L'avortement médicamenteux, également appelé IVG médicamenteuse, est une méthode d'interruption volontaire de grossesse (IVG) qui peut être pratiquée jusqu'à la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines d'aménorrhée (absence de règles). Cette méthode consiste à prendre deux médicaments différents pour provoquer une fausse couche et ainsi interrompre la grossesse.
Qu'est-ce que l'IVG médicamenteuse ?
L'IVG médicamenteuse est une méthode qui consiste à provoquer une fausse couche à l'aide de médicaments. Elle est réalisée sous la supervision d'un médecin ou d'une sage-femme, en cabinet de ville, en centre de santé sexuelle ou en centre de santé ayant signé une convention avec un établissement de santé.
La méthode de l’IVG médicamenteuse consiste à provoquer une fausse couche en prenant 2 médicaments différents : la mifépristone (MYFEGINE) qui interrompt le développement de la grossesse et le misoprostol (GYMISO) qui provoque l’expulsion de la grossesse.
Déroulement de l'IVG médicamenteuse
Voici les étapes clés de l'IVG médicamenteuse :
1. Consultation d'information
La première étape consiste en une consultation d'information avec un médecin ou une sage-femme. Au cours de cette consultation, vous faites votre demande d'avortement et recevez des informations orales et un guide sur l'IVG. Ce guide porte sur les différentes méthodes d'IVG (médicamenteuse ou instrumentale), les lieux de réalisation, les risques et les effets indésirables possibles.
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Le médecin ou la sage-femme vous propose également un entretien psycho-social, obligatoire si vous êtes mineure. Cet entretien a lieu dans un EVARS (espace vie affective, relationnelle et sexuelle), dans un centre de santé sexuelle ou dans un organisme agréé.
Si le médecin ou la sage-femme ne pratique pas l'IVG, il doit vous orienter vers un autre professionnel de santé et vous remettre une attestation prouvant que vous vous êtes conformée aux étapes préalables à une IVG.
2. Recueil du consentement
La deuxième étape est le recueil de votre consentement écrit de demande d'avortement. Vous remettez ce consentement au médecin ou à la sage-femme.
Lors de cette étape, vous choisissez la méthode d'IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit. C'est également le moment de décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l'IVG, si nécessaire.
3. Prise des médicaments
L'IVG médicamenteuse nécessite la prise de deux médicaments différents :
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- La mifépristone (MYFEGINE) : Ce médicament interrompt le développement de la grossesse. Il bloque l'action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse, favorise les contractions de l'utérus et l'ouverture du col utérin. Il est pris soit à domicile, soit lors d'une consultation.
- Le misoprostol (GYMISO) : Ce médicament provoque l'expulsion de la grossesse. Il augmente les contractions utérines. Il est pris 24 à 48 heures après la mifépristone, soit à domicile, soit lors d'une consultation, soit au cours d'une courte hospitalisation. La prise de misoprostol est déconseillée par voie vaginale par les laboratoires (risque de douleurs abdomino pelviennes plus fréquentes).
Les médicaments vous sont remis par le médecin ou la sage-femme lors du recueil de votre consentement ou vous sont délivrés en pharmacie si vous avez effectué une téléconsultation (dans ce cas la prescription est transmise directement à la pharmacie par le médecin ou la sage-femme).
4. Expulsion de la grossesse
Après la prise du misoprostol, des saignements, souvent plus abondants que des règles, accompagnent l'expulsion de la grossesse. Ils surviennent généralement dans les 3 à 4 heures suivant la prise du misoprostol, mais peuvent parfois être plus tardifs. Les saignements peuvent persister jusqu’à 30 jours après la prise du premier médicament.
Dans la grande majorité des cas, ils surviennent dans les 2 à 4 heures après la prise du 2ème médicament, le misoprostol. Dans 5% des cas, ces saignements surviennent dès la prise de la mifépristone (prévoir des protections menstruelles dès ce moment). La prise de misoprostol est toujours nécessaire car il peut rester des résidus de grossesse qu’il est important d’évacuer.
On peut parfois voir une boule blanche gélatineuse qui correspond à l’œuf appelé aussi le sac ovulaire dans les saignements.
Les saignements de la patiente lors d’une interruption de grossesse médicamenteuse peuvent survenir entre 30mn et 3 jours après la prise de médicament.
