L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est un sujet de société complexe et sensible. En France, l'accès à l'IVG est un droit encadré par la loi, et plusieurs établissements de santé, dont l'Hôpital Femme-Mère-Enfant (HFME) à Lyon, jouent un rôle essentiel dans sa mise en œuvre. Cet article vise à fournir des informations claires et complètes sur l'IVG, en particulier dans le contexte du HFME et des autres structures de la région lyonnaise, tout en abordant les aspects médicaux, psychologiques et sociaux liés à cette démarche.
L'IVG médicamenteuse : une alternative à la méthode chirurgicale
L'IVG peut être réalisée par deux méthodes principales : médicamenteuse et chirurgicale. L'IVG médicamenteuse, qui utilise des médicaments pour interrompre la grossesse, a connu une histoire mouvementée en France. La mifépristone, connue initialement sous le nom de RU-486, a été mise au point dès 1982, mais sa commercialisation a été retardée en raison de l'opposition des groupes anti-IVG. Ce n'est qu'en 1988, grâce à la pression du ministre de la Santé, que le médicament a été autorisé en France.
Initialement réservée aux hôpitaux pour les grossesses de moins de 7 semaines d'aménorrhée (SA), l'IVG médicamenteuse a ensuite été étendue à la médecine de ville en 2001 grâce à la loi Aubry. Cette évolution a été motivée par des études montrant qu'une hospitalisation n'était pas toujours nécessaire et que l'avortement "à domicile" convenait à certaines femmes.
Le rôle pionnier du Planning Familial et de l'HFME
Malgré l'autorisation de l'IVG médicamenteuse en médecine de ville, les centres de planification familiale ont longtemps été exclus de ce dispositif. Pourtant, ces centres disposaient de nombreux atouts : présence de médecins au sein d'une équipe pluridisciplinaire, expérience de l'accompagnement en matière d'IVG, et prise en charge globale des personnes (écoute, suivi gynécologique, contraception, aspect social).
Dès 2004, le Planning Familial du Rhône (Planning 69) s'est engagé à faire évoluer la loi pour permettre la pratique de l'IVG dans ses centres. Après plusieurs années de formation, d'intégration de cette nouvelle activité et de négociations, le Planning 69 a finalement signé une convention avec l'Hôpital Femme-Mère-Enfant (HFME) en 2007, à titre expérimental. Cette initiative a permis d'évaluer le vécu des femmes ayant recours à l'IVG dans un centre de planification, en prenant en compte les aspects médicaux, l'accueil et le choix de la méthode.
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Le Planning Familial a joué un rôle essentiel dans la promotion de l'IVG en centre de planification et d'éducation familiale (CPEF), qui a finalement été autorisée en 2009. Cette nouvelle mission est inscrite dans les textes comme une possibilité et non comme une obligation, laissant aux conseils départementaux la liberté de s'engager ou non sur ce sujet.
L'IVG à l'Hôpital Femme-Mère-Enfant (HFME) : une prise en charge spécialisée
L'Hôpital Femme-Mère-Enfant (HFME) est un établissement entièrement dédié au couple, à la mère et à l'enfant. Il offre une prise en charge complète en matière d'IVG, grâce à une équipe pluridisciplinaire composée de secrétaires, d'infirmières, de médecins, de conseillères conjugales et familiales et de psychologues. Le pôle couple nouveau-né du HFME propose toutes les prises en charge liées à la grossesse, pathologique ou non, au sein d'une maternité de dernière génération. Le service de médecine de la reproduction traite les pathologies de l'infertilité et accompagne les familles dans des projets de procréation médicalement assistée.
L'accès à l'IVG dans l'agglomération lyonnaise
Dans l'agglomération lyonnaise, plusieurs établissements, outre l'HFME, proposent des services d'IVG, notamment le centre hospitalier Lyon-Sud et l'hôpital de la Croix-Rousse. En moyenne, il faut compter une semaine pour obtenir un rendez-vous. L'hôpital public assure la majorité des IVG, tandis que le secteur privé n'en réalise qu'environ 15 %.
