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Avortement par Aspiration : Effets Secondaires, Procédure et Informations Essentielles

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), une décision personnelle et délicate, peut être réalisée de différentes manières. Parmi celles-ci, l'avortement par aspiration, aussi appelé IVG chirurgicale ou instrumentale, est une méthode courante. Cet article vise à fournir une information complète et détaillée sur cette procédure, ses effets secondaires potentiels, et les aspects importants à considérer.

Qu'est-ce que l'Avortement par Aspiration ?

L’IVG chirurgicale, ou instrumentale, est pratiquée au début d’une grossesse et jusqu’à la fin de la 14ème semaine de grossesse, soit 16 semaines après le début des dernières règles (Semaines d'Aménorrhée). Contrairement à l'IVG médicamenteuse, l'avortement par aspiration consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine. Elle consiste à aspirer (au moyen d’une canule introduite dans l’utérus) le contenu utérin. Le terme curetage ne correspond plus aux pratiques actuelles.

Comment se déroule l’IVG instrumentale ?

L’IVG instrumentale est possible jusqu’à la 14e semaine de grossesse (soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles). Elle est effectuée par un médecin ou, sous certaines conditions, par une sage-femme, en établissement de santé ou dans certains centres de santé autorisés. Après la réalisation des étapes d’information et recueil du consentement (qui peuvent être effectuées en téléconsultation) l’IVG peut être réalisée. Il s’agit d’une rapide intervention instrumentale pour aspirer l’œuf qui se trouve dans l’utérus après dilatation du col. Une canule de calibre adapté au stade de la grossesse est introduite par le professionnel de santé (médecin ou sage-femme) dans l’utérus pour aspirer le contenu utérin.

Préparation à l'intervention

L’aspiration peut être précédée par une préparation cervicale qui consiste en la prise de prostaglandine ou de mifépristone la veille au soir ou le matin de l’aspiration. Elle est recommandée pour les nullipares (femmes n’ayant jamais eu d’enfant) et pour les aspirations à partir de 10 semaines d’aménorrhée. Il est important d’informer les femmes qu’elle peut donc occasionner des saignements et douleurs (voir IVG médicamenteuses) et qu’il est possible de demander des antalgiques. Exceptionnellement, une dilatation mécanique du col par laminaires (Dilapan) est utilisée.

Anesthésie

Le choix de l’anesthésie locale ou générale pour une interruption de grossesse, en l’absence de contre-indications médicales, devrait être fait par la femme. Il est possible de réaliser une ivg chirurgicale sous anesthésie locale du col de l’utérus (injection de xylocaïne). Cette anesthésie peut alors être accompagnée du MEOPA, c’est-à-dire d’une inhalation de gaz qui produit une détente. Il sera parfois donné également un médicament à la patiente pour compléter la détente. Une consultation préalable est obligatoire pour une anesthésie générale. Pour rappel pour une anesthésie générale, il faut être totalement à jeun (nourriture solide et liquide) et ne pas avoir fumé. L’anesthésie, (injection d’analgésique), dure une vingtaine de minutes avec une surveillance de 1h à 2h après l’IVG en salle post interventionnelle (avec d’autres personnes opérées). Sauf exception, le temps d’hospitalisation est d’une demi-journée. Il est important de s’informer le plus tôt possible car le délai de rendez-vous de 5 jours pour une IVG chirurgicale recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS) peut être plus long en pratique.

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L’IVG instrumentale est-elle douloureuse ?

L’IVG instrumentale est toujours réalisée sous anesthésie générale ou locale. Si vous choisissez une anesthésie générale, vous êtes endormie et ne ressentez aucune douleur. Si vous choisissez une anesthésie locale vous êtes consciente lors de l’intervention. Un spéculum est mis en place pour voir le col et l’utérus et un produit d’anesthésie est injecté au niveau du col de l’utérus et de la partie haute du vagin. L’intervention débute quand l’anesthésie fait effet. En complément de l’anesthésie locale, des médicamentes antidouleurs sont donnés avant l’intervention afin de diminuer les sensations douloureuses liées aux contractions utérines. Une sensation de gêne peut être ressentie plus qu’une douleur.

