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L'Association Avortement Irlande : Histoire et Législation

L'Irlande a connu une transformation significative en matière de droits reproductifs, passant d'une interdiction quasi-totale de l'avortement à une légalisation historique. Cet article explore l'évolution complexe de l'association avortement Irlande, en retraçant son histoire, les luttes législatives et les défis persistants en matière d'accès à l'interruption volontaire de grossesse (IVG).

Un long chemin vers la légalisation

L'empreinte du passé : Criminalisation et clandestinité

Avant la réforme, l'avortement était illégal en Irlande depuis une loi victorienne de 1861, votée par le Parlement britannique. Les articles 581 et 59 de cette loi punissaient de réclusion criminelle à perpétuité toute personne cherchant à provoquer une fausse couche, ainsi que tout complice. Cette loi est toujours en vigueur en Grande-Bretagne, mais elle a été complétée en 1929 par The Infant Life Preservation Act, loi par laquelle toute personne qui détruit la vie d’un enfant à naître est coupable de crime et passible de réclusion à perpétuité. Cette loi contient cependant une clause restrictive qui nuance fortement l’application de la loi de 1861.

En 1983, le huitième amendement de la Constitution irlandaise a inscrit l'interdiction de l'avortement au nom d'un « droit à la vie de l'enfant à naître égal à celui de la mère ». Cette disposition constitutionnelle a renforcé l'interdiction et a rendu l'avortement passible de quatorze ans de prison.

Cette interdiction a eu des conséquences dramatiques. Chaque année, des milliers d'Irlandaises étaient contraintes de se rendre à l'étranger, principalement en Angleterre, pour avorter. Ces voyages, souvent effectués dans le secret et à leurs frais, représentaient un fardeau financier et émotionnel considérable. Celles qui n'avaient pas les moyens de voyager prenaient le risque d'avorter seules, parfois au péril de leur vie. Il n’y a aucune statistique disponible sur l’avortement clandestin.

L'affaire Savita Halappanavar : Un tournant décisif

La mort de Savita Halappanavar, une dentiste irlandaise d'origine indienne, en 2012, a été un électrochoc pour la société irlandaise. Victime d'une fausse couche, elle s'est vue refuser un avortement dans un hôpital de Galway au motif que le cœur de son bébé battait encore. Son décès a suscité l'indignation et a relancé le débat sur la nécessité de réformer la législation sur l'avortement.

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Suite à ce drame, la loi a été étendue en 2013 aux cas où la grossesse présenterait un « risque substantiel » pour la vie de la femme, un critère vague n’encourageant guère les médecins obstétriciens à prendre une décision sachant qu’ils risquaient, avec la mère, 14 ans de prison en cas d’erreur de diagnostic.

Le référendum de 2018 : Une victoire pour les droits des femmes

Après des années de campagne menée par des organisations féministes et des militants pro-choix, un référendum a été organisé en mai 2018 pour abroger le huitième amendement de la Constitution. Le 25 mai, les Irlandais ont voté massivement en faveur de la libéralisation de l'avortement, avec 66,4 % des voix en faveur de l'abrogation.

Les Irlandais ont tranché. Dans ce pays qui a longtemps renvoyé l’image d’une société extrêmement conservatrice, le résultat sans appel du référendum ouvre enfin la voie à la libéralisation de l’avortement.

Ce vote historique a marqué un tournant majeur dans l'histoire de l'Irlande et a ouvert la voie à l'adoption d'une nouvelle loi sur l'avortement.

La loi de 2018 : Un cadre légal pour l'IVG

En décembre 2018, le Parlement irlandais a adopté la loi sur la santé (Réglementation de l'Interruption de Grossesse), qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2019. Cette loi autorise l'avortement sans condition jusqu'à 12 semaines de grossesse. Au-delà de ce délai, l'avortement est autorisé dans les cas suivants :

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  • S'il existe un risque pour la vie ou la santé de la femme enceinte.
  • S'il existe une anomalie fœtale qui entraînerait la mort du fœtus avant ou peu après la naissance.

La loi prévoit également une période d'attente obligatoire de trois jours entre la première consultation et l'avortement.

Les défis persistants

Un accès inégal à l'IVG

Bien que l'avortement soit légal en Irlande, l'accès à l'IVG reste inégal sur l'ensemble du territoire. Seul un généraliste sur dix pratique l'avortement. Dans le nord-ouest de l'Irlande notamment, il est particulièrement compliqué d'accéder à l'IVG. À Bundoran, dans le comté du Donegal, le docteur Murphy est la seule qui pratique l'avortement dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres.

Plusieurs facteurs expliquent ces disparités :

  • L'objection de conscience : Les professionnels de santé ont le droit d'invoquer l'objection de conscience et de refuser de pratiquer des avortements. Cela a été largement le cas dans certains établissements de santé.
  • Le manque de formation : Certains médecins estiment avoir déjà trop de travail pour entamer la formation à l'IVG.
  • Les pressions sociales et les craintes : Les médecins craignent d'être pris pour cible par des manifestants anti-avortement et de se couper d'une partie de leur patientèle.

La stigmatisation et le tabou

Malgré la légalisation de l'avortement, la stigmatisation et le tabou persistent en Irlande. Les femmes ne sont toujours pas à l'aise pour en parler ou pour demander de l'aide. Même si le référendum a été approuvé à plus de 60 %, ça reste un sujet tabou.

Les groupes anti-avortement continuent de mener des campagnes très violentes et de faire peur aux gens.

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Les limites de la loi

Certains estiment que la loi actuelle ne va pas assez loin et qu'elle comporte des lacunes. Par exemple, elle ne prend pas en compte les risques de suicide d'une victime d'un viol ou d'un inceste. Des règles qui ne prendraient pas en compte les risques de suicide d'une victime d'un viol ou d'un inceste, et laissent « les femmes à la merci d'une loterie locale, morale ou politique » selon l'endroit ou la personne qu'elles consultent, d'après des psychiatres cités par le Guardian.

Perspectives d'avenir

Malgré les défis persistants, la légalisation de l'avortement en Irlande représente une avancée majeure pour les droits des femmes. Les défenseurs des droits reproductifs continuent de se battre pour garantir un accès égal à l'IVG sur l'ensemble du territoire et pour lutter contre la stigmatisation et le tabou.

Une révision de la loi est prévue pour 2021, ce qui pourrait permettre de corriger certaines lacunes et d'améliorer l'accès à l'IVG.

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