L'avortement est une procédure médicale qui met fin à une grossesse. Il existe différentes méthodes d'avortement, chacune ayant ses propres risques et considérations. Cet article se concentre sur l'avortement par injection saline, une méthode moins couramment utilisée aujourd'hui, et examine en détail la procédure, les risques potentiels et les alternatives disponibles.
L'Avortement par Injection Saline : Une Méthode Historique
L'avortement par injection saline, également connu sous le nom d'avortement par instillation saline, était une méthode utilisée principalement au deuxième trimestre de la grossesse. Elle consistait à injecter une solution saline concentrée dans le liquide amniotique entourant le fœtus.
Procédure
- Amniocentèse: La procédure commence par une amniocentèse, où une aiguille est insérée à travers l'abdomen de la femme dans la cavité amniotique.
- Remplacement du liquide amniotique: Une partie du liquide amniotique est retirée et remplacée par une solution saline hypertonique (très concentrée).
- Décès du fœtus: La solution saline provoque le décès du fœtus. On pensait que la solution saline brûlait la peau et les poumons du fœtus, entraînant une souffrance atroce pendant plusieurs heures. Le processus dure au minimum 6 heures, délai qui est fatal au fœtus.
- Travail et expulsion: La femme entre ensuite en travail et expulse le fœtus mort.
Risques et Complications Potentielles
L'avortement par injection saline est associé à plusieurs risques et complications potentiels pour la femme, notamment :
- Rétention placentaire: Le placenta peut ne pas être expulsé complètement, nécessitant une intervention chirurgicale pour le retirer.
- Hémorragie: Des saignements excessifs peuvent survenir, nécessitant une transfusion sanguine.
- Infection: Une infection de l'utérus ou d'autres organes pelviens peut se développer.
- Lésions utérines: L'utérus peut être perforé ou endommagé lors de l'insertion de l'aiguille.
- Complications liées à la solution saline: L'injection de solution saline peut entraîner une hypernatrémie (taux élevé de sodium dans le sang), une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) et d'autres complications graves.
- Déchirure utérine: Hypertonie utérine (risque de contracture, rupture utérine, et exceptionnellement rupture placentaire et embolie amniotique).
Alternatives à l'Avortement par Injection Saline
En raison des risques associés à l'avortement par injection saline, d'autres méthodes d'avortement sont maintenant plus couramment utilisées, en particulier l'avortement chirurgical et l'avortement médicamenteux.
Avortement chirurgical
L’avortement chirurgical (par aspiration) est pratiqué sous anesthésie générale ou locale. Après dilatation du col de l’utérus, on introduit dans l’utérus une canule (tube flexible) reliée à une pompe qui déchiquette et aspire l’enfant. L’intervention dure environ trente minutes, suivie d’un séjour hospitalier de quelques heures (en fonction du type d’anesthésie pratiquée).
Lire aussi: La pilule du lendemain après une IVG
Avortement médicamenteux
L’avortement médicamenteux est l’alternative la plus commune à l’aspiration utérine, mise en œuvre pour à peu près la moitié des avortements pratiqués en France aujourd’hui. Elle consiste en l’absorption d’un antiprogestérone stéroïdien (qui s’oppose à la poursuite de la grossesse), la pilule abortive RU 486 (Mifégyne®), associée à une faible dose de prostaglandine (Cervagème® ou Cytotec®) ; les prostaglandines sont des hormones (naturelles ou synthétiques) dont l’administration (comprimés, intraveineuses ou voie vaginale) déclenche un accouchement prématuré. La mère fait alors une « fausse couche ».
Considérations Psychologiques
Il est important de noter que toute forme d'avortement peut avoir des conséquences psychologiques pour la femme. Certaines femmes peuvent éprouver du chagrin, de la culpabilité, de l'anxiété ou de la dépression après un avortement. Il est essentiel que les femmes aient accès à un soutien émotionnel et à des conseils avant et après un avortement.
Témoignages
Il existe des témoignages poignants de femmes ayant vécu un avortement, qui soulignent les conditions psychologiques abominables dans lesquelles ces procédures peuvent se dérouler. Ces expériences peuvent laisser des cicatrices profondes et affecter les relations personnelles.
- Une femme décrit comment la pression de son entourage l'a poussée à avorter, la laissant avec un sentiment de perte et de tristesse persistants.
- Une autre femme se souvient des années 70, où l'avortement était présenté comme une libération pour les femmes, mais où elle ressentait un profond malaise et une tristesse collective parmi les femmes qui subissaient cette procédure.
- Certaines femmes expriment un sentiment de deuil profond, comme si elles avaient perdu une petite fille pour toujours, imaginant ce qu'aurait pu être sa vie.
Ces témoignages soulignent l'importance d'un accompagnement psychologique adéquat pour les femmes confrontées à la décision d'avorter et celles qui ont déjà subi un avortement.
Oxytocine et Interruption de Grossesse
L'oxytocine est une hormone qui joue un rôle important dans le travail et l'accouchement. Elle est parfois utilisée pour déclencher ou renforcer les contractions utérines lors d'un avortement. Cependant, l'utilisation d'oxytocine dans ce contexte est associée à des risques et nécessite une surveillance médicale étroite.
Lire aussi: Avortement et liberté des femmes en France
Précautions et contre-indications
- Le déclenchement du travail au moyen de l'ocytocine ne doit être tenté que lorsqu'il est strictement indiqué pour des raisons médicales plutôt que pour des raisons de commodité.
- L'administration ne doit se faire que dans des conditions hospitalières et sous la surveillance d'un médecin qualifiée.
- Il est essentiel de surveiller l'activité utérine et l'état du fœtus en continu, du début à la fin de l'accouchement, afin d'éviter une souffrance fœtale ou une hypertonie utérine réversible à la fin du traitement.
- L'administration d'oxytocine pendant le 1er stade du travail trop précoce ou dans un délai de moins d'une heure suivant une amniotomie, augmente le risque de césarienne.
- De plus le recours à de fortes doses d'oxytocine pendant le travail augmente également le risque d'hémorragie du post-partum y compris quand une prophylaxie par oxytocine a été administrée.
- Ce médicament doit être administré par perfusion IV et sous surveillance médicale très stricte.
- Pendant le déclenchement ou le renforcement du travail, l'administration d'ocytocine à des doses excessives ou l'augmentation des doses de manière trop rapprochée ou importante peuvent conduire à une hyperstimulation utérine qui peut provoquer une détresse fœtale, une asphyxie voire la mort du fœtus, ou peut conduire à une hypertonie, des contractions tétaniques ou une rupture de l'utérus.
- Il est essentiel de surveiller attentivement le rythme cardiaque du fœtus et la motilité utérine (fréquence, force et durée des contractions), afin d'adapter la posologie à la réponse individuelle.
Effets indésirables potentiels
L'oxytocine peut provoquer divers effets indésirables, notamment :
- Hypotension immédiate transitoire avec flush et tachycardie réflexe.
- Allongement de l’intervalle QTc.
- Très rarement, un effet anti-diurétique qui se manifeste par une intoxication par l’eau transitoire avec céphalées et nausées.
- Exceptionnellement, possibilité de rash, réaction anaphylactoïde, voire de choc anaphylactique.
- Hypertonie utérine (risque de contracture, rupture utérine, et exceptionnellement rupture placentaire et embolie amniotique).
Lire aussi: Tout savoir sur l'IMG
tags: #avortement #par #injection #saline #procédure #risques