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Le Déroulement des Auditions à l'Assemblée Nationale sur la PMA et les Enjeux Bioéthiques

L'Assemblée Nationale joue un rôle crucial dans l'examen des questions bioéthiques, notamment en ce qui concerne l'assistance médicale à la procréation (PMA). Les auditions parlementaires constituent une étape essentielle de ce processus, permettant d'éclairer les enjeux, de recueillir les avis des experts et de préparer le débat législatif.

Introduction à la Bioéthique et au Rôle du Parlement

La bioéthique englobe les questions éthiques et sociétales liées aux innovations médicales qui impliquent une manipulation du vivant. Face aux mutations rapides de la science et des techniques, particulièrement dans des domaines comme la recherche sur l'embryon, la PMA et la génétique, il incombe au Parlement de définir les droits et obligations des personnes concernées. Ces droits doivent être exercés en tenant compte des principes fondamentaux tels que la dignité humaine, le respect du corps, la protection de l'embryon et l'intérêt de l'enfant.

La loi française, dans ce domaine, n'est pas tenue de s'aligner sur les options d'autres pays, mais peut revendiquer une spécificité influencée par ses valeurs et sa culture juridique et médicale. Le Parlement a adopté une approche prudente, en procédant à une révision périodique de la loi, avec une clause de rendez-vous de cinq ans introduite en 1994.

La Mise en Place des Auditions Parlementaires

Pour préparer les modifications législatives, une mission d'information composée de députés est constituée. Cette mission procède à de larges consultations, recueillant les avis de chercheurs, de professionnels de santé, de juristes, de philosophes, de sociologues, de représentants des religions et d'associations de malades. Ce travail s'appuie également sur les réflexions du Comité Consultatif National d'Éthique (CCNE), de l'Agence de la Biomédecine et de l'Office Parlementaire d'Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST), ainsi que sur les travaux du Conseil d'État et les conclusions des États Généraux de la Bioéthique.

Une première série d’auditions « généralistes » a permis d’éclairer les contours et les enjeux de la révision à venir. Dans cette perspective, ont notamment été entendus le président du CCNE, la directrice générale de l’Agence de la biomédecine, les principaux maîtres d’œuvre de l’étude réalisée par le Conseil d’État, des représentants de courants de pensée philosophique ou religieux, etc. La mission d’information a défini un programme d’auditions visant à l’équilibre et de nature à couvrir l’ensemble des questions, même si, dans les faits, les auditions généralistes ont principalement abordé les sujets liés à la procréation, notamment l’extension de l’assistance médicale à la procréation et la gestation pour autrui. Une seconde série d’auditions a visé à aborder de manière approfondie des thèmes plus circonscrits : santé et environnement, diagnostics prénatal et préimplantatoire, tests génétiques, recherches sur l’embryon, accès aux origines personnelles, intelligence artificielle, etc.

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Déroulement et Objectifs des Auditions

Les auditions parlementaires se déroulent généralement sous forme de tables rondes, favorisant des échanges denses et approfondis. Chaque participant, qu'il soit parlementaire ou personne auditionnée, a l'opportunité d'exprimer ses points de vue, ses doutes et ses interrogations dans un climat de sérénité et de courtoisie.

La mission d'information se propose de réinterroger les principes de la bioéthique à l’aune des dernières évolutions scientifiques, techniques et sociales. La mission s’est également conformée à l’usage français qui veut que les questions liées à la fin de vie ne soient pas traitées dans le cadre des lois de bioéthique et, en conséquence, elle a fait le choix de ne pas aborder ces questions.

Les Thèmes Abordés et les Enjeux Clés

Les auditions couvrent un large éventail de thèmes liés à la bioéthique, parmi lesquels :

  • L'assistance médicale à la procréation (AMP) et son élargissement aux couples de femmes et aux femmes seules.
  • L'accès aux origines pour les enfants nés d'un don de gamètes.
  • La cryoconservation ovocytaire.
  • La gestation pour autrui (GPA).
  • Les diagnostics prénatal et préimplantatoire.
  • Les tests génétiques.
  • La recherche sur l'embryon et les cellules embryonnaires.
  • L'utilisation des données génétiques.
  • Les sciences émergentes et leurs implications éthiques.

