Ayda Hadizadeh, figure montante de la politique française, incarne un parcours atypique et un engagement profond pour l'éducation et l'inclusion. Députée du Val-d'Oise, son histoire personnelle, marquée par l'exil et l'intégration, nourrit une vision singulière de la société et des défis auxquels elle est confrontée. Cet article explore son parcours, ses engagements politiques et sa vision pour l'avenir, en particulier en ce qui concerne la protection de l'enfance et le rôle des parents.
Un Parcours Marqué par l'Exil et l'Engagement
Née à Téhéran, Ayda Hadizadeh a fui le régime des mollahs avec sa mère en 1982, à l'âge de quinze mois. Cette expérience précoce de l'exil a profondément marqué son identité et son rapport à la France. Elle grandit à Saint-Ouen-l'Aumône, où elle devient adjointe à la Culture du maire socialiste.
Son engagement politique débute en 2007, lorsqu'elle adhère au Parti socialiste, séduite par la figure de Ségolène Royal. Elle met ensuite son expérience au service de l'Éducation nationale, travaillant plusieurs années à la direction générale de l'enseignement scolaire. En mars 2023, elle est nommée déléguée générale de l'association "Les oubliés de la République", qui œuvre pour l'insertion des populations exclues ou isolées.
En juin 2024, Ayda Hadizadeh est élue députée de la 2e circonscription du Val-d'Oise sous la bannière du Nouveau Front populaire (NFP). Son élection est facilitée par le désistement du député sortant Guillaume Vuilletet (Ensemble), qui préfère éviter une triangulaire avec le Rassemblement national.
L'Identité Française : Un Enjeu Central
Ayda Hadizadeh accorde une importance particulière à la question de l'identité française. Elle estime que la gauche doit se saisir de ce débat et ne pas en laisser le monopole à l'extrême droite. Pour elle, la France représente avant tout l'école de la République, un lieu où l'on apprend non pas quoi penser, mais comment penser. Elle loue également l'« esprit libertaire qui protège la France un peu plus que les autres du regain du religieux qui veut contrôler tous les aspects de notre vie et de nos pensées ».
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Forte de son expérience personnelle, elle affirme comprendre la culture française mieux que certains Français « de souche », car elle sait ce qu'elle lui doit. Elle n'hésite pas à déclarer qu'elle aime la France plus que l'extrême droite.
La Nécessité d'un Grand Récit pour la Gauche
Ayda Hadizadeh est convaincue que la gauche doit proposer un « grand récit » pour reconquérir le pouvoir. Elle critique la tendance à élaborer des « catalogues de propositions » qui ne suffisent pas à mobiliser les électeurs. Selon elle, l'extrême droite et Jean-Luc Mélenchon performent car ils ont chacun un récit, c'est-à-dire une explication simple pour faire comprendre pourquoi ça va mal et comment ça pourrait aller bien.
Elle estime que le récit de LFI oppose une partie de la population à une autre, en désignant les riches comme responsables de tous les maux. Elle propose plutôt de marteler que même les riches ne sont pas plus heureux dans une société avec davantage de misère. Elle considère que les socialistes doivent également se préoccuper de l'efficience des politiques publiques et réaliser des économies là où c'est nécessaire.
Protection de l'Enfance : Un Combat Prioritaire
La protection de l'enfance est au cœur des préoccupations d'Ayda Hadizadeh. Mère de deux enfants, elle est particulièrement sensible aux enjeux éducatifs et aux dangers auxquels sont confrontés les jeunes. Elle dénonce notamment l'omniprésence des écrans et leurs effets néfastes sur le développement des enfants.
L'Aide Sociale à l'Enfance (ASE) : Un Système à Réformer
Ayda Hadizadeh s'investit activement dans la lutte pour améliorer le système de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE). Elle est très fière d’être la « community organizer » avec Les Oubliés de la République de ce comité. Elle soutient la création d'un comité de vigilance des enfants placés, composé d'anciens enfants placés de tous âges et de tous horizons, afin de réveiller l'opinion publique et de faire connaître les dysfonctionnements de l'ASE. Elle est également impliquée dans la commission d'enquête sur les dysfonctionnements de l'ASE.
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Elle souligne que tous les enfants méritent une armée d’adultes responsables, protecteurs et aimants qui les accompagnent et les soutiennent pour qu’à leur tour, ils deviennent des adultes responsables, protecteurs et aimants. Elle salue le travail de Lyes LOUFFOK, qui lutte depuis plus de 15 ans pour faire connaître les dysfonctionnements de l'ASE et changer le système, ainsi que l'engagement de Gaëtan de Royer et Elina Dumont, qui œuvrent pour organiser et promouvoir la parole des premiers concernés.
La Proposition de Loi sur l'Interdiction des Smartphones aux Moins de 15 Ans
Face à l'omniprésence des smartphones chez les jeunes, Ayda Hadizadeh s'alarme des conséquences sur leur développement et leur éducation. Elle considère que les smartphones sont les seuls objets sur le marché sans aucune restriction et qu'ils constituent une « bombe à fragmentation éducative ».
Elle a donc déposé, avec le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, une proposition de loi visant à interdire la vente et l'usage des smartphones aux moins de 15 ans. L'objectif est de redonner aux parents un vrai levier et une limite claire à opposer à la pression commerciale et à l'argument du « tout le monde en a ».
Le Rôle Essentiel des Parents
Ayda Hadizadeh insiste sur le rôle essentiel des parents dans l'éducation des enfants. Elle rappelle qu'un enfant n’est pas un adulte miniature, mais un être en construction, entièrement dépendant du cadre affectif et éducatif dans lequel il grandit. Elle souligne que ce qui structure un enfant, ce n’est pas la crainte, mais le lien. Ce lien d’attention, d’écoute et de présence, qui rend possible une autorité juste, fondée sur la confiance, la constance et la bienveillance ferme.
Elle alerte sur le fait que le lien familial est attaqué de l’intérieur, notamment par les écrans, qui avalent le regard, coupent la parole et isolent chacun dans sa bulle. Elle rappelle qu'un enfant n’est pas fait pour être élevé par d’autres enfants, encore moins par des influenceurs en ligne, ou demain par une intelligence artificielle. Il a besoin d’un lien humain, incarné, vertical, asymétrique, protecteur.
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Elle estime qu'il est urgent que la société se demande comment aider les parents à retrouver leur rôle de parent. Pas en leur donnant des leçons, ni en les réduisant à des allocataires, mais en leur offrant du temps, du soutien et de la considération.
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