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Avortement Enzootique des Brebis: Causes, Symptômes et Traitement

Introduction

L'avortement enzootique des brebis, également connu sous le nom de chlamydiose abortive, est une maladie infectieuse qui affecte la reproduction des brebis. Elle est causée par la bactérie Chlamydia abortus (anciennement Chlamydia psittaci, variété ovis). Cette maladie peut entraîner des pertes économiques importantes pour les éleveurs en raison des avortements et de la diminution de la production d'agneaux.

Agent causal et transmission

Caractéristiques de Chlamydia abortus

Chlamydia abortus est une bactérie intracellulaire obligatoire, ce qui signifie qu'elle ne peut se reproduire qu'à l'intérieur des cellules hôtes. Elle possède la particularité de pouvoir développer des formes de survie s’apparentant à des spores (pseudospores bactériennes), résistantes dans l’environnement ainsi qu’à des désinfectants chimiques. Elle peut ainsi persister plusieurs mois dans le sol, le fumier et les poussières.

Modes de transmission

Les animaux s’infectent principalement par voie respiratoire (inhalation d’aérosols contaminés par contact direct avec les placentas, les produits de la mise bas ou les avortons ou par contact indirect entre congénères). L’infection évolue souvent de manière inapparente. Les animaux infectés, avec ou sans symptôme, peuvent excréter la bactérie dans les produits de la mise bas (notamment dans les élevages où de nombreux avortements dus à la fièvre Q se produisent), les secrétions vaginales, les déjections et le lait. L’excrétion est intermittente ou continue, et peut durer plusieurs mois.

Symptômes

L'avortement est le principal symptôme de la chlamydiose abortive chez les brebis. Les avortements se produisent généralement dans les deux derniers mois de gestation. Les brebis peuvent également mettre bas normalement, donnant naissance à des petits sans anomalie ou à des agneaux prématurés. Dans certains cas, les agneaux peuvent développer une pneumonie, une arthrite ou une conjonctivite.

Diagnostic

Le diagnostic de la chlamydiose abortive peut être réalisé par différents moyens :

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  • Examen des placentas et des avortons: La présence de lésions caractéristiques sur le placenta, telles qu'un exsudat, peut suggérer une infection à Chlamydia abortus. Cependant, le placenta peut être autolysé, ce qui rend le diagnostic plus difficile.
  • Tests de laboratoire: Différents tests peuvent être utilisés pour confirmer le diagnostic, tels que la PCR (réaction en chaîne par polymérase) pour détecter l'ADN de la bactérie ou des tests sérologiques pour détecter les anticorps contre Chlamydia abortus. Il est important de noter que les anticorps peuvent être détectés après un avortement chlamydophilique ou lors de la mise bas, moment où le taux d’anticorps est maximal.
  • Diagnostic différentiel: Il est important d'exclure d'autres causes d'avortement chez les brebis, telles que la toxoplasmose, la fièvre Q et la listériose.

Traitement

L'oxytétracycline est un antibiotique bactériostatique qui inhibe la synthèse protéique chez les bactéries sensibles. Dans la cellule, elle se fixe irréversiblement sur des récepteurs de la sous-unité 30S du ribosome bactérien et interfère sur la liaison de l’aminoacyl-ARNt au site accepteur sur le complexe ribosome-ARN messager. Ceci empêche efficacement l’addition d’acides aminés à la chaîne peptidique en élongation, inhibant la synthèse protéique.

L’oxytétracycline s’est révélée active in vitro contre les espèces bactériennes suivantes : Bordetella bronchiseptica, Trueperella pyogenes, Erysipelothrix rhusiopathiae, Escherichia coli, Mannheimia haemolytica, Pasteurella multocida, Staphylococcus aureus, Streptococcus agalactiae et Streptococcus uberis.

On a identifié de multiples gènes qui interviennent dans la résistance aux tétracyclines, gènes qui peuvent être transférés entre les bactéries pathogènes et non pathogènes par le biais de plasmides ou de transposons. Les mécanismes de résistance les plus communs passent soit par l’élimination de l’antibiotique de l’organisme par des pompes à efflux dépendantes de l’énergie, soit par une protection du ribosome par une inhibition de sa liaison à des sites cibles modifiés. La résistance à une tétracycline confère une résistance croisée à l’ensemble des antibiotiques de cette classe.

De nombreux agents pathogènes vétérinaires présentent une résistance à l’oxytétracycline ; toutefois, la prévalence de la résistance varie considérablement d’un endroit à un autre. En ce qui concerne les isolats vétérinaires, la concentration critique est ≤ 2 µg/mL pour les pathogènes respiratoires bovins et ≤ 0,5 µg/mL pour les pathogènes porcins.

La posologie recommandée est de 20 mg d'oxytétracycline par kg de poids vif (soit 1 mL de médicament vétérinaire par 10 kg de poids vif). Il est recommandé d’utiliser le médicament vétérinaire en administration unique seulement.Le bouchon peut être perforé sans risque jusqu’à 35 fois.

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Prévention

Vaccination

La vaccination est une mesure préventive efficace contre la chlamydiose abortive. Le vaccin Ovilis Chlamydia est un vaccin vivant atténué qui permet une immunisation active des brebis contre la chlamydiose abortive afin de réduire les avortements dus à Chlamydia abortus et son excrétion. Une dose de 2 mL est administrée par voie sous-cutanée ou intramusculaire, un mois avant la saison de lutte. La protection porte sur les 3 saisons de reproduction suivant la vaccination.

Il est important de noter que des investigations moléculaires ont révélé la présence possible de la souche vaccinale 1B dans des placentas récoltés lors de cas d’avortement enzootique de brebis vaccinées avec Ovilis Chlamydia. Bien que le lien de causalité n’ait pas été formellement établi, la possibilité que la souche vaccinale puisse être à l’origine d’avortements ne peut toutefois pas être exclue en l’état actuel des connaissances. Ce point doit être pris en considération lors de l’analyse bénéfice/risque menée par le vétérinaire avant la prescription du vaccin, et plus particulièrement dans les élevages où la pression infectieuse liée à Chlamydia abortus est faible.

Il ne faut pas utiliser le vaccin chez les femelles en gestation ou chez les animaux présentant une hyperthermie.

Mesures d'hygiène

Des mesures d'hygiène rigoureuses peuvent aider à prévenir la propagation de la maladie. Il est important d'isoler les brebis qui avortent, d'éliminer correctement les placentas et les avortons, et de désinfecter les locaux.

Autres maladies abortives à considérer

Il est important de considérer d'autres maladies abortives qui peuvent affecter les brebis, telles que :

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  • La Fièvre Q: Les séries d’avortements dues à la fièvre Q sont probablement plus fréquents chez les caprins et les ovins. Les animaux infectés, avec ou sans symptôme, peuvent excréter la bactérie dans les produits de la mise bas, les secrétions vaginales, les déjections et le lait.
  • La Maladie Hémorragique Épizootique (MHE): La MHE est une maladie non contagieuse. La transmission du virus EDH (ou EHDV) est exclusivement assurée par la piqûre infectante des moucherons piqueurs de type Culicoïdes (comme la FCO). L’impact sur la reproduction n’est pas encore bien défini. Les ovins et les caprins peuvent s’infecter, ils sont réceptifs à la maladie, mais il ne semble pas exprimer de signes cliniques et ne sont pas malades.

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