Aujourd’hui, la procréation occupe une place centrale dans les débats de bioéthique, et les États généraux de la bioéthique l’ont très clairement montré. Ouverture de l’assistance médicale à la procréation (AMP) aux couples de femmes et aux femmes seules, accès aux origines, autoconservation ovocytaire ou gestation pour autrui : la question s’est posée de répondre à ces demandes dans un cadre autre que la loi de bioéthique. Pour certains, un éventuel décentrement se justifierait par les implications de l’extension de l’AMP sur le droit de la filiation. Pour autant, c’est d’abord au regard des principes qui régissent la bioéthique qu’il apparaît nécessaire d’analyser l’opportunité d’un tel décentrement.

Une certaine confusion entoure la portée de la loi de bioéthique, trop souvent réduite à la « biomédecine » ou confondue avec l’éthique médicale. La bioéthique, comme « mise en tension permanente d’impératifs contradictoires » est une réflexion née de la confrontation entre le développement technoscientifique et « l’interrogation éthique nourrie par des exigences normatives héritées de diverses traditions (la plus importante, la sur-dominante, étant la tradition chrétienne) ». Entre ces deux extrêmes, il nous apparaît que la société peut déterminer les circonstances aujourd’hui satisfaisantes pour aider à la procréation, sans préjuger d’évolutions ultérieures, basées sur des connaissances ou techniques nouvelles, ainsi que sur une appréciation renouvelée du regard des sciences humaines et sociales, et de la société de demain.

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L'Assistance Médicale à la Procréation (AMP)

Le terme d’« assistance médicale à la procréation » recouvre plusieurs techniques qui permettent de répondre à différents problèmes de fertilité, sans pour autant en traiter la cause. L’insémination artificielle consiste à injecter directement le sperme du conjoint (insémination artificielle intraconjugale) ou issu d’un don (insémination artificielle avec donneur) au fond de la cavité utérine de la femme à l’aide d’un cathéter. Cette technique nécessite le prélè…

  • Faut-il élargir les conditions d’accès à l’assistance médicale à la procréation ?
  • Faut-il assouplir la condition relative à l’existence d’un couple marié ou en mesure de prouver une vie commune d’au moins deux ans ?
  • Les limites biologiques et temporelles de la procréation doivent-elles être repoussées?
  • Faut-il mieux prendre en compte l’intérêt de l’enfant à naître ?
  • Convient-il de répondre à l’« infertilité sociale » ?
  • Comment améliorer la prise en charge de l’infertilité ?
  • Quelles sont les questions éthiques soulevées par la cryoconservation des embryons ?
  • L’AMP avec tiers donneur : les principes d’anonymat et de gratuité du don de gamètes devraient-ils être reconsidérés ?
  • Faut-il lever l’anonymat du donneur de gamètes ?
  • Le don d’embryon doit-il être maintenu ?
  • La procédure d’accueil d’embryon ne pourrait-elle pas être allégée ?
  • Et demain, l’utérus artificiel ?
  • Dans quelles conditions les actes établis à l’étranger peuvent être ou non transcrits sur les registres d’état civil français?
  • Quelles sont les conséquences de l’absence de transcription en droit interne des actes d’état civil étrangers ?
  • Quel est l’état de la jurisprudence concernant la transcription sur les registres de l’état civil français des actes étrangers établis suite à une maternité pour autrui ?
  • Faut-il modifier la législation actuelle pour répondre aux difficultés nées des violations de la loi française ?

Les Données Génétiques

  • Le développement de techniques de diagnostics conduit-il à un eugénisme déguisé ?
  • Peut-on envisager une extension des indications du DPI ?
  • Comment renforcer le rôle des centres pluridisciplinaires ?
  • Faut-il maintenir les dispositions de la loi relatives au « bébé du double espoir » ?
  • Faut-il étendre le champ des maladies pouvant faire l’objet d’une information de la parentèle ?
  • Procéder à des ajustements ou modifier le fond de la réglementation relative aux biobanques ?
  • Les données génétiques peuvent-elles être utilisées pour évaluer l’aptitude au travail ?