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5. Visite de contrôle
Une visite de contrôle est indispensable 14 à 21 jours après la prise du premier médicament pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'y a pas de complications.
Lors de cette visite, le médecin ou la sage-femme confirme l'interruption de la grossesse grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin. Il vérifie également l'absence de complications et évoque les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation.
Le contrôle de l’efficacité de l’IVG médicamenteuse est indispensable car il existe entre 1 à 5% d’échec et ou de complications. Ce contrôle peut se faire par une échographie de contrôle ou par une prise de sang de dosage d’hormones de grossesse (Bêta HCG). Le résultat de cette prise de sang sera encore positif même si l’IVG a fonctionné. La vérification du fonctionnement de l’IVG médicamenteuse peut se faire par comparaison des dosages BHCG pré et post IVG. Lorsque le taux de Bêta HCG (dosage d’hormones de grossesse dans le sang), est inférieur à 2000 mUI/ml 2 semaines après l’IVG cela veut dire que l’avortement à fonctionné. Si le taux de Bêta HCG est supérieur au taux initial : la grossesse est évolutive et l’ivg par médicament n’a pas fonctionné.
Où s'adresser pour une IVG médicamenteuse ?
L'IVG médicamenteuse peut être pratiquée dans différents lieux :
- En cabinet de ville, par un médecin ou une sage-femme
- En centre de santé sexuelle
- En centre de santé
- En établissement de santé (hôpital ou clinique)
Vous pouvez retrouver les lieux et les professionnels qui peuvent pratiquer l'IVG en consultant les sites internet des ARS de chaque territoire concerné.
Contre-indications à l'IVG médicamenteuse
L'IVG médicamenteuse n'est pas adaptée à toutes les situations. Elle est contre-indiquée dans les cas suivants :
- Grossesse extra-utérine (GEU)
- Allergie à l'un des deux médicaments utilisés (mifépristone ou misoprostol)
- Insuffisance rénale chronique
- Porphyrie héréditaire
- Corticothérapies à long terme
- Troubles de la coagulation
- Insuffisance surrénale.
Le professionnel de santé que vous consultez pour l’IVG évaluera si vous présentez des contre-indications lors de la première consultation pour vous proposer la méthode d’IVG adaptée à votre situation. Cependant, en l’absence de facteurs de risque et de symptômes, une grossesse de localisation indéterminée ne contre-indique pas la prise des médicaments pour l’IVG.
Effets secondaires et complications possibles
L'IVG médicamenteuse peut entraîner des effets secondaires, tels que :
- Douleurs, souvent plus intenses que des douleurs de règles
- Troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, diarrhées)
- Saignements abondants
- Fièvre
- Maux de tête
- Vertiges
- Malaises
- Frissons
- Bouffées de chaleur
Dans certains cas, des complications peuvent survenir, telles que :
- Hémorragie
- Infection (si la grossesse n'a pas été totalement expulsée)
- Douleurs persistantes malgré la prise d'antidouleurs
- Échec de l'IVG (la grossesse se poursuit)
Si vous présentez l'un de ces symptômes après une IVG médicamenteuse, il est important de contacter rapidement le professionnel de santé qui vous a suivie :
- De la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C
- Des pertes très abondantes de sang (si vous devez changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes (serviette taille maxi) pendant plus de deux heures de suite)
- Un malaise
- De très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs.
Douleur et gestion de la douleur
Les douleurs lors d’une IVG médicamenteuse sont fréquentes et leur intensité varie d’une femme à l’autre. Elles ressemblent généralement à des douleurs de règles plus intenses que d’habitude et sont provoquées par les contractions utérines qui permettent d’expulser la grossesse. Elles surviennent le plus souvent suite à la prise du second médicament (le misoprostol) mais peuvent aussi parfois survenir dès la prise du premier médicament (la mifépristone).
Des antidouleurs (antalgiques de la famille des anti inflammatoires non stéroïdiens couplet avec des anti-douleurs de niveau 2 disponible eux sur ordonnance) vous seront systématiquement prescrits à l’avance afin que vous puissiez les prendre dès l’apparition de douleurs, 30 mn avant la prise de misoprostol. Si la douleur persiste et ne s’atténue pas malgré la prise des médicaments antidouleurs, contactez le médecin ou la sage-femme qui vous suit pour l’IVG.
