépenses caloriques sont plus élevées. Ne cherchez pas à vous mettre au régime pendant cette période et misez plutôt sur une alimentation riche et variée, sans oublier la notion de plaisir, ainsi qu’une bonne hydratation qui vous aideront à récupérer et à garder la forme. On peut aussi consommer des tisanes d’allaitement (à base de fenouil, anis vert, moringa) pour soutenir la lactation en deuxième intention. Ce n’est pas le moment de commencer un régime ou de se restreindre. On mise donc sur des légumes, des légumineuses, des protéines de bonne qualité (poissons gras, viandes blanches, oeufs….), des oléagineux (amandes, noix, noix du Brésil, noisettes…), sur des céréales complètes et des fruits. Il faut plus de 2 litres par jour pour une maman qui allaite, car l’eau, c’est l’ingrédient numéro un du lait. Et si l’on ne boit pas assez, la première des conséquences est de faire baisser la quantité de lait produite.
- Plantes Galactogènes: En plus du tire-lait, on peut utiliser des plantes dites “galactogènes”, c’est-à-dire qui vont venir stimuler et augmenter la production du lait. Si certaines tisanes à base de plantes ou d’épices peuvent être recommandées, il est essentiel de toujours les consommer avec précaution, car il peut exister des contre-indications ou des effets secondaires. Le fenugrec est une épice qui peut être consommée sous forme de tisane et qui a pour vertu de stimuler la lactation.
- Éviter les Compléments Alimentaires sans Avis Médical: Sauf avis médical, évitez de donner des compléments de lait à votre bébé en dehors de la tétée. Enfin, il est important de ne pas introduire des compléments alimentaires ou une supplémentation ou du lait maternisé sans avis médical, car ces solutions ne feront que diminuer la quantité de lait produite.
Allaitement Mixte : Une Option à Considérer
Dans le cadre d’un allaitement mixte, on fait gaffe à deux, trois points : ne pas commencer trop tôt (8 semaines après le début de l’allaitement pour que la lactation soit bien en place) et garder un nombre suffisant de tétées pour maintenir la lactation.
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L'allaitement mixte offre des avantages significatifs, mais il est important de peser ces avantages par rapport aux inconvénients. Cependant, il est important de noter que l'introduction de biberons peut parfois causer de la confusion pour le bébé, en particulier en ce qui concerne la technique de succion.
Pour mettre en œuvre l'allaitement mixte de manière efficace, il est essentiel de créer un plan adapté à votre situation spécifique. Lors de la mise en œuvre de l'allaitement mixte, il est également recommandé de travailler en étroite collaboration avec un professionnel de la santé, comme un consultant en lactation, pour s'assurer que le bébé reçoit une alimentation équilibrée et que la production de lait est optimisée.
Si, pendant cette période de baisse de régime, à la fin d’une tétée, votre bébé ne semble pas repu ou que sa courbe de poids chute, n’hésitez pas à compléter la tétée avec un biberon du lait maternel que vous avez pu tirer. Il est possible de compléter la tétée avec du lait maternel tiré, dans un contenant qui vous convient à tous les deux (tasse, cuillère, softcup, biberon…).
Baisse de Lactation et Tire-Lait : Démêler le Vrai du Faux
Le lien entre baisse de lactation et tire-lait revient très souvent. Beaucoup de mamans évaluent en effet leur production de lait maternel à la quantité recueillie lors d’un tirage. Lorsque le volume semble faible, le doute s’installe rapidement. Un tire-lait, même performant, n’est pas un bébé. Il est donc tout à fait possible de produire suffisamment de lait maternel pour son bébé et de recueillir des quantités modestes au tire-lait. Si votre question principale est « est-ce que mon bébé reçoit assez ? Le tire-lait devient problématique lorsqu’il est utilisé comme seul repère pour juger de la lactation. Chaque lactation est unique. Utilisé à bon escient, le tire-lait peut être un précieux allié. Dans ces situations, l’objectif principal n’est pas la quantité recueillie à chaque séance, mais le signal envoyé au corps.
L'Importance du Soutien Social et Professionnel
Le soutien social et professionnel est un élément clé pour faire face à la baisse de lactation et maintenir une expérience d'allaitement positive.
Le soutien du partenaire est inestimable lors de l'allaitement. Votre partenaire peut jouer un rôle vital en vous offrant un soutien émotionnel et pratique.
Les groupes de soutien à l'allaitement, qu'ils se réunissent en personne ou en ligne, sont d'excellentes ressources pour les mères qui font face à des problèmes de lactation.
Si les problèmes de lactation persistent malgré les efforts, il est essentiel de consulter un consultant en lactation. Ces professionnels formés peuvent fournir une évaluation personnalisée, des conseils spécifiques à votre situation, et des techniques pour améliorer la production de lait. Pour trouver une aide adaptée à votre situation (et idéalement près de chez vous), rendez-vous directement sur « Quand et pourquoi se faire accompagner ? Se faire accompagner ne signifie pas être jugée, ni être contrainte à poursuivre un allaitement à tout prix.
Le soutien social et professionnel est une source inestimable d'encouragement et d'expertise pour les mères qui allaitent.
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