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Alternatives à la Péridurale : Gérer la Douleur de l'Accouchement Naturellement

La péridurale est aujourd'hui la technique la plus répandue pour réduire la douleur pendant l'accouchement en France, où entre 70 et 80 % des accouchements en bénéficient. L’analgésie péridurale consiste à injecter un anesthésique local (éventuellement associé à un dérivé de la morphine) directement au contact des membranes qui entourent la moelle épinière, dans la partie la plus basse de la colonne vertébrale. Cette injection se fait au moyen d’un tube de très petit diamètre, un cathéter, implanté entre deux vertèbres. Parfois, au cours d’un accouchement sans péridurale, si le médecin souhaite une anesthésie rapide, l’anesthésiste va pratiquer une rachianesthésie. À la différence de la péridurale, l’anesthésique est alors injecté au contact de la moelle épinière, dans le liquide dans lequel elle baigne. La décision de faire appel à la péridurale est personnelle et dépend beaucoup du seuil de tolérance à la douleur. Toute femme qui va accoucher peut demander à avoir recours à une péridurale, sans honte et sans avoir à se justifier, que ce soit avant ou pendant l’accouchement. La pose du cathéter de péridurale se fait en deux temps, quand le travail a commencé et avant que la dilatation du col soit trop avancée. Tout d’abord, le médecin anesthésiste désinfecte la peau, puis injecte un anesthésique local pour insensibiliser la peau de la zone où sera inséré le cathéter. Une aiguille est ensuite insérée entre deux vertèbres. Elle va permettre de placer le cathéter souple. Celui-ci va pénétrer dans la colonne vertébrale et se glisser le long des membranes qui enveloppent la moelle épinière. L’aiguille est ensuite retirée en laissant le cathéter en place. Le médecin anesthésiste injecte ensuite l’anesthésique via le cathéter. Le cathéter de péridurale est posé dans une zone située en dessous de l’extrémité de la moelle épinière. Pendant l’accouchement, l’équipe médicale s’assure que le bassin de la mère est situé plus bas que sa tête, de manière à ce que l’anesthésique reste dans la partie basse de la colonne vertébrale. La pose d’une péridurale empêche la future maman de se lever et de marcher, ce qui peut ralentir l’accouchement. Le cathéter est retiré après l’accouchement et le produit cesse de faire effet au bout d’une heure, ce qui permet de marcher jusqu’à la chambre.

Cependant, de plus en plus de femmes souhaitent un accouchement plus naturel, se réappropriant la naissance de leur enfant et vivant pleinement les contractions. Même si la péridurale a toujours autant la cote chez les parturientes, force est de constater qu’aujourd’hui de plus en plus de futures mamans souhaitent revenir à un accouchement plus naturel. « Certaines désirent un accouchement moins protocolaire, confirme Clémence Laborderie, sage-femme accompagnant des naissances à domicile. D’autres craignent la pose de la péridurale, un geste médical pourtant bien maîtrisé, ou ses effets secondaires ». Accoucher sans péridurale, c’est se réapproprier la naissance de son enfant, sentir pleinement les contractions et être actrice de ce moment intime. Cela permet également aux futures mamans de donner une place à part entière à leur partenaire afin de le rendre lui aussi acteur de l’événement. Si la technique de la péridurale est aujourd’hui très bien maîtrisée, certaines femmes craignent le geste médical et ses effets secondaires éventuels : maux de tête, vertiges, douleurs lombaires, ralentissement du travail, etc. Si vous envisagez d’accoucher sans péridurale, sachez qu’il est tout à fait possible de changer d’avis jusqu’au dernier moment. C’est pourquoi la consultation avec un anesthésiste est obligatoire. Mise au point au début du XXe siècle, l’anesthésie péridurale s’est développée à partir des années 70 en France et a révolutionné l’obstétrique en devenant le gold standard de la prise en charge analgésique de la parturiente. Preuve en est : en 2016, près de 82 % des femmes qui ont accouché par voie basse ont bénéficié d’une péridurale et parmi elles, 54 % ont pu utiliser une PCEA c’est-à-dire une péridurale auto-contrôlée afin de gérer elles-mêmes la douleur. La péridurale permet aux futures mamans de rester conscientes, d’atténuer les douleurs des contractions et de pousser pour faire sortir le bébé. Certaines maternités proposent désormais des péridurales déambulatoires, plus faiblement dosées, qui offrent la possibilité aux femmes de garder plus de mobilité et de sensations tout en diminuant la douleur. « S’il est théoriquement possible de poser une péridurale jusqu’au dernier moment, il est parfois difficile pour l’anesthésiste d’opérer sereinement lorsque la patiente a des contractions très rapprochées et des difficultés à garder une position statique, précise la sage-femme. Bien qu’elles soient peu nombreuses, il existe certaines contre-indications médicales à l’anesthésie péridurale. « Une allergie au produit anesthésiant, des troubles de la coagulation sanguine ou certains éléments anatomiques comme des malformations lombaires peuvent contre-indiquer la pose d’une péridurale », confirme la sage-femme. Une poussée de fièvre le jour J, un tatouage ou encore une infection cutanée au point de ponction peuvent également motiver un refus de la part de l’anesthésiste.