Effets Secondaires et Suites de l'IVG par Aspiration

Après une IVG, parler, se sentir écoutée et soutenue peut s'avérer essentiel. N’hésitez pas à vous confier à une personne de confiance ou à en parler avec un professionnel de santé ou un psychologue.

Suites immédiates

Il est normal de subir les désagréments suivants pendant les premiers jours ou les premières semaines qui suivent une IVG médicamenteuse, chirurgicale ou instrumentale.Saignements, contractions, douleurs abdominales ou lombaires Désagréments hormonaux Diarrhées ou nausées causées par les antibiotiques (uniquement en cas d’IVG chirurgicale par aspiration ou d’avortement instrumental) Tension mammaire et/ou engorgement (lait)

Saignements et Douleurs

Pendant les jours qui suivent l’intervention, vous pouvez souffrir de maux de dos, de contractions et de saignements, comparables à ceux d’une menstruation normale. Souvent, les saignements les plus importants n’apparaissent que 4 à 7 jours après l’intervention et peuvent durer plus longtemps qu’une menstruation. Les saignements se terminent souvent par un écoulement brunâtre. Ils peuvent également être constitués de caillots. Les saignements peuvent disparaître un certain temps, puis reprendre, cela varie d’une femme à l’autre. Contre la douleur, vous pouvez prendre de l’ibuprofène, ou Aleve, éventuellement en association avec du paracétamol. Ne prenez pas d’aspirine. Lisez toujours attentivement les notices des antalgiques et respectez les quantités prescrites. Les douleurs après une IVG instrumentale sont liées aux contractions utérines. Ces douleurs sont comparables à des douleurs de règles qui peuvent être plus intenses que d’habitude. Des médicaments antidouleurs vous seront prescrits afin d’éviter ou soulager ces douleurs. Si ces douleurs sont trop importantes et/ou persistantes (malgré la prise de médicaments antidouleurs), contactez la structure au sein de laquelle l’IVG instrumentale a été pratiquée. Des saignements surviennent généralement à la suite de l’intervention. Ils peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils durent de quelques jours à 3 semaines.

Désagréments Hormonaux et Mammaires

Les symptômes de la grossesse disparaissent généralement en l’espace de quelques jours à deux semaines. Les hormones de la grossesse sont présentes dans votre organisme pour un certain temps encore, si bien que les tests de grossesse peuvent rester positifs jusqu’à trois ou quatre semaines après l’avortement. Si vous étiez enceinte depuis un certain nombre de semaines déjà, vos seins peuvent rester tendus et douloureux pendant quelque temps encore après l’intervention. Vous pouvez même souffrir d’un engorgement ou avoir des écoulements de lait. Le port d’un soutien-gorge serré (sans armatures) permet de réduire ces symptômes. Il ne faut surtout pas masser les seins. Les poches de glace peuvent aussi vous soulager. Vous pouvez éventuellement prendre un antalgique.

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Reprise des Menstruations

En général, les menstruations reprennent 4 à 6 semaines après l’intervention. Au début, elles peuvent être moins régulières qu’en temps normal. Sous pilule contraceptive, les règles reviennent généralement dès la fin de la première plaquette. Les premières règles sont souvent très différentes des menstruations habituelles. Elles sont soit beaucoup plus abondantes ou plus longues, soit beaucoup moins importantes et plus courtes.

Quand consulter un médecin ?

Si vous souffrez d’un ou de plusieurs effets secondaires énumérés ci-dessous, il faut toujours nous en informer ou consulter votre médecin traitant. Fièvre (plus de 38,5°C pendant plus d’une journée) Saignements abondants et douleurs. Ainsi, dans les jours suivant l’IVG, si vous présentez l’un ou plusieurs de ces symptômes/signes, vous devez alors rapidement contacter le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG, car cela peut être un signe de complication: • de la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C ;• des pertes très abondantes de sang ;• un malaise ; • de très fortes douleurs abdominales.