Le Corps Humain et la Recherche

  • La découverte de la reprogrammation cellulaire change-t-elle les termes du débat ?
  • Sur quels principes fonder le futur régime de contrôle ?
  • Faut-il mettre fin au régime dérogatoire et revenir à une interdiction absolue de toute recherche sur l’embryon ?
  • Faut-il maintenir un régime dérogatoire provisoire ?
  • Faut-il instaurer un régime dérogatoire pérenne ?
  • Faut-il lever le principe de l’interdiction et adopter un régime d’autorisation ?
  • L’absence d’une méthode alternative d’efficacité comparable en l’état des connaissances scientifiques.
  • Assurer une meilleure information des autorités de tutelle.
  • Les cellules souches différenciées sont-elles encore des cellules embryonnaires ?
  • De quel régime d’autorisation relèvent les essais cliniques de thérapies cellulaires réalisés à partir de cellules embryonnaires différenciées ?
  • Le consentement à un don d’embryons au bénéfice de la recherche est-il suffisamment éclairé ?
  • Quels interdits maintenir ?
  • Faut-il autoriser les transferts nucléaires ?
  • Faut-il autoriser la création d’embryons pour la recherche ?
  • Faut-il autoriser les recherches sur les embryons destinés à naître ?
  • Une évaluation des nouvelles techniques d’AMP pourrait-elle être prévue dans un nouveau cadre légal ?
  • Des raisons d’ordre juridique ?
  • Les conditions de brevetabilité des éléments et produits du corps humain sont-elles la cause de ce retard ?
  • Faut-il élargir le cercle des donneurs vivants ?
  • La procédure actuelle faisant appel à des experts et à un magistrat est-elle adaptée ?
  • La prise en charge financière des donneurs vivants est-elle satisfaisante ?
  • Comment assurer un suivi des receveurs et des donneurs et exprimer la reconnaissance de la collectivité ?
  • Faut-il autoriser ou interdire les banques autologues ?
  • Faut-il développer les banques allogéniques de sang placentaire?
  • Faut-il modifier le régime juridique du consentement des prélèvements des cellules souches hématopoïétiques ?
  • Faut-il mieux encadrer l’importation et l’exportation des cellules à usage thérapeutique ?
  • Les principes éthiques sont-ils remis en cause par cette nouvelle technique ?

La Portée des Principes Fondamentaux

La loi de bioéthique repose sur des principes fondamentaux tels que la dignité humaine, le respect du corps humain, la liberté personnelle et la solidarité.

  • La primauté de la personne humaine.
  • Le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie.
  • L’inviolabilité, l’intégrité et l’absence de caractère patrimonial du corps humain.
  • L’intégrité de l’espèce humaine.
  • L’obligation du consentement.

Ces principes doivent être mis en balance avec les progrès scientifiques et les demandes de la société, ce qui conduit à des débats complexes et parfois passionnés.

Le Rapport d'Information et le Débat Parlementaire

Au terme des auditions, un rapport d'information est présenté, traitant des principaux thèmes abordés lors de la révision de la loi de bioéthique. Ce rapport peut contenir des propositions susceptibles de conduire à des évolutions profondes du droit de la bioéthique et de la société.

Le dépôt du projet de loi est l'occasion d'un débat parlementaire approfondi, où les différentes approches sont exprimées et discutées. Le rapport d'information constitue alors la toile de fond de ces débats.

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Les Enjeux Économiques et la Mondialisation

Il est essentiel de ne pas surévaluer par avance les bienfaits des découvertes, tout en favorisant la recherche. Il faut protéger les personnes les plus vulnérables et ne pas sous-estimer l'implication d'intérêts économiques dans un monde de plus en plus globalisé. L'objectif est de concilier la recherche avec les finalités médicales et les principes éthiques, en tenant compte du principe de dignité et des règles qui en découlent.

La Non-Discrimination et l'Accès aux Droits

La proposition de loi vise à lutter contre les discriminations liées à la situation familiale et à faciliter l'accès aux droits pour les personnes engagées dans un parcours de PMA ou d'adoption.

La loi assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement et garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère, la protection de la santé.

La Révision Périodique et l'Adaptation aux Évolutions

La clause de rendez-vous de cinq ans permet de réexaminer régulièrement la loi de bioéthique, afin de l'adapter aux évolutions scientifiques, médicales et sociales. Cette approche progressive permet d'intégrer les connaissances nouvelles et l'expérience acquise, tout en maintenant un cadre éthique rigoureux.

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