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Avortement et Addictions : Causes et Conséquences

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), ou avortement, est un sujet complexe qui suscite de nombreux débats, allant des questions d'éthique aux considérations de santé publique. Cet article explore l'IVG sous l'angle de la santé publique, en mettant en lumière les causes, les conséquences physiques et psychologiques, ainsi que le lien potentiel avec les addictions. Il est essentiel de noter que l'IVG soulève des questions éthiques importantes concernant le statut de l'embryon, le droit à la vie, le rôle du père et la liberté des personnels soignants.

Introduction

L'avortement est un acte qui met fin à une grossesse et qui peut avoir des conséquences importantes pour la santé des femmes, tant sur le plan physique que psychologique. Bien que l'IVG soit légale dans de nombreux pays, elle reste un sujet de débat passionné, avec des opinions divergentes sur sa moralité, son impact sur la société et ses effets sur les femmes qui y ont recours.

Conséquences Physiques de l'IVG

Les conséquences physiques de l'IVG peuvent être variées et dépendent de la méthode utilisée (médicamenteuse ou chirurgicale) et du stade de la grossesse.

Syndrome du Cinquième Jour

Le syndrome du cinquième jour est une complication qui concerne uniquement l'IVG par aspiration. Il se manifeste par des douleurs, parfois accompagnées de fièvre, de saignements et/ou de caillots.

Risques Infectieux

Les infections, notamment à chlamydiae et les endométrites post-abortum, représentent le risque le plus fréquent après une IVG, touchant 1 à 5 % des cas. Ces risques peuvent augmenter en fonction du trimestre de la grossesse. Le site de la Fédération du Planning Familial américain reconnaît également la possibilité de tels risques.

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Risque de Mortalité Maternelle

Contrairement à l'idée répandue selon laquelle les pays ayant des taux de mortalité maternelle élevés sont ceux où l'avortement est restreint, les statistiques montrent parfois le contraire. À niveau de développement équivalent, les pays limitant l'avortement peuvent avoir des taux de mortalité maternelle plus faibles. L'exemple du Chili, où l'interdiction de l'avortement en 1989 a été suivie d'une diminution de moitié du taux de mortalité maternelle, illustre ce point.

Risque d'Accouchement Prématuré

Des études suggèrent que les femmes ayant déjà avorté présentent un risque accru d'accoucher prématurément lors de grossesses ultérieures. Le site Gènéthique mentionne des études indiquant que les femmes ayant déjà avorté ont 37 % de risques en plus d’accoucher plus tard d’enfants prématurés, et 64 % de risques en plus d’accoucher d’un grand prématuré, à moins de 32 semaines de grossesse. L'allongement du délai légal pour avorter en France peut également augmenter les risques de complications lors de futures grossesses, en raison de la nécessité de dilater davantage le col de l'utérus.

Risque de Cancer du Sein

La question du lien entre l'avortement et le risque de cancer du sein reste controversée. Certaines études suggèrent que l'avortement pourrait affaiblir le tissu musculaire des seins, augmentant ainsi la sensibilité aux cellules cancérigènes. D'autres études mettent en avant le rôle des hormones sécrétées pendant la grossesse et la chute brutale de ces niveaux hormonaux après un avortement.

Conséquences Psychosomatiques de l'IVG

Les conséquences psychosomatiques de l'IVG se manifestent par des problèmes de santé physique provoqués par la souffrance psychique. Le Docteur Pascale Pissochet mentionne des témoignages de migraines, des troubles fonctionnels abdominaux, des douleurs abdominales, des troubles du sommeil et des troubles de la sexualité. Ces problèmes de santé sont réels et ne doivent pas être confondus avec l'hypocondrie.

Conséquences Psychiques et Psychiatriques de l'IVG

Les conséquences psychiques de l'IVG peuvent être profondes et durables. Le Docteur Pissochet parle de « rupture du cheminement naturel maternel », soulignant la souffrance liée à la perte de l'enfant et au vide laissé par son départ.

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Deuil et Difficulté à Faire le Deuil

L'avortement, comme la fausse couche, entraîne un deuil. Ce deuil peut être rendu plus difficile lorsque la réalité de la perte est niée par l'entourage. Le corps du défunt a été éliminé et n'a souvent pas été vu par la mère.

Risque de Troubles Psychiatriques

Les femmes ayant avorté présentent un risque accru d'être hospitalisées en psychiatrie dans les trois mois suivant l'accouchement ou l'avortement. Le risque de dépression est également plus élevé. Les femmes ayant avorté présentent un risque d’être hospitalisées en psychiatrie dans les trois mois suivant l’accouchement ou l’avortement, de 53 % plus élevé que les femmes ayant porté leur enfant à terme. Le risque de dépression est de 37 % plus élevé (ou de 65 %, selon une autre étude). Sans antécédents psychiatriques, les risques d’auto-mutilation sont de 70 % plus élevés pour les femmes ayant mis fin à leur grossesse que pour les femmes qui ont accouché.