Cet article explore les alternatives disponibles pour gérer la douleur pendant le travail et l'accouchement, offrant aux futures mamans des options pour un accouchement plus naturel et personnalisé.

Préparation à l'Accouchement : La Clé d'une Expérience Positive

La préparation à l'accouchement joue un rôle crucial dans la capacité d'une femme à gérer la douleur et à vivre une expérience positive. Préparer son projet de naissance est très important pour le couple. « Il est nécessaire d’être bien accompagné, confirme Clémence Laborderie. Une bonne préparation à l’accouchement et à la parentalité permet d’expliquer, de rassurer et de faire le tour des possibilités offertes aux futurs parents. C’est aussi comprendre les étapes qu’ils vont éventuellement traverser tous les deux et appréhender au mieux le travail et l’accouchement.

Techniques de Relaxation et de Respiration

Ces techniques aident à réduire la tension et à mieux gérer la douleur pendant les contractions. Basée sur des exercices de respiration et de visualisations pour accompagner les contractions, la sophrologie aide à mieux prendre conscience de son corps, à avoir confiance en soi et à se détendre.

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Sophrologie

Introduite en France dans les années 50, cette méthode douce basée sur la relaxation et la respiration se définit comme la science de la conscience, de l’harmonie et de la sagesse. Le but de la sophrologie : mieux contrôler son corps et son psychisme grâce à trois degrés de relaxation - la concentration, la contemplation et la méditation. Elle combine à la fois l’apprentissage de techniques permettant de visualiser les différentes étapes de l'accouchement et la maîtrise du souffle.

Hypnose

Enfin, l’hypnose est un puissant allié pour mieux appréhender les contractions et le lâcher-prise. Des séances pendant la préparation à la naissance et durant l’accouchement permettent aux futures mamans d’apprendre à gérer la douleur. Le mot hypnose provient du grec « hypnos », qui signifie « sommeil ». Pas de panique, vous ne plongerez pas dans un sommeil profond ! L’effet produit se traduit par un état particulier de concentration qui permet à la maman d’être « déconnectée ». L'hypnose ne fonctionne que si une préparation à la naissance spécifique a été suivie.

Le Chant Prénatal

Le chant prénatal peut également aider à mieux gérer la douleur. « Anatomiquement, le diaphragme et le périnée sont très liés, confirme la sage-femme. Le fait d’émettre des vocalises graves permet de centrer son attention sur autre chose et ainsi de gérer l’intensité des contractions en permettant le relâchement musculaire profond par les vibrations émises depuis les cordes vocales jusque dans tout le corps. Très naturellement, les femmes qui enfantent sans péridurale émettent ce genre de sons.

Alternatives Médicamenteuses

Protoxyde d'Azote (MEOPA)

Largement utilisé dans les maternités au Royaume-Uni, le protoxyde d’azote permet de soulager ponctuellement la douleur. Et pour cause : ce gaz dit hilarant a des propriétés euphorisantes. Le jour de l’accouchement, l’inhalation d’un mélange de 50 % d’oxygène et de 50 % de protoxyde d’azote (MEOPA) au travers d’un masque au moment des contractions permet de déconnecter légèrement de la réalité et d’atténuer partiellement la douleur. L’effet est rapide mais de courte durée. Il doit donc être inspiré à chaque nouvelle contraction. Ce mélange gazeux (moitié oxygène, moitié protoxyde d’azote) est une alternative sans danger pour la maman et le bébé. Véritable cure de relaxation, il permet à la maman de percevoir la douleur de façon beaucoup moins intense. Le principe consiste à appliquer un masque sur le visage juste avant la contraction, puis d’inhaler le gaz tout le temps de la contraction. Lorsque celle-ci a cessé, la future maman retire le masque. L’efficacité est atteinte en 45 secondes, au pic de la contraction. Ce n’est pas un anesthésique, donc pas de risque de s’endormir.

