Les métiers de la puériculture et de la petite enfance, majoritairement occupés par des femmes, sont essentiels au développement et au bien-être des jeunes enfants. Ces professionnelles, incluant les puéricultrices, les auxiliaires de puériculture et les assistantes maternelles, exercent dans divers environnements tels que les nurseries des maternités, les pouponnières, les crèches, les garderies, les centres de protection maternelle et infantile (PMI) et à domicile. Cependant, ces métiers sont confrontés à de nombreux risques physiques, biologiques et psychologiques, auxquels s'ajoutent les dangers potentiels du travail au noir. Cet article explore les risques liés au travail au noir pour les auxiliaires de puériculture, tout en mettant en lumière les mesures de prévention et de protection nécessaires.
Les Défis du Métier d'Auxiliaire de Puériculture
Le métier d’auxiliaire de puériculture est un emploi de catégorie B accessible après un concours dans la Fonction Publique Territoriale et Hospitalière. L’auxiliaire de puériculture organise et effectue l'accueil et les activités qui contribuent au développement de l'enfant dans le cadre du projet éducatif du service ou de la structure. Elle s’occupe de nourrissons ou de jeunes enfants bien portants ou malades et dispense, en collaboration avec l'infirmier ou la puéricultrice en général, des soins d'hygiène, de confort et de prévention pour préserver et restaurer la continuité de la vie, le bien-être et l'autonomie de l'enfant. Les lieux d’exercice sont variés : centre d’accueil permanent, consultations d’une PMI, crèche, domicile de l’enfant, maternité ou service hospitalier.
Cependant, ce métier est confronté à un absentéisme et un turn-over important. Plusieurs facteurs contribuent à cette situation :
- Risques Physiques : Le port répété des enfants, les soins aux bébés, le déplacement des berceaux et chariots, le rangement des objets souvent ramassés au sol, entraînent des efforts physiques et des postures contraignantes avec l’obligation de se pencher souvent en avant, s’accroupir. Les manutentions manuelles représentent une part importante des accidents du travail dans ce secteur.
- Risques Biologiques : Les activités de la petite enfance exposent au risque de contracter fréquemment des affections de la sphère oto-rhino-laryngologique et des gastro-entérites, des maladies comme la rubéole, la toxoplasmose, la varicelle, les infections à cytomégalovirus et parvovirus B19 (donnant un mégalérythème épidémique), les hépatites virales, etc.
- Risques Psychologiques : La dimension relationnelle de l'emploi (exigences et violences des parents), le bruit (cris et pleurs des bébés), l’agitation perpétuelle des enfants, les cas de maltraitance infantile rencontrés, entraînent une lourde charge psychologique.
- Exposition au Bruit : Surtout dans les grandes structures où les enfants sont nombreux, le bruit généré par les enfants (cris, pleurs,…) entraîne un niveau sonore élevé source de stress et de fatigue.
Face à ces défis, il est crucial que les employeurs prennent des mesures pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs, conformément aux articles L4121-1 et L4121-3 du code du travail.
Les Dangers du Travail au Noir
Le travail au noir, ou travail non déclaré, représente une situation particulièrement précaire pour les auxiliaires de puériculture. En l'absence de contrat de travail légal, ces professionnelles sont privées de nombreuses protections essentielles :
Lire aussi: Devenir Auxiliaire de Puériculture : Guide Complet
- Absence de Protection Sociale : Pas de cotisations pour la retraite, l'assurance maladie, l'assurance chômage. En cas de maladie, d'accident du travail ou de perte d'emploi, l'auxiliaire de puériculture n'a droit à aucune indemnisation.
- Non-Respect du Droit du Travail : Absence de salaire minimum garanti, de limitation des heures de travail, de jours de repos et de congés payés. L'auxiliaire de puériculture peut être contrainte de travailler de longues heures dans des conditions difficiles, sans aucune compensation.
- Absence de Couverture en Cas d'Accident : En cas d'accident du travail, l'auxiliaire de puériculture n'est pas couverte par l'assurance de l'employeur et peut se retrouver avec des frais médicaux importants à sa charge.
- Vulnérabilité Juridique : En cas de litige avec l'employeur (par exemple, non-paiement du salaire), l'auxiliaire de puériculture a peu de recours légaux, car elle ne peut pas prouver son emploi.