Risque de Suicide

Les femmes ayant avorté se suicident plus que les autres femmes, tandis que celles qui ont accouché d'un enfant se suicident moins que la moyenne des femmes. Les femmes ayant avorté se suicident plus que les autres femmes (155 % plus), tandis que celles qui ont accouché d’un enfant se suicident moins que la moyenne des femmes.

Autres Troubles Psychiques

Les femmes ayant avorté sont plus souvent sujettes à la tristesse, aux pleurs, aux peurs irraisonnées, aux attaques de panique et aux changements brusques d'état émotionnel. Elles peuvent avoir des difficultés à exprimer leurs émotions et développer un état de stress post-traumatique.

Sentiments de Honte, de Remords et de Culpabilité

Certaines femmes avaient déjà conscience de faire du mal au moment de l'acte. Pour les autres, il est bien entendu souhaitable qu’elles prennent conscience que leur acte n’était pas bon. Les femmes qui en avaient déjà conscience, et celles qui prennent conscience de la portée de l’acte d’avortement, peuvent éprouver des sentiments de honte, de remord, de culpabilité, voire des idées noires. Elles sont parfois saisies par le souvenir de l'IVG, qui les fait profondément souffrir. Leur souffrance peut être d'autant plus grande quand elles ont vécu plusieurs avortements.

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Avortement et Addictions

Pour faire face à leurs souffrances psychiques et à leurs remords, certaines femmes tombent dans l'addiction à des substances anxiolytiques : médicaments, tabac, alcool, drogues. Une étude canadienne confirme que les risques de dépendance à la drogue et à l'alcool sont plus élevés respectivement de 142 % et de 287 % pour les femmes ayant avorté que pour celles ayant mené leur grossesse à terme.

Addiction à l'Avortement

Malheureusement, il existe aussi une forme d'addiction à l'avortement. La souffrance même vécue dans cet acte peut conduire certaines femmes à le reproduire, comme pour essayer de changer ce qu'elles ont vécu, ou pour se donner la preuve que ce n'est pas un acte grave. Certaines sont comme écartelées entre leur désir de maternité et leur sentiment qu'il est impossible de vivre celle-ci. Cette répétition compulsive de l'avortement concernerait 45 % des avortements. Les conséquences psychiques et physiques d'une multiplication des avortements peuvent être très graves.

Impact sur la Famille

Conséquences sur les Enfants Nés Après un Avortement

La naissance d'un enfant ne compense pas un avortement passé. Par ailleurs, si la mère vit une dépression ou d'autres troubles psychiatriques suite à son avortement, cet état peut avoir des conséquences sur la relation avec ses enfants, et même nuire à l'attachement à un nouveau bébé et conduire parfois à de la maltraitance. La maltraitance commise par une mère ayant avorté peut s'accompagner de paroles destructrices, comme : « C'est toi que j'aurais dû avorter ! ».

Syndrome du Survivant chez les Frères et Sœurs d'Enfants Avortés

Les frères et sœurs d'enfants avortés sont confrontés à la souffrance portée par leur mère et peut-être par leur père. Mais, quand ils apprennent l'existence de cet avortement, ce qui est nécessaire à un moment de leur vie, ils sont confrontés au choc du fait que l'un des membres de la fratrie a été éliminé par les parents. L'une des questions qui peut les perturber est : « Et si ça avait été moi ? », et donc « Est-ce que maman s'est posé la question pour moi ? ». Le syndrome du survivant que peuvent vivre les frères et sœurs d'enfants avortés entraîne parfois des troubles psychologiques profonds.

Impact sur le Couple

Il n'est pas étonnant que les blessures psychiques des femmes ayant avorté aient des répercussions sur leur vie de couple et leurs relations avec leur conjoint, le père de l'enfant avorté ou un autre. En effet, ce sont des relations avec un homme qui sont à l'origine de l'évènement traumatisant. On peut supposer que les conséquences relationnelles varient selon que l'homme avec qui la femme est en couple est le père de l'enfant avorté ou non. Suite à leur avortement, certaines femmes peuvent ressentir de la haine envers leur conjoint, un dégoût de la sexualité, voire un rejet envers tous les hommes. Des dysfonctionnement sexuels se produisent chez 31 % des femmes ayant avorté et chez 18 % de leurs conjoints.