Si vous choisissez de réaliser l’IVG médicamenteuse à domicile il est recommandé de ne pas être seule. En effet être entourée de personnes en mesure de vous soutenir permet de réaliser l’IVG dans un climat favorable.
Aspects psychologiques
Avoir recours à un ou plusieurs avortements médicamenteux dans sa vie n’entraine pas de risque d’infertilité, n’a aucune conséquence sur la fertilité et ne diminue pas la fécondité, contrairement à certaines idées reçues. Les femmes qui pratiquent une IVG médicamenteuse ne développent pas non plus de troubles psychologiques systématiques post-IVG comme une dépression ou un comportement suicidaire si elles n’en avaient pas avant et elles ne seront pas forcément traumatisées. Chaque femme va vivre l’IVG de manière singulière et si elle ressent le besoin de partager ses sentiments et d’en parler, elle pourra demander à être reçue en entretien individuel.
Différences entre IVG médicamenteuse et IVG instrumentale
Il existe deux méthodes d'IVG : l'IVG médicamenteuse et l'IVG instrumentale (chirurgicale). Voici un tableau comparatif des deux méthodes :
| IVG médicamenteuse | IVG instrumentale | |
|---|---|---|
| Jusqu'à quand ? | 7 semaines de grossesse, soit 9 semaines d'aménorrhée. | 14 semaines de grossesse, soit 16 semaines d'aménorrhée. |
| Avec quel professionnel ? | Médecin ou sage-femme. | Médecin, ou sage-femme sous certaines conditions. |
| Où ? | En cabinet, En centre de santé sexuelle, En centre de santé, En établissement de santé. | En établissement de santé, Dans certains centres de santé. |
| Comment ? | Prise de deux médicaments à 24-48h d’intervalle en présence du professionnel de santé (au sein du cabinet ou de la structure où exerce le professionnel ou lors d’une téléconsultation) ou seule à votre domicile. | Au cours d’une courte hospitalisation : introduction d’une canule souple de calibre adapté par le col de l’utérus pour aspirer le contenu de l’utérus. L'ouverture du col utérin peut être facilitée par l'administration d'un médicament. |
| Et la douleur ? | Pas d'anesthésie mais prescription d'anti-douleurs systématique. | Anesthésie locale ou générale selon votre souhait et en accord avec le professionnel de santé qui réalise l’intervention. En cas d’anesthésie générale il sera nécessaire de réaliser préalablement une consultation avec un médecin anesthésiste. |
| Quelle durée totale ? | Variable. A partir de la prise du second médicament la grossesse est évacuée dans les 4h dans environ 60% des cas. Dans 40% des cas l’évacuation de la grossesse aura lieu dans les 24 à 72h. | L’intervention est rapide et dure entre 15 et 20 minutes. Après l’intervention, il est nécessaire de rester sous surveillance quelques heures dans l’établissement ou le centre de santé. |
| Consultation de suivi ? | 14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications. | 14 à 21 jours après l’IVG pour s’assurer de l’efficacité de la méthode et de l’absence de complications. |
| Taux de succès | 95% | 99,7% |
| Quels sont les effets indésirables ? | Douleurs plus intenses que des douleurs de règles liées aux contractions utérines, généralement après la prise du second médicament. Possible troubles gastro-intestinaux. Saignements plus abondants que des règles habituelles pendant quelques jours. | Douleurs de règles liées aux contractions utérines après l’intervention. Saignements plus abondants que des règles habituelles à la suite de l’intervention pendant quelques jours. |
| Téléconsultation ? | Toutes les étapes sont réalisables en téléconsultation. | Les étapes préalables à l’IVG et la consultation de suivi sont réalisables en téléconsultation. A noter que toutes les étapes préalables à l’IVG sont les mêmes quelle que soit la méthode. |
Aspects financiers
L'IVG médicamenteuse est prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME).
Informations complémentaires
- Il n'y a pas de condition d'âge à respecter pour une IVG. Si vous êtes mineure, vous pouvez choisir de demander le consentement de vos parents ou de votre représentant légal, mais ce n'est pas obligatoire.
- Il n'existe plus de délai de réflexion imposé en matière d'avortement.
- Si vous le souhaitez, vous pouvez bénéficier d'un accompagnement psycho-social après l'IVG.
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