Méthodes Naturelles et Alternatives

Acupuncture et Acupression

Si l’acupuncture atténue les maux de la grossesse - nausées, troubles du sommeil, etc. - elle est également une alternative intéressante à la péridurale pendant l’accouchement. « Elle contribue à la dilatation du col, optimise les contractions et peut être utile dans la gestion de la douleur, confirme Clémence Laborderie. Dans l’accompagnement des naissances à la maison, j’utilise beaucoup l’acupression dont certains points sont très efficaces pour accompagner la fin du travail lors du passage du bébé dans le bassin ». Issue de la médecine traditionnelle chinoise, l'acupuncture consiste à placer de fines aiguilles sur des points spécifiques du corps. Rassurez-vous, ce n’est pas douloureux. Au plus, quelques picotements. Cette méthode ne fait pas disparaître complètement la douleur des contractions, mais atténue celles localisées dans le bas du dos, souvent très pénibles. Elle réduit aussi le temps de travail et stimule la descente du bébé. De plus, elle permet aux mamans de se détendre davantage et de pouvoir appréhender les contractions plus sereinement.

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L'Importance de la Mobilité et des Positions Antalgiques

L’avantage d’un accouchement sans péridurale est que la maman est connectée à toutes ses sensations, qu’elle peut déambuler jusqu’à la délivrance et adopter les positions antalgiques qui lui conviennent le mieux pour supporter les contractions. « Il n’y a pas une position idéale, chaque femme va trouver instinctivement celle qui la soulage le plus à l’instant T : à quatre pattes, sur un ballon de grossesse, suspendues à des lianes accrochées au plafond, etc.

L'Eau Chaude

L’eau chaude possède également des vertus décontractantes très bénéfiques. « Une des alternatives les plus efficaces est de prendre un bain ou une douche chaude, assure Clémence. Cela détend, relaxe et permet de mieux supporter le travail.

Médicaments Homéopathiques

Baptisée « la plante des femmes », Caulophyllum 5 CH va par exemple régulariser les contractions au début du travail.

Contre-indications et Risques de la Péridurale

Il est important de rappeler qu’en raison des risques que comporte tout geste d’anesthésie, un certain nombre d’éléments cliniques et biologiques doivent être vérifiés avant de commencer. Néanmoins, il serait aussi faux de dire que la péridurale est sans danger. La surveillance du bien-être fœtal se fait par monitoring en continu. Avec une péridurale classique, la mobilisation est possible dans différentes postures sur le lit d’accouchement. Si vous souhaitez vous mobiliser debout, il peut également être proposé une péridurale déambulatoire, qui autorise la mobilité debout de la femme entre les bolus. Sous péridurale, la sensation d’envie d’uriner disparait, et la vessie se remplit sans perception du besoin. On réinjecte un anesthésique plus puissant dans le cathéter de la péridurale. Cela permet d’endormir plus profondément le bas du corps, avec une impossibilité de bouger. Vous gardez quelques sensations non douloureuses. Si vous ne pouviez pas bénéficier d’une péridurale pendant le travail, une anesthésie générale est décidée. Les contre-indications à la péridurale sont des situations où le risque de la péridurale est supérieur au bénéfice qu’elle pourrait apporter. La prise de médicaments tel que l’aspirine, les anti-vitamine K ou tout autre médicament fluidifiant le sang doit être signalée à votre médecin. Le risque est le même que celui des maladies de la coagulation. Les médicaments estimés sans risque pour vous et votre bébé font l’objet de bases de données connues des médecins en maternité. Le saignement important et les infections bactériennes sévères sont des situations à risque d’hypotension artérielle. Le risque est que la péridurale majore l’hypotension. Certaines affections de la peau empêchent de trouver l’espace suffisant pour poser la péridurale, surtout en cas de surinfection des lésions. Le risque est de contaminer le système nerveux lorsque l’on traverse la peau jusqu’à l’espace péridural. Les allergies aux anesthésiques locaux sont rares. Le risque est la survenue d’une manifestation allergique grave allant de la chute de tension aux difficultés respiratoires. Les allergies aux médicaments sont toujours possibles. Ces maladies cardiaques sont pour la plupart connues des patientes, et celles-ci sont suivies par un spécialiste. Ces situations sont rarissimes. Elles sont pour la plupart, la conséquence de désordres de la coagulation certains pouvant survenir brutalement. Ces situations font partie des indications à la césarienne sous anesthésie générale. Le risque est de devoir recourir à une anesthésie générale dans une situation d’instabilité due à l’hémorragie. Rarement, lorsque la tolérance fœtale ne permet plus d’attendre, l’obstétricien doit pouvoir réaliser une césarienne en extrême urgence pour extraire l’enfant afin que le pédiatre lui procure les soins nécessaires. Attention ! Tout acte médical même conduit avec compétence et dans le respect des recommandations scientifique, comporte un risque. Notre but est de vous apporter une information claire et loyale sur ces risques.