- Exposition Accrue aux Risques Professionnels : L'employeur qui recourt au travail au noir est souvent moins regardant sur les conditions de travail et les mesures de sécurité, ce qui augmente les risques d'accidents et de maladies professionnelles pour l'auxiliaire de puériculture.
Prévention des Risques et Amélioration des Conditions de Travail
La prévention des risques professionnels et l'amélioration des conditions de travail sont essentielles pour protéger la santé et la sécurité des auxiliaires de puériculture. Plusieurs mesures peuvent être mises en œuvre :
- Évaluation des Risques : Tout employeur (secteur public, secteur privé) est tenu d’évaluer les risques pour la santé et la sécurité des travailleurs, y compris dans le choix des procédés de fabrication, des équipements de travail, des substances ou préparations chimiques, dans l'aménagement ou le réaménagement des lieux de travail ou des installations et dans la définition des postes de travail. Le résultat de cette évaluation doit être consigné dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Un outil OiRA d’évaluation des risques professionnels, disponible sur le site de l’INRS, a été spécifiquement élaboré pour aider les entreprises du secteur de l’accueil de jeunes enfants à réaliser cette évaluation.
- Aménagement des Espaces de Travail : L’organisation des espaces de travail et leur aménagement sont essentiels. Cela inclut le rangement pour éviter les chutes, l’achat d’équipements ergonomiques permettant de supprimer les manutentions inutiles, l’aménagement acoustique, l’aération et l’éclairage des locaux. L’INRS va mettre en ligne un nouvel outil Mavimplant, conçu avec la fédération française des entreprises de crèche, pour penser les futurs établissements d’accueil du jeune enfant et anticiper les spécificités du secteur. Il faut allier la préservation des travailleurs et la stimulation de l’enfant. Par exemple, des plans de change réglables en hauteur auxquels l’enfant accède de façon autonome avec l’assistance d’un adulte doivent prévoir une profondeur minimale pour une bonne position du dos du professionnel, un espace au sol pour les pieds et l’intégration d’un change-debout afin de réduire les contraintes physiques pour s’occuper des enfants qui marchent.
- Formation et Information : La formation (Prap, RPS…) et l’information des collaborateurs tout au long de la carrière constituent également l’un des moyens permettant à chacun d’être acteur de sa santé.
- Prévention des Risques Psychosociaux (RPS) : Côté RPS, la prévention s’appuie beaucoup sur l’échange de pratiques. Des réunions régulières permettant d’exprimer ses difficultés et d’échanger sur les moyens de les surmonter sont essentielles pour souder l’équipe. À cela s’ajoutent, à fréquence régulière, des analyses de pratiques professionnelles menées sous le regard d’un psychologue externe. Elles permettent aux intervenants du secteur social et médico-social de mettre des mots sur des situations concrètes, de prendre du recul sur la pression du quotidien et d’envisager des pistes d’amélioration.
- Vaccinations : Les vaccinations obligatoires (tétanos, diphtérie, poliomyélite, hépatite B, BCG après intradermo réaction tuberculinique) doivent être complétées par des vaccinations recommandées (hépatite A, coqueluche par le vaccin DTPCoq lors d’un rappel par exemple).
- Aides Techniques : Les équipements mis à disposition doivent comporter des aides techniques comme des chariots de service, des tabourets sur roulettes.
Le Rôle des Acteurs de la Prévention
Plusieurs acteurs peuvent accompagner les employeurs dans leur démarche de prévention des risques professionnels :
- La Caisse Nationale de Retraite des Agents des Collectivités Locales (CNRACL) : Tout employeur peut solliciter la CNRACL afin d'être accompagné dans une démarche de prévention des risques. Dans le cadre de sa mission d’information, la CNRACL met en ligne des rubriques thématiques.
- Le Fonds National de Prévention (FNP) de la CNRACL : Dans le cadre de son programme d’actions, le FNP lance régulièrement des appels à projets portant sur la prévention des risques professionnels et l’amélioration des conditions de travail des auxiliaires de puériculture.
- L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) : L’INRS propose des outils et des formations pour aider les entreprises à évaluer et prévenir les risques professionnels.
Lire aussi: Guide Formation Nîmes
Lire aussi: Trouvez un emploi d'auxiliaire de puériculture
tags: #auxiliaire #de #puericulture #travail #au #noir