Complications Possibles

Les risques liés à l’IVG sont aujourd’hui très rares avec la médicalisation de l’IVG. Il peut également exister des risques IVG liés à l’anesthésie. Ce sont les mêmes que pour toute autre intervention (allergie, réaction aux produits anesthésiants) et sont donc rares. Une rétention après une IVG chirurgicale peut se produire. Il faudra alors prendre des antibiotiques et dans certains cas recourir à une nouvelle opération. En effet, il se peut que la grossesse n’ait pas été totalement aspirée. S’il est constaté tout symptôme inhabituel, saignement abondant après l’IVG par aspiration, douleur ou fièvre, il est primordial de contacter le lieu où l’IVG a été pratiquée pour un avis médical.

Lorsque l’IVG est réalisée dans de bonnes conditions (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.), comme c’est le cas en France, les complications sont peu fréquentes. Dans de rares cas, il est possible que des lésions au niveau du col de l’utérus ou de la paroi utérine surviennent au cours de l’intervention. Comme pour toute intervention, des complications liées à l’anesthésie peuvent survenir (allergie aux produits d’anesthésie par exemple). Ces complications sont rares et la consultation d’anesthésie préopératoire permet de réduire considérablement ces risques. Les complications suite à l’intervention sont les mêmes que pour l’IVG médicamenteuse : une hémorragie, une infection ou des douleurs persistantes malgré la prise de médicaments antidouleurs. Il est possible dans de très rares cas que la grossesse ne soit pas totalement aspirée. Dans cette situation, une seconde intervention peut parfois être nécessaire.

Afin de s’assurer de l’absence de complications post IVG, une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours suivant l’IVG.

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Impact sur la Fertilité

L' (IVG), réalisé dans de bonnes conditions (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.) comme cela est possible en France, n'a pas d'impact sur la fertilité de la femme. D’ailleurs, vous pouvez très vite tomber enceinte de nouveau. C’est pourquoi le choix d’une méthode contraceptive est abordé au cours de la procédure d'IVG. Un test de grossesse peut rester positif jusqu’à trois semaines après une IVG. C’est l’échographie réalisée lors de la consultation de contrôle qui permet de confirmer l’arrêt de la grossesse.

IVG Médicamenteuse vs. IVG Instrumentale : Comparaison

Il est possible d’interrompre une grossesse non désirée par voie médicamenteuse ou par une aspiration chirurgicale.

Quelles différences entre l’IVG médicamenteuse et l’IVG instrumentale ?

Toutes les étapes préalables à l’IVG sont les mêmes quelle que soit la méthode.

Demander l'interruption de sa grossesse

Formuler sa demande Prendre rendez-vous avec un médecin (généraliste ou gynécologue) ou une sage-femme en cabinet de ville, en établissement de santé (hôpital ou clinique), dans un centre de santé sexuelle (ex centre de planification et d’éducation familiale) ou un centre de santé. En présentiel, ou à distance si votre professionnel de santé le propose.

Le temps d'information

Information par le médecin ou la sage-femme sur les différentes méthodes d’IVG (instrumentale et médicamenteuse), les lieux de réalisation et sur les risques et les effets secondaires possibles. Remise d’un dossier guide par le médecin ou la sage-femme reprenant l’ensemble de ces informations auquel vous pourrez vous référer à tout moment. Proposition de réaliser un entretien psycho-social (obligatoire si vous êtes mineure). Délivrance d’une attestation de consultation médicale, pour certifier que cette première étape d’information a bien eu lieu.

Le temps de recueil du consentement et du choix de la méthode

Remise de votre consentement écrit pour la réalisation de l’avortement au médecin ou à la sage-femme. Choix concerté de la méthode d’IVG et du lieu de réalisation. Échange et prescription de la méthode contraceptive à mettre en place après l’IVG, si vous en avez besoin. Proposition de réalisation ou prescription d’un dépistage des infections sexuellement transmissibles, dont l’infection par le VIH, ainsi qu’un dépistage du cancer du col de l’utérus si vous n’êtes pas à jour de ce dernier. Bon à savoir : Il n’existe plus de délai de réflexion minimal entre le temps d’information et le recueil du consentement. Ils peuvent avoir lieu au cours d'une seule et même consultation si vous êtes majeure. Vous prenez le temps de réflexion que vous jugez nécessaire pour votre décision, en tenant compte du délai légal pour la réalisation de l’IVG (14 semaines de grossesse).