Le Rôle des Hommes

Certains hommes sont indifférents à l'avortement de leur compagne. D'autres ont fait pression sur celle-ci pour qu'elle avorte. Mais l'avortement est souvent décidé d'un commun accord, parce que les deux parents pensent que leur situation ne leur permet pas d'accueillir l'enfant. Parfois aussi, la femme avorte à l'insu du père, qui ne sait pas toujours qu'elle a été enceinte. Le Docteur Pissochet mentionne une étude comparative entre hommes et femmes, qui montre que, si les femmes sont 56,9 % à vivre une détresse psychologique après un avortement, les hommes sont tout de même 40,7 %.

Le Syndrome Post-Abortif : Mythe ou Réalité ?

La question du "syndrome post-abortif" est un sujet de débat. Les milieux anti-IVG propagent largement l'idée de son existence, tandis que les grandes revues médicales affirment qu'il n'existe pas. Cette controverse s'inscrit dans une longue histoire de représentations dramatisantes de l'avortement.

L'Évolution de la Rhétorique Anti-IVG

Au tournant des années 2000, la rhétorique anti-IVG a évolué. D'abord axée sur l'humanisation du fœtus et la défense de "l'enfant à naître", elle s'est recentrée sur la protection des femmes, en les mettant en garde contre les risques de séquelles traumatiques liées à l'avortement.

La Position des Chercheuses et des Professionnels de Santé

Des chercheuses comme Marie Mathieu et Laurine Tizzy soulignent que les femmes ne racontent pas toutes leur geste comme un drame et ses conséquences comme un trauma. Elles mettent en avant d'autres causes possibles de chagrin, telles que l'absence du compagnon, les complications matérielles ou la culpabilisation par l'entourage.

L'Avortement et les Dispositifs de Santé Publique

L'avortement est souvent considéré comme une question de santé publique, notamment en raison des risques liés aux avortements clandestins. La légalisation de l'IVG vise à protéger la santé des femmes en leur offrant un accès à des soins médicaux sûrs et encadrés.

L'IVG : Un Droit ou une Dérogation ?

La loi française présente l'avortement moins comme un droit que comme une dérogation au principe du droit à la vie. Cette dérogation est justifiée par la situation de détresse dans laquelle se trouve la femme enceinte.

L'Évolution de la Législation sur l'IVG

L'IVG médicamenteuse en 1988, l'allongement du délai légal en 2000, la gratuité de l'IVG en 2013 et la disparition en 2014 de la « situation de détresse » sont des évolutions majeures de la loi initiale encadrant l'IVG.

Les Drogues Illicites et les Dispositifs de Santé Publique

La question des drogues illicites peut sembler éloignée de celle de l'IVG. Toutefois, les deux sujets peuvent être abordés sous l'angle des dispositifs de santé publique.

La Politique de Réduction des Risques

La politique de réduction des risques, qui a débuté en France en 1987, vise à limiter les conséquences néfastes de la consommation de drogues illicites. Les salles de consommation à moindre risque, par exemple, offrent aux consommateurs un espace sûr et encadré, ainsi qu'un accès à du matériel stérile et à un personnel médical qualifié.

Parallèles entre l'IVG et la Consommation de Drogues

Dans les deux cas, la question de la contre-productivité de l'interdit pénal est posée. De même, il s'agit d'une démarche de réduction des risques qui peut porter la revendication d'un droit personnel.

Conséquences de la Consommation de Substances Psychoactives Pendant la Grossesse

La consommation de tabac, d'alcool, de cannabis, de cocaïne ou d'héroïne pendant la grossesse peut avoir des conséquences graves pour la santé de la mère et de l'enfant.

Tabac

Fumer pendant la grossesse peut entraîner des problèmes de fertilité, des fausses couches, des complications placentaires, des grossesses extra-utérines, des accouchements prématurés, la mort fœtale in utero et un retard de croissance intra-utérine.

Alcool

La consommation d'alcool pendant la grossesse peut provoquer un retard de croissance, des atteintes du système nerveux central et des malformations chez le bébé. Ces effets sont irréversibles et peuvent se traduire par des difficultés d'apprentissage, des troubles du langage et du comportement, ou encore par des troubles du développement psychomoteur.

Cannabis

La consommation régulière de cannabis pendant la grossesse peut provoquer un retard de croissance intra-utérin et un hématome rétro-placentaire, qui peut entraîner la mort du fœtus in utero.

Cocaïne

La cocaïne augmente le risque de fausse couche, d'accouchement prématuré et d'hématome rétro-placentaire.

Héroïne

L'héroïne peut limiter la croissance du fœtus et augmenter le risque de prématurité et de mort fœtale in utero. Les nouveau-nés exposés à l'héroïne peuvent éprouver des difficultés respiratoires et alimentaires, ainsi qu'une grande agitation et une forte irritabilité.

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