La loi française autorise l'IVG jusqu'à la fin de la douzième semaine de grossesse, soit quatorze semaines après le début des dernières règles. Seule la femme concernée peut en faire la demande, et seul un médecin est habilité à la pratiquer. Cependant, il est parfois difficile de trouver des médecins acceptant de pratiquer l'IVG, en particulier pendant les périodes de vacances.
Les défis de l'IVG : accès, délais et conscience professionnelle
L'accès à l'IVG peut être entravé par plusieurs facteurs, tels que la grève dans les cliniques privées, le refus de certains médecins de pratiquer l'IVG pour des raisons éthiques ou salariales, et la désaffection des médecins dans les services publics. Les centres d'orthogénie, comme celui de la Croix-Rousse, peuvent être confrontés à une augmentation des demandes sur les délais limites, ce qui les oblige à réorienter les patientes vers d'autres centres.
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Les délais d'attente peuvent varier en fonction des établissements et du type d'IVG. À l'hôpital Édouard Herriot, par exemple, il faut compter une semaine pour une IVG médicamenteuse, mais trois semaines pour une aspiration. En cas d'IVG tardive (entre 12 et 14 semaines de grossesse), les patientes sont orientées vers le centre hospitalier Lyon Sud, l'un des rares à pratiquer cette intervention à Lyon.
Il est important de noter que les rendez-vous pour les IVG sont donnés en fonction de l'avancement de la grossesse. Ainsi, si la grossesse est peu avancée, le temps d'attente peut être plus long, ce qui permet à la patiente de mûrir sa décision.
Les complications et l'accompagnement psychologique
Bien que l'IVG soit un acte médical sûr, il n'est pas sans risque. Les complications peuvent aller de simples saignements à la stérilité, bien que ces cas soient rares. Il est également important de prendre en compte les conséquences psychologiques potentielles de l'IVG.
C'est pourquoi un suivi psychologique est systématiquement proposé avant et après l'opération aux femmes qui le souhaitent. Les entretiens avec une infirmière ou une conseillère d'éducation familiale permettent d'aborder les questions et les inquiétudes de la patiente, et de l'accompagner dans sa réflexion.
La prévention : un enjeu majeur
La meilleure façon d'éviter l'IVG reste la prévention, notamment par l'utilisation de moyens de contraception fiables. Le docteur Marie-Hélène Renault des Hospices civils de Lyon rappelle que la pilule est, à l'heure actuelle, le moyen de contraception le plus fiable. Il est donc essentiel de promouvoir l'accès à la contraception et l'éducation sexuelle, afin de permettre aux femmes de choisir leur maternité de manière éclairée.
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Informations pratiques : où pratiquer une IVG à Lyon et dans le Rhône ?
Voici une liste de quelques centres d'orthogénie dans le Rhône, où il est possible de pratiquer une IVG :
- Hôpital Édouard-Herriot : 0 820 0820 69. Interruption volontaire de grossesse : 04 72 11 77 38.
- Hôtel-Dieu : 0 820 0820 69.
- Centre hospitalier Lyon Sud : 0 820 0820 69
- Hôpital de la Croix-Rousse : 0 820 0820 69.
- Centre hospitalier de Tarare : 04 74 05 46 46.
- Centre hospitalier Montgelas (Givors) : 04 78 07 30 30.
- Clinique Montplaisir : 0 826 304 304.
- Centre hospitalier Sainte-Foy-lès-Lyon : 0 826 10 13 93.
- Clinique de l’Union (Vaulx-en-Velin) : 04 78 79 47 00.
- Clinique Champ-Fleuri (Décines-Charpieu) : 04 72 05 49 49.
- Polyclinique du Beaujolais (Arnas) : 04 74 65 66 66.
- Centre hospitalier de Villefranche-sur-Saône : 04 74 09 29 29.
- Polyclinique Pasteur (Saint-Priest) : 0 826 304 304.
Une permanence régionale téléphonique d'information IVG est également disponible au 0810 810 714 (n° azur).
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