Effets Indésirables et Complications Possibles de la Péridurale

L’évolution du savoir-faire médical au cours de ces dernières années a permis une réduction importante des complications dues à une pose de péridurale. Les effets indésirables sont des conséquences sans gravité de la péridurale. Ils sont transitoires et disparaissent en général complètement en quelques jours. Ils sont une complication assez fréquente des péridurales. Ils peuvent survenir si, lors de la pose, une brèche est réalisée dans plan postérieur de l’espace péridural. L’importance de la céphalée est fonction de la taille de la brèche et du matériel en cause. Ces maux de tête sont modérés à intenses, pouvant vous gêner dans les heures suivant l’accouchement. Le traitement peut être médicamenteux dans un premier temps. En cas d’échec, un colmatage de cette brèche peut être réalisé par l’équipe d’anesthésie. Cette technique particulière est appelée blood-patch. Elle associe une prise de sang et une nouvelle ponction dans l’espace péridural afin d’y injecter de quoi obstruer la brèche responsable de vos douleurs. Ce « blood patch » se réalise au bloc opératoire et a un taux de succès proche de 2 sur 3. Les neuropathies Ce sont des atteintes des nerfs responsables de différentes manifestations allant des paresthésies (« fourmis ») à la perte de force dans un territoire des jambes ou des cuisses. La lésion peut être secondaire à des techniques au cours du geste ou être complètement indépendante de la péridurale. En effet, ces complications nerveuses peuvent être dues à des phénomènes de compression lors du passage du bébé ou lors de la position prolongée des jambes dans les étriers lors d’un accouchement difficile. Ces complications sont dites effets indésirables car elles disparaissent généralement dans les 6 mois. Les douleurs lombaires sont courantes après la grossesse. Une très faible proportion est secondaire à la pose de péridurale. Certaines complications rarissimes mais graves de la péridurale (hématomes, abcès) se manifestent entre autre par une douleur lombaire, mais cette douleur n’est alors pas le seul symptôme. Ceux-ci sont fréquents lors de césariennes sous péridurale. La plupart sont dues à une chute de tension secondaire à l’anesthésie et aux manœuvres nécessaires à l’extraction du bébé. La majeure partie du temps ils sont transitoires et cèdent rapidement après l’accouchement. Parfois, les nausées sont dues à la morphine, mais son utilisation reste exceptionnelle de manière prolongée après une césarienne. Les complications graves de la péridurale Ces accidents sont les plus rares. Les crises convulsives au cours de la grossesse sont un motif de prise en charge en urgence car elles peuvent être le symptôme d’une pathologie sous-jacente grave, et peuvent nuire à votre bébé. Lorsqu’elles surviennent après une pose d’une péridurale, les crises convulsives peuvent être la manifestation d’une toxicité des anesthésiques locaux. Oui, il existe un risque minime mais non nul d’arrêt cardiaque dans les suites d’une péridurale. Ceci reste exceptionnel mais possible. Les seuls cas décrit ne sont pas des femmes enceintes mais des sujets opéré sous péridurale pour des interventions lourdes. Bien souvent, la question d’une paralysie secondaire à une péridurale est évoquée… La paralysie complète secondaire à une lésion de la moelle épinière lors d’une péridurale est rarissime. Les cas historiques étaient dus à la réalisation de péridurales chez des sujets ayant des troubles de la coagulation non connus. Depuis, un dépistage systématique est de rigueur avant toute anesthésie centrale. Ce dépistage justifie la réalisation d’une prise de sang et d’une consultation permettant, entre autre, la recherche d’éléments évocateurs. De nos jours la fréquence de survenue de phénomènes compressifs (hématomes et abcès) est extrêmement faible. Malheureusement, l’effet escompté est parfois trop important. On parle alors de bloc étendu. Leur survenue peut nécessiter une anesthésie générale le temps que l’effet de l’anesthésique s’estompe. Ces blocs étendus sont la conséquence d’une diffusion des produits de l’anesthésie dans un espace « virtuel » proche du site d’injection classique. La diffusion dans cet espace est rare : seulement 2 cas sur 10 000 péridurales.

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