L'alimentation joue un rôle crucial dans la santé, la performance et la rentabilité des vaches laitières, en particulier pendant la lactation. Une ration équilibrée et stable est primordiale pour couvrir les besoins nutritionnels des vaches, optimiser leur production de lait et préserver leur santé. Cet article explore les différentes stratégies et considérations pour améliorer l'alimentation des vaches laitières en lactation.
Importance de l'alimentation pour les vaches en lactation
L'alimentation est le premier vecteur de santé et de performances des animaux. Il est donc essentiel d'assurer l'équilibre et la stabilité de la ration des vaches en lactation. Couvrir leurs besoins nutritionnels, optimiser les apports en acides aminés, en énergie et en protéines permet d'éviter toutes carences, de préserver leur santé, de maximiser le fonctionnement ruminal et leur capacité de production de lait, en travaillant sur la qualité de vos fourrages, leur conservation, leur digestibilité et leur apport nutritif.
Besoins nutritionnels spécifiques
Après le vêlage, les besoins en calcium de la vache sont multipliés par quatre. Si l'alimentation ne suffit pas à satisfaire ces besoins, la vache puisera dans ses réserves sanguines. De plus, en début de lactation, les besoins énergétiques de la vache augmentent brutalement, tandis que son appétit ne croît que lentement. Cette situation entraîne un déficit énergétique que l'animal compense en puisant dans ses réserves adipeuses, ce qui peut affecter la production laitière et la fertilité.
Composantes clés d'une ration laitière équilibrée
Énergie
Pour produire du lait riche en taux protéique, il est essentiel d'avoir une ration riche en énergie. L'objectif est de ne pas descendre en dessous de 0.94 UFL/kg de MS dans la ration de base. Les fourrages de qualité comme le maïs ensilage et le mélange seigle/pois permettent d'assurer un niveau élevé en énergie. Le maïs ensilage apporte de l'amidon de type intestinal, favorable au taux protéique. Pour diversifier les sources d'énergie, il est possible d'ajouter des pulpes sèches pour l'énergie cellulosique et des matières grasses de type saturées.
Protéines
La couverture en PDIE (protéines digestibles dans l'intestin, estimées) et PDIA (protéines digestibles dans l'intestin, absorbées) est un autre critère important. Il faut tenir compte des fourrages et de la qualité des concentrés. Le Soja 49 est un choix courant, mais il est important de noter qu'il s'agit d'une matière première brute, variable en valeurs nutritionnelles, nécessitant une attention particulière pour la minéralisation et la couverture des besoins en oligo-éléments et vitamines.
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Acides aminés
L'équilibre des acides aminés limitants, comme la Lysine et la Méthionine, est crucial. Pour atteindre un ratio objectif de 3 points de LysDi (Lysine Digestible) pour 1 point de MetDi (Methionine Digestible), l'apport de méthionine protégée peut être nécessaire. L'apport recommandé est de 50 grammes par vache et par jour, particulièrement en début de lactation.
Minéraux et oligo-éléments
Les minéraux et oligo-éléments sont indispensables pour la santé, la croissance et la production des bovins. Des carences peuvent entraîner des problèmes tels que l'hypocalcémie vitulaire, la tétanie, la non-délivrance, la perte de système immunitaire et l'acidose.
BACA (Bilan Alimentaire Cations-Anions)
Le BACA correspond au bilan alimentaire cations-anions de la ration. Un BACA négatif stimule la parathormone et donc la disponibilité du calcium. Il est recommandé d'obtenir un BACA négatif de la ration des vaches en préparation au vêlage pour stimuler la mobilisation du calcium osseux et l'assimilation du calcium par les parois intestinales. Pour ce faire, il existe plusieurs types de sels anioniques, mais il faut faire attention au goût et à l'odeur désagréables de certains, comme le chlorure de magnésium.
Stratégies d'alimentation spécifiques
Alimentation liquide
L'aliment liquide est une solution économique qui concentre la ration en début de lactation. Il permet d'apporter des sucres et de l'appétence à la ration pour stimuler l'ingestion. Il concentre la ration en énergie en apportant un aliment sans encombrement.
Aliments de production spécifiques
Un aliment de production spécifique pour le début de lactation sera rentable avec une individualisation de la ration, favorisée par la progression des robots de traite, afin de cibler la distribution selon les niveaux de production ou les stades physiologiques. Les meilleures réponses sont souvent observées sur les vaches à plus de 35 kg de lait.
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Facteurs nutritionnels
L'incorporation de facteurs nutritionnels peut améliorer l'efficacité du métabolisme et de la transformation de la ration. Par exemple, les vitamines du groupe B, produites par les bactéries du rumen, peuvent être insuffisantes pour les vaches laitières à plus de 35 litres, qui reçoivent une part plus importante de concentrés. Ces vitamines jouent un rôle clé dans le métabolisme du glucose au niveau du foie et doivent être apportées en début de lactation.
Solutions hépato-protectrices
Les solutions hépato-protectrices, comme Profresh Starter, contiennent des vitamines du groupe B, de la méthionine, de la choline et des extraits végétaux. Elles se distribuent pendant les 45 premiers jours de lactation, lorsque les animaux sont en déficit énergétique, pour améliorer la production laitière.
Aliments de tarissement et de vêlage
Des aliments spécifiques au tarissement et au vêlage sont disponibles pour assurer un vêlage dans les meilleures conditions et un bon démarrage de lactation. Les aliments Vellia apportent des précurseurs de glucose pour la prévention des cétoses et stéatoses.
Adaptation de la ration
Calcul de la ration
Il est essentiel de calculer la ration des vaches en fonction de leurs besoins spécifiques, qui évoluent selon la période (gestation, sevrage, vêlage, lactation, reproduction, post-sevrage). Il est possible de calculer sa ration soi-même.
Adaptation en fonction des fourrages
La ration doit être adaptée en fonction de la valeur nutritionnelle des fourrages disponibles. Par exemple, la betterave fourragère, riche en sucre, est une source d'énergie fiable, surtout en cas de sécheresse.
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Ajustements saisonniers
Sur la période estivale, les fourrages sont souvent moins appétents et moins ingérés car ils peuvent s'échauffer ou se dégrader. Des formules appétentes, comme l'aliment liquide, peuvent pallier cette difficulté.
Cas pratiques
GAEC des Sources
Christophe Dissaux, installé à Houchin dans le Pas-de-Calais, a développé son atelier laitier en apportant du confort de travail. Il a augmenté sa production laitière en veillant à apporter une ration riche en énergie et diversifiée. Il utilise du maïs ensilage, des pulpes sèches et des matières grasses saturées pour l'énergie, et du Soja 49 pour les protéines. Il a également intégré de la méthionine protégée dans l'aliment de production pour optimiser les débuts de lactation.
Élevage de Fabrice
Fabrice, éleveur de 80 vaches laitières dans le Doubs, avait l'habitude de calculer sa ration avec un ancien fichier Excel. Il est important de mettre à jour les méthodes de calcul pour optimiser la ration.
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