La consultation psycho-sociale

Qui peut la réaliser ? Obligatoire pour les mineures entre le temps d’information et le recueil du consentement. Optionnelle pour les majeures, elle peut être réalisée à tout moment. Comment cela se déroule ? A lieu dans un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS) (anciennement appelé établissement d’information, de consultation ou de conseil familial (EICCF)), un centre de santé sexuelle (anciennement centre de planification ou d’éducation familiale), un service social ou un autre organisme agréé, avec un professionnel qualifié ou une professionnelle qualifiée en conseil conjugal et familial. Vous pouvez demander un rendez-vous en présentiel, ou à distance (si cela vous est proposé). Au cours de cet entretien il vous sera proposé un accompagnement sur le plan social et/ou psychologique en fonction de vos besoins. Il n’existe plus de délai minimal de réflexion entre la consultation psycho-sociale et la réalisation de l’IVG.

Comparatif des deux méthodes

CaractéristiqueIVG MédicamenteuseIVG Instrumentale
Jusqu'à quand ?7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d'aménorrhée.14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée.
Avec quel professionnel ?Médecin ou sage-femme.Médecin, ou sage-femme sous certaines conditions.
Où ?En cabinet, En centre de santé sexuelle, En centre de santé, En établissement de santé.En établissement de santé, Dans certains centres de santé.
Comment ?Prise de deux médicaments à 24-48h d’intervalle en présence du professionnel de santé (au sein du cabinet ou de la structure où exerce le professionnel ou lors d’une téléconsultation) ou seule à votre domicile.Au cours d’une courte hospitalisation : introduction d’une canule souple de calibre adapté par le col de l’utérus pour aspirer le contenu de l’utérus.
Et la douleur ?Pas d'anesthésie mais prescription d'anti-douleurs systématique.Anesthésie locale ou générale selon votre souhait et en accord avec le professionnel de santé qui réalise l’intervention. En cas d’anesthésie générale il sera nécessaire de réaliser préalablement une consultation avec un médecin anesthésiste.
Quelle durée totale ?Variable. A partir de la prise du second médicament la grossesse est évacuée dans les 4h dans environ 60% des cas. Dans 40% des cas l’évacuation de la grossesse aura lieu dans les 24 à 72h.L’intervention est rapide et dure entre 15 et 20 minutes. Après l’intervention, il est nécessaire de rester sous surveillance quelques heures dans l’établissement ou le centre de santé.
Consultation de suivi ?14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications.14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications.
Taux de succès95%99,7%
Quels sont les effets indésirables ?Douleurs plus intenses que des douleurs de règles liées aux contractions utérines, généralement après la prise du second médicament. Possible troubles gastro-intestinaux. Saignements plus abondants que des règles habituelles pendant quelques jours.Douleurs de règles liées aux contractions utérines après l’intervention. Saignements plus abondants que des règles habituelles à la suite de l’intervention pendant quelques jours.
Certaines étapes sont-elles réalisables en téléconsultation ?Toutes les étapes sont réalisables en téléconsultation.Les étapes préalables à l’IVG et la consultation de suivi sont réalisables en téléconsultation.

Soutien et Accompagnement

Après une IVG, il est crucial de se sentir soutenu. N’hésitez pas à vous confier à une personne de confiance, un professionnel de santé ou un psychologue. Vous pouvez aussi contacter l’antenne du la plus proche de chez vous ou le numéro vert national "IVG, Sexualité" (par téléphone ou via le tchat) afin d’être orientée vers des associations légitimes et adéquates, et/ou vers un psychologue. Vous pouvez également vous rendre dans un centre de santé sexuelle ou un Espace vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). Outil interactif, anonyme et gratuit, le tchat vous met en contact direct avec une personne compétente qui pourra répondre à vos questions, vous informer et vous orienter.

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